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	<title>Ki Tavo &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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	<title>Ki Tavo &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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		<title>Il y a un déterminisme pour Israël</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jacques Benhamou]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jun 2025 09:15:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ki Tavo]]></category>
		<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Devarim]]></category>
		<category><![CDATA[Il y a un déterminisme pour Israël]]></category>
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					<description><![CDATA[ספר דברים פרק כח :יד) ולא תסור מכל הדברים אשר אנכי מצוה אתכם היום ימין ושמאול ללכת אחרי אלהים אחרים לעבדם) Ne t’écarte ni à droite ni à gauche de toutes les paroles que je vous ordonne aujourd’hui. [Prends bien garde à ne jamais] suivre d’autres dieux ou les adorer. :טו) והיה אם לא תשמע [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;">ספר דברים פרק כח</p>
<p style="text-align: right;">:יד) ולא תסור מכל הדברים אשר אנכי מצוה אתכם היום ימין ושמאול ללכת אחרי אלהים אחרים לעבדם)</p>
<p>Ne t’écarte ni à droite ni à gauche de toutes les paroles que je vous ordonne aujourd’hui. [Prends bien garde à ne jamais] suivre d’autres dieux ou les adorer.</p>
<p>:טו) והיה אם לא תשמע בקול ידוד אלהיך לשמר לעשות את כל מצותיו וחקתיו אשר אנכי מצוך היום ובאו עליך כל הקללות האלה והשיגוך)</p>
<p>Mais si tu n’écoutes pas la voix de Hachem ton D. en observant et en n’accomplissant pas tous Ses commandements et Ses décrets que je te prescris aujourd’hui alors toutes ces malédictions s’abattront sur toi. Suivent alors 49 malédictions. Pourquoi tant de haine qui finira par s’abattre sur le peuple ? Voyons d’abord les termes de l’alliance sur lesquels s’engage le peuple, dans le commentaire du Or Hahaïm sur le verset 15:</p>
<p>אור החיים על דברים פרק כח פסוק טו</p>
<p>והיה אם לא תשמע וגו’ התנה הכתוב על שלשה דברים, תלמוד תורה, ושמירת מצות לא תעשה, וקיום מצות עשה, שצריך שיהיו שלשתם יחד</p>
<p>הכוונה שהגם שילמוד תורה, אם לא ישמור, או אם ישמור ולא יעשה, או אם יעשה שניהם ויבטל מתלמוד תורה, יבואו עליו הקללות רחמנא ליצלן כאשר יבאר מה</p>
<p>:שנוגע לכל אחת מהנה, עונש כל אחד בפני עצמו</p>
<p>Le texte donne trois conditions: 1) l’étude de la Thora, 2) le respect des interdits (<em>mitsvot lotassé</em>) et 3) l’accomplissement des obligations (<em>mitsvot assé</em>). Les trois conditions doivent être accomplies simultanément […]. Le Or Hahaïm poursuit.</p>
<p>והתחיל בעונש ביטול תלמוד תורה, ואמר ארור הוא בעיר וגו’ עד מאמר ועד אבדך מהר, וגמר אומר מפני רוע מעלליך אשר עזבתני, הרי שהקללות האמורות עד עתה הם כנגד עזיבת התורה, כי העוזב תורה כעוזב ה’, וכן תמצא שהקפיד ה’ כל כך על עזיבת התורה ואמר (ירמיה ט יב) על מה אבדה הארץ, ויאמר ה’ על עזבם את :תורתי, והוא אומרו כאן (פסוק כ) ועד אבדך מהר מפני רוע מעלליך אשר עזבתני</p>
<p>Le texte commence par envisager le cas où le peuple abandonnerait l’étude de la Thora, du verset 16 au verset 20 et conclut «&nbsp;à cause de tes mauvaises voies, parce que tu auras abandonné mes [enseignements]&nbsp;». Il se trouve que ces malédictions portent donc sur l’abandon de la Thora, car l’abandon de la Thora est comparable à l’abandon de Hachem. Ainsi tu trouveras que Hachem est extrêmement exigeant sur ce point, comme il est dit dans Jérémie IX,12: «&nbsp;Pourquoi la terre a-t-elle été perdue ? Hachem a répondu: parce qu’ils ont abandonné ma Thora&nbsp;» et c’est ce qu’il est mentionné au verset 20: «&nbsp;à cause de tes mauvaises voies, parce que tu auras abandonné mes [enseignements]&nbsp;».</p>
<p>Voyons le texte de Jérémie versets 11-12:</p>
<p>:יא) מי האיש החכם ויבן את זאת ואשר דבר פי ידוד אליו ויגדה על מה אבדה הארץ נצתה כמדבר מבלי עבר)</p>
<p>Qui est l’homme sage qui nous expliquera cela, à qui la bouche de Hachem a révélé [la raison de la perte de la terre] , pour qu’il nous dise pourquoi ce pays a-t-il été ruiné, dévasté comme un désert sans passant ?</p>
<p>:יב) ויאמר ידוד על עזבם את תורתי אשר נתתי לפניהם ולא שמעו בקולי ולא הלכו בה)</p>
<p>Hachem dit: «&nbsp;c’est parce qu’ils ont abandonné ma Thora que je leur avait donnée, parce qu’ils n’ont pas écouté ma voix et ne s’y sont pas conformés&nbsp;».</p>
<p>La Guémara dans Nédarim 81a et Baba Métsia 85a fait la remarque suivante:</p>
<p>נדרים דף פא/א</p>
<p>אמר רב יהודה אמר רב מאי דכתיב מי האיש החכם ויבן את זאת דבר זה נשאל לחכמים ולנביאים ולא פירשוהו עד שפירשו הקדוש ברוך הוא בעצמו דכתיב ויאמר ‘ה’ על עזבם את תורתי וגו</p>
<ol>
<li>Juda a dit au nom de Rab : Où est l’homme qui comprend ces choses ? Qu’il le dise, celui à qui la bouche de l’Éternel a parlé ! Pourquoi le pays est-il détruit ? (Jér. IX, 11). Les sages essayèrent de répondre à cette question, mais n’y parvinrent pas ; des prophètes essayèrent aussi, en vain. C’est le Saint béni soit-Il qui donna l’explication : Hachem dit : C’est parce qu’ils ont abandonné ma Thora.</li>
</ol>
<p>La Guémara relève que, hormis Hachem, personne n’aurait pu dire pourquoi la terre a été détruite et le peuple exilé. Ceci est étonnant car dans notre paracha, Moché lui même prévint:</p>
<p style="text-align: right;">דברים פרק כט</p>
<p style="text-align: right;">כג) ואמרו כל הגוים על מה עשה ידוד ככה לארץ הזאת מה חרי האף הגדול הזה)</p>
<p>Toutes les nations demanderont: «&nbsp;Pourquoi Hachem a-t-il traité ainsi ce pays ? Quelle était la raison de cette démonstration de cette colère ?&nbsp;»</p>
<p style="text-align: right;">כד) ואמרו על אשר עזבו את ברית ידוד אלהי אבתם אשר כרת עמם בהוציאו אתם מארץ מצרים)</p>
<p>Ils répondront: «&nbsp;C’est parce qu’ils ont abandonné l’alliance que Hachem, D. de leurs pères, contracta avec eux lorsqu’Il les fit sortir d’Egypte&nbsp;». Le phénomène semble connu depuis la plus haute antiquité: un peuple disparaît parce qu’il perd sa culture<a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> et il est absorbé par un autre peuple culturellement plus fort. La Grèce antique a procédé ainsi. Elle imposait sa domination culturelle aux nations conquises par la force, tandis que Rome intégrait les nouvelles cultures alors que sa culture propre se diluait<a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a>.</p>
<p>Alors pourquoi seul Hachem peut-il répondre à la question: Pourquoi le pays a-t-il été détruit ? Les sages ne le savent–ils pas ? Une première réponse peut-être proposée: Si les nations s’étonnent de la disparition d’un peuple culturellement si puissant, c’est parce qu’elles le regardent comme soumis à leur propre physique sociologique: un peuple culturellement faible est absorbé par un peuple devenu culturellement fort. Comment une nation née par un phénomène hors du commun (le miracle de la sortie d’Égypte, le don de la Thora, la traversée du désert, la conquête de la terre d’Israël) peut-elle subir apparemment le même destin qu’une nation du monde ?</p>
<p>Le midrach Rabba (deuxième introduction au livre des lamentations) va nous éclairer sur cette question<a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>.</p>
<p style="text-align: right;">מדרש רבה איכה הקדמה פסקה ב</p>
<p style="text-align: right;">רבי אבא בר כהנא פתח (שם ט’) מי האיש החכם ויבן את זאת וגו’ תני רשב&nbsp;»י אם ראית עיירות נתלשות ממקומן בארץ ישראל דע שלא החזיקו בשכר סופרים ובשכר משנים שנאמר (שם) על מה אבדה הארץ ויאמר ה’ על עזבם את תורתי</p>
<p>Rabbi Abba bar Kahana a introduit «&nbsp;qui est l’homme sage qui pourra nous expliquer cela [Pourquoi le pays a-t-il était détruit ?]. Rabbi Chimon bar Yo’haï a enseigné: si tu vois des villes déracinées en Israël, sache qu’ils ont négligé le salaire des enseignants de Thora et de Mishna comme dit: «&nbsp;Pourquoi le pays a-t-il été détruit ? Hachem dit : C’est parce qu’ils ont abandonné ma Thora&nbsp;». Rabbi Chimon bar Yo’haï avance un élément: Israël n’a pas une culture comparable à celle des autres nations. Les nations du monde transmettent et véhiculent leur culture dans un inconscient collectif tandis qu’Israël construit sa culture: les enseignants de Thora et de Mishna sont les véhicules conscients de la culture d’Israël, les négliger revient à mépriser la culture d’Israël.</p>
<p>Le midrach continue:</p>
<p style="text-align: right;">רבי הוה משלח לר’ אסי ולר’ אמי דיפקון ויתקנון קרייתא דארעא דישראל והוון עלין לקרייתא ואמרין להון אייתו לן נטורי קרתא והוון מייתו להון ריש מטרתא וסנטרא והוון אמרין להון אלין נטורי קרתא אלין חרובי קרתא אמרו להון ומאן אינון נטורי קרתא א&nbsp;»ל אלו סופרים ומשנים שהם הוגים ומשנים ומשמרין את התורה ‘ביום ובלילה על שם שנאמר (יהושע א’) והגית בו יומם ולילה וכן הוא אומר (תהלים קכ&nbsp;»ז) אם ה’ לא יבנה בית וגו’</p>
<p>Rabbi envoya Rabbi Ami et Rabbi Assi visiter le pays d’Israël. Ils sont arrivés dans une ville et ont demandé qu’on leur présente les gardiens de la cité. On leur a amené le chef des juges et le chef de la police. Ils ont dit «&nbsp;cela seraient-ils les gardiens de la cité, mais ceux sont les destructeurs de la cité !&nbsp;» les gens de la ville ont demandé: «&nbsp;qui sont les gardiens de la ville alors ?&nbsp;», ils ont répondu: «&nbsp;ce sont les enseignants de Thora et de Mishna […] Ici le midrach va plus loin, il qualifie «&nbsp;les puissants&nbsp;» de destructeurs. Si constamment, on se fie à la puissance coercitive, à la force extériorisée, Israël sera alors voué à la destruction. Les esprits ne se domptent pas à la force du poignet mais à la force de la parole élaborée.</p>
<p>Le midrach amorce une seconde réponse.</p>
<p style="text-align: right;">ר’ הונא ור’ ירמיה בשם ר’ שמואל ברבי יצחק אמר מצינו שויתר הקב&nbsp;»ה על עבודת כוכבים ועל גילוי עריות ועל שפיכות דמים ולא ויתר על מאסה של תורה שנאמר על מה אבדה הארץ על עבודת כוכבים ועל גילוי עריות ועל שפיכות דמים אין כתיב כאן אלא על עזבם את תורתי</p>
<p>Rav Ouna et Rav Yérmia au nom de Rav Chemouel, le fils de Rabbi Itsrak ont dit: On remarque que le Saint béni soit-il, laisse passer les fautes de l’idolâtrie, de la débauche et du meurtre mais qu’Il est inflexible sur l’abandon de la Thora, puisque le texte du prophète Jérémie ne mentionne que l’abandon de la Thora.</p>
<p>On pourrait ajouter qu’Il pardonne aussi la haine gratuite puisse qu’elle n’est pas mentionnée dans le texte. Ceci est surprenant parce que Moché lui même dit dans דברים פרק כט:</p>
<p style="text-align: right;">כה) וילכו ויעבדו אלהים אחרים וישתחוו להם אלהים אשר לא ידעום ולא חלק להם)</p>
<p>Ils sont allés servir des dieux étrangers et se sont prosternés à eux, des dieux inconnus qu’ils n’avait pas reçu en partage.</p>
<p style="text-align: right;">כו) ויחר אף ידוד בארץ ההוא להביא עליה את כל הקללה הכתובה בספר הזה)</p>
<p>Hachem a montré sa colère contre ce peuple, lui infligeant toutes les malédictions écrites dans ce livre.</p>
<p style="text-align: right;">כז) ויתשם ידוד מעל אדמתם באף ובחמה ובקצף גדול וישלכם אל ארץ אחרת כיום הזה)</p>
<p>Hachem les a renvoyés de leur pays avec colère, courroux et un extraordinaire emportement puis les a exilés dans un autre pays, où ils se trouvent jusqu’à aujourd’hui.</p>
<p>Comment comprendre que pour Moché, c’est l’idolâtrie qui est la mère de tous les exils ? De quelle idolâtrie parle ici Moché ? Est- cela d’abandonner la Thora, d’après le midrach ?</p>
<p>Le midrach poursuit:</p>
<p style="text-align: right;">ר’ הונא ור’ ירמיה בשם ר’ חייא בר אבא אמרי כתיב (ירמיה ט&nbsp;»ז) ואותי עזבו ואת תורתי לא שמרו הלואי אותי עזבו ותורתי שמרו מתוך שהיו מתעסקין בה המאור שבה היה מחזירן למוטב רב הונא אמר למוד תורה אע&nbsp;»פ שלא לשמה שמתוך שלא לשמה בא לשמה</p>
<p>Rav Ouna et Rav Yérmia au nom de Rabbi ‘Hiya poursuivent: il est mentionné (Jérémie XVI,11) «&nbsp;Ils m’ont abandonné et ma Thora ils ne l’ont pas gardée&nbsp;» si seulement ils ne m’abandonnaient mais qu’ils observaient ma Thora ! Du fait qu’ils s’en occupent, la lumière qui s’y trouve, permettra à Israël de retourner vers le bien. Rav Ouna dit: «&nbsp;l’étude de la Thora, même si elle n’est pas [étudiée] de façon désintéressée pour d’Hachem, elle le deviendra forcément&nbsp;».</p>
<p>Dans un premier temps, le midrach nous dit que les errances religieuses d’Israël ne sont pas un problème de fond<a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a>. Ceci à condition de ne pas couper le lien avec l’étude de la Thora car elle contient quelque chose de sous-jacent c’est cette notion de «&nbsp;au nom de&nbsp;». Le midrach précise:</p>
<p style="text-align: right;">אריב&nbsp;»ל בכל יום ויום בת קול יוצאת מהר חורב ואומרת אוי להם לבריות מעלבונה של תורה</p>
<p>Rabbi Yochoua ben Lakich dit: «&nbsp;Tous les jours, une voix sort du mont ‘Horev et dit: «&nbsp;Malheur à l’humiliation de la Thora&nbsp;». Ici Rabbi Yochoua ben Lakich qualifie le lieu du don de la Thora de «&nbsp;mont ‘Horev&nbsp;» et pas «&nbsp;mont Sinaï&nbsp;». Sinaï connote une notion de haine (Sina) en opposition avec les nations<a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a>. Rabbi Yochoua ben Lakich écarte cette notion attachée au mot Sinaï pour parler de ‘Horev qui renvoie à une notion de «&nbsp;dévasté&nbsp;» ou «&nbsp;d’épée&nbsp;» (‘Hérév). Une voix fragile, peut se faire écouter dans le brouhaha de l’air du temps, à condition d’être un réceptacle (notion de «&nbsp;dévasté&nbsp;»). Le deuxième sens de ‘Hérév («&nbsp;épée&nbsp;») renvoie plutôt à l’idée d’honnêteté vis a vis de soi-même. Lorsqu’on est confronté à une réflexion, une intuition et de façon générale à une association (logique, sensible, émotive ou inconsciente), il faut avoir la force de l’élaborer puis l’expliciter pour pouvoir ensuite la juger cohérente ou pas. Il s’agit là d’un combat avec soi-même<a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a>.</p>
<p style="text-align: right;">שמואל תני לה בשם ר’ שמואל בר אמי אימתי המלכות גוזרת גזרה וגזירתה מצלחת בשעה שישראל משליכין דברי תורה לארץ</p>
<p>Chemouel enseigne au nom de Rav Chemouel fils d’Ami: A quel moment [se passe le phénomène suivant]: la royauté promulgue un décret [contre Israël] et ce décret s’applique ? Au moment où Israël jette les paroles de Thora à terre. Quand Israël est-il soumis au même schéma de disparition que les peuples de la terre (à savoir qu’une civilisation montante efface une civilisation faible ou décadente) ? Chemouel nous apprend qu’à partir du moment où les juifs s’échangent, entre autres banalités, des paroles de Thora, sans les considérer, alors la Thora devient une culture comme une autre avec ses mythes et ses récits épiques. Autrement dit, si on ne considère pas les paroles de Thora comme venant du ciel mais qu’on les jette à terre en les banalisant alors (mesure pour mesure), les nations ne sont plus bienveillantes à l’égard d’Israël et même le contraire. Si Israël a troublé le rythme de l’histoire du monde, il doit assumer sa nature extraordinaire. Dans la suite, le midrach revient sur l’enseignement de Rabbi Chimon Bar Yohaï et l’englobe, en rapportant que les ennemis d’Israël ne peuvent pas l’attaquer que si la voix des petits enfants se fait entendre au Talmud Thora; alors que les ados dorment ou font le chahut en cours de kodech et les adultes sont endormis pendant le cours du rabbins. C’est pour cela que la terre a été perdue.</p>
<p>Pour conclure, revenons d’abord sur le Or Hahaïm puis sur la suite de Nédarim 81a.</p>
<p>Le Or Hahaïm avait relevé 3 conditions pour que les malédictions ne s’abattent pas sur Israël: 1) l’étude de la Thora, 2) le respect des interdits 3) l’accomplissement des obligations. Nous avons vu que la guémara Nédarim et le midrach ne font pas cas de la seconde et de la troisième condition. Dans le monde de l’action, les faits et gestes sont une source d’interrogation pour un être qui essaie de penser ce qu’il fait. Par exemple, l’engagement d’Israël au pied du Sinaï qui dit «&nbsp;nous ferons et nous écouterons&nbsp;»<a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftn7" name="_ftnref7">[7]</a> rendu par le Roi David dans le psaume 85,12: אמת מארץ תצמח la vérité germe de la terre.</p>
<p>La suite de Nédarim 81a:</p>
<p style="text-align: right;">היינו לא שמעו בקולי היינו לא הלכו בה אמר רב יהודה אמר רב שאין מברכין בתורה תחלה</p>
<p>[Le verset de Jérémie IX,12 continue] «&nbsp;parce qu’il n’ont pas écouté ma voix&nbsp;» et [ajoute encore] «&nbsp;et ne s’y sont pas conformés&nbsp;» ? Rav Yéhouda explique au nom de Rav: [la terre a été perdue] parce qu’il ne faisait pas les bénédictions avant d’étudier la Thora. Dire une bénédiction avant l’étude, c’est sacraliser l’étude c’est à dire ne pas prendre la Thora à la légère parce qu’elle nous engage entièrement, ce qui est un tour de force dans le monde où les choses se font pour rire. Moché nous apprend que pour Israël, faire société sur une terre passe forcément par l’étude de la Thora, sinon c’est la perdition. Les malédictions sont donc des mises en garde à un peuple né hors des chemins de la terre. Le déterminisme propre à la nature d’Israël, à savoir l’élaboration de sa culture ou simplement l’étude de la Thora, est le garant de l’existence d’Israël. Sans cela, la «&nbsp;civilisation juive&nbsp;» rejoindra les musées où sont entreposés les momies muettes des civilisations passées.</p>
<hr>
<p><a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Anachronisme ici mais dans le sens général c’est l’ensemble de connaissances, croyances, habitudes … mises en relation, structurées, synthétisées et acquises par une société. Elle est sujette à une relativité historique mais porte le sceau de la société qui l’engendre.</p>
<p><a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Si elle en a eu une un jour: les sages ont une vision méprisante de Rome dans la mesure où elle n’a pu renverser la Grèce, qu’en s’associant aux Judéens car Rome disposait de la puissance militaire mais pas de la puissance culturelle qui ont trouvé chez Israël. Cependant l’association n’a durée que 50 ans puis Rome a commencé à assujettir Israël (début de Massé’het Avoda Zara)</p>
<p><a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Inspiré d’un cours de Rav Jessurun.</p>
<p><a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Ce qui peut expliquer pourquoi Moché parle «&nbsp;de dieux inconnus, qu’ils n’avaient pas reçus en partage&nbsp;», ou comme le dit Ytro une fois que Moché lui a raconté la sortie d’Egypte (Chemot 18,11): «&nbsp;maintenant, je sais que D. est plus grand que tous les dieux&nbsp;»: Comment mettre en balance l’Unique du monde avec des statuts de bois or d’or ? Parce qu’il existe une distance irréductible entre le Créateur et sa créature, parce que sinon on ne pourrait pas parler de créature (Tselem Elokim: ombre de D.) mais de part de D.</p>
<p><a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Le don de la Thora suscite la haine des nations par jalousie ou par don d’une moralité qui entrave leur liberté en donnant une conscience, voire une culpabilité.</p>
<p><a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> Bien que la Thora dit environ 365 fois «&nbsp;Ne fais pas&nbsp;», ce qui ne relève pas d’une voix fragile, l’expression est à traduire par «&nbsp;non&nbsp;». Par exemple, quand la Thora dit <em>Lo Tassour,</em> on traduit généralement par «&nbsp;Ne t’écarte pas !&nbsp;» à l’impératif sous forme d’ordre. Or cette traduction correspond à l’expression <em>Al Tassour.</em> La traduction de <em>Lo Tassou</em>r sera plutôt «&nbsp;s’écarter, Non&nbsp;». Il s’agit d’une déclaration de principe. De même le terme Mitsva est traduit par «&nbsp;commandement&nbsp;» qui a son pendant avec le mot «&nbsp;obéir&nbsp;». Or ce mot n’existe pas en hébreu biblique. Le texte dit «&nbsp;Ecoute la voix&nbsp;» <em>Chama békol</em> pour «&nbsp;obéir&nbsp;». En hébreu moderne on traduit «&nbsp;obéir&nbsp;» par <em>Tsaït</em> qui est d’origine araméenne d’après certains, il n’y a pas «&nbsp;d’obéissance&nbsp;» attendue dans la Thora, ce mot lui est étranger. D’autres pensent que Eliézer Ben Yéhouda a construit ce mot moderne à partir de la racine <em>Tsiva</em> (ordonner). D’après cette seconde explication, il y a un lien entre celui que est <em>métsouvé</em> (ordonné) et l’ordonnateur <em>métsaïèt</em>. Puisque la notion de <em>mitsva</em> n’est pas associée à l’obéissance à D., alors on peut comprendre pourquoi les chrétiens ont rejeté la notion «&nbsp;d’ordre&nbsp;» et pourquoi au contraire l’islam considère la mitsva comme absolue (œil pour œil, dent pour dent tel que c’est écrit dans le texte). L’islam accepte la notion «&nbsp;d’exception à la règle&nbsp;» comme par exemple le principe des Dhimmi en terre d’islam ou d’exemption du Ramadan pour les femmes enceintes. (D’après Rav Jessurun).</p>
<p><a href="https://yechiva.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=569:il-y-a-un-determinisme-pour-israel&amp;catid=82&amp;Itemid=175#_ftnref7" name="_ftn7">[7]</a> L’étude du mot «&nbsp;écoute&nbsp;» <em>Chema</em> dans le livre de Dévarim (qui débute par «&nbsp;Voici les dires qu’a dit Moché aux enfants d’Israël&nbsp;») est un sujet en soi (voir Dévarim Rabba 7,2)</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La joie</title>
		<link>https://yechiva.com/la-joie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rav Gerard Zyzek]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Nov 2024 06:05:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ki Tavo]]></category>
		<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Devarim]]></category>
		<category><![CDATA[La joie]]></category>
		<category><![CDATA[Rav Gerard Zyzek]]></category>
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					<description><![CDATA[תחת אשר לא עבדת את ה’ אלקיך בשמחה ובטוב לבב. Parachat Ki Tavo. Devarim 28, 47. תחת אשר לא עבדת את ה’ אלקיך בשמחה ובטוב לבב. פרשת כי תבוא,כ&#160;»ח,מ&#160;»ז. ‘Parce que tu n’as pas servi l’Eternel ton D. avec joie et bon cœur’ Une partie importante de la Parachat Ki Tavo est ce que l’on [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>תחת אשר לא עבדת את ה’ אלקיך בשמחה ובטוב לבב. Parachat Ki Tavo. <em>Devarim 28, 47</em>.</p>
<p>תחת אשר לא עבדת את ה’ אלקיך בשמחה ובטוב לבב. פרשת כי תבוא,כ&nbsp;»ח,מ&nbsp;»ז.<br />
<em>‘Parce que tu n’as pas servi l’Eternel ton D. avec joie et bon cœur’</em></p>
<p>Une partie importante de la Parachat Ki Tavo est ce que l’on appelle les Klallot, les Malédictions. La Torah nous expose avec force détails terribles ce qui arrive si les enfants d’Israël ne suivent pas l’alliance qu’ils ont contractée avec le Boré Olam, le Créateur.</p>
<p>La Torah nous dit dans notre verset qu’une des causes de ces malheurs est le fait de ne pas avoir servi D. avec joie et bon cœur.</p>
<p>Le verset ne dit pas : parce que tu n’as pas servi D., non !<br />
Le verset dit : parce que tu n’as pas servi <b>dans la joie</b>.<br />
En quoi servir D. dans la joie peut être une chose tellement importante et tellement fondamentale ? Et si je ne suis pas d’un caractère joyeux, que vais-je devenir ? Et qu’y a-t-il à se réjouir dans notre vie avec tous les malheurs desquels l’humanité est percluse ?</p>
<p>Tristes, soyons tristes ! Pourquoi pas ? Vive la tristesse !</p>
<p>Où y a-t-il place à la joie dans notre vie ?</p>
<p>Le Talmud pose cette question dans le second chapitre du traité <b>Chabbat (30b)</b> :</p>
<p><em>‘ il y a contradiction entre les versets, d’un côté le verset dit «&nbsp;je complimente la joie&nbsp;» et un autre verset dit «&nbsp;et qu’apporte donc la joie&nbsp;» ?’</em></p>
<p>le Talmud répond : <em>‘le premier verset qui complimente la joie parle de la joie de Mitsva, le verset qui regarde de manière désabusée la joie parle de la joie qui n’est pas de Mitsva’.</em></p>
<p>Une Mitsva est un commandement de la Torah. Le Talmud nous dit donc qu’une joie qui n’est pas liée à l’accomplissement d’un commandement de la Torah n’a aucun intérêt. Evidemment que pouvions-nous attendre que les Rabbins disent ? Ils défendent leur fond de commerce ! Les commandements de D. !</p>
<p>Regardons la suite du passage du Talmud.<br />
<em>‘le verset qui complimente la joie parle de la joie de Mitsva, ce qui t’enseigne que la présence divine ne réside ni du cœur de la tristesse, ni du cœur de la paresse, ni du cœur du rire, ni du cœur de la légèreté, ni du cœur du bavardage, ni du cœur des occupations vaines mais du cœur de la joie de Mitsva, comme dit le verset (Mela’him II,3) : et maintenant amenez moi un musicien, et lorsque le musicien joua ,la Main de D. fut sur lui (la prophétie fut sur le prophète Elicha)’</em>. [[Situons le verset de Mela’him : le prophète Elicha sur le coup de la colère perdit le souffle prophétique, il demande que joue un musicien pour retrouver la prophétie.]]</p>
<p>Plusieurs questions.<br />
– La phrase <em>‘ce qui t’enseigne’</em> n’a aucun rapport avec ce dont il vient d’être question.<br />
– Deuxièmement, nos Maîtres nous enseignent que la présence divine ne vient pas de la paresse, ni de l’oisiveté etc.., que veulent-ils dire par là ? cela paraît évident ! Quelle hypothèse veulent-ils exclure ?<br />
– Troisièmement, où voyons-nous une notion de Joie de Mitsva dans l’exemple d’Elicha ?</p>
<p><b>Rachi</b> dans son commentaire sur ce passage du talmud répond à la troisième question :</p>
<p><em>‘amenez moi un musicien. c’est une Mitsva de faire en sorte que la présence divine réside sur soi.’</em></p>
<p>Ce commentaire est stupéfiant ! Où y a-t-il un tel commandement de la Torah <em>‘de faire en sorte que la présence divine réside sur soi’</em> ? Quelle est cette invention ?</p>
<p>Il nous semble répondre ainsi.</p>
<p>Rachi nous enseigne ici ce que sont les commandements de la Torah. Les commandements de la Torah sont là pour que réside sur nous la présence divine. Dans le mot Mitsva il y a certes le sens d’ordre, de commandement mais, et c’est ce que nos Maîtres nous enseignent ici, <b>il y a aussi le sens de lien, de proximité, d’être en compagnie de,</b> comme nous le trouvons dans l’expression araméenne ליהוי צוותא לחבריה <em>‘qu’il soit en compagnie de ses camarades’</em> (traité <b>Baba Batra, 21a</b>), Tsavta Lé’havré.</p>
<p>Rachi nous enseigne que la base des Mitsvot, leur réalité intérieure, est de nous donner la possibilité d’être en ‘compagnie’, Tsavta, de la présence divine.</p>
<p>Qu’est-ce que l’homme, que sommes nous ?<br />
D’un côté, êtres de chair et de sang, pétris de folies et de bassesse, et d’un autre coté nous voyons que dès que D. crée l’homme, Il s’adresse à lui comme à un interlocuteur valable. [[Voir Béréchit chapitre 1 verset 28.]] Dès sa création l’homme est prophète, il est dans la proximité intime du Très Haut. Hakadoch Barou’h Hou, D., nous a donné les Mitsvot pour retrouver cette intimité, cette proximité. C’est ce que Rachi nous enseigne dans son étonnant commentaire. Et par cela répond-il à la troisième question que nous avions posée.</p>
<p>Toutefois il nous semble que Rachi du même coup nous a répondu aussi aux deux premières.</p>
<p>Qu’apprenons-nous du verset du prophète Elicha ? Nous apprenons de là que le liant, ce qui va conférer la dimension prophétique à la Mitsva c’est la joie. Le souffle prophétique s’est échappé d’Elicha, il demande : jouez-moi de la musique ! et la Main de D. fut sur lui.</p>
<p>Quelle était l’hypothèse de dire que la présence divine viendrait du cœur des bêtises ? Nous aimerions dire qu’il n’y a jamais eu une telle hypothèse mais ce que nos Maîtres veulent dire ici c’est que l’homme sans joie de Mitsva n’est que tristesse, paresse, rire, légèreté, bavardage, occupations vaines et que sans la joie dans son accomplissement la Mitsva laisse l’homme dans son absurde et sa vacuité et c’est ce que le verset de notre Paracha nous enseigne. Quand bien même servirions-nous D. mais sans joie et bon cœur, nous resterions exilés de nous-mêmes. D’où les malédictions, que D. nous en préserve !</p>
<p>Mais pourquoi ?</p>
<p>Si la Mitsva est la possibilité d’un lien avec la présence divine, la Che’hina, la joie dans l’accomplissement de cette Mitsva est la capacité d’être réceptif à cette Che’hina. la joie est essentiellement réceptivité. Sans joie je suis <em>‘gros Jean comme devant’</em>, je suis être limité, enfermé, ligoté dans mes frustrations, mes manques, et cela même si j’accomplis les Mitsvot puisque je reste cloîtré en moi-même, non réceptif.<br />
Le traité <b>Taanit (22a)</b> nous enseigne une bien drôle d’histoire :</p>
<p><em>‘Rabbi Broka ‘Hozaa allait souvent au marché de Léfett. Le prophète Elie venait l’y rencontrer fréquemment. Rabbi Broka lui demanda : y a-t-il dans ce marché quelqu’un qui pourrait accéder au Monde Futur ? Et voici que vinrent deux frères. Le prophète lui dit : ces deux hommes pourraient très bien accéder au Monde Futur. Rabbi Broka alla les voir et leur dit : que faites-vous (pour avoir un tel mérite) ? Ils lui dirent : nous sommes des marrants et nous faisons rire les gens tristes’</em></p>
<p>Rachi commente : <em>‘des gens drôles, joyeux et qui rendent joyeux les gens’</em>.</p>
<p>Nous pouvons nous demander, en quoi y a-t-il un si grand mérite ?</p>
<p>Il nous semble pouvoir expliquer sur la base d’un commentaire du <b>Maharal de Prague</b>[[Nétsa’h Israël ch.29]]. L’individu est de l’ordre du matériel. Le Monde Futur est radicalement non-matériel. La joie est la capacité d’être réceptif à autre chose que soi-même, à s’ouvrir à autre chose que soi-même, à un souffle prophétique. La joie introduit de l’illimité au sein du limité.</p>
<p>Le texte du traité Taanit rajoute encore un point important :</p>
<p><em>‘Ils lui dirent : nous sommes des marrants et nous faisons rire les gens tristes et de plus lorsque nous voyons deux personnes qui sont en conflit on met toute notre énergie pour les faire rigoler entre eux et après ils font la paix’.</em></p>
<p>Nos Maîtres disent ici que essentiellement la tristesse est source de conflit car l’homme triste est perclus par ses désirs inassouvis et ses délires brisés. Un rire et il supporte déjà ses comparses.</p>
<p>Qu’Hakadoch Barou’h Hou nous aide à Le servir dans la joie et le bon cœur !</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Les bikourim et le service de D.</title>
		<link>https://yechiva.com/les-bikourim-et-le-service-de-d/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rav Raphaël Bloch]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Apr 2022 02:30:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ki Tavo]]></category>
		<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Devarim]]></category>
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					<description><![CDATA[Verset 2 : « Tu prendras des prémices de tous les fruits de la terre que tu apporteras de ton pays qu’Hachem ton D. te donne et tu les placeras dans un panier et tu iras vers l’endroit que choisira Hachem ton D. pour y faire résider son nom. » Verset 5 : « Et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Verset 2 : « Tu prendras des prémices de tous les fruits de la terre que tu apporteras de ton pays qu’Hachem ton D. te donne et tu les placeras dans un panier et tu iras vers l’endroit que choisira Hachem ton D. pour y faire résider son nom. »<br />
Verset 5 : « Et tu viendras vers le Cohen qui sera dans ce temps là et tu lui diras : « je déclare aujourd’hui à Hachem ton D que je suis venu vers le pays qu’Hachem avait juré à nos pères de nous donner » .»</p>
<p>Dans ce troisième verset, deux difficultés surgissent : d’abord pourquoi nous préciser à propos du Cohen que celui-ci sera « en ce temps là » et surtout l’expression utilisée « d’Hachem ton D. pourrait presque se comprendre « ton D. et pas le mien » alors qu’à maintes reprises dans les versets précédents et suivants, la Torah nous parle en disant : « Hachem ton D ». Cette question est d’autant plus forte que le thème de la mitsva de bikourim est justement la notion de reconnaissance, ainsi que le souligne Rachi dans notre verset. Quant à la première question concernant les mots « qui sera en ce temps là », Rachi nous explique cela : « tu n’as (à prendre en compte) que le Cohen qui est à ton époque tel qu’il sera ». La réponse de Rachi semble signifier que nous n’avons pas à nous poser de question sur le niveau du Cohen présent même s’il nous paraît moins méritant que ses prédécesseurs. Cette idée existe déjà à propos du juge, où nous trouvons des termes similaires (Devarim Chap. 17 verset 9). Mais pour autant que cela paraît justifié, quand il s’agit de consulter un juge, de préciser qu’il est de notre devoir d’accepter son autorité malgré ses compétences moindres que celles qu’on aurait pu espérer, autant cela paraît incongru en ce qui concerne le Cohen qui n’a comme tâche que d’accomplir son sacerdoce (Voir Ramban).</p>
<p>Le Sforno nous présente une explication intéressante en liant nos deux difficultés. Ce serait justement parce que nous devons dire au Cohen : « Hachem ton D. » qu’il pourrait être déplacé de le déclarer à un Cohen qui ne serait pas assez méritant. Et c’est alors que la Torah nous dit : peu importe ! Dans cette action d’apporter les bikourim comparable sà un cadeau à D. qui est le véritable propriétaire du sol, il est indiqué de le faire en parlant de manière honorifique.</p>
<p>Néanmoins, la première question n’est pas vraiment résolue. Au contraire il eut été plus cohérent de dire « Hachem mon D », plutôt que de justifier, comme le commente le Sforno, cette expression envers un Cohen qui n’en est pas vraiment digne. Une réponse nous est proposée par Alcheikh et nous allons essayer d’en dégager l’idée principale. La Mitsva de bikourim est éminemment pédagogique. L’instinct humain est de se sentir propriétaire de ses biens, à plus forte raison en est il ainsi de agriculteur qui enfin voit pousser ses fruits. Alors qu’en réalité le véritable propriétaire n’est autre que D. qui, non seulement, lui laisse la jouissance de la terre mais donne également le vent, la rosée et la pluie afin que poussent les végétaux. Mais tout cela n’existe comme le monde dans son intégralité que pour que l’homme loue son Créateur. Pour nous aider à réaliser ce projet, il nous est demandé, au riche comme au pauvre, de prendre les premiers fruits et de les porter sur l’épaule jusqu’à l’endroit où Hachem réside, et de lui en faire offrande.</p>
<p>Or comme toute pédagogie, celle-ci est progressive. Dans un premier temps, le juif se revendique comme le descendant des patriarches à qui D a juré de donner la terre d’Israël. Il peut donc penser que c’est un droit acquis. A ce stade la Torah nous dit : ce n’est pas encore ton D. C’est le D. du Cohen, même s’il n’est pas suffisamment méritant. Ainsi s’explique la deuxième déclaration qui suit dans les prochains versets où nous racontons toutes les grâces qu’Hachem a accompli en nous sortant d’Egypte (avant le temps strictement accompli). Ainsi s’achève, au verset 10, ce protocole. Et maintenant voilà que j’ai apporté les prémices des fruits de la terre que tu m’as « «donnée » Hachem et tu le poseras devant Hachem ton D. et tu te prosterneras devant Hachem ton D. Dans ce texte, il n’est plus question de droit, mais bien d’un cadeau qu’Hachem nous fait. Maintenant, Hachem est ton D.</p>
<p>Le Midrach Rabba nous enseigne, à propos du mot « Bereichit » par lequel commence la Torah : « pour Reichit signifie pour les bikourim , le monde a été créé pour les bikourim. » Le commentaire du Alchikh nous inspire la réflexion suivante : la terre d’Israël est le lieu de « l’existence » par excellence. La pédagogie dont la Torah fait preuve à propos des bikourim ne doit-elle pas être appliquée dans notre positionnement dans notre vie en tant que juif ? Ne devons-nous pas dépasser le stade initial de dépositaires de l’alliance contractée avec nos ancêtres. Il faut aller plus loin, plus haut en personnalisant notre relation avec Hachem et alors seulement, Hachem sera notre D</p>
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