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	<title>Haya Dupetit, &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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	<title>Haya Dupetit, &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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		<title>Pourim – Super moi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Haya Dupetit,]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 May 2024 03:05:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Pourim]]></category>
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					<description><![CDATA[La vraie question de Pourim reste et demeure celle du déguisement. Quel déguisement allons-nous porter cette année&#160;? Quels accessoires&#160;? Perruque ou chapeau&#160;? Masque ou maquillage&#160;? Et les chaussures&#160;? Nous sommes ici au niveau du pchat, le sens premier&#160;: on organise matériellement le déguisement selon les nécessités immédiates de son accomplissement. L’étape du remez et du [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La vraie question de Pourim reste et demeure celle du déguisement.</p>
<p>Quel déguisement allons-nous porter cette année&nbsp;? Quels accessoires&nbsp;? Perruque ou chapeau&nbsp;? Masque ou maquillage&nbsp;? Et les chaussures&nbsp;? Nous sommes ici au niveau du <i>pchat</i>, le sens premier&nbsp;: on organise matériellement le déguisement selon les nécessités immédiates de son accomplissement.</p>
<p>L’étape du <i>remez</i> et du <i>drach</i> seront vécues le jour même de Pourim, lorsque le déguisement sera porté. Nous exposons alors notre œuvre à l’extérieur et laissons la possibilité aux autres d’interpréter notre tenue de manière allusive ou symbolique. Que faisons-nous de ces interprétations&nbsp;? Comment les accueillons-nous&nbsp;? Produisent-elles en nous un étonnement, un refus voire un rejet ou au contraire, un encouragement&nbsp;? Nous pouvons être déstabilisés par ce dévoilement vers l’extérieur, comme lorsque les parents annoncent à leurs proches que Madame attend un heureux évènement. Il y a une forme de dépossession de l’objet jusque-là résidant dans le domaine de l’intime. Entre parenthèses, à ce sujet et comme pour les grossesses, il y a deux écoles&nbsp;: ceux qui gardent leur déguisement confidentiel jusqu’à Pourim et ceux qui annoncent la couleur en amont.</p>
<p>Il nous faut à présent pénétrer le <i>sod</i> du déguisement, le degré de compréhension le plus profond, qui touche à la nature essentielle du déguisement, à sa fonction spirituelle la plus pure, celle qui se relie à l’intériorité même de la personne. Ici, la question demeure&nbsp;: le déguisement est-il un vecteur de dissimulation ou, au contraire participe-t-il à mettre en lumière&nbsp;?</p>
<p>Tentons de proposer des éléments d’entendement.</p>
<p>Nos Sages enseignent que le temps juif est vivant. Chaque jour, chaque mois, chaque fête, possède son potentiel d’énergie spécifique. Ce potentiel n’est pas seulement destiné au peuple juif en tant qu’entité, il est également en correspondance avec chacun d’entre nous individuellement. A nous de nous en saisir ou de le laisser à l’état de latence.</p>
<p>Il est assez aisé d’entendre intellectuellement ce principe et d’en faire un objectif comportemental pour vivre en accord intérieur avec l’essence du moment. A Roch Hachana, le temps de l’introspection et du recueillement, nous faisons le bilan de l’année, le point sur nos vies. A Souccot, <i>zman sim’haténou</i>, nous nous réjouissons. A Pessah, <i>zman&nbsp;‘hé’houténou</i>, nous nous sentons libres. A Shavouot, <i>zman matan toratenou</i>, nous réfléchissons à la Torah que nous recevons. A Hanouka, on s’accroche. Venons-en à Pourim.</p>
<p>Comme pour chaque fête, notre Tradition souligne que Pourim est LE jour le plus Saint de l’année car il possède un potentiel extraordinaire, un potentiel cosmique et explosif&nbsp;: le potentiel de la joie.</p>
<p>La <i>sim’ha</i>, la joie, disent nos Sages est liée à la <i>tsmi’ha</i>/croissance. La joie est une acquisition, c’est le résultat d’un processus, d’un travail, d’un effort. La joie est un aboutissement et en même temps le début d’autre chose. La joie c’est l’ouverture des perspectives, l’élargissement du champ des possibles. La joie profonde, c’est ce que l’on éprouve lorsque l’on dépasse une limite qui nous semblait infranchissable, lorsque l’on redresse ce qui était tordu et lorsque l’on perçoit enfin la clarté derrière l’obscurité.</p>
<p>Pourim incarne cette dynamique de renversement. Renversement des situations et des perspectives.</p>
<ul>
<li aria-level="1">On croit que Haman va tuer tous les Juifs et puis non, ce sont tous les Juifs qui le tuent. On pense qu’Esther va se faire avaler par Haman, le Roi, le palais et le harem, et puis non, c’est Esther qui écrase Haman, subjugue le Roi, investit le palais et le harem. Ces dévoilements successifs justifient la tradition de se déguiser à Pourim&nbsp;: les masques tombent et les vérités se révèlent.</li>
<li aria-level="1">On lit la Meguila Esther, le rouleau qui <i>révèle ce qui est caché</i> (<i>meguila</i> vient de la racine «&nbsp;révéler&nbsp;», <i>esther</i> signifie «&nbsp;caché&nbsp;»). Cette manifestation libère la joie de Pourim, il s’agit du soulagement de voir les choses se remettre à leur juste place.</li>
<li aria-level="1">Pourim c’est enfin la question de la posture cachée de D.ieu. Qui n’a pas entendu que le Nom de D.ieu n’est pas mentionné une seule fois dans le texte de la Méguila&nbsp;? A Pourim, seuls les Juifs sont aux manettes. Et pourtant …</li>
</ul>
<p>Ici aussi, comme pour le temps juif, nous entendons intellectuellement ces développements. Mais comment dépasser le seuil de l’entendement, passer au stade du vécu et de l’expérience&nbsp;? Revenons-en à l’essence même de Pourim&nbsp;: le déguisement.</p>
<p>A peine les fruits de Tou bi Shvat sont-ils digérés, que les maisons juives s’affairent avec empressement et excitation vers le choix des déguisements. Chacun a déjà une idée en tête, les enfants, en particulier, il y a une ou deux, voire trois options par personne et on discute, on évalue, on teste, on débat de celle qui va le mieux convenir aux vues des contraintes matérielles et organisationnelles. Au-delà du capital sympathique que produit cette activité, il est à souligner le processus de choix qui la sous-tend. Le déguisement est une chose à laquelle on pense, une chose qui mature pendant plusieurs semaines, une chose qui rumine dans notre plus profonde intimité.</p>
<p>Là, se situe la clé pour vivre l’expérience de Pourim.</p>
<p>Pourim est <i>le temps de notre psychanalyse</i> (<i>zman</i> <i>psychanalyseténou</i>, en hébreu). La psychanalyse vient du mot grec «&nbsp;<i>psukhê&nbsp;»</i> qui veut dire «&nbsp;souffle, vie, âme&nbsp;». C’est l’analyse de notre intérieur le plus sensible. Pourim nous offre les outils pour pratiquer cette analyse en version 100% juive.</p>
<p>Le déguisement est au cœur du process. Penser à son déguisement c’est penser à ce que nous sommes, d’où nous venons et vers quoi nous nous projetons. Arrêter un choix sur un déguisement reflète une prise de conscience de son monde intérieur, la révélation des profondeurs de notre être, et c’est ici que jaillit la joie car notre travail a fait s’ouvrir en nous un espace de possibles infini.</p>
<p>La joie que l’on éprouve à fouiller et découvrir les profondeurs cachées de son âme provient de la révélation des potentialités enfuies, ignorées voire, refoulées, que l’on n’aurait jamais imaginé mettre à jour. La joie de Pourim c’est de tuer Amalek alors qu’on pensait qu’il allait nous tuer, puis écrire dans nos anales les ressorts de notre victoire, publier l’histoire qui nous a mené à ce que nous sommes aujourd’hui. Cette extériorisation, c’est le déguisement.</p>
<p>Pourim offre d’autres outils pour vivre le <i>zman psychalanysténou</i>&nbsp;: la méguila, les dons aux personnes dans le besoin (<i>manatot laévyionim</i>) et les échanges de mets (<i>michloah manot</i>).</p>
<p>Voyons d’abord la méguila, elle fait le lien entre les différents éléments de l’histoire, elle prouve à quel point nos choix d’actions déterminent l’orientation de nos destinées, elle relie indubitablement la présence divine inconditionnelle cachée dans les coulisses. De même, pour nos propres trajectoires, lorsque l’on parvient à relier les évènements entre eux, à marquer les correspondances, nous accédons à une compréhension globale et cohérente, à une vision significative et éclairée de nos destinées. Comme Esther, lorsqu’elle bascule dans l’action.</p>
<p>Ensuite, regardons les dons aux nécessiteux et les échanges de mets. Ils activent le lien avec l’autre, engendrent le partage et la bienveillance, construisent un ordre relationnel plus juste. Il n’y a que dans le lien avec autrui que l’on se confronte à nous-même. L’autre c’est celui qui permet d’alimenter notre travail intérieur.</p>
<p>Quand on parvient à établir ces liens, on est envahi par un sentiment de gratitude sans bornes envers D.ieu, on réalise qu’Il ne nous a jamais oublié, qu’Il a tout organisé et pensé depuis le début, pour que nous en arrivions là où nous sommes, qu’Il prend soin de nous avec minutie et précision. On se laisse atteindre par une luminosité intérieure tangible et réconfortante. On touche l’objet ultime de la psychanalyse <i>pourimienne</i>&nbsp;: la joie de la proximité avec D.ieu qui provient d’une parfaite harmonie, d’un parfait alignement entre nos choix, nos actions et nous-même.</p>
<p>Toutes les <i>mitsvot</i> de Pourim sont donc liées et participent à cette révélation simultanée de nous-même, et de l’omniprésence divine à nos côtés. C’est la force de Pourim, et la mobilisation sereine de ce potentiel ne peut se concrétiser que par le déguisement. C’est un passage obligé. De même qu’à Pessah, on n’accède pas à la liberté sans l’élimination minutieuse du ‘<i>hamets</i>, à Pourim on ne peut parvenir à la joie de nous-même sans le choix éclairé du déguisement que nous allons porter. Ce déguisement qui sera l’expression de notre vérité la plus sincère, la manifestation de notre beauté la plus profonde, la révélation de la version «&nbsp;super&nbsp;» de nous-même.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>A vos mots</title>
		<link>https://yechiva.com/a-vos-mots/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Haya Dupetit,]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Nov 2023 20:55:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Noa’h]]></category>
		<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Béréchit]]></category>
		<category><![CDATA[A vos mots]]></category>
		<category><![CDATA[Haya Dupetit]]></category>
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					<description><![CDATA[Mettre des lunettes juives Que pouvons-nous comprendre de l’épreuve que traverse actuellement Israël ? Peu de choses. Il n’est d’ailleurs pas de notre ressort de chercher des causes à nos souffrances. En revanche, nous avons la capacité de penser l’actualité à travers nos lunettes juives. Vous me direz, que voit-on à travers des lunettes juives [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Mettre des lunettes juives</strong></p>
<p>Que pouvons-nous comprendre de l’épreuve que traverse actuellement Israël ? Peu de choses. Il n’est d’ailleurs pas de notre ressort de chercher des causes à nos souffrances. En revanche, nous avons la capacité de penser l’actualité à travers nos lunettes juives. Vous me direz, que voit-on à travers des lunettes juives ? D’abord, que « tout est bonté de D.ieu ». Première réaction, impossible. Comment concevoir que la pire violence émane d’un acte bienveillant ? Réponse : il faut oser, oser voir et penser ce qu’il nous arrive en tant que Juif. Et pour un Juif, « tout est bonté de D.ieu ». J’ai toujours vécu Sim’ha Torah comme un jour spécial pour prier. J’aime m’asseoir du côté des femmes, regarder les hommes danser, les écouter chanter tout en portant à bout de bras les rouleaux de la Torah. En général, je suis assez tranquille car les enfants sont absorbés par le déploiement de stratégies diverses en vue de récolter le maximum de friandises. J’ai tout le loisir de parler à D.ieu avec mes mots, avec mes pensées, avec mon cœur, avec mes larmes, avec mes tripes. Ce jour-là, j’ai une force de prière particulière qui me dépasse, j’ignore pourquoi mais je m’en saisis et je prie. Je prie pour moi, pour mon mari, pour mes enfants, pour que nous ayons la joie de grandir dans les chemins de D.ieu. Cette année, j’ai prié pour Israël, j’ai supporté mon peuple avec une intensité et une efficacité décuplées par rapport à un jour ordinaire. J’étais disponible pour accomplir cette tâche, comme la majorité des Juifs du monde entier. Le jour des massacres, tout le peuple d’Israël était au garde à vous. Chercher à voir le « bon » de D.ieu dans toutes les situations est notre force de Juifs, et c’est par cette attitude que nous impactons le réel. Celui qui s’attache à chercher la bonté dans toute chose, est béni de cette bonté en retour. Mieux que cela, une pensée positive fixe la réalité. Comment parvenir à cette attitude positivement juive ? En prenant conscience de l’épreuve que D.ieu nous envoie. La situation actuelle se rapproche, providentiellement, de la guerre de Kipour en 1973. Il s’agit de la même mise à l’épreuve : celle du bita’hon. Avoir du bita’hon c’est être imprégné de la conscience que tout vient de D.ieu.</p>
<p>L’inverse, c’est croire que nous gagnons par la force de nos bras. Penser juif c’est réaliser que nos mains, nos bras, nos cerveaux, nos armes, notre argent, sont nos outils matériels pour agir dans notre monde, mais que ce n’est pas, par leur mérite, que nous réussissons. La réussite vient de D.ieu, l’échec vient de D.ieu, la protection vient de D.ieu. Le bita’hon est la conscience profonde que D.ieu est la source de tout.<br />
Avoir du bita’hon n’est pas inné, même si notre âme juive possède de grandes prédispositions.<br />
Pour être en pleine conscience du divin, il est nécessaire de s’exercer. Tout comme nos soldats de Tsahal bénéficient d’entrainements millimétrés pour répondre au mieux à la menace de nos ennemis, chaque Juif, en tant que soldat de D.ieu, se doit de travailler son arme la plus performante : le bita’hon.</p>
<p><strong>Comment sensibiliser notre être à la conscience de D.ieu ? Une astuce : connaître D.ieu.</strong></p>
<p>La Che’hina, c’est-à-dire la présence de D.ieu sur terre, symbolise la manifestation féminine de D.ieu. Comme une mère pour son enfant, le Créateur souffre pour son peuple. Dans cette situation insupportable, notre D.ieu pleure avec nous, il nous enlace et nous supporte, comme une mère avec son enfant malade. Fermez-les yeux un instant et faites le vide autour de vous. Connectez-vous à votre respiration naturelle. Ressentez ce qui monte en vous. Pouvez-vous imaginez cela ? Pouvez-vous sentir cette proximité de D.ieu dans la pire des douleurs ? Cette émotion puissante qui vous envahit est votre meilleure ressource pour vous connecter à D.ieu. Saisissez-la. Laissez s’exprimer les mots qui jaillissent du fond de vos tripes et dans cette vulnérabilité, osez prier.</p>
<p><strong>Pourquoi prier ?</strong></p>
<p>Le Rav Emmanuel Gies rapporte que ce que l’on attend de nous aujourd’hui, c’est la prière.</p>
<p style="text-align: center;">Que D.ieu entende et leur réponde, Lui qui trône pour l’éternité. Tehilim 55, verset 20</p>
<p>Ce verset fait allusion au nom Ismaël qui se prononce ichmaèl en hébreu et qui n’est autre que l’ancêtre des pratiquants de l’Islam. Dans la Torah, Ismaël est le fils qu’Abraham a eu avec la servante, avant que Sarah ne donne naissance à Isaac, notre patriarche en tant que Juifs. Or,<br />
« ichma » signifie « écouter » et « El » est une façon de désigner D.ieu.</p>
<p>Le Midrach Pirké Rabbi Eliezer (Eliezer ben Hyrcanos, 1er/2nd siècle de l’aire moderne) mentionne au chapitre 32 à propos du nom Ismaël :</p>
<p style="text-align: center;">למה נקרא אותו ישמעאל, כי האל ישמע ויענם</p>
<p style="text-align: center;">Pourquoi est-il appelé Ichmael, parce que D.ieu (El) entendra et répondra.</p>
<p>A la fin des temps, D.ieu écoutera la voix du peuple d’Israël à cause des souffrances que lui fera endurer Ismaël. Autrement dit, il fait partie du processus de délivrance que de crier vers D.ieu en raison de ce que font subir aux Juifs les descendants d’Ismaël.</p>
<p><strong>Comment assumer notre posture de priants ?</strong></p>
<p>D.ieu nous a créer avec une bouche, des yeux et un visage capable d’expression. Activons nos visages juifs pour créer bénédiction et protection autour de nous. Avoir un mot agréable, remercier, sourire, dire bonjour, est à la portée de chacun d’entre-nous. Exprimer le bien, attire sur nous le bien et forge notre esprit à « penser bien ». Réciter une prière chaque jour avec une intention forte de reconnaissance du divin, affute nos âmes à la conscience de D.ieu. Il existe d’infinies possibilités d’agir en ce sens. Mais avançons par étape. Chaque matin quand nous nous levons, nous récitons :</p>
<p>מוֹדֶה אֲנִי לְפָנֶֽיךָ מֶֽלֶךְ חַי וְקַיָּם, שֶׁהֶֽחֱזַרְתָּ בִּי נִשְׁמָתִי בְּחֶמְלָה. רַבָּה אֱמוּנָתֶֽךָ.<br />
Modé (a) ani léfanekha melekh ‘haï vekayam, ché-hé-’hézarta bi nichmati be’hemla, raba émounatékha.<br />
<strong>Je Te remercie, ô roi vivant et éternel, de m’avoir restitué mon âme ; grande est Ta fidélité.</strong></p>
<p>Chaque soir en nous endormant, nos lèvres prononcent :</p>
<p>שְׁמַע יִשְׂרָאֵל, יְהוָה אֱלֹהֵינוּ, יְהוָה אֶחָֽד</p>
<p>Chéma Israël Ado-naï Elohénou Ado-naï E’had<br />
<strong>Écoute Israël, l’Eternel est notre D.ieu, l’Eternel est Un.</strong></p>
<p>Habituons notre esprit à s’arrêter chaque jour pendant quelques secondes, le matin et le soir, pour réciter ces versets. Ainsi, nous développerons notre conscience de D.ieu. Ainsi, nous nous entraîneront à prier et à nous remettre à D.ieu. Ainsi, nous renforceront notre bita’hon et sortirons vainqueurs de cette épreuve. Chaque âme juive possède une part de lumière divine, or nos sages ont dit : « Un peu de lumière repousse beaucoup d’obscurité ». Ne croyez-pas que quelques mots ne suffisent pas…<br />
Pour finir, voici un verset de la section de la Torah que nous lisons cette semaine :</p>
<p>וַיֹּ֨אמֶר אֱלֹהִ֜ים לְנֹ֗חַ קֵ֤ץ כָּל־בָּשָׂר֙ בָּ֣א לְפָנַ֔י כִּ֥י מָֽלְאָ֖ה הָאָ֣רֶץ חָמָ֑ס מִפְּנֵיהֶ֖ם וְהִנְנִ֥י מַשְׁחִיתָֽם׃&nbsp;עֲשֵׂ֤ה לְךָ֙ תֵּבַ֣ת עֲצֵי־גֹ֔פֶר קִנִּ֖ים תַּֽעֲשֶׂ֣ה אֶת־הַתֵּבָ֑ה וְכָֽפַרְתָּ֥ אֹתָ֛ה מִבַּ֥יִת וּמִח֖וּץ בַּכֹּֽפֶר׃</p>
<p>Et D.ieu dit à Noé : « La fin de toute créature est arrivée à mes yeux, parce que la terre, à cause<br />
d’elle, est remplie de violence ( חָמָ֖ס’ hamas) ; et je vais les détruire avec la terre. Fais-toi une arche de bois de gofer, tu distribueras cette arche (תֵּבָ֑ה téva) en cellules, et tu l’enduiras, en dedans et en dehors, de poix ». Paracha Noah, 6-13 et 14</p>
<p>La Torah recourt au mot תֵּבָ֑ה téva à deux occasions : dans l’histoire de Noé mentionnée ci- dessus et dans le livre de l’Exode, pour désigner le berceau qui protégea Moïse des eaux. A quoi sert cette « arche » dans les deux situations ? A sauver le rédempteur d’Israël et au-delà, le rédempteur de l’humanité. Dans les deux cas, la téva représente « l’Arche de l’Alliance », c’est-à-dire le coffre contenant le trésor de l’humanité. Moïse était le futur prophète de l’Alliance avec Israël, quant à Noé, D.ieu lui a promis l’Alliance avec l’humanité. Ainsi, l’Arche<br />
sainte demeure pour Israël symbole du salut d’Israël et de celui de l’humanité [2].</p>
<p>Le nom « Noé », Noa’h en hébreu (נ ֗חַ) signifie « tranquillité, calme ». Or, la mission que D.ieu confie à Noé est de se confronter au ‘hamas (חָמָ֖ס) , qui évoque généralement la violence (ici l’acte de vol selon Rachi). A cette fin, D.ieu ordonne à Noé de construire une arche enduite dans laquelle il se réfugiera ainsi que toutes les espèces animales. Le Rabbi de Loubavitch souligne que le mot téva signifie aussi un « mot ». Pour un Juif, le mot-refuge existe. Il est dans la prière. La prière juive est l’acquisition d’une posture : une posture de demande et de réception, une posture qui permet de développer un lien entre celui qui prie et le divin. La prière juive est l’acte de se connecter à D.ieu, elle mobilise le monde émotionnel de la personne qui prie et elle s’exprime à travers des mots [3]. La prière juive est un moyen de créer un espace-temps personnel entre soi et D.ieu, dans lequel rien ne peut interférer, une sorte de bulle séparée du monde matériel. Alors, dans cette posture, nous pouvons livrer nos émotions en confiance vers Celui qui recevra, quoiqu’il en soit, nos mots. Nos mots sont ici en sécurité, portés par une arche protectrice et salvatrice.</p>
<p><strong>De nos mots viendront le salut et la délivrance.</strong></p>
<p>Haya Dupetit, Roch Hodech Hesvan 5784, 16 octobre 2023</p>
<hr>
<p>[1] Mes paroles sont inspirées des enseignements du Rav Yehiel Yakobson.</p>
<p>[2] La voix de la Thora, Rav Elie Munk.</p>
<p>[3] Les mots de la prière peuvent être prononcés ou pensés intérieurement, ils peuvent être dit en français, en hébreu ou dans n’importe quelle langue, spontanément ou en suivant un livre.</p>
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