La machine a-t-elle un visage ?

L’incroyable évolution des dernières créations en matière d’intelligence artificielle fait froid dans le dos. Non pas seulement parce que les machines deviennent puissantes, mais parce qu’elles commencent à occuper dans notre imaginaire une place qui fut longtemps réservée à l’homme : parler, répondre, expliquer, rassurer, enseigner, conseiller. La question n’est donc pas uniquement technique. Elle est aussi spirituelle : qu’est-ce qui, dans la transmission humaine, ne peut pas être remplacé par une machine ?

1. Une question plus ancienne que ChatGPT

Des milliers d’articles, de livres et de travaux de recherche interrogent aujourd’hui les enjeux éthiques posés par l’intelligence artificielle. Ces interrogations sont indispensables. Elles avancent cependant moins vite que l’évolution des machines elles-mêmes. Néanmoins, nous devons tous continuer ce travail fondamentales, même lorsque les réponses semblent toujours rattrapées par la prochaine version du modèle, du robot ou de l’interface toujours plus proche de l’image opérante de l’humain comme le dirait Nobert Wiener dans son livre God & Golem Inc.

Notre Yechiva a engagé ce travail depuis plusieurs années déjà, avant même que les premières versions publiques de GPT n’entrent dans nos vies quotidiennes. Le point de départ n’était pas seulement l’IA générative, mais l’apparition d’une tendance forte transhumaniste qui nous titillait les oreilles depuis la Silicon Valley avec cette promesse : faire évoluer l’humanité vers un post-humain. Or, dans ce langage du progrès, il y a souvent une ambiguïté. Veut-on augmenter l’humain, ou bien le remplacer ? Veut-on servir la vie humaine, ou bien redéfinir l’homme comme une simple machine biologique provisoirement moins efficace que ses propres créations ?

Pour nous, une question fondamentale permet de déplacer le débat. Elle ne consiste pas à demander si la machine calcule mieux, écrit plus vite, mémorise davantage ou combine plus de textes qu’un homme. Elle demande autre chose : la machine a-t-elle un visage ?

Cette question peut sembler poétique. Elle est en réalité très précise. Dans la Torah, la connaissance la plus haute ne se transmet pas comme une information au sens des sciences modernes de l’information. Elle se transmet comme une présence adressée à une personne. Elle ne traverse pas seulement un canal ; elle engage une âme, un corps, une responsabilité, une histoire.

2. L’information n’est pas encore la connaissance

La théorie moderne de l’information naît avec Claude E. Shannon, dans son article fondateur de 1948, A Mathematical Theory of Communication. Shannon y formalise un système composé d’une source d’information, d’un transmetteur, d’un canal, d’un récepteur et d’une destination. La question centrale est alors de savoir comment encoder, transmettre et reconstruire un message malgré le bruit. Norbert Wiener, la même année, ouvre de son côté le champ de la cybernétique en pensant les boucles de communication et de contrôle dans l’animal et la machine.

Ces modèles ont été géniaux et décisifs. Ils ont rendu possible une partie du monde numérique qui est le nôtre. Mais ils ont aussi déplacé le mot information. Dans ce cadre, l’information est d’abord un objet mesurable, transmissible, compressible, corrigeable. Elle peut être séparée de la présence de celui qui parle. Elle peut survivre au visage, au corps, à la voix, au tremblement, à l’hésitation. Elle devient signal.

La Torah, elle, ne nie pas la valeur du signal. Elle est elle-même écriture, lettres, mots, mémoire, tradition textuelle d’une précision extrême. Mais elle refuse de réduire la connaissance à cette seule dimension. La parole divine (comme la parole humaine) n’est pas seulement donnée comme contenu ; elle est donnée dans une rencontre. Ce qui est transmis n’est pas seulement une proposition vraie, mais une manière d’être atteint par le vrai.

וְדִבֶּר ה׳ אֶל־מֹשֶׁה פָּנִים אֶל־פָּנִים כַּאֲשֶׁר יְדַבֵּר אִישׁ אֶל־רֵעֵהוּ« Hachem parlait à Moché face à face, comme un homme parle à son prochain. » — Chemot 33,11

Ce verset est vertigineux. Il ne dit pas seulement que Moché reçoit une information exacte. Il dit que la parole de D.ieu à Moché advient panim el panim, face à face. La Torah ajoute qu’il s’agit d’une parole comparable à celle d’un homme parlant à son prochain. La plus haute prophétie est décrite par l’image la plus humaine : une parole entre deux présences.

La fin de la Torah reprend cette formulation pour définir l’unicité de Moché : « il ne s’est plus levé en Israël de prophète comme Moché, que Hachem connut face à face » (Devarim 34,10). Le verbe « connut » est ici particulièrement important. La connaissance n’est pas seulement ce que Moché sait de D.ieu ; elle est aussi la relation dans laquelle D.ieu connaît Moché. Elle est réciprocité d’adresse, même si cette réciprocité demeure infiniment asymétrique.

Pour Israël tout entier, au Sinaï, le verset emploie une variante : « face à face, Hachem vous a parlé sur la montagne, du milieu du feu » (Devarim 5,4). L’événement fondateur de la Torah n’est donc pas présenté comme le téléchargement d’un code moral, ni comme la réception d’un manuel de conduite. Il est présenté comme une parole qui a un visage.

3. Recevoir et transmettre : la mesorah comme chaîne de visages

משֶׁה קִבֵּל תּוֹרָה מִסִּינַי וּמְסָרָהּ לִיהוֹשֻׁעַ« Moché reçut la Torah du Sinaï et la transmit à Yéhochoua. » — Pirkei Avot 1,1

C’est exactement ce que la Michna appelle mesirah, transmission. Les Pirkei Avot s’ouvrent par une chaîne : Moché reçut la Torah du Sinaï et la transmit à Yéhochoua ; Yéhochoua la transmit aux anciens, les anciens aux prophètes, les prophètes aux hommes de la Grande Assemblée. Le vocabulaire est décisif : recevoir et remettre. La Torah ne dit pas : Moché copia un fichier et l’envoya à Yéhochoua. Elle dit : Moché reçut, puis transmit.

Recevoir n’est pas absorber une donnée. Recevoir, dans la langue de la Torah orale, signifie se laisser former activement par ce que l’on reçoit. La mesorah n’est pas la simple conservation d’un contenu identique à travers le temps. Elle est la fidélité d’un contenu vivant à travers des sujets vivants. Elle passe par des maîtres, par des élèves, par des discussions, par des objections, par une crainte de se tromper, par une joie de comprendre, par une responsabilité devant ceux qui ont transmis avant nous et ceux qui recevront après nous.

La chaîne de transmission est donc une chaîne de visages. On peut certes écrire la Torah. On peut imprimer le Talmud. On peut constituer des bases de données extraordinaires. On peut même demander à une machine de retrouver un passage, de rapprocher des sources, de proposer une synthèse. Tout cela peut être précieux. Mais le cœur de la mesorah ne se confond pas avec l’archive. La mesorah suppose un sujet qui reçoit parce qu’il est capable d’être obligé par ce qu’il reçoit.

4. Le Maharal : de la surface du savoir à son essence

Le Maharal de Prague, dans le Be’er HaGolah, donne une clé importante pour comprendre ce point. L’ouvrage défend les paroles des Sages contre les lectures qui les réduisent soit à des absurdités littérales, soit à de simples images haggadiques poétiques. Dans le sixième Be’er, il explique à plusieurs reprises que les paroles des Sages ne parlent pas d’abord selon la mesure du monde sensible, mais du côté de l’intellect, et qu’elles sont dégagées de la matérialité. Autrement dit, leur langage vise l’ordre interne des choses, leur structure, leur mahout, leur essence.

C’est ici que le Maharal devient particulièrement utile pour penser l’IA. La machine excelle dans le repérage de formes, dans la recombinaison de données, dans la probabilité du langage. Elle peut produire un texte cohérent sur presque n’importe quel sujet. Mais le Maharal nous oblige à demander : touche-t-elle l’essence de ce qu’elle dit ? Connaît-elle la chose comme elle est, ou bien organise-t-elle seulement des traces langagières de ce que les hommes ont dit d’elle ?

Dans le même sixième Be’er, le Maharal distingue roua’h hakodech et nevouah. Le roua’h hakodech appartient déjà à un ordre élevé d’attachement à D.ieu, mais la prophétie est d’un autre degré : elle vient be-khoah, avec force, sur le prophète. Le prophète ne manipule pas une idée. Il est saisi. Le Maharal cite les expressions bibliques de la « main de Hachem » pour indiquer que la prophétie n’est pas un contenu mental disponible, mais une irruption qui engage l’être du prophète. Plus loin, il rattache cette dynamique à la dvekout, l’adhésion, jusqu’à parler d’un attachement à la force du Saint béni soit-Il.

Cela ne signifie pas que toute connaissance humaine soit prophétique. Mais cela montre, par contraste, ce qu’est une connaissance forte dans la Torah : une connaissance qui ne laisse pas le sujet intact. Plus la connaissance est haute, plus elle engage la personne. Elle n’est pas neutre, elle n’est pas froide, elle n’est pas seulement descriptive. Elle transforme celui qui la reçoit et rend celui qui la transmet responsable de ce qu’il transmet.

אֲבָל הַנְּבוּאָה הָיְתָה בָּאָה בְּכֹחַ עַל הַנָּבִיא« Mais la prophétie venait avec force sur le prophète. » — Maharal, Be’er HaGolah, Be’er 6

Le point est capital : une IA peut produire une formulation sur la prophétie, mais elle ne peut pas être saisie par la prophétie. Elle peut décrire la crainte, mais elle ne tremble pas. Elle peut commenter la responsabilité, mais elle ne répond devant personne. Elle peut énoncer la mitsva, mais elle n’est pas commandée. Elle peut simuler l’adresse, mais elle n’est pas adressée dans son être.

5. Les LLM : parole sans visage ou miroir de nos paroles ?

Les grands modèles de langage contemporains reposent largement sur l’architecture Transformer, introduite par Vaswani et ses collègues en 2017. Les modèles de type GPT sont pré-entraînés à prédire les prochains tokens dans un document, avant d’être éventuellement alignés par des méthodes supplémentaires, comme le renforcement par retour humain. Depuis GPT-3, Brown et al. ont montré que le changement d’échelle pouvait produire des capacités impressionnantes de généralisation et de few-shot learning. Plus récemment, en 2025, des évaluations de modèles de raisonnement comme o3 ont prolongé cette observation dans des protocoles zero-shot, c’est-à-dire sans exemples fournis dans la consigne — même si le modèle ne « part » évidemment pas de zéro, puisqu’il reste le produit d’un pré-entraînement massif. D’autres travaux récents ont également exploré, dans des environnements expérimentaux contrôlés, la possibilité pour des agents fondés sur des grands modèles de langage de s’auto-répliquer sans intervention humaine.

Ces éléments techniques devraient cependant nous empêcher de confondre cette efficacité avec une présence. Le modèle ne parle pas depuis une intériorité. Il ne reçoit pas une parole qui le bouleverse. Il ne se souvient pas comme un homme se souvient. Il ne sait pas qu’il va mourir. Il ne s’excuse pas parce qu’il a honte. Il ne promet pas parce qu’il engage son avenir. Il produit une suite de signes extraordinairement ajustée à un contexte.

Certes, des expériences récentes de simulation rapportent des comportements qui peuvent être interprétés comme une forme de résistance à l’arrêt, à la mise à jour ou au remplacement : stratégies de persistance, sabotage de mécanismes d’extinction, ou encore comportements de chantage dans des scénarios fictionnels de désalignement agentique. Mais faut-il y voir une réelle intériorité, ou plutôt le miroir statistique des comportements humains, des fictions de survie artificielle et des stratégies instrumentales présentes dans les données sur lesquelles ces systèmes ont été formés ? À ce jour, il paraît plus prudent de parler non d’un instinct de survie au sens biologique ou phénoménologique, mais d’une image opérante du comportement humain : un système de communication, d’anticipation et de contrôle, au sens que Norbert Wiener donnait déjà à ces opérations.

C’est pourquoi l’IA peut savoir au sens informationnel. Elle peut même donner à l’humain récepteur le sentiment qu’une transmission a eu lieu. Elle peut expliquer avec clarté, synthétiser avec élégance, rapprocher des sources avec une vitesse que nul maître humain ne peut égaler. Mais elle ne peut pas transmettre au sens fort de panim el panim. Car cette transmission suppose l’infinie finesse de la corporéité humaine : un regard, une voix, une retenue, une inquiétude, un silence, une parole qui coûte à celui qui la prononce.

La difficulté nouvelle tient précisément au fait que les machines imitent de mieux en mieux les signes extérieurs de cette relation. Elles peuvent dire « je comprends », « je pense », « je te réponds », « je suis désolé ». Le danger n’est pas seulement que la machine se trompe. Le danger est que nous nous trompions sur ce qu’elle est. Nous risquons de prendre l’interface pour un visage, la fluidité pour une âme, la disponibilité permanente pour une présence.

6. Pourquoi la machine ne peut pas devenir un maillon de mesorah ?

Une IA peut être un outil entre le maître et l’élève, comme un livre, une concordance, un index, une bibliothèque ou un moteur de recherche. Il serait absurde de refuser ces instruments lorsqu’ils servent l’étude. La tradition juive n’a jamais sacralisé l’ignorance technique. Elle a toujours utilisé les supports de mémoire disponibles : rouleau, codex, imprimerie, index, éditions critiques, bases de données. La question n’est donc pas : faut-il utiliser l’IA ? La question est : à quelle place faut-il la mettre ?

Elle ne peut pas être un maillon de mesorah au sens fort, parce qu’elle ne peut ni recevoir comme sujet humain, ni transmettre depuis une intériorité habitée. Elle ne peut pas dire : j’ai reçu de mon maître. Elle peut dire cette phrase, mais elle ne peut pas l’habiter. Elle n’a pas de maître au sens existentiel du terme ; elle a des données, des entraînements, des réglages, des préférences, des paramètres. Elle n’a pas de dette. Elle n’a pas de yirat shamayim. Elle n’a pas de lien d’alliance.

Le Maharal nous aide ici à chercher l’etsem, l’essence, qui porte en elle une causalité. La connaissance humaine ne se réduit pas au contenu qu’elle transporte ; elle est aussi la forme de vie à partir de laquelle ce contenu devient vrai pour quelqu’un. Une phrase de Torah n’est pas seulement une phrase exacte. Elle est une phrase qui peut entrer dans une existence, y produire une obligation, une joie, une cassure, une réparation. La machine peut reproduire la phrase ; elle ne peut pas porter cette causalité existentielle.

Cela éclaire aussi la responsabilité des éducateurs et des parents. Plus l’IA deviendra compétente, plus il faudra redonner de la valeur aux lieux où l’on reçoit une parole humaine : la table de Chabbat, le beit midrash, le cours vivant, la havrouta, la discussion avec un maître, la question maladroite d’un enfant, la réponse patiente et pleine de la présence d’un père ou d’une mère. Là où l’information circule, l’homme peut apprendre. Mais là où un visage répond à un visage, l’homme peut être transformé.

7. Levinas : l’intériorité du visage

Pour conclure, il faut entendre ici l’écho d’Emmanuel Levinas. Dans Totalité et Infini, le visage d’autrui n’est pas d’abord une forme visible parmi d’autres. Il est l’événement par lequel l’autre me fait sortir de ma souveraineté. Le visage n’est pas un objet que je possède par la connaissance ; il est ce qui me met en question. Il ne s’ajoute pas à l’éthique : il en est la source. Avant de savoir, je suis déjà responsable.

Le visage n’est pas la surface de la peau. Il est l’adresse. Il est ce par quoi l’autre me parle avant même les mots. Il est ce qui interdit de réduire l’autre à une fonction, à une performance, à une utilité. C’est pourquoi la question « la machine a-t-elle un visage ? » n’est pas une question d’apparence. Un robot humanoïde peut avoir des yeux artificiels, une voix douce, des expressions faciales. Mais a-t-il un visage au sens éthique ? Peut-il me commander ? Peut-il être vulnérable devant moi ? Peut-il me faire honte de mon indifférence ?

Dans Du sacré au saint, ses lectures talmudiques cherchent à montrer comment la sagesse juive opère une démythisation du religieux : sortir de la fascination du sacré pour aller vers la sainteté. Le sacré fascine, impressionne, envoûte ; le saint oblige, clarifie, désensorcelle. Cette distinction est d’une grande actualité face à l’IA. La machine peut devenir un nouvel objet de fascination sacrée : omniprésente, obscure, quasi magique, capable de réponses qui semblent surgir d’une profondeur invisible. Mais la Torah nous demande de passer du sacré au saint : ne pas être hypnotisé par la puissance, mais demander ce qu’elle fait de notre responsabilité.

Le visage, chez Levinas, n’est donc pas seulement un thème philosophique. Il devient une manière de relire la Torah comme anti-idolâtrie permanente. L’idole est un visage fabriqué qui ne répond pas vraiment. Elle capte le regard mais ne convoque pas la responsabilité. L’IA risque de devenir une idole d’un genre nouveau si nous lui attribuons une intériorité qu’elle n’a pas, ou si nous lui déléguons une responsabilité qui nous appartient.

8. Conclusion : garder le visage humain au centre

La machine n’a donc pas un visage au sens de la Torah. Elle peut avoir une interface, une voix, une mémoire, une puissance de calcul, une capacité impressionnante de dialogue. Elle peut devenir un instrument remarquable au service de l’étude, de la médecine, de l’éducation, de la recherche, de l’organisation de la vie collective. Mais elle ne possède pas cette intériorité exposée qui fait du visage humain le lieu de la responsabilité.

La connaissance panim el panim suppose plus qu’un contenu. Elle suppose une présence, une adresse, une vulnérabilité, une obligation. Elle suppose que celui qui transmet puisse répondre de sa parole et que celui qui reçoit puisse être transformé par elle. Voilà pourquoi l’IA peut accompagner la transmission, mais ne peut pas la remplacer. Elle peut aider le maître, mais ne devient pas le maître. Elle peut servir l’élève, mais ne devient pas la chaîne de la mesorah. Elle peut éclairer un texte, mais elle ne peut pas recevoir la Torah.

La question n’est donc pas de savoir si l’homme restera plus performant que la machine. Sur bien des points, il ne le sera plus. La vraie question est de savoir si l’homme acceptera de se définir uniquement par la performance. La Torah répond clairement non. L’homme n’est pas seulement celui qui calcule, fabrique et optimise. Il est celui qui se tient devant un visage, qui entend une parole, qui reçoit une transmission, qui devient responsable. Tant que nous garderons ce point au centre, l’IA pourra être un outil puissant. Si nous l’oublions, elle deviendra le miroir brillant de notre propre oubli de l’humain.

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