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Parachat Chemini

par: Benjamin Bittane

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La sidra Chemini commence par relater l’inauguration du sanctuaire, et plus particulièrement l’institution de la prêtrise, qui débute par l’onction puis l’élévation d’Aaron et de ses fils respectivement au statut de grand prêtre (Cohen gadol) et de prêtre (Cohen). La sidra Chemini commence par relater l’inauguration du sanctuaire, et plus particulièrement l’institution de la prêtrise, qui débute par l’onction puis l’élévation d’Aaron et de ses fils respectivement au statut de grand prêtre (Cohen gadol) et de prêtre (Cohen). Cependant, dans cette atmosphère plutôt joyeuse, les deux fils ainés d’Aaron, Nadav et Avihou, meurent ce jour-là.

Comme il est dit plus loin, au tout début de parachat Ah’arei Mot :

« L’Éternel parla à Moïse, après la mort des deux fils d’Aaron, qui, s’étant avancés devant l’Éternel, avaient péri. » (Lev XVI, 1)

La raison de cette mort est donnée dans notre paracha :

« Les fils d’Aaron, Nadav et Avihou, prenant chacun leur encensoir, y mirent du feu, sur lequel ils jetèrent de l’encens, et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu’il le leur eût commandé. » (Lev X, 1)

Selon la tradition c’est parce qu’ils amenèrent un feu profane (esh zara) qu’ils moururent. Comment comprendre cette mort, qui pourtant est due à un acte noble, positif, empreint a priori d’une intention de servir Hashem ? Et pourtant, Nadav et Avihou moururent au même titre que ceux qui avait fait la faute du veau d’or.

Yeshayaou Leibowitz relève ici que de la même manière que prendre le veau d’or pour D. et lui rendre un culte est un acte d’idolâtrie, le service d’Hashem lui-même, s’il n’est pas fait avec la pleine conscience de l’homme de servir son Créateur, mais répond à une impulsion intérieure de rendre un culte à D., devient une sorte d’idolâtrie, malgré la pureté de l’intention.

Maïmonide explique en plusieurs endroits que la emouna qui s’exprime dans l’accomplissement des mitsvot, dans la avodat Hashem, n’est pas destinée à apaiser, ou à exprimer des sentiments humains. Elle signifie en réalité que l’homme accepte le joug des mitsvot, de la Torah, et D., c’est ce que l’on appelle kabalat ol malkhout chamayim : le fait de prendre sur soi le joug du royaume des cieux. La emouna s’exprime dans les actes que l’homme accomplit parce qu’il sait qu’il est de son devoir de les réaliser, et non comme conséquence d’une impulsion personnelle, laquelle, même lorsqu’elle est dirigée vers Hashem, exprime la satisfaction d’un besoin humain.

C’est cela le feu profane (esh zara). Il y a une grande leçon ici: ne pas transformer la avodat Hashem en moyen d’apaiser les pulsions de l’homme.

Sur ce sujet, le Rav Shlomo Wolbe a écrit un chapitre dans son livre Alei Chour (tome I) intitulé « froumkeit » (terme yiddish désignant la religiosité) expliquant que même le service de D. peut être habité, sous couvert « d’acte religieux », de l’assouvissement de désir personnel, d’un besoin instinctif. Et donc de ce fait, la avodat Hashem n’est plus une finalité haute et suprême, mais un moyen de se rassurer, de s’accrocher à quelque chose.

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