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	<title>Ree &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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	<title>Ree &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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		<title>‘Entre ce qui est fréquent et ce qui ne l’est pas, ce qui est fréquent a la priorité’ (Ber. 51b)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Micho Klein]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 May 2025 09:51:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Ree]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Devarim]]></category>
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					<description><![CDATA[Aussitôt après la prise de possession de son pays, Dieu désigne l’endroit où s’élèvera son sanctuaire, et où le peuple viendra recueillir les enseignements de ses chefs. Une mesure particulière prévoit la permission d’abattre les bêtes pour la consommation en dehors des limites du Temple, contrairement à la pratique dans le désert. La Torah prononce [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Aussitôt après la prise de possession de son pays, Dieu désigne l’endroit où s’élèvera son sanctuaire, et où le peuple viendra recueillir les enseignements de ses chefs. Une mesure particulière prévoit la permission d’abattre les bêtes pour la consommation en dehors des limites du Temple, contrairement à la pratique dans le désert. La Torah prononce des paroles sévères à l’égard de tout faux prophète et de toute personne qui voudrait introduire un culte étranger dans la nation. Quelques lois suivent, qui ont trait aux animaux purs et impurs, aux dîmes, à l’année sabbatique et à l’esclave. A la fin de la Sidra se place l’ordre de célébrer les trois fêtes de pèlerinage et de rassembler en ces occasions à Jérusalem tous les hommes d’Israël.</p>
<p>Si la Torah désigne les fêtes de Chavouoth et Souccoth par les termes «&nbsp;‘Hag HaChavouoth&nbsp;» et «&nbsp;‘Hag HaSouccoth&nbsp;», la fête de Pessa’h, quant à elle, est désignée uniquement par le terme «&nbsp;Pessa’h&nbsp;», omission faite du mot <strong>«&nbsp;‘Hag&nbsp;»</strong> (fête) !</p>
<p>S’il est vrai que dans l’avant-dernier verset de la Paracha – celui ordonnant à tous les hommes d’Israël de se rassembler à Jérusalem en ces occasions – les trois fêtes de pèlerinages sont désignées précédées du mot «&nbsp;‘Hag&nbsp;», la fête de Pessa’h n’est alors pas désignée par le terme de «&nbsp;‘Hag HaPessa’h&nbsp;» mais par celui de «&nbsp;‘Hag HaMatsoth&nbsp;» ! Il en sera ainsi, à une exception près, dans toute la Bible.</p>
<p>Nous ne pouvons suspecter le hasard d’être à l’origine de cet état de fait et puisque qu’il y a certainement ici volonté de la part de la Torah, il nous faut comprendre ses motivations.</p>
<p>Remarquons dans un premier temps que les deux versets qui présentent respectivement la fête de Chavouoth et celle de Souccoth, sont chacun immédiatement suivis par l’ordre intimé à Israël de se réjouir durant les dites fêtes. Pour Pessa’h, rien de tel.</p>
<p><strong>Il apparaît donc que le terme «&nbsp;‘Hag&nbsp;» est profondément lié à la notion de joie.</strong></p>
<p>Mais pourquoi alors – demande, entre autres, le <strong>Yalkout Chimoni</strong> (Emor, 654) – à aucun moment n’est-il fait mention de cette notion à l’occasion de la fête de Pessa’h ? Constatons d’ailleurs que seul à Pessa’h le Hallel (louanges de joie) complet n’est pas récité !</p>
<p>Parmi les réponses rapportées par <strong>Rabbenou Be’hayé</strong>, une retient l’attention de la plupart des commentateurs : tout est une affaire de culture. Si l’on ne se réjouit pas à Pessa’h, c’est qu’à cette période les récoltes nouvelles n’ont pas encore été moissonnées (et elles sont donc encore sous la menace d’intempéries ou d’animaux divers) alors que le stock de celles de l’année passée est déjà écoulé. Au moment des deux autres fêtes les denrées sont déjà bien à l’abri ou en passe de l’être.</p>
<p>À moins d’être agriculteur dans le Berri, ce dont se vantent peu de mes connaissances versées dans l’étude, cette réponse du secteur primaire paraît quelque peu désuète, peu pertinente. <strong>En quoi, à vrai dire, parle-t-elle aux «&nbsp;Hommes modernes&nbsp;» – citadins et pensants – que nous sommes ?</strong></p>
<p>Si le mot <strong>«&nbsp;‘Hag&nbsp;»</strong> est synonyme de joie, il est aussi homonyme de <strong>«&nbsp;‘Haguiga&nbsp;»</strong>, le sacrifice offert le premier jour des Chaloch Regalim, les fêtes de pèlerinages.</p>
<p><strong>Rachi</strong> d’ailleurs nous le confirme. Sur le verset de notre Paracha : «&nbsp;Et tu sacrifieras à Hachem ton Dieu un Pessa’h de menu ou de gros bétail&nbsp;», il s’étonne de voir le texte nous donner la possibilité d’apporter comme sacrifice pascale un animal de type «&nbsp;gros bétail&nbsp;» (vache, taureau, etc.) alors qu’il est dit ailleurs que ce sacrifice doit provenir du «&nbsp;menu bétail&nbsp;» (agneau, chevreau, etc.).<br />
Il répond qu’en vérité «&nbsp;menu bétail&nbsp;» s’applique au Korban Pessa’h alors que «&nbsp;gros bétail&nbsp;» s’applique au Korban ‘Haguiga offert avec lui.<br />
En effet, au cas où se trouverait autour du Korban Pessa’h une foule trop nombreuse, on pourrait alors sacrifier le Korban ‘Haguiga pour le consommer d’abord afin que le Korban pessa’h soit – comme il est obligatoire – mangé dans un état de satiété.<br />
Et Rachi d’ajouter : Et nos Sages apprennent encore beaucoup de choses de ce verset…</p>
<p>Justement, parmi ces nombreuses choses, il se trouve une Michna qui pourrait bien nous aider à rendre la réponse de Rabbenou Be’hayé plus éloquente.</p>
<p>[ Il est dit (dans le verset) : «&nbsp;Et tu sacrifieras à Hachem ton Dieu un Pessa’h de menu ou de gros bétail&nbsp;». Seulement le Korban Pessa’h ne peut provenir que d’agneaux ou de chevreaux. Alors pourquoi le verset dit-il «&nbsp;de menu et de gros bétail&nbsp;» ? C’est pour mettre en relation tout ce qui provient du menu ou du gros bétail avec le Korban Pessa’h !<br />
De la même manière que le Korban Pessa’h – qui est une obligation – doit provenir d’animaux profanes, toute chose (tout sacrifice) obligatoire (en opposition aux sacrifices volontaires) doit provenir d’animaux profanes (et non pas d’animaux consacrés comme ceux provenant de la dîme, par exemple.) ] <strong>(Mena’hot 82a)</strong></p>
<p>Ainsi la Michna affirme ici un principe fondamental : <strong>Toute chose obligatoire doit provenir du profane.</strong> Et c’est en vérité une règle de vie admirable qui nous est enseignée ici.</p>
<p>Tout commandement divin, toute chose qui nous unit à Dieu transcendant notre condition «&nbsp;matérielle&nbsp;» doit trouver sa motivation dans l’ordinaire. Le quotidien prime toujours sur l’évènement.</p>
<p>Là, la réponse «&nbsp;primaire&nbsp;» prend une toute autre dimension. Les récoltes représentent notre quotidien et les fêtes en sont à l’image. Elles sont le reflet de la vie mais la vie ne tourne pas toute entière autour d’elles.<br />
Et il devient clair que si la Torah prive la fête de Pessa’h de sa dimension de ‘Hag, c’est parce que c’est précisément à elle que le ‘Haguiga est associé (rappelez-vous Rachi) ; c’est parce qu’elle porte en elle le pouvoir de nous faire chavirer, de nous faire nous abandonner à cette si facile exaltation illusoire des séjours à la montagne ou des réunions familiales. Dès que c’est au Matsoth (pains azymes) et aux privations qu’elles représentent que nous sommes confrontés, la Thora s’autorise à nouveau à affubler la fête du terme «&nbsp;‘Hag&nbsp;» !</p>
<p>Construisons pas à pas, jour après jour notre quotidien, notre vie, notre intimité et nourrissons-nous en pour profiter pleinement de ces moments privilégiés avec notre Créateur.<br />
Les évènements de l’année juive ne sont pas uniquement une source de motivation, ils attendent peut être au contraire d’être portés par nous…</p>
<p>Chabbat Chalom / Gout Chabbes à toutes et à tous.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Reé, Introduction au mois d’Eloul</title>
		<link>https://yechiva.com/ree-introduction-au-mois-deloul-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rav Gerard Zyzek]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Sep 2022 23:12:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Ree]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Devarim]]></category>
		<category><![CDATA[introduction au mois d’Eloul]]></category>
		<category><![CDATA[Rav Gerard Zyzek]]></category>
		<category><![CDATA[Reé]]></category>
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					<description><![CDATA[On lit à la Shule la Parashat Reé le Shabbat qui précède Rosh ‘Hodesh Eloul. Au début de la Paracha, la Torah parle de Har et de Har Eival, de la montagne de Guerizim et de la montagne de Eival. Elle donne quelques signes précis pour pouvoir localiser ces lieux en Erets Israël (Devarim 11,29-30): [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On lit à la Shule la Parashat Reé le Shabbat qui précède Rosh ‘Hodesh Eloul. Au début de la Paracha, la Torah parle de Har et de Har Eival, de la montagne de Guerizim et de la montagne de Eival. Elle donne quelques signes précis pour pouvoir localiser ces lieux en Erets Israël (Devarim 11,29-30):<br />
הלא המה בעבר הירדן, ‘Ne sont-ils pas de l’autre côté du Jourdain’, דרך מבוא השמש, ‘Dans la direction du coucher du soleil’, מול הגלגל אצל אלוני מורה, ‘Face à Guilgal, près de la chênaie de Moré’.<br />
Quelques versets plus loin, la Parasha parle du lieu du Temple, du Mikdash, que D. choisira, et la Torah ne donne aucune indication de sa localisation.<br />
Le verset spécifie (Devarim 12,5)&nbsp;:&nbsp;המקום אשר יבחר ה’ אלקיכם מכל שבטיכם לשום את שמו שם, לשכנו תדרשו ובאת שמה. , ‘Le lieu que choisira l’Eternel ton D. de parmi toutes tes tribus pour y placer là-bas Son nom, son emplacement tu rechercheras et tu iras là-bas.’<br />
Le verset enjoint de rechercher et de mener une enquête pour définir l’endroit du Temple, endroit que D. choisira, comme nous le trouvons au sujet de David qui s’investit corps et âme jusqu’à ce qu’il trouve l’endroit précis du Lieu Choisi, Beth HaBe’hira. Comme dit le verset dans Téhilim (132,1 à 5)&nbsp;:<br />
זכור ה’ את כל ענותו…אם אתן שנת לעיני ולעפעפי תנומה, עד אמצא מקום לה’ משכנות לאביר יעקב.<br />
‘Rappelle-toi D. toute sa mortification (…), que je ne donnerai pas de sommeil à mes yeux, ni de torpeur à mes paupières, jusqu’à ce que je trouve un lieu pour D. résidences [1] au Puissant de Yaakov.’<br />
Pourquoi donc la Torah définit-elle avec précision la localisation de Har et de Har Eival tandis qu’elle laisse dans l’ombre celle du lieu où sera le Temple&nbsp;?</p>
<p><b>I. Le lieu du Temple. </b><b><br />
</b><b><br />
</b>Pour rendre compte de cela, nous introduirons par le passage suivant du Traité Yoma 54b&nbsp;:<br />
ושתיה היתה נראת. תנא שממנה הושתת כל העולם.<br />
‘L’endroit du Temple est appelé Shtia, car c’est de cet endroit que le monde entier a été fondé.’<br />
Lorsque l’on tisse un tissu, on commence par tendre les fils de <b>chaîne</b>, appelé שתי, <b>Sheti</b> en hébreu. Ensuite on tisse ce tissu en y introduisant la <b>trame</b>, ערב, appelé <b>Arev</b> en hébreu. Le Sheti se trouve être le fondement, le point initial à partir duquel le tissu se formera. De la même manière se trouve au Temple une pierre appelée אבן שתיה , Even Shtia, de laquelle ‘le monde entier a été fondé’. Là se trouvait le début de la Création. Le point originel de la Création. C’est de ce point que s’est déployé et s’est étendu tout le reste du monde.<br />
Ce point précis est, si nous pouvons nous exprimer ainsi, le lieu de l’union du Créateur avec Sa Création, l’endroit le plus proche de D., endroit au sujet duquel Yaakov dit (Béréchit 28,17)&nbsp;:<br />
ויירא ויאמר מה נורא המקום הזה, אין זה כי אם בית אלקים וזה שער השמים.<br />
‘Il eut peur et dit&nbsp;: combien redoutable est cet endroit&nbsp;! Ce ne peut qu’être la Maison de D. et c’est la porte du Ciel’<br />
La porte du Ciel, c’est-à-dire que c’est par ce lieu que montent les prières.</p>
<p>Le monde dans lequel nous nous trouvons est un globe. L’endroit le plus élevé de ce monde est le lieu duquel ce monde s’est déployé. C’est pourquoi nos Maîtres disent (Traité Kidouchin 69a) que la terre d’Israël est la terre la plus haute [2], car c’est de ce lieu que toute la réalité du monde s’est déployée. Le point central de la terre d’Israël est Jérusalem, c’est pourquoi nos Maîtres disent que Jérusalem est l’endroit le plus haut de toute la terre d’Israël. La centralité de Jérusalem est le lieu du Temple, du Mikdash qui de ce fait est encore plus haut. C’est de ce point que le monde s’est déployé, HouShtat HaOlam. C’est pourquoi le Temple est appelé Har, הר, montagne, comme dit le verset (Béréchit 22,14) :<br />
ויקרא אברהם שם המקום ההוא ה’ יראה אשר יאמר היום בהר ה’ יראה.<br />
‘Avraham donna pour nom à cet endroit&nbsp;: D. voit. D’où il faut dire aujourd’hui&nbsp;: on est vu <b>sur la montagne </b>de D..’</p>
<p>De même le prophète Yeshayahou dit (2,2)&nbsp;:<br />
והיה באחרית הימים נכון הר בית ה’ בראש ההרים.<br />
‘Ce sera à la fin des temps [3] solide sera <b>la montagne</b> de la maison de D. tout en haut des montagnes’.<br />
A la fin des temps les Nations comprendront que Jérusalem est l’endroit le plus haut du monde, c’est-à-dire que c’est de ce lieu que le monde tire son soubassement (Sheti), que le monde tire son origine. Le mot <b>montagne</b> se dit Har en hébreu, terme qui vient du mot Herayon, הריון, qui signifie <b>être enceinte</b>. De même qu’une grossesse commence par un point, et que ce point se développe et que de lui se forme un être entier, complet, fait de deux cent quarante-huit membres, de même Jérusalem est le point originel de la Création duquel le monde tire son assise.</p>
<p>Ceci étant posé, il y a une dimension encore supérieure, un point encore plus central, plus englobant, une dimension supérieure à celle du Herayon, הריון, de la grossesse. C’est lorsque la goutte qui va ensemencer est encore dans le cerveau du géniteur, du père, en amont de la grossesse. C’est ce que l’hébreu appelle Hirhour, הירהור, mot qui est l’assemblage de deux fois le mot Har, Hir-Hour. Ce mot signifie ‘la pensée’, <b>Har Al Gabé Har</b>, montagne sur une montagne, c’est le lieu même du Temple.<br />
Si Jérusalem est appelée <b>montagne</b>, le lieu du Temple est appelé <b>montagne sur une montagne</b>. Ce lieu est le point premier, originel où s’unissaient le Créateur et Sa Création, et duquel le monde s’est déployé et tire son soubassement, Shtia.<br />
Nous pouvons maintenant reprendre le verset de Yeshayahou&nbsp;:<br />
A la fin des temps les Nations comprendront que le lieu du Mikdash, du Temple, est la montagne de la maison de D. en haut des montagnes, Jérusalem, <b>montagne sur montagne</b>, et là est englobé le monde entier qui en tire son soubassement, son point d’origine.</p>
<p><b>II. Le point d’origine du temps. </b><b><br />
</b><b><br />
</b><b><br />
</b>Notre tradition nous enseigne qu’il y a trois dimensions : le monde, le temps et la personne (Sefer Yetsira chapitre 6, Michna 1). Ce qui existe dans la dimension-monde se trouve dans la dimension-temps. Ce qui se trouve dans la dimension-temps se trouve dans la dimension-personne. De la même manière que dans la dimension du monde il y a Jérusalem, de la même manière dans la personne humaine il y a les quarante jours de la formation du fœtus, et de la même manière dans la dimension du temps il y a quarante jours [4] entre Rosh ‘Hodesh Eloul et le jour Kadosh, saint, de Yom Kippour, car dans cette période se trouve inclut toute l’année. Toute l’année trouve son soubassement dans ces quarante jours.<br />
De la même manière que dans les lieux il y a un lieu montagne sur montagne, c’est-à-dire le lieu du Beth HaMikdash et le Kodesh HaKodashim, le Saint des Saints, de la même manière dans la personne il y a la pensée, le Hir-Hour.<br />
De la même manière dans le temps il y a Rosh HaShana et Yom Kippour qui sont des temps où D. renouvelle Sa Création. A Rosh HaShana le monde revient à son origine. Alors se retrouve l’unification entre le Créateur et Sa créature, comme dans le lieu du Saint des Saints, et alors l’homme se rapproche de D. particulièrement.<br />
Plus on s’éloigne de Rosh HaShana plus on s’éloigne de cette unification, comme dans le monde, plus on s’éloigne de Jérusalem et de la terre d’Israël, plus on s’éloigne de cette proximité avec D. et on se rapproche de l’impureté.<br />
De la même manière que le Kodesh HaKodashim, le Saint des Saints, englobe en son sein toute la réalité du monde, de la même manière Rosh HaShana englobe en lui-même tous les jours de l’année comme la tête englobe l’ensemble du corps.</p>
<p>De la même manière que durant les quarante jours de la formation du fœtus [5] il est possible de prier pour que l’enfant soit un garçon, mais qu’ensuite les choses soient déterminées et que prier alors serait une prière absurde, de la même manière de Rosh ‘Hodesh Eloul jusqu’au jour Kadosh de Yom Kippour, période qui correspond à la formation de l’année, il est possible de prier pour toute l’année. Ensuite, après ces quarante jours, il est extrêmement difficile de changer le décret.<br />
Il se trouve donc qu’à Rosh ‘Hodesh Eloul on commence à monter vers la montagne de D. (comme Moshé notre Maître) jusqu’à ce que l’on arrive au haut de la montagne, à Rosh HaShana (qui correspond à Jérusalem) et ensuite à Yom Kippour (qui correspond au Temple lui-même, et aussi quelque part au Saint des Saints).</p>
<p><b>III. Retour à la question initiale. </b><b><br />
</b><b><br />
</b><b><br />
</b>Reprenons notre question initiale. Pourquoi la Torah définit-elle précisément la localisation du Mont Grezimim et du Mont Eibal, tandis qu’elle n’indique rien quant au lieu du Temple, du Beth HaMikdach&nbsp;?<br />
Etant donné que le lieu du Mikdash, du Temple, est plus haut que tous les endroits du monde, étant le lieu de l’union du monde avec son origine, au-dessus de la notion de lieu et de nature, il est donc impossible de le dévoiler dans ce monde-ci de manière claire, étant donné qu’il ne participe pas du monde en tant que tel. Comme disent nos Maîtres au sujet de l’Arche d’Alliance à l’intérieur du Saint des Saints (Traité Méguila 10b)&nbsp;:<br />
מקום הארון אינו מן המדה<br />
‘L’endroit de l’Arche n’est pas dans les mensurations’, c’est-à-dire qu’il ne prend pas de place proprement dite.<br />
Le lieu du Temple ne prend pas une place dans le monde. Il faut seulement rechercher ce lieu, s’investir pour le trouver, comme a fait David, jusqu’à ce qu’il trouve un lieu pour D., résidences au Puissant de Yaakov.</p>
<p>De même le jour de Rosh HaShana, étant donné qu’il n’est pas dans le temps en tant que tel, mais est au-dessus du temps (comme le lieu du Temple), il faut s’investir, le rechercher, se préparer tout le mois d’Eloul pour pouvoir mériter de trouver la montagne de D. .<br />
De la même manière que David a dit ‘je ne donnerai pas de sommeil à mes yeux, ni de torpeur à mes paupières, jusqu’à ce que je trouve un lieu pour D.’, de la même manière nous secouons le sommeil de nos yeux et nous levons tôt pour les Seli’hot.<br />
Nos Maîtres ont institué de lire le Téhilim 24 le soir de Rosh HaShana.&nbsp;Nous trouvons le verset suivant (verset 3)&nbsp;:<br />
מי יעלה בהר ה’ ומי יקום במקום קודשו<br />
‘Qui pourra monter sur la montagne de D., qui pourra se tenir dans le lieu de Sa sainteté&nbsp;?’<br />
Ah si nous pouvions mériter d’être parmi ceux qui recherchent et puissent trouver le lieu de la montagne de D.&nbsp;!<br />
La suite du verset de Téhilim 24 dit&nbsp;:<br />
נקי כפים ובר לבב<br />
‘Celui qui a les mains propres et un cœur franc’, lui pourra avoir le mérite de monter en haut de la montagne de D.. De la même manière qu’un incirconcis ou quelqu’un d’impur n’avait pas l’autorisation de pénétrer au Temple, de la même manière quelqu’un qui est incirconcis du cœur et impur ne peut accéder à Rosh HaShana.<br />
Celui qui ne s’est pas préparé ne pourra pas accéder à Rosh HaShana, car de même que le lieu du Temple est caché (comme nous l’avons vu dans cette étude), de la même manière Rosh HaShana est un jour caché et recouvert, comme dit le verset (Téhilim 81,4)&nbsp;:<br />
תקעו בחודש שופר בכסה ליום חגנו.<br />
‘Soufflez le jour du nouveau mois du Shofar, lorsque <b>se cache</b> le jour de notre fête [6]’. C’est un jour caché qui nécessite qu’on le recherche de manière à recevoir en ce jour ce qui donnera corps à tout le reste de l’année.<br />
Le verset de la Parashat Reé dit&nbsp;:<br />
לשכנו תדרשו ובאת שמה.<br />
‘Son emplacement tu rechercheras et tu iras là-bas’<br />
Nous pouvons lire le verset ainsi&nbsp;:<br />
Si son emplacement tu recherches, alors la Torah te promet&nbsp;: tu iras là-bas.</p>
<p>Nos Maîtres ont institué de dire durant ces quarante jours [7] le Téhilim 27 dans lequel il est dit :<br />
אל תסתר פניך ממני<br />
‘Ne cache pas Ton visage de moi&nbsp;!’<br />
C’est-à-dire que nous prions à partir de Rosh ‘Hodesh Eloul que nous puissions avoir le mérite de trouver et de mettre à jour cette montagne de D., le jour duquel dépend toute l’année.<br />
Même pour Avraham notre père, la terre d’Israël était cachée et recouverte. En effet lorsque D. a dit à Avraham (Béréchit 12,1)&nbsp;: ‘Va pour toi’, לך לך , Il lui a dit&nbsp;:’ vers la terre que Je te montrerai’, אל הארץ אשר אראך. D. ne lui a pas dévoilé quelle est cette terre, car ce lieu n’est pas dans les dimensions de la trivialité du monde.<br />
De même lorsque D. dit à Avraham de prendre son fils, Il lui dit (Béréchit 22,2)<br />
והעלהו שם לעולה על אחד ההרים אשר אמר אליך<br />
‘Prends ton fils et élève-le en holocauste sur une des montagnes que je t’indiquerai’<br />
D. ne lui a pas indiqué quelle est et où est cette montagne. Notre tradition nous enseigne que cette montagne sera le lieu du Temple. On ne peut pas l’indiquer avec des mots car il est plus haut que les dimensions du monde.<br />
De même, ce jour de Rosh HaShana est un jour caché, mélangé d’être et de néant, d’existence dans ce monde et d’absence dans ce monde. Il y a dans le jour de Rosh HaShana un éclat fugace de la dimension supérieure appelée Keter, ‘couronne’, à propos de laquelle même les anges demandent&nbsp;(texte de la prière)&nbsp;:<br />
איה מקום כבודו<br />
‘Où se trouve le lieu de Sa gloire&nbsp;?’<br />
Maître du Monde, ne cache pas Ta face de nous&nbsp;!<b><br />
</b></p>
<hr>
<p>[1] Résidences au pluriel car il y a eu deux Temples, et que nous attendons le troisième (Radak).</p>
<p>[2] Nos Maîtres, et la Torah, parlent toujours de manière déstabilisante pour nous qui a priori voyons les choses en termes prosaïques et anecdotiques. La Torah est la pensée du monde, l’engendrement du monde, mais n’est pas le monde. Il n’y a pas de hiatus entre la Torah et le regard que nous pouvons appeler ‘scientifique’. L’abord scientifique analyse le monde. La Torah est la pensée de l’engendrement du monde et de sa fertilisation, comme nous allons le voir.</p>
<p>[3] Lorsque les impies disparaîtront (Rashi).</p>
<p>[4] Les trente jours du mois de Eloul et les dix premiers jours du mois de Tishri puisque Yom Kippour est le dix du mois de Tishri.</p>
<p>[5] Nos Maîtres nous enseigne que le passage de l’embryon au fœtus prend quarante jours. Durant ces quarante jours beaucoup de choses ne sont encore pas déterminées chez l’enfant futur, dont le sexe. Il est donc possible de prier pour que l’enfant soit un garçon (Traité Berakhot 60a).</p>
<p>[6] Le sens simple du verset est que Rosh HaShana est une fête différente des autres fêtes en cela que cette fête est le premier jour du mois, lorsque la lune disparaît et n’est pratiquement pas visible, ce qui n’est pas le cas des autres fêtes de la Torah.</p>
<p>[7] Plus précisément jusqu’à Hoshana Rabba.</p>
<p>&nbsp;</p>
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