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Que reste-t-il de notre Pessa’h ?

par: Rav Gerard Zyzek
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Publié le 8 Avril 2021

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La fête de Pessa’h est un investissement énorme et chaque année nous nous interrogeons : à quoi rime tout ce remue-ménage incroyable ?
Depuis des semaines avant la fête, nous commençons à faire le nettoyage, ensuite des achats conséquents, un chamboulement colossal, en particulier cette année où la veille de Pessa’h était Chabbat, des jours de fêtes et encore des jours de fêtes, des prières très longues, des repas de fêtes et encore des repas de fêtes. Barouh Hashem, tout cela est merveilleux, mais comment y investir une intensité, une vie, une flamme ?
Cette année me sont venues certaines réflexions que j’aimerais partager avec vous.
Le soir du Seder nous disons :
Si D. ne nous avait pas faits sortir d’Egypte, nous serions nous, nos enfants, et nos petits-enfants esclaves à Pharaon en Egypte.
Toute la fête est là pour réaliser ce point fondamental : D. nous a sortis d’Egypte et s’Il ne nous avait pas sortis d’Egypte nous serions encore des esclaves. Pessa’h s’appelle : la fête de notre liberté. Nous sommes libres et non esclaves.
D’autre part la fête s’appelle ‘la fête des Matsot’, la fêtes des azymes. Les Kabbalistes disent que la Matsa s’appelle : Naama DéMéamnouta, le pain de la confiance. Toute la fête est basée sur ce pain.
Nous disons le soir de Séder : nous mangeons la Matsa car leur pâte n’a pas eu le temps de lever que D. s’est révélé à eux et ils ont dû partir précipitamment et sortir d’Egypte.
Quelle confiance ont-ils eue ! Quelle force de partir d’un pays qu’ils connaissaient pour aller ailleurs dans une aventure dont ils n’avaient aucune idée ! Lorsque nous mangeons la Matsa, lorsque nous mastiquons ce pain bizarre c’est ce courage et cette confiance dont nous nous imprégnons et qui vont façonner toute notre existence.
Prenons un exemple. Lorsque quelqu’un se marie, il faut préparer le mariage. Un mariage nécessite une énorme préparation. Il faut réserver une salle, un traiteur, des musiciens, il faut envoyer des faireparts, s’acheter des costumes, la mariée se cherche une robe magnifique, toute la famille renouvelle sa garde-robe. Il faut se trouver une maison, des meubles, faire des travaux. Tout cela est nécessaire. Pourquoi ? Car un mariage est un événement central et fondateur de notre existence. De la même manière la fête de Pessa’h nécessite un investissement incroyable, hors-norme. Pourquoi ? Car D. veut que nous réalisions par cet investissement combien la sortie d’Egypte est la base de la vie de l’enfant d’Israël.
Si toute cette fête incroyable n’était là que pour que nous réalisions que nous ne sommes pas esclaves des hommes Dayénou, cela nous aurait suffi.
La sortie d’Egypte est la base de la Emouna, de la confiance. Lorsque D. se présente dans les dix commandements, Il dit :
‘Je suis l’éternel qui t’a fait sortir de la terre d’Egypte de la maison d’esclaves’.
Si D. ne nous avait pas fait sortir de l’esclavage nous serions encore, nous, nos enfants et petits-enfants, esclaves à Pharaon en Egypte.
Regardons autour de nous, à quoi ressemble une vie sans cette confiance ? Une vie d’esclaves, une vie sans but, sans confiance, désespérée, déprimée. Qui s’appuie sur des petits dieux : la science[ Nous ne voulons pas dire que la science est vaine et stérile. Nous ne voulons seulement dire qu’il n’y a pas à croire en la science, ni en l’argent, ni au progrès etc… Nous ne voulons pas dire que l’argent n’est pas nécessaire dans notre vie. Nous ne voulons seulement dire que l’argent n’est pas notre dieu. ], la psychologie, le progrès, l’argent, la reprise économique, la culture. Je suis sorti d’Egypte, je peux réfléchir, je peux penser, je ne suis pas soumis aux dictats de la bienséance esclavagiste de la pensée ambiante.
Chabbat est la base du souvenir de la sortie d’Egypte : tout humain travaille, mais c’est le D. qui a créé le monde qui me donne ma subsistance, je ne suis pas esclave du travail.
Le fait que D. m’a sorti de cet esclavage, de cette oppression infinie, m’engage et m’oblige : je suis maintenant Son serviteur, et non l’esclave des hommes.
Si la Torah m’enjoint à de multiples responsabilités à l’égard de mon prochain, néanmoins je ne suis pas esclave de mon prochain. Je ne suis pas esclave du regard d’autrui, je ne suis pas esclave de ce qu’autrui peut penser de moi, même si je dois prendre en compte le fait que je ne suis pas seul et que la Torah m’enjoint de multiple manière à respecter autrui, à l’aider et à le soutenir, et à apprendre de lui, comme nos Maîtres Disent : j’ai développé ma réflexion de tous ceux qui ont pu m’enseigner.
Merci Hashem de m’avoir fait sortir d’Egypte ! Lorsque je mets les Téfilin j’affirme par ce signe de gloire que je suis soumis à Hashem qui m’a fait sortir d’Egypte, comme un esclave qui a un poinçon qui marque qu’il appartient à quelqu’un. C’est pourquoi les Téfilin sont un signe, un témoignage sur la sortie d’Egypte (Shemot 13,9) :
‘Ce sera un signe sur ton bras et un mémorial entre tes yeux pour que la Torah de D. soit dans ta bouche, car avec une main forte D. t’a fait sortir d’Egypte’.
Tout cet investissement énorme est à la juste mesure de ce fait incroyable et fondateur : je ne suis pas esclave des hommes, D. m’a fait sortir d’Egypte.

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Directeur de la Yéchiva des Etudiants

  1. Francois NITSCH

    Toda raba

  2. Pia Cohen

    toujours un plaisir de vous lire