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	<title>Mon premier-né Israël &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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		<title>Mon premier-né Israël</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Mar 2023 23:01:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[C’est dans ces termes que la Torah annonce la dixième et dernière plaie : la mort des premiers-nés. La délivrance semble donc liée à cet événement, mais de quelle manière l’est elle ? Est-ce simplement le cumul des dix plaies qui atteint ici son paroxysme ou bien existe t-il une explication qui rendrait compte d’une [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est dans ces termes que la Torah annonce la dixième et dernière plaie : la mort des premiers-nés.<br />
La délivrance semble donc liée à cet événement, mais de quelle manière l’est elle ? Est-ce simplement le cumul des dix plaies qui atteint ici son paroxysme ou bien existe t-il une explication qui rendrait compte d’une dimension propre à cette plaie permettant la fin de l’exil d’Égypte ?<br />
Un premier élément de réponse se trouve déjà dans la Torah, bien avant ces événements alors que Moché prend la route pour se rendre en Égypte.</p>
<p>Chemot Chapitre 4 verset 22 :<br />
« Et tu diras à Pharaon ainsi : Israël est mon fils mon premier-né et je te dis renvoie mon fils afin qu’il me serve et tu refuses de le renvoyer, voilà que je vais tuer ton fils ton premier-né. ».</p>
<p>Indépendamment du fait que D, ne parle ici que de la dernière plaie (voir ici Rachi), la Torah établit ici une symétrie entre les premiers-nés égyptiens et le rôle de premier-né que joue le Peuple juif parmi les nations.<br />
Nos Sages dans le Midrach Rabbah (chapitre 15 siman 27) vont aller plus loin et font remonter l’annonce de cette plaie au «<em> Brit ben habetarim</em> » (alliance entre les morceaux), à l’alliance contractée avec Avraham :<br />
« A propos d’Avraham il est dit et «&nbsp;aussi le peuple qu’il serviront je le jugerai.&nbsp;» Que signifie le mot « jugerai » ? C’est la plaie des premiers nés qui s’exprime dans la Tora en tant que plaie, ainsi qu’il est dit « encore une plaie ». Et ceci est le signe que D. a transmis à Avraham et celui-ci à Itshak et celui-ci à Yaakov et celui-ci à Lévi et celui-ci à Kehat et celui-ci à Amram et celui-ci à Moché et ce dernier attendait qu’enfin vienne ce moment. »</p>
<p>Il semble donc que cette dernière plaie possède une particularité qui justifie sa place intrinsèquement. Mais en quoi peut on justifier le titre de premier né à l’égard d’Israel ? Rachi cite le Midrach selon lequel ce serait ici que D. « contresigne » la vente du droit d’ainesse de Essav à Yaakov. Il ne s’agit donc pas tant du premier né naturel que de celui qui assume de jouer le rôle de premier-né.<br />
Donc on peut affirmer que c’est cette nouvelle dimension du droit d’ainesse, initiée par Yaakov, qui prend tout son sens au moment même de la délivrance, de la sortie d’Égypte.<br />
Pour approfondir ce point nous citerons le Ohr Hahaim à propos des versets suivants :</p>
<p>Chemot Chapitre 11 versets 4 et 5 :<br />
&nbsp;» Et Moché dit : &nbsp;» ainsi parle D. : au milieu de la nuit je sortirais en Égypte et mourra tout premier-né en terre d’Égypte du premier-né de Pharaon amené à s’assoir sur son trône, jusqu’au premier-né de la servante. «&nbsp;&nbsp;»</p>
<p>La Tora ne dit pas « je tuerais » (au lieu « et mourra »), du fait que D., Béni soit Il, est facteur de bien, mais l’action négative est déléguée à ses serviteurs. C’est pourquoi il n’est pas dit « je tuerais » mais « et mourra », c’est à dire par un envoyé, et l’acte de D. se limite à la mention désignant le premier-né, et cela même cause l’action du destructeur, la mort. Ceci révèle l’explication du verset (chap. 12 verset 12) : « et je frapperai tout premier né ». Ce ne peut être que par délégation […] dés lors quand D. dit : « et mourra tout premier né » cela signifie que par le fait que je passerai parmi les Égyptiens, en cela même mourra ton premier né […]. »<br />
Il serait trop long de développer ici toute la richesse des propos du Ohr Hahaim<em> Hakadoch</em>, mais nous retiendrons l’idée suivante : c’est le passage de D. lui même et non pas un ange (ainsi que nous le disons dans la Hagada) qui va permettre de retirer toute substance à la dimension, et par là à l’existence, des premiers-nés égyptiens et afin de libérer le Peuple juif, de faire émerger la dimension de premier-né que ce dernier incarne.<br />
Cette idée se trouve déjà dans le Midrach Rabba (Chapitre 15 verset 27), précédemment cité, qui faisait référence à Avraham au moment de l’alliance. Car c’est bien le terme « Anokhi » (forme accentuée du « je ») qui est utilisé par D. : « Dan Anokhi », « je jugerai ». C’est également le cas dans Chemot chapitre 4 verset 23 : « Anokhi horeg », «je vais tuer ton premier-né ». Autrement dit, c’est le « Anokhi », révélation de D. comme l’unique sur terre qui va libérer le Peuple d’Israël en escamotant la conception du premier-né personnifiée par les Égyptiens. Et ce même mot « Anokhi » sera le premier mot des Dix paroles : « Je suis (Anokhi) l’Eternel ton D. qui t’a fait sortir d’Égypte. ».<br />
Mais en quoi ce concept de premier-né est il porteur de cet enjeu suprême ? Pour essayer de comprendre cela, il faut analyser la définition même du premier-né. C’est avant tout celui qui permet de devenir père. Être géniteur peut avoir deux sens. C’est une pérennité que l’homme construit. Mais la voit-il comme une continuité qui part de l’origine de l’humanité et dont il ne constitue donc qu’un maillon, ou bien se voit il comme un créateur, ce qui fait de lui, à D, ne plaise l’égal du Créateur ?<br />
Il me semble que cette problématique peut s’appliquer à toute l’activité humaine, mais elle prend tout son sens dans l’acte par excellence, celui qui se rapproche le plus de l’acte de création : donner la vie.</p>
<p>Ainsi s’exprime Ezechiel (Chap 29 verset 3), à propos de Pharaon qui dit à D. : « A moi est mon fleuve et je me suis fait. ». Yossef a eu beau rappeler à Pharaon à maintes reprises que c’est D. qui lui annonce ce qu’il fait, Pharaon va oublier Yossef et veut ignorer D. .<br />
L’Égypte s’enfonce dans une course illusoire à l’éternité, en s’enrichissant, en devenant de plus en plus puissante.</p>
<p>Chemot, chapitre 1 verset 8 :<br />
« Et il se leva un nouveau roi en Égypte qui ne connaissait pas Yossef ». Ce verset peut se comprendre ainsi, est « nouveau » qui refuse de se relier à l’origine malgré le message de Yossef. (par ailleurs premier né de Yaacov).</p>
<p>Le concept de premier-né est tout autrement compris par Israël. Les lettres du mot « <em>Bekhor</em> » signifiant « premier né » en Lachon hakodech sont <em>Beth</em>, <em>Kaf</em> et <em>Rech</em>, correspondant à 2, 20, 200. Paradoxalement, le premier né est le deuxième, et cela s’explique dans un regard rétrospectif. C’est en se voyant dans la continuité du père, que le Juif remonte à l’origine première.<br />
Bien sûr, il y a un projet dans lequel l’Homme s’inscrit, mais ce projet a commencé à la création du monde. L’Homme a été créé pour servir son Créateur et celui qui assume cette fonction est par excellence le premier-né. C’est uniquement à ce moment historique qu’est la sortie d’Égypte que ce concept prend tout son sens. Pour cela D. ne dit pas au début des Dix paroles : « je suis ton D. qui t’a créé », mais « Je suis (Anokhi) ton D. qui t’a fait sortir d’Égypte ».</p>
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