L’homme et l’acte

En ces quelques phrases, le Sod Yesharim a synthétisé tout le cheminement progressif des fêtes du mois de Tishri.
Nous aimerions exprimer cet enseignement en d’autres termes. Les imbéciles disent : la théorie est bonne mais la mise en œuvre est défaillante [ Cette phrase est souvent dite et redite au sujet du communisme. ]. Nous sommes en opposition totale avec une telle affirmation. La base du problème de l’homme est son action. Le fin mot de toutes les fêtes de Tishri est le jour de Hoshana Rabba. Après trois semaines de fêtes, de Tefilot, de prières, de repentir, de Mitsvot, nous allons rentrer dans le quotidien de l’année et nous allons agir dans le vaste monde, chacun avec son projet, chacun avec ses lubies. En ce jour redoutable, nous prenons le saule en mains, nous l’agitons en ouvrant notre cœur devant notre Créateur en demandant que nos actes simples, comme ce saule est simple, soient liés à la volonté de D. et dévoilent Sa Gloire dans la réalité de notre monde. Nous ne savons pas comment nous pourrons réussir. Mais après nous être reliés à Rosh HaShana, au plus profond de nous-mêmes, à la volonté supérieure du début de la Création, après avoir introduit cet attachement dans nos paroles à Yom Kippour et investi nos actes dans les Mitsvot de la fête de Soukkot, nous sommes là, perplexes face à nos actes simples de la vie de tous les jours. Que va-t-il s’exprimer par ces actes ? Les actes sont ce que nos Maîtres appellent ‘des habits’. En effet, il y a une intention quelque part, mais l’acte lui-même est ce qu’il est, il en cache l’intention. Plus que cela, l’acte lui-même nous échappe. Par le fait qu’il s’exprime dans la complexité du monde, mon intention s’éparpille, et disparaît. Par l’accomplissement de cette coutume, qui n’est pas une Mitsva, de secouer les branches de saule, nous exprimons au plus profond de nous-mêmes le désir et demandons que nos actes soient mus par une volonté totale que s’y dévoile la Gloire du Ciel. Et là est le scellement du jugement.
Nos actes sont les garants de nos pensées.
Dans la culture occidentale on dit fréquemment : peu nous importe ses actes, ce qui importe c’est ce qu’il transmet. Dans notre tradition nous disons le contraire. La Guemara dans le Traité Moèd Katan nous enseigne (17a, nous en donnons notre traduction) :
‘Il y avait un érudit talmudiste qui avait mauvaise réputation (Tossefot דה »מ טרקיה explique qu’il était suspecté d’avoir des mœurs relâchées). Rav Yéhouda (le grand maître de la Yéshiva) se demandait comment faire : le mettre en Nidouï[ Le Nidouï est une procédure de mise au ban temporaire de la communauté pour que la personne réfléchisse à ses actes et s’amende. ] ? Mais ce monsieur est un grand érudit et on a besoin de son enseignement ! Ne pas le mettre en Nidouï, mais sa conduite profane le Nom de D. ! Rav Yéhouda demanda alors à Rabba Bar Bar ‘Hana [ Grand maître qui venait d’Erets Israël. L’épisode dont on parle se passe à Babel. ] : as-tu entendu comment on doit se comporter dans une telle situation ?
Il lui répondit. Ainsi nous a enseigné Rabbi Yo’hanan (en terre d’Israël) : que dit le verset (Malakhi 2,7) « Car les lèvres du Cohen conserveront la connaissance et la Torah ils demanderont à sa bouche car c’est un émissaire de D., un Malhakh de D. . » ? Si le maître ressemble à un émissaire, à un Malhakh[ C’est-à-dire qu’il accomplit par ses actes la volonté de D. . ] de D., c’est à lui que tu demandes la Torah, s’il ne ressemble pas à un émissaire de D., à un Malhakh de D., tu ne dois pas demander la Torah de sa bouche.
Suite à cela, Rav Yéhouda a mis ce monsieur en Nidouï. Finalement Rav Yéhouda est tombé gravement malade [ Est-ce lié ? Peut-être. Il est possible que cette décision était extrêmement éprouvante et ne laissait pas indemne, même si elle était justifiée. ]. Les maîtres et élèves de la Yéshiva sont venus s’enquérir de sa santé, et cet homme aussi est venu le visiter avec les autres. Quand Rav Yéhouda l’a vu, il a ri. Il a dit à Rav Yéhouda : non seulement vous me mettez en Nidouï et en plus vous vous moquez de moi !
Rav Yéhouda lui a dit : je ne ris pas par rapport à toi, mais je ris du fait que lorsque je vais aller dans l’autre monde, je m’amuserai bien car même à un homme comme toi[ A un homme de grande envergure comme toi. ] je n’ai pas fait de flatterie !’

La Yechiva des Étudiants met à votre disposition une salle chaleureuse et conviviale pour accueillir vos événements familiaux : repas, célébrations, réunions ou moments de partage. Un cadre agréable, au cœur de notre institution, idéal pour se rassembler en toute simplicité. Pour plus d’informations ou pour réserver, n’hésitez pas à nous contacter.