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	<title>Hayé Sarah &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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	<title>Hayé Sarah &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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		<title>L’amitié à tout prix : Paracha Haye Sarah</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie Allali-Klein]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Oct 2025 15:43:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Hayé Sarah]]></category>
		<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Béréchit]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
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					<description><![CDATA[«&#160;Ecoutez-moi et insistez pour moi auprès de Efron, fils de Tsohar, et qu’il me donne la caverne de Makhpela, qui est à lui, qui est au bout de son champ. Pour argent plein, qu’il me la donne au milieu de vous pour concession funéraire.&#160;» (Hayé Sarah 33, 8-9) Sarah est morte. À cent- vingt-sept ans. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>«<em>&nbsp;Ecoutez-moi et insistez pour moi auprès de Efron, fils de Tsohar, et qu’il me donne la caverne de Makhpela, qui est à lui, qui est au bout de son champ. Pour argent plein, qu’il me la donne au milieu de vous pour concession funéraire.&nbsp;</em>»<br />
(Hayé Sarah 33, 8-9)</p>
<p>Sarah est morte. À cent- vingt-sept ans. Avraham prend le deuil et la pleure.<br />
Même si les fils de Heth aimeraient donner gratuitement une sépulture pour Sarah, car Avraham est considéré et intégré, la Paracha Hayé Sarah décrit un long processus de transactions pour lui trouver une propriété tumulaire.<br />
Avraham n’est intéressé que par un lieu précis&nbsp;: Maharat Hamakhpela, la caverne de Makhpela, située au bout du champ d’un certain Efron. C’est entre eux que se passeront ces longues transactions<br />
Ce passage questionne.</p>
<p>Le Malbim (Meïr Leibush ben Jehiel Michel Weiser, 1809-1879) se demande pourquoi faire une description si longue et si réaliste de ces transactions qui permettront à Avraham d’obtenir la caverne de Makhpela à prix fort.<br />
Le Midrach Berechit Rabba (89,7) donne une réponse d’ordre géopolitique à cette question&nbsp;: « Rabbi Youdane fils de Rabbi Shimon a dit&nbsp;: C’est l’un des trois endroits que les gentils ne peuvent pas accuser Israël de leur avoir volé. Il s’agit de la caverne de Makhpela, du Temple et de la tombe de Yossef (à Chehem). La caverne de Makhpela comme il est écrit&nbsp;: «&nbsp;et Avraham écouta Efron et Avraham pesa à Efron l’argent.&nbsp;».</p>
<p>Ibn Ezra (Avraham ben Meïr ben Ezra, 1092-1167), rapporte que ces transactions marquent le commencement de la réalisation des promesses divines faites à Avraham, si souvent répétées, d’avoir une descendance sur sa terre.<br />
«&nbsp;<em>À ta descendance, je donnerai ce pays</em>&nbsp;» (Lekh Lekha, 12- 7)<br />
«&nbsp;<em>Et ta descendance héritera le portail de ses ennemis&nbsp;</em>» (ibid, 12-17)<br />
Si promesse il y a, Avraham ne semble pas serein et se prosterne par deux fois devant les fils de Heth. Comme l’avance le Hizkouni (Hizkiyahou ben Manoakh, 13ème siècle), il est ainsi difficile de percevoir l’accomplissement de la royauté, du prestige et de la domination promis à Avraham sur le pays et ses habitants. Nombres de sages du Talmud pensent d’ailleurs que cet achat est, au contraire, une des épreuves d’Avraham.<br />
Quelle est donc le sens de cette épreuve&nbsp;?</p>
<p><strong>1&nbsp;/ Mobilité/ancrage&nbsp;:</strong></p>
<p>Jusque-là, Avraham est un être en mouvement. C’est ce que nous pouvons constater dans la paracha précédente, Leh Lekha, dont la traduction est&nbsp;: va pour toi.<br />
Au moment où il pourrait s’installer avec sa famille à Haran, comme il est dit «&nbsp;Vayachevou cham, ils se sont installés là&nbsp;», D. demande à Avraham de quitter sa famille et d’aller de l’avant. S’il y a une promesse de la part de D. faite à Avraham de s’installer sur la terre d’Israël pour y faire prospérer une descendance, Avraham avance d’abord dans son rôle de missionnaire.<br />
Son premier lien à la propriété, donc à la sédentarisation, à l’ancrage, est Mahakhat Hamahpela, cette grotte qui sera le caveau des patriarches et des matriarches.<br />
Avraham vit ici une tension&nbsp;: si le caveau est un point d’ancrage pour la lignée d’Avraham en terre d’Israël, il ne doit pas conduire à l’assimilation et à la perte du travail mis en place par le couple et qui doit continuer pour la lignée d’Avraham. C’est bien pour cela, qu’Avraham se présente comme un étranger aux fils de Heth.<br />
«&nbsp;Je ne suis qu’un étranger domicilié parmi vous&nbsp;: accordez-moi la propriété d’une sépulture au milieu de vous que j’ensevelisse mon mort de devant moi&nbsp;.&nbsp;» (Haye Sarah, 23, 4)</p>
<p>On note également qu’Avraham se prosterne deux fois devant les fils de Heth. Il montre qu’il est différent d’eux.<br />
L’achat du caveau, qui lui est pourtant proposé par Efron gratuitement, va dans ce sens. Mais que signifie cet argent plein, ce kesef malé qui semble si important pour Avraham&nbsp;?</p>
<p><strong>2&nbsp;/ Le sens de l’argent dans les transactions entre Avraham et Efron&nbsp;:</strong></p>
<p>« Si seulement tu voulais m’écouter&nbsp;: j’ai donné l’argent de ce champ, prends- le (kakh mimeni), que j’y puisse enterrer mon mort&nbsp;». (ibid, 23, 13)</p>
<p>Les sages du Talmud, au traité Kidouchin 2a, trouvent un lien entre kakh mimeni, prend de moi (cet argent) exprimé par Avraham à Efron et l’expression, kakh icha, prendre femme, mentionné plusieurs fois dans la Tora.<br />
Afin de comprendre ce parallèle évoqué par les sages, revenons à l’endroit de Mahakhat haMakhpela. Cette grotte se trouve dans la ville de Qiryath Arba qui est Hevron.<br />
«&nbsp;Sarah mourut à Qiryat Arba, qui est Hevron, dans le pays de Canaan, et Avraham vint pour dire sur Sarah les paroles funèbres et pour la pleurer&nbsp;» (ibid, 23, 2)<br />
Rachi (Rabbi Chlomo ben Itshak,1040-1105), nous rapporte que Qiryat Arba, la Ville des Quatre, se nomme ainsi car y sont enterrés quatre couples&nbsp;: Adam et Hava, Avraham et Sarah, Itshak et Rivka, Yaakov et Léa.<br />
La grotte de Makhpeka se trouverait également, à l’entrée du Gan Eden, le jardin d’Eden, là où vivaient Adam et Hava avant la faute originelle.<br />
L’expression kakh icha, prendre femme existe dans les versets de la Torah, au moment de la création de la femme&nbsp;:<br />
«&nbsp;L’Eternel D. édifia en femme la côte qu’il avait prise à l’homme, et il la mena à l’homme. Et l’homme dit&nbsp;:&nbsp;« Cette fois-ci, c’est un os de mes os et une chair de ma chair&nbsp;; celle-ci sera nommée <strong>icha</strong>, parce qu’elle a été prise de <strong>ich</strong>&nbsp;» (Berechit, 2, 22-23)<br />
Prendre femme signifie que celle-ci a été prise de l’homme. Si celui-ci veut rester fidèle (au sens le plus large) à lui-même, il se doit d’être fidèle à son épouse. Si une partie d’elle est une partie de lui, alors être lui, c’est être lui <strong>avec</strong> elle.<br />
Pourtant, déjà, au jardin d’Eden, le serpent, ne supporte pas cette idée. Ce qui s’avère être vrai dans cet espace d’avant la faute, ne l’est plus après la faute. Le serpent abîme l’idée première de la relation entre un homme et une femme, à savoir l’amitié, un sentiment réciproque d’affection qui ne se fonde ni sur la parenté ni sur l’attrait sexuel&nbsp;; l’envie de faire du bien à l’autre comme une partie de soi.</p>
<ul>
<li>Si Adam et Hava n’ont pas honte de leur nudité (car dans ce monde d’avant la faute, être nu signifie être transparent à l’autre comme le monde l’était aussi pour eux), le serpent, lui, cherche à faire basculer la relation dans une tension sexuelle (ils ont soudain honte de leur nudité) et un enjeu familial (Adam appellera Icha, Hava, la mère de tous les vivants). Ainsi, chacun devient opaque à l’autre, cantonné à un rôle, une fonction. Il ne peut plus y avoir de lien de transparence, d’honnêteté, quelque chose se met en place qui est hors d’eux, en dehors de leur complicité première et qui crée d’énormes tensions internes.</li>
</ul>
<p>Si nous revenons aux transactions entre Avraham et Efron avec cette grille de lecture, nous nous apercevons que la fixation quasi-obsessionnelle d’Efron sur la gratuité du caveau est du même ordre que ce que le serpent met en avant.<br />
Il est d’ailleurs intéressant de voir qu’Efron vient d’afar, la poussière, dont la consommation sera la punition donnée au serpent pour avoir amené Adam et Hava à la faute.<br />
La gratuité a souvent pour conséquence une dette et une redevabilité. Une personne qui donne gratuitement peut toujours revenir sur sa décision ou s’immiscer dans ce qu’il a donné. Celui qui reçoit gratuitement peut toujours se sentir redevable de ce qu’on lui a donné. Que ce soit dans un sens ou dans l’autre, ces deux mouvements créent une forme d’«&nbsp;illimité&nbsp;». Quelque chose ne s’arrête pas dans la relation, ne se pose pas.</p>
<p>La relation d’Avraham et de Sarah est avant tout une relation d’amitié. En la prenant pour femme dès le début des versets mentionnant leur relation, il a pris en compte son histoire (elle est stérile) et a accepté d’où elle venait (c’est la fille de son frère). Dans son immense générosité, et de manière gratuite, désintéressée, Avraham <strong>a pris Sarah pour femme</strong>.<br />
Mais la gratuité d’Efron n’a pas la même noblesse de cœur. Comme le serpent du jardin d’Eden, elle correspond à un besoin de s’immiscer dans l’idée première du couple, celle des âmes sœurs. Des âmes sœurs ce sont des âmes amies, bienveillantes, qui ne précipitent pas le désir et l’enjeu de fonder une famille.<br />
Comme dit Montaigne sur son ami La Boétie&nbsp;: «&nbsp;Parce que c’était lui, parce que c’était moi.&nbsp;»<br />
David HaMelekh est accusé de se précipiter impulsivement dans sa relation avec Batcheva. Nos sages nous disent pourtant qu’ils sont des âmes sœurs, chacun ayant bénéficié d’une partie des années de vie de Adam et Hava. Ils indiquent également que le mari de Batcheva, Uriya, est considéré comme le serpent qui tente d’éloigner ces deux âmes compatibles. S’il avait mesuré sa relation d’amitié avec Batcheva, David n’aurait pas commis de faute et n’aurait pas connu cette souffrance qui lui a, en partie, motivé l’écriture les psaumes.</p>
<p><strong>3/ Hayé Sarah, la paracha de la responsabilité&nbsp;:</strong></p>
<p>Avraham est mouvement et même si la mort de Sarah le fige un instant dans l’achat de cette propriété foncière, il saisit en l’enterrant la possibilité d’un renouvellement. Il agit ici sans la parole divine, Hayé Sarah représente la période post prophétique d’Avraham. Si les sages du Talmud considèrent cet achat comme une épreuve, elle est avant tout épreuve humaine. Ne pas laisser la gratuité mensongère du monde briser l’affection, le lien bienveillant à l’autre. Nulle place dans la société (Avraham se sent très honoré par les fils de Heth), nulle gratuité ne doivent prendre le pas sur l’idée première de la relation, à savoir retrouver ce premier goût du jardin d’Eden, celui d’avant la faute qui est lien de mouvement à l’autre, où l’autre n’est pas figé dans une projection de soi mais, au contraire, mouvement incessant de soi à l’autre, et mouvement vers et pour l’avenir.<br />
Sous la Houpa, il n’y a pas de gratuité mensongère. C’est peut-être pour cela que la paracha Hayé Sarah se poursuit par la rencontre entre Eliezer et Rivka. Eliezer donne des bijoux à Rivka, afin qu’elle accepte de se marier avec Itshak. Il fait une forme de Kinian, à savoir une acquisition de Rivka en tant qu’épouse pour Itshak. Il est donc ici aussi question de prix à mettre pour obtenir. Si cela semble dénué de sentiments, il s’agit au contraire de la possibilité d’une relation véritable non basée sur une gratuité aussi séduisante qu’illusoire qui ne peut permettre une relation altruiste. Le contrat de Kinian, concrétisé de nos jours par le don d’un anneau, n’est pas don gratuit qui créerait une relation incessante de redevabilité. Au contraire, cet acte pose la relation non pas comme <strong>appartenance</strong> de l’un sur l’autre mais comme <strong>partenariat</strong>. Ce partenariat est mouvement. Rivka dira&nbsp;: Elekh, j’irai, pour rejoindre Itshak.</p>
<p>Et voici ce qui est dit de leur rencontre&nbsp;:<br />
«&nbsp;Itshak la conduisit dans la tente de sa mère&nbsp;;<strong> il prit Rivka pour femme</strong> et il l’aima, et il se consola d’avoir perdu sa mère.&nbsp;» (Haye Sarah, 24, 67)</p>
<p><strong>Conclusion</strong><br />
Le kesef male (l’argent plein), mentionné dans le verset cité plus haut, représente la plénitude du juste qui va mehayil lehayil, (Psaume, 84, 8), au-devant d’une évolution progressive éternelle.<br />
Et si le serpent fut le déclencheur de l’exil d’Adam et Hava, Avraham, lui, réussit, en refusant à Efron toute gratuité perverse, à ancrer l’histoire de sa lignée par l’achat du caveau.<br />
L’âge de Sarah au moment de sa mort, de la manière dont il est mentionné, fait écho à cette plénitude.<br />
«&nbsp;La vie de Sarah fut de cent, de vingt ans et de sept ans, telles furent les années de la vie de Sarah&nbsp;» (ibid, 23, 1).<br />
Rachi l’interprète ainsi&nbsp;: Sarah emporta la beauté de l’enfant dans l’âge de la femme mûre, et l’innocence de la femme de vingt ans dans la tombe.<br />
Nous y voyons ici, également, un mouvement. L’âge ne se fige pas à un endroit mais voyage d’une période à l’autre.<br />
Ainsi, la plénitude est mouvement et renouvellement, elle émerge du désir d’un déplacement de l’histoire afin de reprendre le fil de sa propre histoire.</p>
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		<title>Hayé Sarah : Comprendre un verset</title>
		<link>https://yechiva.com/haye-sarah-comprendre-un-verset/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jaqui Ackermann]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Oct 2025 15:43:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Hayé Sarah]]></category>
		<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Béréchit]]></category>
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					<description><![CDATA[« Sœur, que tu sois (=deviennes) des milliers et des myriades, et que ta descendance hérite les villes de ses ennemis » (24,60). Ce verset est une bénédiction prononcée par la famille à l’adresse de Rivka, au moment de son départ pour se marier avec Yit’hak. Le début est compréhensible. Une des bénédictions à souhaiter [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p id="viewer-2lcn4" class="xVISr Y9Dpf bCMSCT OZy-3 _40ACk Ecq9kg bCMSCT public-DraftStyleDefault-block-depth0 fixed-tab-size public-DraftStyleDefault-text-ltr"><span class="B2EFF public-DraftStyleDefault-ltr">« Sœur, que tu sois (=deviennes) des milliers et des myriades, et que ta descendance hérite les villes de ses ennemis » (24,60). Ce verset est une bénédiction prononcée par la famille à l’adresse de Rivka, au moment de son départ pour se marier avec Yit’hak. Le début est compréhensible. Une des bénédictions à souhaiter à une femme qui va se marier est, probablement, d’avoir une grande famille. La fin du verset est moins compréhensible. Certes, il y a une satisfaction d’avoir de la puissance, de supplanter ses ennemis. Mais ce n’est pas la première chose qui viendrait à notre esprit face à une jeune fille à marier. Ce qui dérange le plus, c’est que le jour d’un mariage (ou de ce qui s’y rapproche), on parle d’ennemis. Pourquoi parler de ce qui ne va pas, quand tout va bien ? C’est une vision du monde quelque peu pessimiste. La thora n’est ni optimiste ni pessimiste. Elle est vraie. Si être optimiste est vrai, on sera optimiste. Si cela ne correspond pas à la vérité, on ne sera pas optimiste. Ici, la bénédiction de la famille ne veut pas souligner l’agressivité du monde. Elle veut souligner la capacité de Rivka. Le monde a en lui des éléments agressifs, personne ne peut le nier : il y a des maladies, des mauvaises gens, des obstacles en tous genres. Les ennemis dont il s’agit ici englobe toutes ces formes de « rencontres » désagréables. Le souhait n’est pas seulement d’y échapper mais d’en prendre possession, c’est-à-dire de ne pas écraser ces forces, car s’il y a des forces, il vaut mieux se les approprier, c’est bien mieux que de les écraser. Le souhait est donc non seulement de se développer (la première partie du verset) mais également d’avoir la capacité de dominer puis d’intégrer ce qui s’oppose à nous (la deuxième partie). C’est également une forme de développement Celui qui a bonne mémoire, se rappelle que ce sont quasiment les mêmes mots que l’ange dit à Avraham, quelques chapitres plus hauts, après la « ligature de Yits’hak » (22,18) …</span></p>
<p class="xVISr Y9Dpf bCMSCT OZy-3 _40ACk Ecq9kg bCMSCT public-DraftStyleDefault-block-depth0 fixed-tab-size public-DraftStyleDefault-text-ltr"><span class="B2EFF public-DraftStyleDefault-ltr"><strong>Élément méconnu</strong></span></p>
<p id="viewer-4jh4h" class="xVISr Y9Dpf bCMSCT OZy-3 _40ACk Ecq9kg bCMSCT public-DraftStyleDefault-block-depth0 fixed-tab-size public-DraftStyleDefault-text-ltr"><span class="B2EFF public-DraftStyleDefault-ltr">D. a promis à Avraham que Yichmaél engendrera 12 princes (17,20). C’est réalisé à la fin de notre <em>paracha</em>, ils y sont cités. D. avait promis que Yichmaél sera béni, etc. Le texte montre clairement à travers cela, que c‘est une autre bénédiction que celle d’Avraham. Car Avraham, lui, a déjà été béni, et il est dit que l’alliance conclue avec lui, se prolongera avec Yits’hak. Cela signifie donc que toutes les bénédictions faites à Avraham s’appliqueront à Yits’hak, pas à Yichmaél. C’est pour cela que Yichmaél doit être le sujet d’une autre bénédiction, ayant été exclu du lien particulier entre D. et Avraham. On retrouve un élément similaire après l’épisode où Yits’hak bénit Yaakov (en croyant que c’est Essav). Yits’hak rappelle Yaakov pour lui souhaiter que D. lui donne les bénédictions d’Avraham (28,4). C’est une manière d’exclure explicitement Essav du lien avec Avraham. Tout ce qui est promis à Avraham se concrétisera uniquement avec Yaakov. Pour ce qui est de Yichmaél, nous constatons donc qu’une de ses bénédictions se concrétise rapidement. Effectivement, lorsque les choses sont plus profondes, elles mettent plus de temps à venir. Le principe est que plus les éléments sont fondamentaux, plus lentement ils apparaissent. Une des raisons tient au fait qu’après cela, le monde n’est plus sensé changer. Nous croyons, par exemple, que le temple de Chlomo, construit 480 années après la sortie d’Egypte, n’était pas « suffisamment sacré » pour être indestructible. En revanche la sainteté de son lieu est maintenant éternelle. Cela ne bougera plus. La dynastie de David est aussi apparue tardivement, mais elle ne bougera plus : c’est-à-dire qu’il n’est plus possible d’avoir un roi qui ne soit pas de sa dynastie (même s’il y a eu des rois des autres tribus, ils sont considérés comme subalterne face aux rois de David). Ainsi la réalisation rapide de la prophétie concernant Yichmaél n’est pas pour nous une preuve de résistance. </span></p>
<p id="viewer-c0j59" class="xVISr Y9Dpf bCMSCT OZy-3 cDpYU ok2w4y bCMSCT public-DraftStyleDefault-block-depth0 fixed-tab-size public-DraftStyleDefault-text-ltr"><span class="B2EFF public-DraftStyleDefault-ltr"><strong>Les personnages</strong></span></p>
<p id="viewer-8d5q8" class="xVISr Y9Dpf bCMSCT OZy-3 _40ACk Ecq9kg bCMSCT public-DraftStyleDefault-block-depth0 fixed-tab-size public-DraftStyleDefault-text-ltr"><span class="B2EFF public-DraftStyleDefault-ltr">Betouél, le père de Rivka est un homme mauvais. Ce n’est pas pour rien qu’il a un fils comme Lavane (il est difficile de comprendre comment un tel personnage peut avoir une fille comme Rivka et des petites-filles comme Ra’hél et Léa, mais cela est un autre problème). Ce point de vue vient du midrach, qui veut répondre à la question suivante : on parle de lui au moment de l’arrivée d’Eliézér, puis le lendemain il disparait du tableau. On pourrait simplement se dire qu’il avait des choses à faire, et c’est pourquoi il ne parle pas au moment du départ de Rivka (on ne parle que de sa mère et de son frère). Mais la tradition est de dire que si le texte laisse apparaitre cette absence, il y a une raison. Il serait mort entretemps, et la raison tient à son manque de moralité. D. l’a empêché de vivre pour permettre justement le départ de Rivka, pour lequel il était un obstacle, d’une manière ou d’une autre (deux versions existent dans le midrach, une est rapporté par Rachi 24-55). On pourrait se dire que cela est « exagéré » : lui, le père, avait quand même dit précédemment « c’est D. Qui veut ce mariage ! », en entendant le récit d’Eliézér. Notre tradition est de dire que, certes, ces paroles sont vraies, mais les personnages qui les ont dites ne sont pas forcément dignes de confiance. La famille va montrer en vérité un autre visage. On connait bien Lavane. La famille n’était pas bien meilleure, comme les idolâtres de l’endroit. Nos Sages connaissent la vérité et savent comment comprendre le texte. Betouél et Lavane disent bien qu’ils n’empêcheront pas les choses de se faire : « voici Rivka devant toi, prends et part… ». Mais le lendemain matin, la famille demande que la jeune fille reste encore. Et même après l’insistance d’Eliézér, elle n’accepte pas, et dit : « … demandons-lui (à Rivka) ». Hier, tout semblait simple, aujourd’hui, cela l’est moins, la famille retient. Qu’aurait-il pu se passer si le chef de famille avait été présent ? On ne sait pas, mais cela aurait été peut-être bien pire. Mais D. a bien fait les choses et Betouél disparait. Eliézér aurait pu dire : le chef de famille a décidé hier de me laisser partir, personne ne peut m’en empêcher. Eliézér est « poli », il ne dit pas cela, mais il rappelle l’argument : c’est D. Qui est intervenu hier (et vous l’aviez avoué…). La famille ne peut pas véritablement s’opposer. </span></p>
<p id="viewer-26isl" class="xVISr Y9Dpf bCMSCT OZy-3 cDpYU ok2w4y bCMSCT public-DraftStyleDefault-block-depth0 fixed-tab-size public-DraftStyleDefault-text-ltr"><span class="B2EFF public-DraftStyleDefault-ltr"><strong>Plus moderne qu’en apparence</strong></span></p>
<p id="viewer-888ls" class="xVISr Y9Dpf bCMSCT OZy-3 _40ACk Ecq9kg bCMSCT public-DraftStyleDefault-block-depth0 fixed-tab-size public-DraftStyleDefault-text-ltr"><span class="B2EFF public-DraftStyleDefault-ltr">Eliézér cherche la jeune fille qui doit épouser le fils de son maître. Il fait ce qu’on peut appeler un test. Sans chercher à savoir si c’était ou non le bon moyen, cela nous rappelle un peu les tests qu’on fait passer, depuis la nuit des temps, à ceux qui veulent prendre certaines fonctions. Le principe du test est en général toujours le même. Ce qui est presque amusant ici est que le test est d’une simplicité déconcertante. Il s’agit de demander à boire. Qui aurait imaginé une demande aussi « bête » ? Il y a pourtant ici une grande leçon. D’abord, comme précise certains commentateurs, il s’agit de tester une forme de moralité. Pour cela, les gestes très simples du quotidien suffisent, et sont souvent très significatifs. Nul besoin de chercher plus loin. Puis, il faut chercher un élément fondamental. On aurait pu imaginer qu’il demande à la jeune fille (d’une manière ou d’une autre) si elle sait tenir une maison. Il considère qu’un acte de bonté exprime bien plus, qu’il est bien plus fondamental. Demander à quelqu’un s’il sait est moins intelligent que de demander s’il est capable d’apprendre. La recherche du progrès, du savoir-faire, occulte souvent les capacités plus profondes, et souvent plus importantes. Par exemple, une personne qui sait maîtriser sa propre colère sait peut-être mieux gérer une situation donnée, qu’un spécialiste de cette situation qui lui, ne maîtrise pas sa colère. Car dans certains cas, la colère fera perdre les moyens, et alors, le spécialiste sera en bien moins bonne posture que le non-spécialiste. Ainsi, certains tests actuels ne sont peut-être pas les meilleurs à appliquer, en tous cas, ils sont souvent insuffisants… </span></p>
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