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	<title>et tu ne l&rsquo;opprimeras point &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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		<title>« Et l’étranger, tu ne heurteras pas… »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David Gerst]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Oct 2024 13:14:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[«&#160;Et l’étranger, tu ne heurteras pas, et tu ne l’opprimeras&#160; point, car vous étiez des étrangers en terre d’Égypte&#160;». A plusieurs endroits dans la Torah , il est fait mention d’interdits spécifiques&#160; concernant l’étranger, le converti, et du redoublement de vigilance&#160; supplémentaire à adopter eu égard à sa sensibilité particulière. Quelques questions se posent à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Et l’étranger, tu ne heurteras pas, et tu ne l’opprimeras&nbsp; point, car vous étiez des étrangers en terre d’Égypte&nbsp;».</p>
<p>A plusieurs endroits dans la Torah , il est fait mention d’interdits spécifiques&nbsp; concernant l’étranger, le converti, et du redoublement de vigilance&nbsp; supplémentaire à adopter eu égard à sa sensibilité particulière.</p>
<p>Quelques questions se posent à nous à la lecture du verset. Pour quelle raison la Torah mentionne t-elle un interdit spécifique de léser&nbsp; l’étranger? Nous connaissons l’interdit de léser tout homme (אונאת דברים) &nbsp;, pourquoi un interdit particulier pour l’étranger ?</p>
<p>La première partie du verset est au singulier («&nbsp;tu ne…&nbsp;») tandis que la deuxième partie est au pluriel («&nbsp;car vous étiez&nbsp;»). Pourquoi ce changement soudain et que suggère t-il?</p>
<p>Et enfin, en quoi le fait d’avoir été étranger en Égypte vient-il justifier l’interdit de léser&nbsp; l’étranger? L’interdit ne se suffit-il pas à lui-même ? Si nous n’avions pas été étrangers en Égypte, aurions-nous eu le droit de léser autrui parce qu’étranger?</p>
<p>«&nbsp;Tu ne heurteras pas l’étranger.&nbsp;» Le verset s’adresse-t-il à l’individu, au&nbsp; peuple, ou encore à la personne représentant le peuple?</p>
<p>Pour tenter de donner une lecture première et de répondre à ces questions, nous faisons référence à ce que nous pouvons appeler une «&nbsp;clef de lecture&nbsp;».</p>
<p>Le Gaon de Vilna dans Parashat Nitsavim enseigne que dans la plupart des&nbsp; versets de la Torah, à propos d’une parole adressée au peuple d’Israël (par&nbsp; H’ ou Moshé Rabeinou qui énonce la parole d’H’), lorsque le verset parle à&nbsp; la deuxième personne du singulier («&nbsp;tu&nbsp;») il s’agit, paradoxalement et&nbsp; contrairement à ce que l’on aurait pu penser, d’une parole adressée au&nbsp; Peuple, au Am Israël dans son ensemble.</p>
<p>Par contre, lorsque le verset parle à la deuxième personne du pluriel&nbsp; («&nbsp;vous&nbsp;»), il s’agit d’une parole adressée aux individus à l’intérieur du peuple.&nbsp; <b>Toi</b>, c’est le peuple, ou encore la personne qui, en tant qu’individu, représente&nbsp; le peuple.<b> Vous</b>, c’est chacun des individus parmi le peuple, les subjectivités.</p>
<p>«&nbsp;Tu ne heurteras pas l’étranger.&nbsp;» Le verset s’adresse donc au peuple.</p>
<p>Mais&nbsp; comment comprendre que l’on parle au peuple alors que le sujet du verset&nbsp; traite, à priori, d’une affaire de vexation entre individus. Pire, pourquoi le&nbsp; passage du singulier au pluriel dans le même verset?</p>
<p>On pourrait dire, en premier lieu, que l’on s’adresse au peuple dans sa&nbsp; capacité à légiférer, à statuer sur les relations sociales, sur les hiérarchies, sur la place accordée à l’étranger, au converti ou à l’immigré. Mais cela est plutôt le sujet du chapitre 23 lors&nbsp; de la redite de l’interdit «&nbsp;et n’opprime pas l’étranger&nbsp;» juxtaposé à l’interdit de corruption des juges et des gouvernants, où l’on s’adresse au législateur, aux juges etc…</p>
<p>Ici, on s’adresse à l’individu dans le peuple, représentatif, et non représentant, du peuple.</p>
<p>Pour quelle raison un homme du peuple d’Israël en viendrait à heurter la&nbsp; sensibilité du converti, symbole même de l’étranger (de tout étranger comme le dit Rashi, l’immigré et tout celui venant d’une autre contrée pour s’installer).&nbsp; Et pourquoi cet interdit spécifique pour le converti, alors&nbsp; que l’interdit de léser autrui est déjà énoncé pour tous, en prenant en compte la sensibilité de chacun, comme l’enseigne la Mishna ?</p>
<p>Il nous semble qu’un membre du Peuple d’Israël est représentatif de&nbsp; quelque chose de fort, d’une tradition, il porte la מסורת (tradition) de ses&nbsp; ancêtres, il est un relais et un maillon de la chaîne initiée par les Avot (les&nbsp; Pères). Il est investi d’une certaine קדושה, une distinction, qu’il doit porter et vivre&nbsp; dans ses actes quotidiens, dans sa relation avec autrui, dans son rapport au&nbsp; monde et face à son Créateur (voir explication du אור החיים הקדוש&nbsp; …Il pourrait de ce fait avoir tendance, par la noblesse que lui confère son engagement depuis des générations, à prendre de haut ou tout simplement à être trop exigeant avec le&nbsp; nouvel arrivant qui ne connaît pas encore les codes de la société et ne&nbsp; porte sur ses épaules la tradition de la révélation du Sinaï que depuis peu de temps, sans pouvoir se reposer sur des racines profondes donnant une assise&nbsp; forte à ses actes…</p>
<p>Car, comme le dit la Mishna (ב”מ) , chacun des membres du Am Yisrael peut&nbsp; revendiquer être le descendant d’ «&nbsp;Avraham, Yitshak et Yaakov&nbsp;». Cet individu&nbsp; porte la marque du Am Yisrael sur ses épaules et la revendique, il est, si l’on peut dire, le Am Yisrael !</p>
<p>Dans ce cas, pourquoi ne pas user de cette force , pourquoi ne pas faire&nbsp; ressentir au nouveau venu le fossé qu’il doit franchir pour parvenir au niveau&nbsp; souhaité, pour mieux mériter sa place ?</p>
<p>Pourquoi devoir sans cesse prendre en considération la fragilité de cet homme ? Pourquoi ménager tellement sa susceptibilité? Au contraire, pourrions nous&nbsp; affirmer, à lui de s’armer pour être enfin au niveau!</p>
<p>Là vient répondre le verset, et cette fois-ci au pluriel, «&nbsp;car vous étiez des&nbsp; étrangers dans le pays d’Égypte&nbsp;».</p>
<p>«&nbsp;<b>Vous</b> étiez&nbsp;», vous n’étiez pas alors un peuple mais uniquement un ensemble&nbsp; d’individus asservis et fragilisés à l’intérieur d’une civilisation forte. Vous&nbsp; n’étiez chacun que des individus perdus, avec l’obligation constante de&nbsp; justifier votre place, votre statut au sein du pays.</p>
<p>Car alors, être le descendant des Avot n’était pas synonyme de noblesse mais&nbsp; était la cause même de votre asservissement en Égypte.</p>
<p>Ce n’est pas votre propre mérite d’être membre du Am Yisrael mais le&nbsp; sauvetage incroyable de la part d’H’ Lui-même qui vous a tiré des chaines de&nbsp; l’esclavage égyptien.</p>
<p>“Ce n’est pas votre mérite, mais celui du Créateur du Monde”, dit H’, “c’est le&nbsp; Mien”. “Et si je ne vous avais pas fait sortir Moi-même”, dit-Il , “vous seriez encore asservis au néant, vous ne seriez pas un Peuple et vous n’auriez jamais eu de&nbsp; Mitsvots à accomplir”.</p>
<p>Ce rang distingué, l’étranger, le nouvel arrivant, le converti, peut aussi y&nbsp; accéder dès son entrée dans le Am Yisrael. A chacun de s’efforcer d’avoir une place pour que son individualité singulière puisse s’exprimer au sein du&nbsp; Peuple, pour être un fils d’Avraham.</p>
<p>Car, à l’inverse du rejet et de la condescendance, seule l’attention pour autrui&nbsp; est un gage de distinction et d’élévation dans les comportements humains, tout le reste n’est qu’orgueil et vanité.</p>
<p>N’opprime pas l’étranger, Ô peuple d’Israël, et rappelle toi, à travers cela, que&nbsp; ta noblesse ne t’appartient pas mais est celle que seul H’ t’octroie, lui qui te&nbsp; sauve et te sort des chaînes de l’asservissement pour te faire accéder à la noblesse d’un fils de Roi!</p>
<p>(*Voir, pour confirmer cette lecture le אור החיים הקדוש , l’explication du Rav שמשון רפאל הירש&nbsp; sur place et la&nbsp; clef de lecture du Gaon dans נצבים)</p>
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