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Bilam, belo am, sans peuple

par: Rav Gerard Zyzek

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La guemara dans le Traité Sanhédrin (105a) fait deux jeux de mot sur le nom de Bilam :

Bilam, Belo Am, c’est à dire sans peuple ;

Bilam, Ché Bala Am, c’est à dire qui a abîmé le peuple (par le conseil impie qu’il donna à Balak de pervertir les enfants d’Israël, ce qui causa la perte de 24000 personnes du peuple juif). La guemara dans le Traité Sanhédrin (105a) fait deux jeux de mot sur le nom de Bilam :

Bilam, Belo Am, c’est à dire sans peuple ;

Bilam, Ché Bala Am, c’est à dire qui a abîmé le peuple (par le conseil impie qu’il donna à Balak de pervertir les enfants d’Israël, ce qui causa la perte de 24000 personnes du peuple juif).

La guemara ensuite apporte un enseignement qui nous dit que nous savons par tradition orale que Beor le père de Bilam n’était nul autre que Lavan l’araméen, le beau-père de Yaakov Avinou, ce qui nous rapproche familialement Bilam du peuple juif de manière redoutable, ce qui met particulièrement le premier jeu de mot que nous avons mentionné en relief : à la fois Bilam est sans peuple et à la fois il est extrêmement proche du peuple juif.
Que veulent nous dire les H’akhamim par ce rapprochement paradoxal ?

Nous proposons une démarche quelque peu subjective de la problématique.

La lecture du Monde des Livres du jeudi participe toujours pour moi de cette tension perverse dont parlent nos Maîtres. D’un côté une fascination extraordinaire pour la culture juive et les juifs tout court. Chaque semaine il y a une page ou une double page sur Freud, des analyses approfondies de l’œuvre de Kafka, des articles dithyrambiques sur Philip Roth (qui est leur auteur fétiche), aujourd’hui leur nouvelle coqueluche évidement c’est Aharon Appelfeld etc…

Toujours je me suis demandé mais qu’est-ce que ces français bon teint ont-ils avec les juifs, pourquoi sont-ils tellement obsédés par la production intellectuelle juive, et dire que j’allais oublier Lévinas !

En lisant le numéro daté du 24 juin 2005 j’ai eu comme un éclair sur cette question.

Le Monde rend compte dans la même page de la parution de livres de deux auteurs parmi les plus grands spécialistes de l’Islam, Maxime Rodinson et Bernard Lewis. Le premier article , signé par “notre cher” François Maspéro [[éditeur de La gauche dans les années 70]], s’intitule “L’érudit du XXe Siècle” et effectivement Rodinson est présenté comme l’exemple même du savant, de la référence intellectuelle par excellence, de l’exemple de l’homme assoiffé de H’okhma. Particularité : Rodinson, juif dont les parents viennent de Russie, n’avait de cesse de ce démarquer de la communauté juive et de considérer comme une “peste” que de s’y identifier, ce qu’il appelait : “la peste communautaire”.

En dessous un article qui rend compte de la réédition des livres majeurs d’un autre très grand spécialiste de l’Islam Bernard Lewis. Après avoir exposé l’importance de son œuvre l’auteur de l’article met en relief un péché originel de Bernard Lewis «proche des milieux américains pro-israéliens» et que Lewis est très critique face aux options politiques des régimes musulmans, ce qui tout le monde en conviendra fait tâche chez un vrai savant. C’est-à-dire qu’un savant, un homme de pensée ne doit pas, surtout pas s’insérer au sein du peuple juif et en être intrinsèquement solidaire.
A méditer !

La réflexion serait donc : que signifie s’insérer au sein du peuple juif ?
Moshé Rabbénou dit au moment du Veau d’Or : «efface moi de Ton livre», il s’efface, humilité ?

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Directeur de la Yéchiva des Etudiants

“Bilam, belo am, sans peuple”

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