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	<title>Dr Bertrand Klein &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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	<title>Dr Bertrand Klein &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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		<title>CHAVOUOTH, par le docteur Bertrand Klein.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dr Bertrand Klein]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 May 2025 08:16:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chavouot]]></category>
		<category><![CDATA[Fêtes]]></category>
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					<description><![CDATA[&#160; &#160; Dans tous les Talmudei-thora du monde, les enfants apprennent que la fête de Chavouoth, le 6 Sivan, est celle du don de la Thora, au mont Sinaï. Cela semble incontestable puisque nos Sages appellent ce jour «&#160;Zeman matan Toratenou&#160;», temps du don de la thora, dans le rituel de la fête. Or, au [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="Standard"><strong>&nbsp;</strong></p>
<p class="Standard">
<p class="Standard"><strong>&nbsp;</strong></p>
<p class="Standard">Dans tous les Talmudei-thora du monde, les enfants apprennent que la fête de Chavouoth, le 6 Sivan, est celle du don de la Thora, au mont Sinaï.</p>
<p class="Standard">Cela semble incontestable puisque nos Sages appellent ce jour «&nbsp;Zeman matan Toratenou&nbsp;», temps du don de la thora, dans le rituel de la fête.</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">Or, au moins deux passages du Talmud semblent mettre cela en doute.</p>
<p class="Standard">1) La Guemara Chabbat 86b, dont le sujet est le rassemblement au Sinaï, s’étend longuement sur une controverse entre Rabbi Yossi et les Sages&nbsp;: R. Yossi affirme que la Thora a été donnée le 7 sivan , les Sages affirment que c’est le 6.( Cela dépendant du caractère plein -30 jours- ou défectif -29 jours- du mois précédant.</p>
<p class="Standard">De nombreux textes annexes semblent apporter des preuves à l’appui de la thèse de R.Yossi&nbsp;, thèse qui exige que la période de séparation conjugale ordonnée par D.ieu aux&nbsp; enfants d’Israël avant Sa révélation soit de 3 journées entières (nuit et jour). Et cela implique que Moché ait ajouté un jour de séparation supplémentaire à l’ordre de D.ieu, de sa propre initiative.</p>
<p class="Standard">Cette idée est attestée dans&nbsp; une baraïta apportée à l’appui de R. Yossi&nbsp;: D.ieu a approuvé 3 initiatives personnelles de Moché&nbsp;: celle précitée, sa séparation d’avec son épouse et la brisure des premières tables de la Loi.</p>
<p class="Standard">Dans le sujet impliquant cette controverse, la Halach’a semble bien fixée comme R. Yossi.</p>
<p class="Standard">La révélation pourrait donc bien avoir eu lieu le 7 Sivan et non le 6, date fixée dans nos calendriers.</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">2) Un deuxième texte dans la Guemara Roch Hachana 6b est par ailleurs explicite&nbsp;: Selon qu’aucun, un&nbsp; ou deux des mois de Nissan et Yiar soient pleins ou défectifs (Cela était déterminé avant la fixation définitive de notre calendrier par les témoignages sur la nouvelle lune) Chavouoth peut avoir lieu les 5ou 6 ou 7 Sivan&nbsp;; «&nbsp;Kedetania Rabbi Chemaya Atseret paamim h’amicha paamim chicha paamim chivah&nbsp;»</p>
<p class="Standard">Ainsi, à ce stade de notre étude, la date du don de la Thora est incertaine et la fête de Chavouoth peut très bien ne pas être fixée à cette date.</p>
<p class="Standard">Alors, de quoi la fête de Chavouoth est-elle le nom&nbsp;?</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">Revenons, pour tracer une piste de réponse sur le texte de la parachat Emor dans le lévitique 23, à propos du culte du Temple pendant cette période de l’&nbsp;»Omer&nbsp;», entre Pessah’ et Chavouoth, commenté si précieusement et si précisement par Rav Shimshon Raphaêl HIRSCH (RSRH).</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">Lévitique 23,10&nbsp;: «&nbsp;Parle aux enfants d’Israël et tu leur diras&nbsp;: lorsque vous serez entrés dans le pays que je vous donne et que vous moissonnerez sa moisson, vous apporterez une mesure d’un Omer de votre première moisson au Cohen&nbsp;».</p>
<p class="Standard">RSRH commente à ce sujet&nbsp;: Lorsque vous aurez fait l’expérience de la liberté et de l’installation sur votre terre, la première moisson doit prouver quels en sont les fonctions&nbsp;: démontrer que ce que le terre accorde n’est pas de votre fait, mais provient et revient au Créateur.</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">Les versets suivants décrivent cette offrande et les sacrifices animaux qui y sont attachés (retenons seulement qu’on y apporte en Korban spécifique UN agneau) , et interdisent la consommation des nouvelles récoltes avant celle-ci.</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">Lévitique 23,15&nbsp;: «&nbsp;Vous compterez pour vous à partir du lendemain de la fête (Pessah’ est appelé ici Chabbat) , depuis le jour où vous aurez apporté le Omer du balancement&nbsp; sept semaines&nbsp;: elles seront complètes. Jusqu’au lendemain de la septième semaine, vous compterez cinquante jours et vous apporterez une offrande (de blé) nouvelle (Minh’a ‘Hadacha).</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">RSRH commente&nbsp;:</p>
<p class="Standard">«&nbsp;Le lendemain de la fête&nbsp;»&nbsp;: Vous avez déjà fêté votre liberté (Pessah’) et avez déjà rappelé le souvenir de votre indépendance en étant installés sur votre terre et en ayant consommé son pain&nbsp;: le but de l’indépendance est donc atteint&nbsp;! Mais vous êtes au seuil d’un autre dessein&nbsp;: là où d’autres peuples auraient fini, vous vous commencez&nbsp;!</p>
<p class="Standard">Le compte des semaines et des jours prouve qu’il est une autre étape à atteindre et les succès obtenus jusque-là ne sont que le prélude à votre véritable aspiration en tant que peuple&nbsp;: <strong>la liberté morale et spirituelle.</strong></p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">«&nbsp;Sept semaines&nbsp;»&nbsp;: Sept fois le Chabbat va faire agir sa force d’éducation&nbsp;: apprendre à l’homme que le monde qu’il veut soumettre et lui-même sont en réalité soumis à la Volonté Divine.&nbsp; Sept fois, vous allez vivre l’expérience du joug de la Royauté Divine, du retrait des soucis des besoins matériels, pour apprendre au peuple à inventer la liberté et à être le peuple de D.ieu. L’indépendance nationale, la liberté sur sa terre n’ont pour seul but que&nbsp; la véritable libération&nbsp;: celle apportée par le respect de la Loi morale collective de la Thora.</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">«&nbsp;Cinquante jours&nbsp;»&nbsp;: Nous avons vu la signification collective et sociale des 7 semaines. Mais le compte est double, semaines et jours&nbsp;: 50 jours c’est 7 semaines plus un jour.</p>
<p class="Standard">Comme dans de nombreuses lois sur l’impureté, où la pureté ne se (ré)-acquiert qu’au <strong>sortir</strong> d’une période de 7 jours, le cinquantième jour du compte est ici aussi l’accès à la Pureté:c’est&nbsp; quitter l’impureté liée à la soumission aux besoins sensuels et physiques du corps pour accéder à la liberté morale, grâce&nbsp; au contrôle par le respect de la loi au niveau individuel. Le 50è jour ajoute à la liberté nationale et à l’indépendance historique et collective la liberté morale et spirituelle personnelle.</p>
<p class="Standard">La liberté nationale peut être reçue de façon <strong>passive</strong>, par participation à l’histoire de la collectivité à qui D.ieu a fait <strong>don </strong>de la liberté dans l’histoire, mais la liberté morale est le fruit d’une lutte acharnée à laquelle on s’astreint individuellement lors de ce cheminement personnel de purification de 49 jours.</p>
<p class="Standard">Chabbat (le 7è jour) et Brit-mila (au 8è jour de vie) sont les fondements du judaïsme&nbsp;: les sept semaines comptées ici sont de l’ordre du Chabbat&nbsp;: soumission à D.ieu dans l’ordre de la nature et de l’histoire pour y accepter son joug, en tant que peuple. Le50è jour (7X7 + 1) est lui de l’ordre de la circoncision, aspiration à la pureté morale, soumission du corps et de ses forces individuelles à la morale divine.</p>
<p class="Standard">«&nbsp;L’offrande nouvelle&nbsp;» ( la Min’ha ‘Hadacha) , le double pain de froment, nourriture par excellence de l’Homme par excellence peut alors être apportée en offrande à D;ieu.</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">Les versets 17 à 20 décrivent les sacrifices animaux accompagnant l’offrande des 2 pains (retenons simplement qu’on y apporte en Korban spécifique DEUX béliers).</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">Verset 21&nbsp;: «&nbsp;Vous ferez une proclamation en ce jour même (betsem hayom hazé)&nbsp;; il y aura une convocation sainte pour vous. Vous n’y ferez aucun travail. C’est un décret éternel dans toutes vos résidences pour vos générations&nbsp;».</p>
<p class="Standard">Commentaire de RSRH&nbsp;:</p>
<p class="Standard">«&nbsp;En ce jour même&nbsp;»:La Thora insiste ici pour que&nbsp; la fixation de la fête ne dépende de rien d’autre que du 50è jour de l’Omer (soit les 5, 6, ou 7 Sivan comme nous l’avons alors que le don de la thora est plutôt fixé au 7).&nbsp; Le verset veut lui-même éviter la confusion entre ces 2 fixations possibles.</p>
<p class="Standard">Si la Thora avait voulu fêter l’événement historique de la révélation, elle nous aurait transmis la date anniversaire (jour du mois) précise de cet événement (comme par exemple Pessah’, fixé par la Thora elle-même le «&nbsp;15è jour de premier mois&nbsp;». Or, elle ne le fait pas et prend comme référence unique de fixation de la fête le jour de la sortie du décompte de 49 jours.</p>
<p class="Standard"><strong>La fête du don de la Thora n’est pas liée à l’événement du don de la Thora mais elle fête l’achèvement de notre préparation à être apte à sa réception.</strong> (hakh’anat atsmenou lihiot reouim lekabalato).</p>
<p class="Standard">Cela est évoqué aussi par le fait que la fête de Chavouoth n’est pas nommée par les commandements qui s’y pratiquent mais justement par «&nbsp;les semaines&nbsp;».</p>
<p class="Standard">En effet, les fêtes de pèlerinage sont liées aux circonstances agricoles de leur saison et aux circonstances historiques et nationales qu’elles rappellent (Pessah’ au renouveau libérateur du printemps et à la libération d’Egypte, Souccoth à l’engrangement automnal confiant et à la protection divine des nuées . Les Mitsvoth qui s’y pratiquent sont liées à ces deux significations). Chavouoth n’est liée qu’à la nouvelle récolte et aux prémices, mais pas à l’événement historique et collectif qu’elle est sensée commémorer. Chavouoth n’est liée au don de la Thora que par l’évocation du travail personnel que chacun doit accomplir sur lui-même pour &nbsp;être capable de s’inscrire dans la loi morale de D.ieu et la liberté qu’elle permet.</p>
<p class="Standard">(Peut-être peut-on comprendre le Zeman matan toratenou&nbsp; comme ZIMOUN matan toratenou&nbsp;: préparation au don de la Thora)</p>
<p class="Standard"><strong>&nbsp;</strong></p>
<p class="Standard">Deux&nbsp; remarques encore pour étayer cette idée.</p>
<p class="Standard">1°A propos du compte de l’Omer, la Guemara Menah’ot 65b précise&nbsp;: «&nbsp;Ousefartem lakhem (vous compterez pour vous) , Chetehé hasefira lekh’ol eh’ad veeh’ad ( que le compte se fasse par individu)</p>
<p class="Standard">&nbsp;Pour le compte du Yovel (Jubilée&nbsp;: cf Lévitique 25,8) la Thora a écrit «&nbsp;Ousefarta lekha&nbsp;», tu compteras pour toi,&nbsp; au singulier.</p>
<p class="Standard">L’événement de la proclamation de la liberté au Jubilée (retour des terres à leur propriétaire premier et libération obligatoire des serviteurs juifs) s’adresse à la communauté nationale&nbsp; en tant que loi sociale..A ce titre, le compte et la proclamation est dévolu au Sanhédrin, représentant de la&nbsp;&nbsp; collectivité. Le décompte du Omer&nbsp; est, lui, pratiqué par chaque individu en tant que Mitsva «&nbsp;privée&nbsp;»&nbsp;; la progression morale ne peut être que personnelle et intime.</p>
<p class="Standard"><strong>&nbsp;</strong></p>
<p class="Standard">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2°Revenons succinctement aux sacrifices animaux accompagnant Omer et Pains de Chavouoth&nbsp;;</p>
<p class="Standard">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rappelez-vous&nbsp;: l’Omer est accompagné d’UN agneau, les pains de DEUX béliers.</p>
<p class="Standard">Au milieu d’un long commentaire sur la signification des sacrifices de ces fêtes RSRH fait la remarque suivante&nbsp;:</p>
<p class="Standard">Il y a lieu de distinguer dans les sacrifices communautaires entre ceux constitués d’un seul animal et ceux qui sont doubles. Cette différence est à rapprocher des trompettes (H’atsrosroth) du campement d’Israël ( cf Nombres 10,3-4)&nbsp;: Lorsqu’on convoquait les Princes et chefs , représentants de la communauté nationale, on sonnait d’une trompette&nbsp;.Pour convoquer la communauté , rassemblement de ses individualités, on sonnait de deux trompettes.</p>
<p class="Standard">Ainsi en va-t-il des holocaustes&nbsp;: le sacrifice d’un animal est offert au nom de l’entité nationale commune comme celui de l’Omer, offert en rappel de la liberté du peuple indépendant sur sa terre.</p>
<p class="Standard">Le sacrifice des deux béliers de Chavouoth est offert quant à lui au nom d’individus multiples, se rassemblant dans un même élan de travail personnel qui ne les amalgame pas.</p>
<p class="Standard"><strong>&nbsp;</strong></p>
<p class="Standard">Pour conclure, nous ne pouvons pas omettre l’interprétation de la Min’ha ‘Hadacha, l’offrande nouvelle, qu’en fait Rav E. Dessler dans son Maamar sur Chavouoth dans Mikhtav Eliahou (tome 2).</p>
<p class="Standard">«&nbsp;L’offrande nouvelle de Chavouoth représente notre aptitude à recevoir la Thora. Chaque fois que par son travail moral et par le choix qu’on fait, on atteint un niveau spirituel nouveau, c’est comme un monde complètement nouveau par rapport à son niveau précédent.</p>
<p class="Standard">Dans le monde matériel, rien ne change. A un désir succède un autre désir, à une jouissance une autre jouissance, sans jamais qu’aucun plaisir ne soit vraiment acquis car il s’évanouit sitôt que ressenti. Leur recherche est incessante.</p>
<p class="Standard">Dans le monde spirituel, par contre, chaque degré franchi, chaque acquis ouvre à l’homme un monde dont il ne soupçonnait même pas l’existence et qui n’appartient qu’à lui.Le choix qui s’offre à un individu à un moment donné ne se retrouvera à aucun autre moment et ne s’offrira à personne d’autre car chacun est unique et différent. Cette circonstance est d’une <strong>absolue nouveauté.</strong> Elle est l’&nbsp;»Offrande nouvelle&nbsp;» à laquelle il n’est possible d’accéder qu’après un long travail progressif (le compte) d’amélioration «</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">Tel est notre rapport à la Thora, tel qu’elle nous le suggère, absolument personnel, individuel et intime.</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">Acquérir la Thora, ce n’est pas s’en servir comme d’un patrimoine collectif, national et historique que l’on considérera sien lors d’événements communautaires, quand bien même seraient-ils «&nbsp;convocations saintes&nbsp;».</p>
<p class="Standard">Acquérir la Thora, c’est se confronter, de tout son être, à la Loi dans un défi personnel d’affinement de son propre potentiel moral et spirituel.</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; H’ag Saméah&nbsp;!</p>
<p class="Standard">
<p class="Standard">
<p class="Standard">
<p class="Standard">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dr B. KLEIN</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Israël dans l’Histoire : le rêve de l’échelle de Yaacov</title>
		<link>https://yechiva.com/israel-dans-lhistoire-le-reve-de-lechelle-de-yaacov/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dr Bertrand Klein]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 06:41:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Béréchit]]></category>
		<category><![CDATA[Vayetsé]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Bertrand Klein]]></category>
		<category><![CDATA[échelle]]></category>
		<category><![CDATA[Yaacov]]></category>
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					<description><![CDATA[Yaacov, chassé par la haine de son frère Essaw après qu’il lui eût pris sa bénédiction, fuit en direction de H’aran, vers chez Lavan, le frère de sa mère Rivka, qui l’y envoie pour s’y réfugier et y fonder foyer. A la frontière entre Canaan, la future Eretz-Israël, et les territoires «&#160;extérieurs&#160;», future galouth, à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Yaacov, chassé par la haine de son frère Essaw après qu’il lui eût pris sa bénédiction, fuit en direction de H’aran, vers chez Lavan, le frère de sa mère Rivka, qui l’y envoie pour s’y réfugier et y fonder foyer.</p>
<p>A la frontière entre Canaan, la future Eretz-Israël, et les territoires «&nbsp;extérieurs&nbsp;», future galouth, à l’endroit du futur Beit-hamikdach, alors qu’il s’y est endormi, Yaacov fait un rêve : «&nbsp;<em><i>Voici un escalier, planté vers la terre, et son sommet atteint le ciel ; et voici, des anges d’Elohim montent et descendent sur lui&nbsp;».</i></em></p>
<p>De nombreux commentaires ont été faits sur ce rêve, mais nous voudrions nous arrêter sur deux midrachim à ce propos.</p>
<p>Le Midrach Raba (Vayikra 29/2) dit :</p>
<p>«&nbsp;<em><i>Disent Rabbi Berakhia et Rabbi H’elbo et Rabbi Chimon bar Yoh’aï au nom de Rabbi Meïr : </i></em></p>
<p><em><i>Cela nous apprend que le Saint béni soit-Il a montré à Yaacov le prince tutélaire de Babel (</i></em><em><i>la Perse)</i></em><em><i>, montant et descendant, et celui de Médie, montant et descendant, et celui de Yavan (</i></em><em><i>la Grèce</i></em><em><i>), montant et descendant, et celui de Edom (</i></em><em><i>Rome</i></em><em><i>), montant et descendant. </i></em></p>
<p><em><i>Le Saint béni soit-Il dit à Yaacov : Toi aussi, monte. A cet instant, Yaacov, notre père, prit peur et dit : peut-être que de même qu’il y a descente pour ceux-ci, en sera-t-il ainsi pour moi aussi ?</i></em></p>
<p><em><i>Le Saint béni soit-Il lui dit : Toi, n’ai pas peur. Si tu montes, il n’y aura plus jamais descente.</i></em></p>
<p><em><i>Il n’eut pas confiance et ne monta pas.</i></em></p>
<p><em><i>[Disent Rabbi Berakhia et Rabbi H’elbo au nom de Rabbi Chimon bar Yohaï: Rabbi Meïr commentait ainsi le verset (Tehilim 78/32):&nbsp;»Malgré cela ils fautèrent encore et n’eurent pas confiance en ses prodiges&nbsp;»: Il s’agit de notre père Yaacov qui n’eut pas foi et ne monta pas].</i></em></p>
<p><em><i>Le Saint béni soit-Il lui dit : Si tu avais eu confiance et étais monté, tu ne serais plus descendu. Maintenant que tu n’as pas eu foi et n’es pas monté, plus tard tes enfants seront asservis à (ces) quatre royaumes dans ce monde- ci avec des impôts, du labeur et de l’insécurité.&nbsp;»</i></em></p>
<p><em><i>(Ndlr : la suite du midrach conte que D. rassure Yaacov, qui craint que cela n’ait pas de fin, lui affirmant qu’Il mettra une limite à ces exils comme Israël sait mettre une limite à son avidité en respectant la loi lui intimant de laisser les coins des champs à disposition des indigents.)</i></em></p>
<p>Que peut bien signifier ce midrach ? Yaacov serait-il «&nbsp;incroyant&nbsp;» dans les promesses de D. ?</p>
<p>Le Ets yossef commente : Les justes en ce monde n’ont aucune assurance (sur ce qui leur est promis) car peut-être vont-ils fauter. La crainte de Yaacov consiste dans son manque de foi et de confiance en lui-même (qu’il ne fauterait pas). Il n’a pas cru que Hachem aurait la bonté d’accomplir sa promesse même si lui et ses descendants fautaient.</p>
<p>C’est ce manquement de Yaacov qui vaudra les exils à ses descendants.</p>
<p>Ce midrach n’est pas sans rappeler le texte de la Guemara Nedarim 32a où il est affirmé qu’une des causes de l’exil d’Egypte des enfants d’Israël fut le «&nbsp;manque de foi&nbsp;» d’Abraham Avinou quand celui-ci demanda «&nbsp;une preuve&nbsp;» de la promesse que D. venait de lui faire qu’il hériterait de la Terre d’Israël. «&nbsp;Comment saurais-je que j’en hériterais&nbsp;» (Berechit 15/8).</p>
<p>La guemara Meguila 31b affirme pourtant là aussi que le doute d’Avraham porte sur sa descendance : que celle-ci faute et n’ait donc pas le mérite de garder la terre en héritage. Il lui sera répondu que le culte des sacrifices sera la garantie de la préservation de ce mérite. Mais pour autant que ce questionnement d’Avraham semble légitime (puisque D. lui- même le justifie en y apportant une réponse), celui -ci reste tout de même la cause de l’exil.</p>
<p>Tant pour Yaacov que pour Avraham, penser qu’il faille assortir de quelque mérite de l’homme la Volonté de D. dans l’Histoire est une sérieuse brèche dans leur foi en la Toute Puissance bienveillante de D.</p>
<p>Elo-him, Maître de la nature (la guematria de Elo-him est la même que celle de Hateva, la nature) et de l’histoire n’a besoin de rien ni de personne pour mener son monde comme Il l’entend. D. n’est pas enfermé dans la mécanique de ses propres lois. Il est éminemment libre de dispenser tout le H’essed qu’Il entend.</p>
<p>Yaacov et Avraham en ont douté : leurs descendants feront l’expérience d’événements où, alors qu’ils n’ont aucun mérite, ils bénéficieront de la bonté d’Hachem. Ainsi en sera-t-il de la sortie des exils et en particulier de la sortie d’Egypte. Les Bné Israël sont acculés à la mer sans échappatoire, D. fend les eaux et leur ouvre passage. Alors «&nbsp;vayaminou b’Hachem ouMoché avdo&nbsp;»: ils croient en Hachem, D. de bonté sans limite.</p>
<ol>
<li>Chimchon Raphaël Hirsch interprète ainsi le changement du Nom de D. (Elo-him et Hachem) dans le rêve de Yaacov.</li>
</ol>
<p>Les malakhim, les anges, concrétisations de la Volonté Divine sont ceux d’Elohim, «&nbsp;le D. de l’ordre universel qu’Il a créé, ordre qu’Il maintient et dans lequel tout est mesuré et pesé selon le critère de la justice&nbsp;». Mais cet ordre est celui qui concerne les empires&nbsp;: Les civilisations obéissent aux lois immuables de l’ascension et de la chute, selon les critères de Justice qu’Elohim a décidé. C’est parce que la terre a atteint le comble de la violence (cf berechit 6/13) qu’elle mérite le déluge ; et c’est parce qu’à Sedom le peuple est arrivé au terme de l’injustice (cf Berechit18/21) qu’il mérite l’anéantissement.</p>
<p>Yaacov, lorsque D. l’invite à monter sur l’échelle de l’Histoire n’a de perception que d’Elo-him. Il craint alors évidemment que sa faute ou celle de ses descendants ne provoque, en application de Sa stricte Justice, le renoncement de D. à sa promesse. Il n’a pas encore perçu que, pour lui et son futur peuple, «&nbsp;Hachem nitsav alav&nbsp;», c’est Hachem (le Tétragramme, nom du D. essence de l’Être tout de bonté et de liberté) qui se tient sur lui (pour le garder, dit Rachi).</p>
<p>C’est en se réveillant que Yaacov dira&nbsp;: «&nbsp;akhen yech Hachem bamakom hazé veanokhi lo yadati&nbsp;: ainsi il y a Hachem en ce lieu et je ne le savais pas&nbsp;». Reconnaissant ainsi que lui-même, sa future famille et son futur peuple n’obéissent pas aux lois de l’Histoire&nbsp;: celles qui font correspondre à une société juste et sans violence l’assurance qu’elle perdure. Mais obéissent à d’autres critères, plus «&nbsp;existentiels&nbsp;».</p>
<p>Yaacov – Israël ne participe-t-il donc pas à l’Histoire&nbsp;? Visiblement son défi n’est pas seulement d’établir sur terre une société modèle (ce qui semble être la relation à Elo-him) à l’instar des autres peuples. Qu’elle est alors la spécificité de sa mission&nbsp;?</p>
<p>Une autre interprétation de ce rêve, rapporté dans la guemara H’oulin 91b, apporte peut-être un élément de réponse. (Le commentaire de Rachi est entre parenthèses)</p>
<p>«&nbsp;<em><i>On enseigne&nbsp;: ils montaient et observaient son aspect d’en haut </i></em><em><i>(</i></em><em><i>un des quatre êtres vivants qui supportent le Char Divin a un visage d’homme à la ressemblance de Yaacov</i></em><em><i>) et descendaient et observaient son aspect en bas. Ils voulurent lui porter atteinte (</i></em><em><i>par jalousie</i></em><em><i>). Suit immédiatement&nbsp;: «&nbsp;Hachem nitsav alav&nbsp;»&nbsp;:Et voici qu’Hachem se dressait près de lui (</i></em><em><i>pour le protéger</i></em><em><i>). Rabbi Chimon ben Laquich dit&nbsp;: si ce n’était dit par le verset il n’aurait pas été possible de formuler&nbsp;: comme un père qui évente son fils (</i></em><em><i>pour le rafraichir du vent du désert</i></em><em><i>)</i></em>&nbsp;».</p>
<p>Le Midrach Rabba (berechit 68/18) a une version très proche relevant qu’il faut comprendre yordim/descendant<em><i>&nbsp;</i></em>comme Moridim/se révoltant contre Yaacov, car en bas il dort.</p>
<p>Ce qui est en jeu ici est la distance que mesurent les anges entre la figure céleste sublime d’Israël portant le Trône Divin et sa figure terrestre endormie ou inerte.</p>
<p>Les anges veulent lui porter atteinte par jalousie car lui porte le trône divin mais pas eux, ou peut-être parce que le Yaacov d’en bas ne tient pas la comparaison avec celui d’en haut et ne mérite pas de rester indemne. Mais Hachem est là et le protège du souffle brûlant de la jalousie ou de la colère des anges.</p>
<p>Israël peut être porteur du Divin&nbsp;; c’est là le projet qu’Hachem a pour lui , c’est pourquoi il le garde même contre Ses propres sicaires. Yaacov en prend conscience ici.&nbsp;«&nbsp;akhen yech Hachem, bamakom hazé, veanokhi…. lo yadati&nbsp;». Selon une lecture ‘hassidique entendue ajoutant des virgules au verset&nbsp;: ainsi qu’il put y avoir dans cet endroit (ndlr&nbsp;: dans un même endroit) Hachem et moi, je ne le savais pas.</p>
<p>Voici le challenge du juif face à l’Histoire, être un être d’essence divine au côté d’Hachem, l’Être suprème. «&nbsp;Kedochim tihou ci kadôch ani&nbsp;»&nbsp;: «&nbsp;Soyez saints comme je suis Saint&nbsp;» et pas seulement des hommes moraux.</p>
<p>C’est peut- être ce que Yaacov promet au verset 21 suivant&nbsp;: «&nbsp;si je retourne en intégrité vers la maison de mon père (ndlr&nbsp;: malgré toutes les vicissitudes de l’exil) alors Hachem sera pour moi Elo-him&nbsp;»&nbsp;; mon histoire s’accomplira en ce que je suis resté à l’image du divin, c’est là ma place spécifique dans le concert des nations.</p>
<p>Et peut- être est-ce ce que tout juif proclame lorsqu’il répète matin et soir&nbsp;: «&nbsp;Chema Israël Hachem Elohénou, Hachem ehad&nbsp;»&nbsp;: Ecoute Israël l’Être est notre D’ieu, l’Être est Un.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Parachat Chemini. L’enquète de Moïse.</title>
		<link>https://yechiva.com/parachat-chemini-lenquete-de-moise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dr Bertrand Klein]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Nov 2024 06:50:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chemini]]></category>
		<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Vayiqra]]></category>
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					<description><![CDATA[«&#160;Et Moise rechercha le bouc d’expiation&#160;» par Mr Bertrand Klein &#160; Rappel «&#160;Et ce fut au huitième jour&#160;»&#160;: dernier jour de l’inauguration du Michkan , les Cohanim&#160; nouvellement intronisés commencent à exécuter leur service&#160;. Ce jour inaugural, 1er Nissan, Ils apportent&#160;(versets 9/2 et suivants): . pour eux même&#160;: &#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;un jeune taureau comme h’atath (expiatoire) et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Et Moise rechercha le bouc d’expiation&nbsp;» par Mr Bertrand Klein</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Rappel</p>
<p><em>«&nbsp;</em><em>Et ce fut au huitième jour&nbsp;»&nbsp;</em>: dernier jour de l’inauguration du Michkan , <strong>les Cohanim</strong>&nbsp; nouvellement intronisés <strong>commencent à exécuter leur service</strong>&nbsp;.</p>
<p>Ce jour inaugural, 1<sup>er</sup> Nissan, Ils apportent&nbsp;(versets 9/2 et suivants):</p>
<p>. pour eux même&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;un jeune taureau comme h’atath (expiatoire)</p>
<p>et un bélier comme OLah (holocauste).</p>
<p>. pour les enfants d’Israël&nbsp;: un <strong>bouc</strong> comme h’atath,</p>
<p>un veau et un mouton comme Olah,</p>
<p>un taureau et un bélier comme chelamim (offrande de paix)</p>
<p>et une minh’a (offrande de farine).</p>
<p>. pour Nah’chon, 1<sup>er</sup> des 12 princes de tribu à apporter son offrande, entre autres&nbsp;offrandes :</p>
<p>un <strong>bouc </strong>comme h’atath (cf Nombres 7/12).</p>
<p>. pour le jour de Roch h’odech (néomènie)&nbsp;:</p>
<p>un <strong>bouc </strong>comme h’atath (cf Nombres 28/15).</p>
<p>La joie est à son comble lorsqu’un feu, venu du ciel, consume les Korbanoth (sacrifices de rapprochement) et qu’<em>«apparaît la Gloire de D.ieu à tout le peuple&nbsp;»</em> (9/23), marquant ainsi le «&nbsp;retour&nbsp;» de la Présence divine en son sein&nbsp;.</p>
<p>Mais, (pour faire court), emportés par leur enthousiasme mystique et l’extase, Nadav et Avihou,&nbsp; <strong>deux des fils d’Aaron</strong>, le Grand Prêtre, outrepassent les limites fixées par la Loi divine au service sacerdotal et en <strong>meurent</strong>.</p>
<p><strong>Moïse</strong> interdit à Aaron et à ses deux fils restants les marques de deuil habituelles (10/6 §7), leur interdit l’ivresse (8 à 11) et leur <strong>ordonne de consommer, nonobstant leur deuil, leurs parts des sacrifices selon les règles normales</strong>. (10/12 à 15).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’enquête de Moïse. Verset 16 à 20. (et leur explication par Rachi)</p>
<p>«&nbsp;<em>Et le bouc de h’atath, Moïse le chercha, le chercha (daroch darach) et voici qu’il avait été brûlé et il s’irrita contre Elazar et Itamar les deux fils d’Aaron restants ….&nbsp;</em>»</p>
<p>Quelle est la cause de la colère de Moïse, adressée contre ses enfants par bienséance, mais en réalité destinée à Aaron&nbsp;?</p>
<p><strong>Les parts du bouc d’expiation dévolues à être mangées par les prêtres ont été consumées par le feu de l’autel&nbsp;!</strong></p>
<p>Mais de quel bouc de h’atath s’agit-il&nbsp;: notre rappel des faits en mentionne trois&nbsp;:</p>
<p>le bouc «&nbsp;inaugural&nbsp;» des enfants d’Israël,</p>
<p>le bouc de l’offrande de Nah’chon</p>
<p>et le bouc de Roch h’odech.</p>
<p>Les deux premiers sont des korbanoth exceptionnels, motivés par l’événement «&nbsp;historique&nbsp;» que constitue l’inauguration du Tabernacle, saintetés du moment (Kodchei chaah) ;</p>
<p>le troisième se renouvèlera tous les débuts de mois, tant que le culte sacrificiel perdurera, sainteté pour les générations (Kodchei doroth).</p>
<p>Le bouc dont il est question (car un seul a été brûlé et non consommé par Aaron et ses fils) est celui de Roch h’odech.</p>
<p>Seul celui-ci a été donné «&nbsp;<em>pour porter la faute de l’assemblée et obtenir leur expiation devant D.ieu</em> «&nbsp;(verset 17). C’est donc pour ce seul Korban perpétuel que Moïse se met en colère.</p>
<p>Moïse enquête sur les causes légales possibles qui auraient pu motiver qu’il soit consumé mais il n’en existe pas (versets 18 et 19 avec Rachi)&nbsp;: les viandes n’ont pas été sorties du michkan&nbsp;; le sang n’a pas été aspergé à l’intérieur du Heikhal mais bien sur l’autel extérieur&nbsp;; c’est Aaron, Cohen gadol , qui a abattu le sacrifice et non ses fils (Le cohen gadol même en deuil a le droit de le faire mais pas les cohanim «&nbsp;simples&nbsp;»), autant de circonstances qui auraient justifié que le bouc ne soit pas brûlé, mais bien consommé.</p>
<p>Alors, Aaron lui-même se justifie (fin du verset 19)&nbsp;: «&nbsp;<em>Mais il m’est advenu de telles choses&nbsp;; si j’avais mangé de h’atath, cela aurait-il été bon aux yeux d’Hachem&nbsp;?&nbsp;</em>».</p>
<p>Et Rachi de commenter&nbsp;: Même si les morts n’étaient pas mes fils mais d’autres parents pour lesquels il m’est ordonné de prendre le deuil et de me rendre impur (cf 21/2 §3), aurais-je du en manger&nbsp;?</p>
<p><strong>C’est bien le deuil qui est la cause de la décision d’Aaron de brûler et non de consommer les parties de Korbanoth qui le sont normalement.</strong></p>
<p>(Deuil s’entend ici au sens de Onen, c-à-d entre le moment du décès et la mise en terre&nbsp;; seul deuil de par la Thora, les périodes suivantes de deuil étant d’ordre rabbinique).</p>
<p>Cette décision n’a pas été imaginée par Moïse&nbsp;. Rappelons-nous que celui-ci a demandé à Aaron et ses fils de consommer ce qui doit l’être de la minh’a (malgré leur deuil), ainsi en a-t-il reçu l’ordre (verset 13). Pour lui, cette mesure semble concerner globalement toutes les offrandes du jour (exceptionnelles, kodchei chaah comme la minh’a&nbsp;; ou perpétuelles, kodchei doroth, comme le bouc de Roch h’odech.</p>
<p>Aaron, lui, a compris du même ordre que si on a besoin de lui préciser de manger de la minh’a (alors qu’il s’agit là d’un processus habituel), c’est qu’il ne le devrait normalement pas car il est en deuil.</p>
<p>Si on lui ordonne donc d’en consommer, malgré son deuil, c’est parce qu’il s’agit d’une offrande exceptionnelle, kodchei Chaah. Mais un sacrifice habituel ou perpétuel, kodchei doroth, comme celui de Roch h’odech ne doit pas être mangé en deuil, même par le Cohen gadol.</p>
<p><strong>La discussion entre Moïse et Aaron se résume donc à ce point&nbsp;: être en deuil (Onene) interdit-il à un cohen de consommer des sacrifices «&nbsp;habituels&nbsp;»&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<p>INTERPRETATIONS</p>
<p>a) Pour Rabbi Chimchon Raphaël Hirsh, le point sensible de la discussion est la faculté ou non du Cohen en deuil d’être tout à son rôle.</p>
<p>En effet, dans les sacrifices de faute, l’expiation du fauteur est apportée par la consommation par le Cohen des parties du sacrifice qui lui reviennent, en état de sainteté dans un lieu saint. («&nbsp;Cohanim okhelim ou baalim mitcaprim&nbsp;». Cette expiation advient par la capacité du Cohen de ne tirer profit de cette nourriture matérielle que pour des motivations spirituelles en particulier par la joie de la mitsva pour elle-même. Il s’agit là d’une disposition d’esprit subjective, forcément impossible dans la tristesse inévitable du deuil.</p>
<p>Cela est vrai, en période «&nbsp;routinière&nbsp;» mais est dépassé dans l’allégresse exceptionnelle de l’inauguration du Michkan.</p>
<p>b) En l’absence d’autre commentaire retrouvé, qu’il me soit permis une interprétation personnelle, plus expérimentale que réfléchie.</p>
<p>Qui a vécu un deuil a vécu, a ressenti, a expérimenté une proximité quasi indicible avec le Créateur. Qui a vu un membre de sa famille proche passer en une fraction de seconde de vie à trépas, n’a pu que ressentir à quel point D.ieu est maître de nos vies, à quel point tout dépend de Lui.</p>
<p>Dans ces circonstances, une approche graduée, éducative, pédagogique, symbolique, comme l’est celle des commandements et des Mitsvoth, ou de l’étude, du Limoud, est vaine. Car on est alors projeté, sans le vouloir, dans cette dimension de rapprochement avec le Créateur, sans en avoir effectué la démarche, qui a pourtant ce rapprochement comme but.</p>
<p>(C’est la raison, croyons-nous, pour laquelle le Onene, l’endeuillé avant l’enterrement, est dispensé d’accomplir tous les commandements).</p>
<p>Aaron est dans cet état de proximité avec D.ieu. D.ieu trouverait-il bon de le distraire de cet état pour accomplir une démarche pour s’approcher du même but, alors qu’il l’a déjà atteint&nbsp;?</p>
<p>C’est sa réponse à Moïse&nbsp;: mon vécu personnel, individuel, de proximité avec D.ieu est noyé dans le même vécu quand il est collectif et national&nbsp;: ainsi en est-il des réjouissances exceptionnelles de l’inauguration du Michkan , kodchei chaah, provoquées par l’irruption renouvelée de la Présence&nbsp;&nbsp; Divine dans le peuple.</p>
<p>Mais cette même expérience privée , par le deuil, n’a aucune raison d’être niée ou annulée pour réintégrer une démarche éducative collective d’approche de D.ieu comme l’est le Korban Tsibour de Roch h’odech, démarche «&nbsp;renouvelable&nbsp;», kodché doroth, qui plus est communautaire.</p>
<p>(voir note 1)</p>
<p>CONCLUSION</p>
<p>Moïse se rend à cet avis et reconnait l’avoir entendu de D’ieu puis oublié (verset 20). Il est vrai qu’il n’a pas vécu la même expérience du deuil et qu’il est essentiellement le «&nbsp;grand éducateur&nbsp;» par la transmission de la Loi au peuple d’Israêl.</p>
<p>La guemara (Kiddouchin 30a) fait remarquer que la séparation en deux nombres égaux des mots de la Thora, autrement dit le «&nbsp;centre&nbsp;» du Texte révélé, se trouve entre les 2 mots Daroch et Darach (verset 16) qui ouvrent ce récit.</p>
<p>Rav Tsadoch Hacohen pointe que c’est là le premier exemple d’interprétation de la Loi Ecrite par l’intelligence humaine, donc de l’exercice de la loi orale, d’où son importance centrale.</p>
<p>Pour nous, s’il est un point central de la Thora, c’est celui de la tension permanente et du difficile équilibre à trouver entre&nbsp;:</p>
<p>. la nécessaire Loi commune, effort de la collectivité d’Israël pour assumer son destin de peuple de D.ieu,</p>
<p>. et l’expérience privée, fruit d’une démarche personnelle dans le but d’être un homme de D.ieu.</p>
<p>Le texte ici analysé semble nous enseigner que si une expérience personnelle, comme celle de Nadav et Avihou, ne peut s’affranchir des bornes de la Loi Divine&nbsp;; en revanche, la Loi divine tient compte d’un vécu privé comme celui d’Aaron dans son deuil et s’y adapte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dr B.KLEIN . Mars 2019</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Note 1&nbsp;:</p>
<p>La même distinction entre ressenti personnel de la proximité divine dans le&nbsp; deuil et démarche éducative par les mitsvoth nous semble à l’origine de la prolongation des manifestations de deuil à 12 mois pour le père et la mère , alors qu’elles sont limitées à 1 mois pour les autres membres de la famille (époux(se), frère ,sœur, enfants).</p>
<p>Dans le deuil des Parents, le premier effet de proximité divine, commun à tous les deuils, est conjugué à la perte des repères éducatifs parentaux&nbsp;; cela entraine de fait le besoin d’un temps de «&nbsp;cicatrisation&nbsp;» et de «&nbsp;prise d’autonomie&nbsp;» de l’endeuillé beaucoup plus long que pour les autres deuils.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Parachat Tetsavé ; Actualité des habits du Cohen</title>
		<link>https://yechiva.com/parachat-tetsave-actualite-des-habits-du-cohen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dr Bertrand Klein]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Jun 2024 09:21:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Chémot]]></category>
		<category><![CDATA[Tétsavé]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ DES HABITS DU COHEN]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Bertrand Klein]]></category>
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					<description><![CDATA[La paracha TETSAVE nous entretient au chap. 28 et dans quelques versets du chap.29 de l’Exode des habits spécifiques que le Cohen gadol, le grand prêtre, et ses acolytes les Cohanim, devaient porter pendant qu’ils accomplissaient leur service sacré au Michkan puis au Beth Hamikdach. La gem. Sanhedrin 83b apprend du verset 29/9 («&#160;Tu les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La paracha TETSAVE nous entretient au chap. 28 et dans quelques versets du chap.29 de l’Exode des habits spécifiques que le Cohen gadol, le grand prêtre, et ses acolytes les Cohanim, devaient porter pendant qu’ils accomplissaient leur service sacré au Michkan puis au Beth Hamikdach.</p>
<p>La gem. Sanhedrin 83b apprend du verset 29/9 (<em><i>«&nbsp;Tu les ceindras, Aaron et ses fils, d’une ceinture et tu les coifferas de couvre-chefs et la prêtrise sera sur eux, décret éternel&nbsp;»</i></em>.) : «&nbsp;<strong><b>lorsque les habits sont sur eux, leur prêtrise est sur eux ; lorsqu’ils ne portent pas leurs habits, la prêtrise n’est pas sur eux</b></strong>«&nbsp;.</p>
<p>La gem. Zevah’im 18a apprend plus précisément encore qu’un Cohen qui officie au Temple, alors qu’il lui manque même un seul des vêtements qu’il doit porter (meh’oussar begadim) ou qu’il en a ajouté, rend de ce fait ses actes non valables comme un non-cohen qui les accomplirait, et comme lui <u>serait coupable de mort </u>(du moins de la main du Tribunal Céleste).</p>
<p>Pourquoi une telle sévérité ?</p>
<p>Citons cette autre guemara (Irkh’in 16a) :</p>
<p>«&nbsp;<strong><b>Rav Chmouel bar Nah’mani dit au nom de Rabbi Yonathan: pour sept fautes viennent les plaies (de la Tsaraat, de la «&nbsp;lèpre&nbsp;»); pour la médisance, pour le crime, pour le serment vain, pour les relations interdites, pour la grossièreté, pour le vol, pour la pingrerie</b></strong>«&nbsp;. (La gem. cite ensuite les versets dont on l’apprend).</p>
<p>Dans une première approche peut-être pourra-t-on dire que ces fautes ont pour effet de faire disparaître ce qui caractérise l’homme dans son humanité, sa spécificité morale ; le faisant apparaître comme une «&nbsp;viande vive&nbsp;», être purement organique et dénué de spiritualité. Les plaies de Tsaraat , pour rendre impur, devaient effectivement sembler plus profondes que la peau et laisser apparaître la chair. Ainsi de l’homme lorsqu’il se conduit, à l’instar de la bête, comme un animal instinctif.</p>
<p>La gem. continue: &nbsp;» <strong><b>Vraiment? mais pourtant Rav Anani bar Sasson dit : pourquoi le passage des habits du Cohen est-il contigu de celui des sacrifices </b></strong>( voir intercalation des versets 29 et 30 du chap.29) ; <strong><b>pour t’apprendre que de même que les sacrifices apportent le pardon, les habits du Cohen apportent le pardon: la tunique</b></strong>(koutonet) <strong><b>de lin absout le crime, les caleçons </b></strong>(mikhnasaim) <strong><b>absouent les relations interdites, la tiare </b></strong>(mitsnefet) <strong><b>absout la grossièreté, la ceinture </b></strong>(avnet) <strong><b>absout la pensée </b></strong><strong><b>(déviante) </b></strong><strong><b>du coeur, le pectoral </b></strong>(h’ochen) <strong><b>absout les fautes de droit civil </b></strong>(dinim)<strong><b>, le tablier </b></strong>(ephod) <strong><b>absout l’idolâtrie, le manteau </b></strong>(meïl)<strong><b>&nbsp;absout la médisance, la plaque </b></strong>(tsits) <strong><b>absout l’acte effronté.</b></strong></p>
<p>Remarquons que les fautes entrainant la lèpre et celles absoutes par les habits du Cohen sont pour quatres d’entre elles identiques, et que deux autres peuvent être rapprochées (vol et fautes de droit civil – serment vain et idolâtrie).</p>
<p>Il faut comprendre que la gem. s’interroge en demandant: si ces fautes provoquent les plaies, que signifie alors que les habits du cohen leur apportent le pardon et protègent de leur punition? Et inversement, s’il y a punition c’est que le pardon est inefficace.</p>
<p>La gem. répond, mais uniquement pour la médisance:</p>
<p>«&nbsp;<strong><b>Ce n’est pas une question ! Ici c’est quand son acte est suivi de conséquence </b></strong>(si cela entraîne une querelle) <strong><b>, là c’est quand il ne l’est pas. Si son acte est suivi de conséquence, les plaies viennent sur lui. S’il ne l’est pas, le manteau l’absout</b></strong>«&nbsp;.</p>
<p>RACHI explique pourquoi la gem. ne répond que sur la médisance et pas sur le crime ou les relations interdites. C’est que le crime ou les incestes, bien que fautes commises par un individu, entrainent une punition collective («&nbsp;<em><i>car le sang rend la terre coupable</i></em>&nbsp;» (Nombres 35/33) et «&nbsp;<em><i>la terre s’est rendue impure et j’ai retenu contre elle son iniquité</i></em>&nbsp;» (Lévitique 18/25). Et il n’y a pas de contradiction : la punition est pour l’individu, l’absolution pour la collectivité.</p>
<p>Il faut désormais comprendre comment les habits du Cohen exercent cette protection contre les effets de ces fautes.</p>
<p>L’habit exprime ce que l’on veut montrer de soi en même temps qu’il impose de se comporter selon ce critère. Les expressions d’habillement dans la thora ou le Nakh &nbsp;(lobech, beged, ate) expriment l’adhésion d’une personnalité à une qualité , de sorte que cette qualité devient l’habit spirituel de cette personnalité : …. D’ieu se revêt de Grandeur, de Puissance, de Magnificence, de Lumière comme d’un manteau, ….Il habille l’homme des vêtements du Salut &nbsp;et d’un manteau de justice, ….la femme vertueuse est habillée &nbsp;de force et de dignité, ….les prêtres s’habillent de Justice. Innombrables sont les versets avec de telles expressions !</p>
<p>Ainsi, les habits du Cohen sont la «&nbsp;peau&nbsp;» (rien ne devait faire séparation entre son corps nu et ces habits) des comportements moraux et spirituels vertueux dans lequel, comme représentant de la nation (puisque les matières de ces habits ont été donnés par le peuple et fabriqués par ses artisans les plus habiles) il se glisse pour devenir et être ce qu’Israël doit et veut être en tant que peuple de D’ieu.</p>
<p>En regardant le Cohen agir dans ces vêtements, en le concevant comme ce personnage parfait, paré de toutes les vertus, le peuple aspire à se comporter selon ce qu’il représente et habite.</p>
<p>Tous les habits du Cohen sont suggestifs de comportements idéaux.</p>
<p>Prenons l’exemple du Méïl, du manteau, absolution pour la médisance :</p>
<p>– il est en Azur (tekhelet), couleur évoquant en premier la mer, bornée dans son extension par les rivages, comme la parole doit être endiguée pour ne pas se déverser comme un flot sans limites.</p>
<p>– Cette couleur évoque aussi le Ciel, poussant à s’élever et à se penser comme une créature de D’ieu et, à Son Image, ne pouvant se déroger à sa parole : «&nbsp;<em><i>Que te bouche ne soit pas impétueuse, que ton cœur ne s’empresse pas de parler devant D’ieu; car D’ieu est dans le ciel et toi sur la terre, ainsi que tes paroles soient peu nombreuses (Ecclésiaste 5/1).</i></em></p>
<p>– Son col a des caractéristiques précises : «&nbsp;<em><i>son ouverture supérieure sera infléchie vers le dedans, sa bouche doit avoir tout autours un ourlet, œuvre de tisserand, elle sera comme le col d’une côte de mailles, elle ne se déchirera pas «&nbsp;(28/31).</i></em> Notre bouche doit lui ressembler, tournée vers l’intériorité, et nos lèvres seront ourlées pour ne pas trop s’ouvrir et se déchirer dans des écarts de langage;</p>
<p>– &nbsp;A son bord inférieur sont accrochées des clochettes et des grenades, globules tissées :</p>
<p>° Comme les clochettes, constituées d’un corps et d’un battant, la bouche faite d’une langue qui frappe le palais, œuvre en présence de D’ieu.</p>
<p>° Clochettes et grenades sont alternées et pourtant le verset emploie l’expression «&nbsp;<em><i>les clochettes d’or au milieu d’elles (des grenades).</i></em> Pourquoi cet ordre et pas l’inverse , vrai également? Le Alchikh répond: les clochettes sont sonores comme la bouche articule des mots , les grenades muettes et closes. La cloche est dite entourée de grenades car la parole doit naître du silence, prononcée aprés la réflexion. Il n’est pas juste le silence, par hasard, interrompe un flot de paroles qui se voudrait ininterrompu.</p>
<p>On pourrait, sur le même modèle, décrire les «&nbsp;caractères&nbsp;» spirituels de tous les habits du Cohen.</p>
<p>RAV CHIMCHON RAPHAEL HIRSCH décrit d’ailleurs la progression vers la spiritualité des habits revêtus l’un après l’autre.</p>
<p>. Les <strong><b>caleçons </b></strong>couvrent les fonctions les plus animales de l’homme, élimination et reproduction, en pardon des fautes des <strong><b>unions interdites</b></strong>.</p>
<p>. La <strong><b>tunique</b></strong>&nbsp;de lin couvre tout le reste du corps, en particulier le thorax ,siège des sensations , des sentiments , de la volonté et la racine des bras, vecteurs de l’activité mettant à distance les réactions pulsionnelles et instinctives , source de la violence, immunisant ainsi contre le <strong><b>crime.</b></strong></p>
<p>Le tissu de la tunique est par ailleurs ouvragé en caissettes ou châtons ( <em><i>tachbets</i></em>), représentant la capacité et la volonté de l’homme à la réceptivité à une injonction extérieure à lui, à une loi de laquelle il est prêt à se mettre au service. il passe ainsi du «&nbsp;sour mera&nbsp;», de l’éloignement du Mal, au «&nbsp;Assé tov&nbsp;» , à l’accomplissement du Bien.</p>
<p>. La <strong><b>ceinture </b></strong>(<em><i>avnet</i></em>) est le vêtement de la préparation : le guerrier se ceint de ses armes et l’artisan de ses outils. L’homme se prépare en rassemblant ses forces à atteindre un but. La ceinture est brodée sur fond d’écru du lin représentant la pureté, de 6 fils torsadés des 3 couleurs : le pourpre et le cramoisi représentants la vie humaine dans toutes ses composantes (l’homme est Adam comme Adom, rouge) et l’azur céleste donc divin, symbolisant ainsi toute l’énergie de l’activité humaine, bandée vers le bien ; Elle pardonne donc la <strong><b>déviance des pensées du cœur</b></strong>.</p>
<p>. Le <strong><b>manteau </b></strong><em><i>(méîl) </i></em>a été décrit en détail plus haut consacré au pardon de la <strong><b>médisance</b></strong>, déchéance de la Parole, attribut purement humain et le consacrant comme être d’Esprit.</p>
<p>. Le Tablier <em><i>(éphod)</i></em>&nbsp;et le Pectoral <em><i>(H’ochen)</i></em>&nbsp;sont les vêtements de l’<u>accomplissement </u>de l’activité humaine et plus seulement de son projet.</p>
<p>Le <strong><b>Tablier</b></strong>&nbsp;n’est plus seulement brodé <em><i>(rokem)</i></em>&nbsp;mais tissé de fils entremêlés <em><i>(maassé h’ochev), </i></em>rassemblant toutes les activités humaines pareillement valorisées. Ses fils ne sont plus au nombre de 6, nombre symbolique de la Création et de 3 couleurs sur fond écru comme la ceinture, mais entremêlés d’un fil d’or, représentant la pureté de l’Inaltérable et élevés au nombre de 7, nombre de la perfection spirituelle, porteur de la relation avec D’ieu. Il apporte donc le pardon à l’<strong><b>idolâtrie.</b></strong></p>
<p>Le <strong><b>Pectoral </b></strong><em><i>(h’ochen)</i></em><strong><b>&nbsp;</b></strong>est son parfait et inséparable (car il est rendu solidaire du tablier par des liens en Azur et des chainettes d’or) complément dans la relation avec l’autre homme rendant indissociable la relation entre l’homme et son prochain de la relation entre l’homme et Dieu. Il absout les <strong><b>fautes sociales </b></strong><em><i>(dinim)</i></em>.</p>
<p>. La <strong><b>Tiare</b></strong>, enfin, <em><i>(migbaot), </i></em>pointue chez le Cohen simple car aspirant encore à l’accomplissement ou <em><i>(mitsnefet) </i></em>aplatie et ronde chez le Cohen Gadol, signe d’un accomplissement déjà achevé, est le signe de la dignité de l’Esprit. Elle interdit toute <strong><b>grossièreté.</b></strong></p>
<p><strong><b>. </b></strong>La<strong><b>&nbsp;plaque </b></strong><em><i>(tsits),</i></em>&nbsp;où est gravé «&nbsp;<em><i>Saint pour l’Éternel&nbsp;»</i></em>&nbsp;est le diadème du couronnement par la Présence Divine. On ne peut que se faire tout petit devant Elle. Elle répare la moindre <strong><b>effronterie ou impudence.</b></strong></p>
<p>C’est ainsi un être parvenu, par un travail de plus en plus fin sur ses pulsions, à un haut degré de perfection, que le Peuple d’Israël voit faire «&nbsp;fonctionner&nbsp;» la Maison de D’ieu. Son exemple et l’image qu’il renvoie anoblit et éduque.</p>
<p>Les habits du Cohen sont donc <em><i>«&nbsp;</i></em><strong><em><b><i>lecavod ouletiferet</i></b></em></strong><em><i>&nbsp;» </i></em>(verset 28/2) <em><i>«&nbsp;pour la gloire et la majesté&nbsp;»</i></em>.</p>
<p>Cavod , pour Rav Chimchon R. Hirsch, c’est la charge, le poids(caved) de la spiritualité d’un être ou d’un objet. Lorsque Moïse invite le peuple à découvrir la manne, il dit <em><i>&nbsp;» au matin, vous verrez la Gloire (le Cavod) de D’ieu</i></em>&nbsp;&nbsp;» (Exode 16/7). La Gloire est l’impression que D’ieu laisse par son influence sur la marche du monde et dont la perception nous laisse entrevoir Sa Grandeur. De même, la gloire des habits du Cohen est, par leur poids de spiritualité, la marque qu’ils laissent sur le comportement humain.</p>
<p>Tiferet , majesté, vient de Peer, en liaison avec beer (expliquer) ou bahir (éclatant), racines qui expriment toutes se manifester avec éclat. Tiferet est le caractère éclatant de la spiritualité.</p>
<p>L’impression de spiritualité laissée par les habits est si forte qu’elle corrige de fait les tendances à l’inhumanité.</p>
<p>Sans ces habits, sans ce travail des pulsions, l’homme tombe au rang de l’animal,soumis à ses instincts, &nbsp;être organique de viande et &nbsp;de chair apparentes dans les plaies de Tsaraat.</p>
<p>Les habits du Cohen gadol sont de plus <strong><em><b><i>«&nbsp;lecharet&nbsp;» </i></b></em></strong>(verset 28/35<em><i>). «&nbsp;Le manteau sera sur Aaron, Grand Prêtre, pour SERVIR&nbsp;»</i></em>. Il y a une distinction subtile entre rendre un culte, faire une Avodah et Servir, Lecharet.</p>
<p>Laavod c’est mettre ses forces a la disposition d’une personne ou d’un but. Lecharet c’est plus finement effectuer pour autrui ce qui satisfait son désir. Résider dans le Michkan et parmi les créatures est le «&nbsp;désir de D’ieu&nbsp;». Par son service vers la perfection, le Cohen Gadol , envoyé du peuple, répond à ce désir.</p>
<p>Cette notion de Servir est dite aprés la description du Méîl, premier des quatre habits spécifiques du Cohen Gadol avec l’Ephod, le H’ochen et le Tsits, habits qui, nous l’avons vu marquent l’accomplissement. &nbsp;Les autres autres habits (caleçons, tunique, ceinture et tiare en pointe), ceux du simple Cohen sont plutôt ceux de l’effort mais non encore d’une réussite complète du rapprochement avec D’ieu.</p>
<p>Mais, pour nous, génération privée de Michkan, de Avod , de Cohen Gadol, quel impact peut avoir cette «&nbsp;belle&nbsp;» description?</p>
<p>Nous croyons à la force rédemptrice de l’étude : le Akedat Itshak, rapporté dans un Yom Tov Chiour de Rabbi Miller de Gatsehead parle ainsi : «&nbsp;Qu’il étudie les lois des habits de prêtrise et approfondi leur confection et leur but, cela lui servira, en tout temps à se débarrasser de ses vêtements (habitudes) souillés et à s’habiller d’effets purs et propres. Il n’y apas de plus grand pardon que cela.</p>
<p>Mais plus encore, le Malbim (cf l’article «&nbsp;Le Michkan, schéma du monde, image de l’homme&nbsp;» sur la paracha Terouma) fait le parallèle parfait entre les structures de l’homme et du Michkan. Nous sommes donc d’une certaine façon notre propre Michkan. Si cela est vrai, alors D’ieu aspire à résider en nous et nous aspirons à L’accueillir et à Le servir.</p>
<p>Sans revêtir ce qui est pour nous les habits du Cohen, sans effort pour acquérir les qualités suggérées par ces atours, sans travailler sur nos pulsions, nous serions alors «&nbsp;mehoussar begadim&nbsp;», comme un Cohen dans le temple sans ses habits. Toutes nos mitsvoth, toutes nos tentatives de rapprochement de D’ieu (Korbanoth ?) seraient impropres. Pire,peut être &nbsp;passerions- nous , à D’ieu ne plaise, à côté de nous- mêmes, ne mériterions- nous pas de vivre notre vie et serions- nous coupables de mort à l’aune du Tribunal Céleste.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dr B.KLEIN</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Lekh Lekha « Ni fil, ni lacet de chaussures »</title>
		<link>https://yechiva.com/parachat-lekh-lekha-ni-fil-ni-lacet-de-chaussures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dr Bertrand Klein]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Oct 2023 20:43:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le’h Le’ha]]></category>
		<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Béréchit]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Bertrand Klein]]></category>
		<category><![CDATA[lacets de chaussures]]></category>
		<category><![CDATA[lekh lekha]]></category>
		<category><![CDATA[ni fil]]></category>
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					<description><![CDATA[Parmi les actions vécues par Abraham Avinou ,&#160;figure dans la paracha Lekh lekha, la guerre pour libérer son neveu Loth. Quatre rois se sont révolté contre l’alliance des cinq (dont le roi de Sodome ) qui dominent la région. Loth , habitant de Sodome, &#160;est fait prisonnier. Abram lève une troupe de 318 de ses [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi les actions vécues par Abraham Avinou ,&nbsp;figure dans la paracha Lekh lekha, la guerre pour libérer son neveu Loth.</p>
<p>Quatre rois se sont révolté contre l’alliance des cinq (dont le roi de Sodome ) qui dominent la région. Loth , habitant de Sodome, &nbsp;est fait prisonnier. Abram lève une troupe de 318 de ses fidèles (Berech.14/14) , mène un raid qui libère Loth et au cours duquel le roi de Sodome , ses sujets et ses biens deviennent prises de guerre d’Abram, qui en vertu du droit de la guerre en cours en cette époque, sont sa propriété. Enhardi par la magnanimité d’Avraham envers Malchisedec (14/20), le roi de Sodome ose demander à Abram : «&nbsp;Rends moi les gens et garde les biens&nbsp;» (14/21). Dans ce qui semble être son souci de faire la gloire du Ciel ( kiddouch hachem), Abram jure qu’il ne gardera rien de ce butin (14/22.23) : «&nbsp;Abram dit au roi de Sodome: je lève ma main vers Hachem, D.ieu suprême du ciel et de la terre: d’un fil à un lacet de chaussure , je ne prendrai rien de ce qui est à toi (ndlr: ni biens, ni gens)</p>
<p>De quel enseignement éternel , marquant pour le peuple juif, le long récit de cet épisode, semblant bien anecdotique, est-il porteur ?</p>
<p>Envisageons les réactions ,semblant contradictoires , &nbsp;de la tradition talmudique à cette histoire.</p>
<p>Pour ce qui est du refus d’Abram de garder les biens , le Talmud Sotah 17a enseigne:</p>
<p>{ Raba explique : &nbsp;par le mérite d’Abraham Avinou d’avoir dit «&nbsp;<strong><b>d’un fil à un lacet de chaussure</b></strong>«&nbsp;,ses enfants ont bénéficié de 2 commandements: le fil d’azur des Tsitsith et la lanière des Tephilines.</p>
<p>C’est clair pour la lanière des Tephilines comme il est écrit (Devarim 28/10): «&nbsp;<strong><b>Tous les peuples la terre verront que le nom de D.ieu est appelé sur toi (peuple juif) et ils te craindront</b></strong>«&nbsp;. Ceci fait allusion au Tephiline de la tête.</p>
<p>Mais le fil d’azur qu’en est-il ? C’est qu’il est enseigné: Rabbi Meir dit: Qu’est-ce qui différencie le Tekhelet (l’azur) des autres couleurs? C’est parce que l’azur ressemble à la mer, le mer ressemble à la voûte&nbsp;céleste et la voûte&nbsp;céleste ressemble au Siège de Gloire (NDLR: ce que nous percevons de la Gloire divine) comme il est écrit (chemot 24/10) : «&nbsp;<strong><b>Ils virent le D.ieu d’Israël et sous Ses Pieds , il y avait comme une brique de saphir et comme l’essence de &nbsp;la pureté des Cieux</b></strong>&nbsp;» et qu’il est écrit (Ezechiel 1/26): «&nbsp;<strong><b>Une apparence de pierre de Saphir , une forme de trône</b></strong>«&nbsp;.}</p>
<p>Ainsi les Tephilines de la tête (d’après Rachi , portant les lettres Shine &nbsp;sur le boitier et formant un Daleth avec la courroie , 2 lettres sur 3 du Nom <strong><b>Ch</b></strong>a<strong><b>d</b></strong>aî) et le fil d’azur des tsitsith, obtenus par le mérite particulier du refus d’Abram , malgré son droit, d’avoir renoncé à des biens de ce monde superflus &nbsp;, sont clairement ,pour ses descendants, les instruments de leur reconnaissance comme porteurs de le Présence Divine. En est-il de même pour son renoncement à garder les gens de Sodome parmi ses esclaves ou serviteurs?</p>
<p>Le Talmud ( Nedarim 32a) nous éclaire :</p>
<p>{ Rabbi Abahou dit au nom de Rabbi Elazar : pour quelles raisons Abraham Avinou a -t-il été puni et ses enfants ont-ils été asservis à l’Égypte 210 ans? : parce qu’il a levé un bataillon de sages (NDLR:qui étudiaient ce qui était pour eux la Torah) comme il est dit (berech. 14/14): &nbsp;» <strong><b>Il arma ses disciples , nés de sa maison, 318 personnes …&nbsp;».</b></strong></p>
<p>Et Chemouel dit : parce qu’il a exagéré (NDLR: dans son interrogation) sur les engagements de D.ieu ,( lors de l’alliance entre les morceaux, de le faire hériter de la terre d’israël) comme il est dit (Berech. 15/8): «&nbsp;<strong><b>Comment saurai-je que j’en hériterai</b></strong>«&nbsp;.</p>
<p>Et Rabbi Yohanan dit : parce qu’il a détourné des hommes de rentrer sous les ailes de la Présence Divine comme il est dit (dans le passage étudié ici (berech.14/23) : &nbsp;» <strong><b>donne moi les gens , et les biens , garde les pour toi </b></strong>«&nbsp;.}</p>
<p>Le refus de faire entrer, comme tribut de guerre, des étrangers dans son peuple est une des trois fautes d’Abram (qui , remarquons le, sont toutes dans notre Paracha Lekh lekha) entraînant&nbsp;l’exil des Bné Israel en Égypte.</p>
<p>Si on les analyse, ces 3 manquements d’Abram, sont, rapporté à son exceptionnelle grandeur, des «&nbsp;défauts&nbsp;» dans la Emouna, dans la confiance en D.ieu.</p>
<p>Lever une armée si minime soit-elle constitue une action humaine (Hishtadlout) trop importante, pouvant laisser penser que D.ieu ne se suffit pas à lui même pour mener cette guerre ( alors que battre l’armée la plus puissante du moment même avec quelques soldats ne peut être que l’effet d’une action miraculeuse de D.); et à plus forte raison en détournant des Talmidei h’akhamim, des Sages, de leur étude donc de leur occupation avec D.</p>
<p>Interroger D.ieu sur Sa promesse de faire hériter ses descendants de la Terre d’Israël, quand bien même ne s’agit-il que de se demander par quels mérites ils y auront droit, semble laisser penser qu’Abram «&nbsp;doute&nbsp;» de ce que D.ieu lui assure.</p>
<p>Refuser de faire de nouveaux ambassadeurs &nbsp;de D.ieu sur terre , n’est-ce pas «&nbsp;ternir&nbsp;» la lumière de la Présence Divine ici-bas , même si le calcul raisonné de vouloir paraître magnanime et animé par la volonté d’être le représentant de la «&nbsp;grandeur d’âme&nbsp;» divine semble légitime.</p>
<p>Trois attitudes ,donc ,qui sont comptées à Avraham Avinou comme devant être punies de l’exil de ses descendants en Égypte. C’est, qu’à la période décisive de formation du peuple abrahamique , les actions du Patriarche constituent peu à peu le «&nbsp;capital génétique&nbsp;» qui sera transmis comme hérédité constitutive du peuple juif. Le défaut de confiance en D.ieu d’Abraham, si minime soit-il, fera que cette Emouna ne sera pas un gène, mais devra être éprouvée de façon &nbsp;vécue dans sa chair par le peuple entier : la libération de l’exil et l’expérience du Pouvoir absolu de D.ieu remplacera l’inné par l’acquis de l’héritage culturel et historique juif. Ainsi s’explique l’importance de ce passage de la Paracha et le refus d’Abraham d’accepter biens et gens comme tribut de guerre.</p>
<p>D’une part , sa renonciation aux richesses &nbsp;imprime définitivement sur ses descendants les signes de reconnaissance (Tefilines et Tsitsith) de leur proximité avec D.ieu et que celle-ci est le seul bien véritable à rechercher sur cette terre.</p>
<p>D’autre part, son échec , tout relatif, à vivre le caractère absolu et non négociable de la nécessité de la Confiance en D.ieu (entre autre par la crainte d’accepter les prisonniers dans sa maisonnée) oblige à faire passer ses descendants par son expérience vécue qui l’intègre définitivement à leur caractère de Maaminim bné maaminim ( fidèles, enfants de fidèles).</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Parashat Vayèkel/Pékoudé. A propos du Sanctuaire, par Mr Bertrand Klein</title>
		<link>https://yechiva.com/parashat-vayekel-pekoude-a-propos-du-sanctuaire-par-mr-bertrand-klein/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dr Bertrand Klein]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Apr 2022 03:19:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Chémot]]></category>
		<category><![CDATA[Vayakel]]></category>
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					<description><![CDATA[&#160; &#160; Le Sanctuaire, puis plus tard le Temple, sont présentés comme le lieu de résidence du Tout Puissant dans la création (דירה בתחתונים). L’homme, univers en soi, reflète en miniature dans sa constitution psychique et corporelle la structure du «&#160;grand monde&#160;». L’homme est עולם קטן (un monde en petit) et le monde אדם גדול [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le Sanctuaire, puis plus tard le Temple, sont présentés comme le lieu de résidence du Tout Puissant dans la création (דירה בתחתונים).</p>
<p>L’homme, univers en soi, reflète en miniature dans sa constitution psychique et corporelle la structure du «&nbsp;grand monde&nbsp;».</p>
<p>L’homme est עולם קטן (un monde en petit) et le monde אדם גדול (un homme en grand).</p>
<p>Le משכן, le sanctuaire, est à leur image, projection agrandie de l’homme et rapetissée de l’univers créé (וְעָשׂוּ לִי, מִקְדָּשׁ; וְשָׁכַנְתִּי, בְּתוֹכָם&nbsp;: Ils me feront un sanctuaire, je résiderai au milieu d’eux (de lui). Shemot 25-8).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>A/ Les structures respectives de l’univers, du משכן et de l’homme présentent une similitude absolue.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au niveau de la conception</p>
<p>La création commence chez D.ieu dans son «&nbsp;esprit&nbsp;», par une pensée, par un projet&nbsp;:</p>
<p>הסתכל באורייתא וברא עלמא&nbsp;: «&nbsp;Il a regardé la Torah et a créé le monde&nbsp;» .</p>
<p>Dans le משכן, cette étape est représentée par l’arche où est placée la Torah et d’où s’épanche l’esprit divin.</p>
<p>Chez l’homme, tout se conçoit dans la tête qui correspond à la sphère spirituelle et métaphysique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au niveau de l’élaboration</p>
<p>Dans la création, c’est la sphère intermédiaire entre l’esprit et la matière, niveau des anges, des astres, des émanations divines, mode de Ses interventions pour créer et diriger le monde.</p>
<p>Chez l’homme c’est le Thorax endroit du cœur où se ressentent les sentiments et s’exprime la volonté, et qui dispense les forces de vie au corps, forces physiques et psychiques.</p>
<p>Dans le משכן, c’est le hékhal, endroit de la ménora, flamme de l’enthousiasme sacré, offrant à l’Éternel ce qu’il y a de plus élevé dans la matière (l’encens sur l’autel intérieur), grâce à l’énergie vitale de la table de proposition.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au niveau de la matérialisation</p>
<p>Dans la création, c’est le monde incarné, physique, matériel.</p>
<p>Chez l’homme, c’est la partie «&nbsp;inférieure&nbsp;» du corps séparée du thorax par le diaphragme, l’abdomen où sont digérés les éléments de l’univers et les membres, organes effecteurs des intentions dans la réalité.</p>
<p>Dans le משכן c’est la cour extérieure de l’autel des sacrifices, séparée du hékhal parle par le rideau et où s’écoule le sang et se consume la chair.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>B/ Le Malbim dans son commentaire sur Terouma développe ces idées avec une précision toute anatomique.</p>
<p>Deux exemples&nbsp;: l’arche, comparée à la tête, et la table de proposition figurant la fonction d’alimentation et de bénédiction.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>1/ L’arche, boîtier triple (or, bois, or) contient les deuxièmes tables ainsi que les débris des premières brisées par Moïse.</p>
<p>Pour le Malbim cet élément est semblable dans sa structure à la boîte crânienne et au cerveau. Les tables correspondent au cerveau, divisé comme elles en deux hémisphères, «&nbsp;unité centrale&nbsp;» du système neurologique où s’élaborent les idées, les intentions et les ordres qu’effectueront les organes.</p>
<p>Les débris des premières tables sont le cervelet, anatomiquement et fonctionnellement inférieur au cerveau, aux fonctions plus primitives et moins élaborées mais plus «&nbsp;vitales&nbsp;» (respiration, coordination motrice, équilibre, régulations). A l’image des premières tables, «&nbsp;moins matérielles&nbsp;», siège de manifestations impossibles dans une réalité plus incarnée (comme leur écriture traversante de la pierre, lisible à l’endroit de face et de dos).</p>
<p>L’arche a lui-même une structure de boîte crânienne. Ses trois épaisseurs sont comme les 3 enveloppes distinctes de l’encéphale&nbsp;: la boite osseuse et les deux méninges, pie mère et dure mère. Les espaces, sur les quatre côtés de l’arche, en son intérieur, libres de l’occupation des tables, correspondent aux quatre ventricules intracérébraux, libres de matière cérébrale.</p>
<p>Enfin, le Malbim développe la symbolique des barres de transport de l’arche, définitivement fixées par quatre anneaux&nbsp;: ce sont les nerfs crâniens, nerfs optique et auditif, issus du cerveau et reliée directement au deux yeux et aux deux oreilles (les quatre anneaux).</p>
<p>Car la vue et l’ouïe sont aussi Indispensables à la perception de la Torah que nécessaires au fonctionnement normal de l’Intelligence&nbsp;: la vue pour lire la Torah écrite, l’audition pour entendre les «&nbsp;anciens&nbsp;» transmettre la Torah orale.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>2/ La table de proposition</p>
<p>Rav S. R. Hirsch fait dériver le mot שולחן (shoulkhan, table) de שלח (shalakh)&nbsp;: envoyer, offrir, représenter.&nbsp; La table, avant d’être plan de travail, est le lieu où l’on présente les plats pour les servir. Elle est donc l’instrument de l’alimentation, de la distribution des nutriments vers le «&nbsp;corps&nbsp;» du monde, donc de la bénédiction venant de dieu.&nbsp; Cette bénédiction symbolisée par les douze pains, comme les douze mois de l’année, opérant le renouvellement de cette abondance.</p>
<p>פּוֹתֵחַ אֶת-יָדֶךָ; וּמַשְׂבִּיעַ לְכָל-חַי רָצוֹן</p>
<p>Tu ouvres Tes Mains et rassasies tout vivant. (Tehilim 145)</p>
<p>Dans le corps humain c’est le cœur, situé dans le thorax, qui distribue les forces de vitalité aux organes par l’intermédiaire du sang et assure cette fonction de bénédiction-alimentation.</p>
<p>La table de proposition, cette «&nbsp;table-cœur&nbsp;» de présentation-distribution est faite de deux demi-tables, colonnes d’étagères supportant chacune six pains, un sur le socle et cinq reposants sur des demi-tubes, les kanim’, au nombre de quatorze&nbsp;: quatre pains reposants sur trois kanim’, un pain sur deux kanim’.</p>
<p>On remarque immédiatement que cette disposition est celle des doigts de la main dont quatre sont faits de trois phalanges et le pouce de deux phalanges.</p>
<p>La table a ainsi la forme de deux mains (en hébreu «&nbsp;main&nbsp;» se dit yad, mot dont la valeur numérique est quatorze, nombre des phalanges) présentant la nourriture-bénédiction qui sera transformée en en nutriments, distribués par le cœur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On pourra se plonger avec délectation dans le reste du commentaire du Malbim dévoilant la précision et la finesse de la structure du משכן, image du monde et de l’homme.</p>
<p>L’étude des habits du cohen gadol, le grand prêtre, et de la législation des sacrifices, porteurs d’une symbolique aussi ciselée, permet d’entrevoir tout ce que le service du temple pouvait avoir d’effet ciblé et précis sur le fonctionnement de l’homme et du monde et tout ce que l’on gagnera à leur réactivation.</p>
<p>Puisse-t-elle avoir lieu bientôt, de nos jours.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>PARACHAT TEROUMA, par Mr Bertrand Klein.</title>
		<link>https://yechiva.com/parachat-terouma-par-mr-bertrand-klein/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dr Bertrand Klein]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Apr 2022 01:09:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Chémot]]></category>
		<category><![CDATA[Terouma]]></category>
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					<description><![CDATA[Le MICHKAN, schéma du monde, image de l’homme (aperçu du commentaire «&#160;Ramzéi hamichkan&#160;» du MALBIM sur Terouma) &#160; 1) Le MONDE et L’HOMME : A L’IMAGE L’UN DE L’AUTRE a) Le monde : un «&#160;grand homme&#160;» ; l’homme : un «&#160;petit monde&#160;» Dans l’homme, tous les organes, pourtant chacun avec une fonction différente, se complètent [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le MICHKAN, schéma du monde, image de l’homme</strong></p>
<p>(aperçu du commentaire «&nbsp;Ramzéi hamichkan&nbsp;» du MALBIM sur Terouma)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>1) </strong><strong>Le MONDE et L’HOMME : A L’IMAGE L’UN DE L’AUTRE</strong></p>
<p><strong>a) </strong><strong>Le monde : un «&nbsp;grand homme&nbsp;» ; l’homme : un «&nbsp;petit monde&nbsp;»</strong></p>
<p>Dans l’homme, tous les organes, pourtant chacun avec une fonction différente, se complètent pour former un seul corps. Chaque organe est nécessaire, en connexion avec tous les autres, pour que ce corps fonctionne harmonieusement et le manque d’un seul déséquilibre l’ensemble.</p>
<p>Pourtant, ce qui unifie ce corps, lui donne vie et mouvement, fait apparaître ses forces et ses potentialités, c’est une force qui lui est indépendante : son âme divine. (H’eleq eloha mimaal)</p>
<p>Sans elle, après sa mort, il n’est plus qu’une «&nbsp;coquille vide&nbsp;». Le corps est une machine qui fonctionne grâce à son «&nbsp;essence&nbsp;» divine.</p>
<p>De même, D.ieu fait vivre et conduit le monde.</p>
<p>Le Midrach Raba sur Berechit (Ch.8) conte qu’à la création D.ieu et Adam harichon étaient comme un Roi et son ministre, chevauchant chacun son char : l’homme menant son corps et D’ieu menant le monde.</p>
<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; b) </strong><strong>l’homme et le monde en résonnance</strong></p>
<p>Le «&nbsp;grand homme&nbsp;» (Adam gadol) qu’est le monde et le «&nbsp;petit monde&nbsp;» (Olam katan) qu’est l’homme sont donc des semblables : non seulement ils sont conçus de façon identique mais encore se répondent-ils l’un à l’autre, comme en harmonie.</p>
<p>Deux instruments de musique de la même famille, une contrebasse et un violon par exemple, sont capables de se faire jouer l’un l’autre : un accord joué sur l’un fera «&nbsp;vibrer&nbsp;» sur l’autre le même accord (en science musicale cela s’appelle une résonnance.)</p>
<p>Ainsi de l’homme et du monde : un «&nbsp;son agréable&nbsp;» produit par l’homme en raison de son comportement en «&nbsp;accord&nbsp;» avec les lois du monde (Thora et Mitsvoth), fera résonner le monde de façon harmonieuse. (cf 2è paragraphe du Shema: Et voici , si tu écoutes mes lois que je t’ordonne aujourd’hui……..,Je donnerais la pluie à la terre au bon moment…. et tu récolteras ta moisson, tes vendanges et ton huile…)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>2)</strong><strong>D.IEU DESIRE UNE RESIDENCE DANS LE MONDE</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>a) </strong><strong>Depuis qu’il a créé le monde, D.ieu veut s’y faire une résidence </strong><strong>(Dira batah’tonim).</strong></p>
<p>Cela signifie que si l’homme se purifie et se sanctifie, qu’il réussit à ce que son corps ne fasse pas écran à son caractère divin, mais qu’au contraire ce soit son caractère divin qui dirige son corps et ses forces (ce «&nbsp;petit monde&nbsp;»), alors, en harmonie, D.ieu dirige le monde (ce&nbsp;»grand homme&nbsp;») et y déverse en harmonie et en abondance toute Sa Bénédiction : Il «&nbsp;réside&nbsp;» dans les mondes «&nbsp;inférieurs&nbsp;».</p>
<p><strong>&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;b) </strong><strong>l’Homme plutôt qu’un homme.</strong></p>
<p>Exceptionnels, sont les individus qui peuvent réussir un tel challenge, Les Avoth étaient de ceux-ci.</p>
<p>Seul le Clal, la communauté des hommes, addition des forces de tous, des étincelles de sainteté de chacun, des forces de pureté des individus, rassemblés dans un seul et même faisceau de spiritualité, peut devenir le «&nbsp;char&nbsp;» de la Présence Divine.</p>
<p>«&nbsp;La Chekhina ne peut résider sur moins de 22000 d’Israel&nbsp;» disent nos sages ; et plus les petites lumières sont nombreuses et rassemblées, plus l’Illumination est importante.</p>
<p>Tel est le but de la conception du MICHKAN&nbsp;: être le corps de cet ADAM CLLALI, de cet «&nbsp;homme collectif&nbsp;»: &nbsp;Veassou li mikdach ve Chakh’anti betokh’am: Ils me feront un sanctuaire et je résiderai parmi eux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>3)</strong><strong>HOMME, MONDE, MICHKAN : UNE MEME STRUCTURE.</strong></p>
<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; a) </strong><strong>Le modèle.</strong></p>
<p>Création et homme (et donc le Michkan) sont conçus sur le même plan de 3 «&nbsp;étages&nbsp;».</p>
<p><strong>Un premier niveau, celui du monde créé</strong>, perçu immédiatement : lieu des manifestations physiques et des réserves naturelles.</p>
<p>-dans la création :la nature, dont on puise l’énergie.</p>
<p>-chez l’homme, l’abdomen, lieu des «&nbsp;fonctions naturelles.</p>
<p>-dans le michkan le parvis extérieur avec l’autel des sacrifices.</p>
<p><strong>Un niveau intermédiaire, «&nbsp;vital&nbsp;», entre matière et esprit</strong>, où s’organisent les forces qui font fonctionner le monde.</p>
<p>-dans la création, le monde des «&nbsp;lois naturelles&nbsp;» et de l'&nbsp;»exécutif&nbsp;» divin : anges, ophanim..</p>
<p>-dans le corps, le thorax et ses organes vitaux&nbsp;: coeur et poumons.</p>
<p>– dans le Michkan, le Heikh’al, lieu de la dispensation de la bénédiction divine avec le candélabre, l’autel des encens et la table des pains.</p>
<p><strong>Un niveau supérieur, celui de la conception, du «&nbsp;projet</strong>&nbsp;» :</p>
<p>– la création commence dans l’Idée de D.ieu&nbsp;» et Sa Pensée que sont aussi la Thora («&nbsp;Il a regardé dans la Thora et a créé le monde&nbsp;»)</p>
<p>–&nbsp; chez l’homme : la tête, le cerveau dans son crâne ;</p>
<p>– dans le Michkan : le Saint des Saints avec l’Arche contenant les Tables de la Loi.</p>
<p><strong>b) </strong><strong>des identités fonctionnelles homme – michkan</strong></p>
<p>L’intuition géniale du Malbim et ses connaissances scientifiques lui permettent de comparer de façon précise les fonctions respectives des structures et des ustensiles du Michkan et ceux des organes humains.</p>
<p><strong>L’abdomen et le parvis</strong></p>
<p>Le ventre est chez l’homme l’endroit des organes de la digestion&nbsp;: les aliments bruts sont avalés, broyés dans l’estomac mélangés à des sucs digestifs. Ils passent dans les intestins, où ils reçoivent d’autres sucs du foie et du pancréas et peuvent ainsi être séparés en nutriments (glucose et lipides), qui passeront dans le sang et déchets qui seront éliminés hors de l’organisme. Les nutriments seront transportés dans le sang par le cœur vers tous les organes du corps pour leur servir de combustible.</p>
<p>La fonction du Mizbeah, de l’autel des sacrifices est la même&nbsp;: le feu divin de l’autel brûle les parties y destinées des sacrifices (animal, végétal et minéral (sel). Il en sépare ce qui en devient cendre qui retourne à la matière brute rejetée hors du corps du Mishkan et le sang, liquide de vie, «&nbsp;distillé&nbsp;» en 3 étapes par le foie puis le cœur et qui va nourrir les trois niveaux du monde&nbsp;: physique, vital et spirituel.</p>
<p>Tout se passe comme si l’autel, à partir de la matière des sacrifices, filtrait, pour le garder, le combustible spirituel qui va nourrir le monde.</p>
<p>L’abdomen est séparé du thorax par le diaphragme, comme le Parvis l’est du Sanctuaire par le Parokhet hamassakh, le rideau de la cour.</p>
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<p><strong>Le Thorax et le Sanctuaire </strong></p>
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<p><strong>&nbsp; </strong>Le thorax est chez l’homme le lieu des organes vitaux&nbsp;: cœur et poumons.</p>
<p>Fonctionnellement, le coeur a pour fonction de distribuer le sang, nourricier par les nutriments qu’il contient, à tous les organes. De plus il envoie le sang dans les poumons récupérer de l’oxygène. Car les cellules des organes en ont besoin pour fonctionner. Tout comme dans un moteur à explosion, le carburateur mélange essence et air, pour, avec un petit apport d’énergie par l’étincelle des bougies, produire du mouvement, les cellules ont un petit moteur biologique leur fournissant leur énergie&nbsp;: le cycle de Krebs, fonctionnant au glucose comme carburant et à l’oxygène comme comburant.</p>
<p>Ainsi le cœur apporte l’énergie, sans laquelle ils ne vivent pas, aux organes et en particulier au cerveau, si sensible au manque de sucre et d’oxygène.</p>
<p>Dans le Michkan, la vitalité est représentée par le Heikhal&nbsp;:</p>
<p>La Table des Pains c’est le cœur. Elle est l’instrument de la Bénédiction venant de D.ieu qui distribue son énergie spirituelle au corps du monde pour le faire vivre. (Energie cachée dans la nature et extraite des Korbanot par l’action du Mizbeah’). C’est pourquoi les Pains sont consommés par les prêtres.</p>
<p>(Rav Chimchon Raphael Hirsch fait dériver le mot Choulh’an de la racine Chaleah’ qui signifie offrir, envoyer.)</p>
<p>L’autel de l’encens fait se dégager des végétaux qui le composent la senteur, élément le plus immatériel, le plus spirituel contenu dans la matière. C’est pourquoi il est brulé à D.ieu.</p>
<p>Comment ne pas y voir la correspondance avec le sucre (carburant) et l’oxygène (ce gaz, matière si immatérielle) nécessaires au corps.</p>
<p>Et ne pas voir dans le Candélabre, la Menora, l’instrument qui apporte l’énergie de la volonté Divine au monde, comme l’enthousiasme de son intelligence à l’homme.</p>
<p>Citons Malbim&nbsp;: «&nbsp;Grâce au fait que la respiration donne de l’élan au cœur et lui fournit de l’air purifié, monte comme une nuée fine vers le cerveau de l’homme pour le purifier et renforcer la force de son intelligence.</p>
<p>Comme dans le corps, le cou sépare la tête du Thorax, le Parokhet (le Rideau) sépare Saint des Saints du Heikhal.</p>
<p><strong>La tête et le Saint des Saints</strong></p>
<p>Le cerveau est l’unité centrale de commande du corps, où s’élaborent les idées, puis les intentions pour les réaliser, et enfin les ordres qui seront transmis aux organes pour les effectuer.</p>
<p>Malbim rapporte le Ari,zal qui explique que l’intelligence humaine se divise en 3 «&nbsp;moh’in&nbsp;» qui sont 4,&nbsp; modalités de l’intelligence humaine allant de la Hokhma, «&nbsp;intuition &nbsp;» apportée par la prophétie et par la Thora (où l’homme a peu de part d’élaboration) à la Binah, faculté discursive où est mise en jeu sa réflexion. Il affirme que l’organisation en 2 encéphales (le cerveau antérieur et supérieur ; et le cervelet postérieur et inférieur) eux- mêmes chacun divisés en 2 lobes droit et gauche correspond à cette organisation.</p>
<p>Le cerveau et ses 2 hémisphères correspond aux 2 Tables de la Loi, le cervelet aux débris des 1ères Tables, placées dans l’arche sous les secondes comme le cervelet l’est sous le cerveau.</p>
<p>Nous ne pouvons manquer d’y voir un rapport avec des apports plus récents de la neurobiologie ayant découvert que le cerveau est l’organe du contrôle des actions de l’organisme à partir des informations sensorielles qui lui parviennent, donc le siège des sensations, du mouvement, de la mémoire et de la conscience alors que le cervelet a un rôle de contrôle d’intégration fine du mouvement mais aussi dans des fonctions cognitives «&nbsp;reflexes&nbsp;» comme l’attention, le plaisir ou la peur.</p>
<p>Il nous semble trouver là également un rappel de la différence entre les secondes Tables de la loi (gravée de la main de Moïse et donc plus matérielles et plus «&nbsp;humaines) et les premières (gravée de la Main de D.ieu et donc beaucoup plus directement reliées à l’Esprit)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>c) </strong><strong>Des ressemblances anatomiques</strong></p>
<p>Malbim va encore plus loin dans ses analogies homme – michkan et ose des comparaisons anatomiques précises. Nous allons en donner quelques- unes, strictement toutes dans son commentaire.</p>
<p><strong>Le Mizbeah’. Autel des sacrifices et ses ustensiles</strong></p>
<p>Instrument de la digestion de la matière, il en est l’image <strong>par sa composition</strong>&nbsp;:</p>
<p>– du bois, matière végétale donc végétative à laquelle ne peut être associée aucune dimension de volonté, donc spirituelle,</p>
<p>– et du bronze (neh’ochet) qui vient rappeler le nah’ach, le serpent qui vit au ras du sol et se nourrit de poussière.</p>
<p>Et <strong>par ses dimensions&nbsp;:</strong></p>
<p>Ses 5 coudées de long rappellent les 3 estomacs des ruminants (feuillet, bonnet et caillette) auxquels s’ajoutent les 2 sortes d’intestins (petit et gros)</p>
<p>Ses 5 coudées de large rappellent les 5 étapes de la migration des ingérats après l’estomac&nbsp;: duodénum, réseau lymphatique, citerne (de Pecquet), veine lymphatique qui rejoint le réseau sanguin dans la veine sous- clavière vers le cœur.</p>
<p>Ses 3 coudées de hauteur, nous l’avons déjà mentionné, sont les 3 niveaux de la circulation sanguine&nbsp;:</p>
<p>–&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La veine porte&nbsp;: des intestins au foie, qui opère un premier filtrage (transformation des aliments en glucose.</p>
<p>–&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Du foie au cœur par le poumon pour ajouter l’oxygène.</p>
<p>–&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Du cœur vers le cerveau pour y nourrir l’Intelligence.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les <strong>vases</strong> pour enlever la cendre et les <strong>pelles </strong>sont le Colon et le sigmoïde dont le rôle est l’élimination des déchets solides et les brasiers sont les reins qui épurent le sang.</p>
<p>Les <strong>bassins</strong> qui recueillent le sang sont le foie, d’où repart le sang par la veine cave qui se divise en 2&nbsp;: veines cave supérieure et inférieure&nbsp;; c’est pourquoi le sang est aspergé sur l’autel vers le haut et vers le bas.</p>
<p>Enfin, le Mikhbar maassé Rechet, la <strong>grille</strong> ouvragée en treillis de bronze entourant l’Autel est «&nbsp;évidemment&nbsp;» le réseau conjonctif entourant tous les intestins&nbsp;: le péritoine.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>La table de proposition des pains</strong></p>
<p>Les pains sont au nombre de douze comme les mois de l’année, 12 canaux saisonniers par où s’écoule la Bénédiction du très-Haut qui nourrit le monde.</p>
<p>Regardons la structure qui soutient ces pains&nbsp;: la base de la table ou reposaient 2 pains était surmontée de 4 colonnes formant les montants de 2 étagères. Chacune de ses 2 étagères avaient 5 étages qui portaient 5 pains (10 pains au total + 2 sur la table). Les pains étaient soutenus par des ½ tubes d’or.</p>
<p>Les 4 pains du bas étaient soutenus par 3 demi-tubes, celui du haut par 2 demi-tubes.</p>
<p>Cette structure est à l’image exacte des phalanges des mains&nbsp;: 4 doigts de 3 phalanges + le pouce de 2 phalanges. La Table avait donc la forme de 2 mains soutenant des miches de pains.</p>
<p>«&nbsp;Potéah’ et yadeikh’a oumasbia le kh’ol h’ai ratson&nbsp;» dit le Psalmiste lorsqu’il évoque la Bénédiction divine de la nourriture&nbsp;: Il ouvre Ses Mains et rassasie tout vivant par Sa Volonté.</p>
<p>Notons, comme une cerise sur le gâteau, que les ½ tubes soutiens sont au nombre de 2X14&nbsp;: quatorze en chiffre littéral se lisant youd daleth, yad&nbsp;: la main.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Le Aron (Arche) </strong></p>
<p>Entre les Tables de la loi et l’Arche lui-même sont préservés 4 espaces libres de toute occupation.</p>
<p>Dans le cerveau, 4 lacunes sont libres de matière cérébrale&nbsp;: ce sont les 4 ventricules.</p>
<p>Le Aron est composé de 3 enveloppes&nbsp;: or, bois, or. Le cerveau est enveloppé de 3 couches&nbsp;: la boite crânienne osseuse&nbsp;; 2 enveloppes plus malléables&nbsp;: les 2 méninges&nbsp;: pie-mère et dure-mère.</p>
<p>Alors que presque toutes les connexions nerveuses passent par la moelle épinière, certains organes sont reliés directement au cerveau, au travers du crâne, par des nerfs «&nbsp;directs&nbsp;» dits crâniens. Parmi eux, 2 sont remarquables&nbsp;: les nerfs optique, pour la vue, et auditif, pour l’audition.</p>
<p>Vue et audition sont incontournables pour la perception et à la compréhension du monde, donc indispensables à l’intelligence&nbsp;: c’est pourquoi ils sont reliés au cerveau sans intermédiaire.</p>
<p>La vue est indispensable à la lecture de la Thora chebikh’tav, la Thora écrite. L’audition l’est à la Thora orale, explication de l’écrit, énoncée par les H’akh’amim, les Sages.</p>
<p>Yeux et Oreilles de la «&nbsp;tête&nbsp;» du Michkan, les 4 anneaux par lesquels sont portés l’Arche, sont indissociables des barres qui y sont glissées et y aboutissent en direct&nbsp;: les <strong>badim</strong> sont les nerfs optique et auditif des Tables de la loi.</p>
<p>L’analyse du commentaire du Malbim pourrait se poursuivre encore par la description anatomique des tentures du michkan comme image de l’anatomie des structures plus externes du corps humain&nbsp;: squelette, muscles, nerfs, vaisseaux, peau… Chacun pourra s’y plonger.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pour conclure</strong></p>
<p>Tout ce qui se passait dans Le michkan, parce qu’il était un miroir parfait de l’homme et avait une résonnance avec le monde, donnait à voir à chacun ce qui se passait en lui de son fonctionnement d’être spirituel, créé à «&nbsp;l’image de D.ieu&nbsp;»&nbsp;; Le culte du Temple, les sacrifices, loin d’être la «&nbsp;boucherie&nbsp;» qu’on veut bien dire, nous unifiait à notre être profond. La perte du Beth Hamikdach nous a fait perdre ce reflet, participant de la déconnexion entre notre corps et notre âme, entre le «&nbsp;petit monde&nbsp;» et le grand Homme&nbsp;».</p>
<p>D.ieu fasse que très bientôt, grâce à la reconstruction du Beth Hamikdach nous soyons à nouveau harmonieusement unifié. Et qu’Hachem soit Un et son Nom soit Un.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; B.KLEIN</strong></p>
<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;Février 2019</strong></p>
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