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	<title>Caty Zyzek &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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	<title>Caty Zyzek &#8211; La Yechiva des étudiants</title>
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		<title>La confiance des femmes juives, Chavouot</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Caty Zyzek]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Aug 2025 03:32:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chavouot]]></category>
		<category><![CDATA[Fêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Caty Zyzek]]></category>
		<category><![CDATA[chavouot]]></category>
		<category><![CDATA[La confiance des femmes juives]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce cours est essentiellement basé sur la Chira de la prophétesse Myriam au moment de la traversée de la Mer Rouge. C’est un enseignement sur ce que peut être la Avoda spécifique des femmes et en particulier à Chavouot. Le Rav&#160;rapporte le Passouk de Michle, les Proverbes, premier chapitre, verset 8&#160;: «שמע&#160;בני מוסר אביך ואל [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce cours est essentiellement basé sur la Chira de la prophétesse Myriam au moment de la traversée de la Mer Rouge. C’est un enseignement sur ce que peut être la Avoda spécifique des femmes et en particulier à Chavouot.</p>
<p><strong><b>Le Rav</b></strong>&nbsp;rapporte le Passouk de Michle, les Proverbes, premier chapitre, verset 8&nbsp;:</p>
<p>«שמע&nbsp;בני מוסר אביך ואל תטוש תורת אמך&nbsp;»</p>
<p>«&nbsp;Ecoute mon fils la remontrance de ton père, et n’abandonne pas la «&nbsp;Tora&nbsp;» de ta mère&nbsp;».</p>
<p>Il soulève la question&nbsp;: «&nbsp;Qu’est-ce que c’est la «&nbsp;Tora de ta mère&nbsp;»&nbsp;? Le verset est étonnant, on s’attendrait plutôt que Moussar soit dans le domaine de la Maman qui élève le petit enfant et lui apprend à bien se comporter, et la Tora, plutôt dans le domaine du Papa qui étudie avec son enfant. Les commentateurs expliquent ce verset de différentes façons.</p>
<p><strong><b>Le Rav Itamar Schwartz</b></strong>&nbsp;rapporte un enseignement de la Guemara comme quoi&nbsp;:</p>
<p>אין מקרא יוצא מידי פשׁוטו</p>
<p>Le sens Pchat, littéral du texte existe aussi, il faut le prendre en compte, donc quelle est cette «&nbsp;Tora maternelle&nbsp;», féminine, dont il est question&nbsp;? J’espère qu’on va arriver à quelque chose de concret à la fin de cette étude.</p>
<p><strong><b>Dans le Séfer Chemot</b></strong>, on voit plusieurs fois la force et la Emouna des femmes juives. Lorsque le méchant Pharaon ordonne aux sage-femmes de tuer sounoisement les garçons juifs, elles font de la résistance, et au péril de leur vie refusent de le faire, et font en sorte que même les bébés fragiles survivent aussi. On ne les nomme pas vraiment, elles ont des surnoms «&nbsp;Chifra&nbsp;» et «&nbsp;Poua&nbsp;», les choses sont dans l’ombre.</p>
<p>Ensuite, <strong><b>le Midrach</b></strong>&nbsp;nous raconte que les femmes, malgré l’horrible esclavage, encourageaient leurs maris, leur apportaient à manger, s’arrangeaient avec des miroirs pour éveiller le désir de leurs maris, et que naissaient de leurs unions des enfants qui étaient «&nbsp;aptes à la délivrance&nbsp;». On dit ainsi que c’est grâce aux femmes vertueuses qu’Israël a été délivré d’Egypte.</p>
<p>Et puis, <strong><b>la Tora</b></strong>&nbsp;nous raconte une «&nbsp;histoire&nbsp;». Il faut préciser que les histoires dans la Tora, ce sont beaucoup plus que des histoires, ce sont des enseignements pour nous, notre vie, notre Avodat H., il faut étudier la Tora en s’impliquant, et non pas en lisant machinalement.</p>
<p>La Tora nous dit que Pharaon a instauré l’esclavage, et il va encore plus loin, il ordonne ouvertement de tuer les garçons, de les jeter dans le Nil. Et là, une histoire incroyable, un couple de la tribu de Lévi se marie. Où ont-ils trouvé la volonté de se marier et d’avoir des enfants dans une situation pareille&nbsp;? Aujourd’hui, on dit «&nbsp;mais avec tous les problèmes qu’il y a sur la planète, il ne faut pas avoir des enfants&nbsp;! Dans quel monde va-t-on les amener&nbsp;?&nbsp;»</p>
<p>L’homme n’est pas nommé, la femme n’est pas nommée, ils ont un bébé spécial, il n’est pas nommé, la maman le cache trois mois, mais après, elle est obligée de le placer dans le Nil. Là, intervient la sœur, elle n’est pas nommée, qui se poste pour voir ce qui va se passer. On est dans l’ombre.</p>
<p>C’est <strong><b>le Midrach</b></strong>&nbsp;qui va nous éclairer. La sœur, c’est Myriam, qui a prophétisé&nbsp;: «&nbsp;ma maman va avoir un enfant et il va délivrer le Peuple Juif.&nbsp;» Son père, Amram, chef de sa génération avait décidé de divorcer, en disant à quoi bon&nbsp;? Si on a des enfants, ils vont les tuer, autant divorcer, et le Peuple avait suivi son exemple. Or, la petite Myriam, pleine de confiance et de Emouna, très entreprenante, s’est adressée à son Papa en disant&nbsp;: «&nbsp;mais tu es plus cruel encore que Pharaon, Pharaon a décrété sur les garçons, tu décrètes sur les filles aussi.</p>
<p>Le Papa a eu la générosité et l’humilité d’écouter sa fille, il ne l’a pas rejetée en disant&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;De quoi te mêles-tu&nbsp;? Les adultes savent ce qu’ils font&nbsp;!&nbsp;» Ils se sont remariés, un beau garçon est né, mais lorsqu’il a fallu le mettre dans le Nil, lorsqu’on ne pouvait plus le cacher, le papa, déprimé a dit à sa fille «&nbsp;mais où donc est ta Nevoua, ta prophétie&nbsp;?&nbsp;»</p>
<p>Myriam, toujours très entreprenante est allée se poster pour voir ce qui allait advenir de son petit frère, et ce qu’il était possible de faire. Le Rav Shimshon Raphaël Hirsch fait un très beau commentaire sur le mot «&nbsp;Vatetatsav&nbsp;», elle s’est tenue&nbsp;». Il dit qu’elle a été poussée par une force intérieure, elle a senti que c’est ça qu’il fallait faire. Si on étudie le ‘Houmach de près, on peut déceler des nuances dans les mots, qui signifient beaucoup de choses. La suite vous la connaissez, la fille de Pharaon est allée se baigner et a sauvé le bébé. Le Midrach nous dit qu’il n’a pas voulu accepter le lait des Égyptiennes, et Myriam s’est empressée de proposer une nourrice à Bitya, la propre mère de Moshé. Ainsi les premières années tendres de sa vie, sa Maman a pu lui inculquer la Emouna en un D. unique, qui a créé le Ciel et la terre, la Hachga’ha qui connaît les pensées et les actes des hommes. Elle lui a raconté les récits des Avot, de Yossef et les promesses de la délivrance de l’esclavage. Elle lui a transmis la Emouna qu’H. nous accompagne même dans les malheurs, qu’Il ne nous abandonne pas, et que ce qu’on ne comprend pas, a un sens, et que tout est pour le bien même si on ne peut pas le voir encore.</p>
<p>Après cet épisode, <strong><b>on ne voit plus Myriam</b></strong>. On va beaucoup voir Moshé Rabbénou, les makot, la Sortie d’Egypte, les Bné Israël seront devant la Mer Rouge, les Egyptiens qui leur courent après eux, et H. les sauve, ouvre la mer, leur permet de traverser à pied sec, et engloutit l’armée égyptienne dans la mer. De l’autre côté de la mer, les Bné Israël qui voient leurs ennemis anéantis, sont débordants de joie, de soulagement et de reconnaissance envers H. Ils se mettent à chanter la <strong><b>Chirat Hayam</b></strong>. Moshé dit un verset, et tout le monde reprend après lui.</p>
<p>C’est là, qu’on va retrouver <strong><b>Myriam Hanevia,</b></strong>&nbsp;cette fois-ci avec son nom. En Egypte, dans l’esclavage, tout était caché, et là, à la délivrance, on dévoile son nom.</p>
<p>Que dit la Tora&nbsp;? <strong><b>Deux versets seulement,</b></strong>&nbsp;chapitre 19, versets 20 et 21&nbsp;:</p>
<p>וַתִּקַּח מִרְיָם הַנְּבִיאָה אֲחוֹת אַהֲרֹן אֶת-הַתֹּף בְּיָדָהּ, וַתֵּצֶאןָ&nbsp;כָל-הַנָּשִׁים אַחֲרֶיהָ בְּתֻפִּים וּבִמְחֹלֹת. וַתַּעַן לָהֶם מִרְיָם: שִׁירוּ לַ-ה’ כִּי-גָאֹה גָּאָה, סוּס וְרֹכְבוֹ רָמָה בַיָּם</p>
<p><strong><b>Myriam la prophétesse, sœur d’Aharon</b></strong>,&nbsp;a pris le tambourin dans sa main, et toutes les femmes sont sorties après elles avec des tambourins et des danses.</p>
<p>Et Myriam leur a répondu&nbsp;: «&nbsp;Chantez pour H. car il est très grand, cheval et coursier, il les a lancés dans la mer.&nbsp;» Les commentaires précisent que la Tora ne rapporte là que le premier verset de la Chira, mais qu’elles l’ont repris entièrement.</p>
<p><strong><b>Rachi</b></strong>&nbsp;nous dit&nbsp;: «&nbsp;Pourquoi le verset précise-t-il Myriam la prophétesse, sœur d’Aharon&nbsp;?&nbsp;» C’est pour nous dire qu’elle est devenue prophétesse lorsqu’elle n’était que sœur d’Aharon, sous-entendu Moshé n’était pas encore né.</p>
<p><strong><b>Rav Shimshon Raphaël Hirsch</b></strong>&nbsp;enseigne de ces mots&nbsp;: «&nbsp;La position de Myriam parmi les femmes était identique à la position de Aharon parmi les hommes. De même qu’Aharon a répandu la parole de Moshé Rabbénou auprès des hommes, de même Myriam a répandu la parole de Moshé auprès des femmes.</p>
<p><strong><b>Elle a pris le tambourin</b></strong>&nbsp;et les autres femmes aussi. C’est incroyable&nbsp;! Le Peuple juif était esclave en Egypte, leur espoir de sortir de là-bas était très lointain, proche de nul, ils sont sortis précipitamment au milieu de la nuit. Qu’est-ce que les femmes ont pris dans leurs baluchons&nbsp;préparés à la va-vite ? Des tambourins&nbsp;!</p>
<p>Personnellement, après ce qui s’est passé à Sim’hat Tora, je me suis assise avec une feuille. Je me suis demandé «&nbsp;Si maintenant d’un coup, on m’annonce que le Machia’h est là, et qu’on doit partir précipitamment, ou bien, ‘has vechalom si tous les peuples s’allient contre nous et qu’on doit fuir dans l’urgence comme c’est arrivé dans des générations avant nous, qu’est-ce que je dois prendre avec moi&nbsp;?&nbsp;» J’ai fait des colonnes&nbsp;: si j’ai cinq minutes pour me préparer, si j’ai une heure, un jour, si j’ai le temps de préparer des bagages sereinement, que dois-je emporter&nbsp;? Est-ce que si vous faisiez cet exercice vous auriez marqué un tambourin dans les premières colonnes&nbsp;?</p>
<p><strong><b>Rachi</b></strong>&nbsp;nous enseigne&nbsp;: «&nbsp;Les Tsadkaniot qui étaient dans cette génération avaient une confiance inébranlable que HKBH leur ferait des miracles, et elles ont pris leurs tambourins pour pouvoir exprimer d’une façon forte leur cœur débordant de reconnaissance&nbsp;!</p>
<p>Alors maintenant, essayons de voir <strong><b>c’est quoi une Chira</b></strong>, disons «&nbsp;un chant juif&nbsp;»&nbsp;?</p>
<p>On voit dans la Tora que <strong><b>toute la Tora est qualifiée de «&nbsp;Chira</b></strong>&nbsp;». Dans Devarim 31. 19&nbsp;: le verset dit&nbsp;:</p>
<p>וְעַתָּה כִּתְבוּ לָכֶם אֶת־הַשִּׁירָה הַזֹּאת וְלַמְּדָהּ אֶת־בְּנֵי־יִשְׂרָאֵל שִׂימָהּ בְּפִיהֶם לְמַעַן תִּהְיֶה־לִּי הַשִּׁירָה הַזֹּאת לְעֵד בִּבְנֵי יִשְׂרָאֵל</p>
<p>(דברים פרק לא פסוק יט)</p>
<p>«&nbsp;Et maintenant écrivez pour vous cette Chira, et enseigne-la aux Enfants d’Israël, et place -la dans leur bouche afin que cette Chira soit pour Moi en témoignage en faveur des Bné Israël.&nbsp;» De là on apprend la Mitsva d’écrire un Séfer Tora.</p>
<p>Une Chira, <strong><b>ce sont des strophes</b></strong>&nbsp;qui se suivent avec une mélodie et cela donne un ensemble harmonieux. Le mot Chira est de la même racine que Charcheret, une chaîne, un collier. Il y a des maillons qui sont reliés les uns aux autres.&nbsp;Le sujet du chant juif, la Chira qui est fondamentale dans notre Tradition, est une composition de maillons, c’est-à-dire la réunion d’évènements et de situations qui au départ ont l’air de n’avoir aucun rapport entre eux, mais lorsque l’on voit leur merveilleux but final, se crée par là une שירה&nbsp;et un remerciement qui jaillit des profondeurs du cœur.</p>
<p>Le <strong><b>pouvoir de la </b></strong><strong><b>שירה</b></strong><strong><b>&nbsp;véritable et fondamentale</b></strong>&nbsp;a pour fonction de relier les choses, étapes après étapes, pour arriver à un jaillissement de reconnaissance au C.réateur des mondes sur Sa conduite extraordinaire de Son univers.</p>
<p>Là, on commence à percevoir cette <strong><b>Torat Imekha</b></strong>, cette Tora féminine, qui est capable de percevoir les évènements de la vie comme reliés avec un but final merveilleux.</p>
<p>Nous pouvons observer plusieurs exemples&nbsp;:</p>
<p>L’histoire de <strong><b>Yossef hatsadik</b></strong>&nbsp;commence par un drame familial, il est vendu en esclave, il est en prison, la femme de son maître le sollicite, il retourne en prison, et puis d’un coup il se retrouve vice-roi de toute l’Egypte. Ce qui va amener aux retrouvailles avec ses frères et son père, et la possibilité de les sauver de la famine. Nous, nous connaissons l’histoire et sa fin, mais lui, ne la connaissait pas quand il a été jeté dans un puits avec des scorpions et des serpents venimeux&nbsp;!</p>
<p>Dans le nom de <strong><b>Myriam,</b></strong>&nbsp;il y a le mot «&nbsp;<strong><b>mar</b></strong>&nbsp;», amer, comme au Séder on mange des herbes amères pour rappeler l’amertume de l’esclavage, les pleurs, la souffrance, mais à la fin du Séder, on chante le Hallel parce qu’on sait que H. a délivré les Bné Israël.</p>
<p>Si on étudie le ‘<strong><b>Houmash</b></strong>&nbsp;avec attention, on va trouver beaucoup d’autres exemples d’évènements qui a priori n’avaient pas de lien entre eux, et qui sont liés, qui au départ étaient difficiles, mais ont eu une conclusion positive, cela amène à un débordement de reconnaissance envers H.</p>
<p>Comme nous sommes à <strong><b>Chavouot</b></strong>&nbsp;et qu’on a lu la <strong><b>Meguilat Routh</b></strong>, on peut rajouter l’exemple de cette Meguila. Au départ, l’histoire commence par des drames. Une famille riche, influente quitte Eretz Israël où règne la famine. Le père meurt, les fils meurent, les trois femmes se retrouvent veuves et sans rien. Naomi décide qu’elle n’a plus rien à faire dans la terre de Moav et décide de retourner en Eretz Israël. Routh va l’accompagner, le jour où elle arrive, un autre évènement triste, Boaz perd son épouse. Routh va se marier avec Boaz, et descendra de cette union David Hamelekh. L’histoire commence par des drames, et se termine par des miracles avec une portée pour tout le Peuple juif.</p>
<p>Le <strong><b>Rav Itamar Schwartz</b></strong>&nbsp;nous enseigne que dans notre vie personnelle nous devons faire cette démarche de prendre du temps pour réfléchir à notre vie. Il y a des moments de toutes sortes, des évènements heureux, des difficultés, des choses plaisantes, des souffrances, des choses qu’on ne comprend pas. Si on réfléchit, on va faire émerger tout le positif.</p>
<p>On peut rechercher des liens entre les moments qu’on a vécu avec l’intention d’être reconnaissante à HKBH. Le Rav conseille même de prendre un papier et un stylo et d’essayer de faire l’exercice avec de petites choses, de petits résultats de cause à effet, chacune a vécu des choses qu’elle a remarqué, il y a eu tel évènement, et tel autre, et puis voilà le résultat extraordinaire qui s’est passé. Et on peut relier ces évènements entre eux. Chaque personne qui va consacrer du temps pour cela et va méditer sur sa vie personnelle sera surprise de découvrir qu’elle aussi peut assembler une chaîne merveilleuse composée de tous ces miracles qui l’accompagnent par protection personnelle tous les jours de sa vie.</p>
<p>On raconte que le ‘<strong><b>Hafetz ‘Hayim </b></strong>se réservait un temps chaque jour pour se remémorer les points essentiels qui lui étaient arrivés depuis sa naissance jusqu’à ce jour. Et ensuite, il disait «&nbsp;Maître du monde, je te suis reconnaissant sur tout ce que j’ai pu étudier dans la Tora, sur le fait que j’ai pu écrire le Michna Broura, que j’ai pu écrire le Séfer «&nbsp;Chmirat halachone&nbsp;», que tu m’as donné une si bonne épouse, que j’ai eu le mérite d’avoir un gendre si exceptionnel, etc.&nbsp;»</p>
<p>Au début, cela vaut la peine d’essayer de créer de <strong><b>petites chaînes</b></strong>, d’associer et d’assembler peu d’évènements, et petit à petit d’élargir l’amplitude de la chaine, et en conséquence de cela les pierres précieuses qui la composent commenceront à briller plus, et aussi la mélodie deviendra plus harmonieuse.</p>
<p>Dans la même démarche, <strong><b>c’est cela qu’on va enseigner à nos enfants,</b></strong>&nbsp;cette vision de la vie. Tout ce que le Peuple juif a vécu au fil des générations, et tous les miracles qui ont eu lieu, comment H. nous protège et nous accompagne. Voilà ce qui va être cette תורת אמך. Chaque femme peut composer sa propre Chira, cela peut prendre des jours, des semaines, des mois, une vie entière. La Tora qui doit se dévoiler auprès des femmes peut se dévoiler de l’âme de chacune d’entre elles.</p>
<p>Alors, bien sûr, il y a des choses dures dans nos vies, des souffrances, des choses incompréhensibles. Nous sommes dans une période, dans une génération où ce genre de choses se précipitent. <strong><b>Comment est-ce possible d’intégrer cela dans la Chira de notre vie</b></strong>&nbsp;?</p>
<p>Le Rav donne l’image <strong><b>d’un puzzle</b></strong>&nbsp;avec beaucoup de pièces et une image compliquée. Lorsque l’on commence à assembler le puzzle, on fait en général d’abord le cadre, c’est assez facile. Puis on prend de petites parties du puzzle qui sont assez faciles à assembler, et on laisse de côté les pièces plus difficiles qu’on n’arrive pas à identifier ou à placer. Petit à petit une image commence à se former. Il reste des trous. Chaque fois qu’on réussit à assembler des morceaux, à combler des trous, on a de la satisfaction, voire de la joie. Plus c’est difficile, plus on est content lorsque l’on trouve la place du morceau. Ah voilà enfin&nbsp;! Je n’arrivais pas à trouver ce morceau&nbsp;! Celui-là, je n’arrivais vraiment pas à comprendre ce que c’était&nbsp;! Celui qui ne se décourage pas, va progresser lentement, lentement pour former une image magnifique&nbsp;; lentement, lentement l’image devient plus claire, et en conséquence la reconnaissance qui jaillira du cœur sera plus profonde.</p>
<p>Il y a dans la Guemara une «&nbsp;<strong><b>מסכת גן עדן</b></strong>&nbsp;», le traité du Jardin d’Eden. Dans ce traité sont énumérées les «&nbsp;différents&nbsp;» palais qui se trouvent dans le Gan Eden. Les hommes qui ont étudié dans leur vie dans ce monde-ci et qui ont le mérite de résider au Gan Eden, mériteront d’étudier au Gan Eden. Et les femmes que feront-elles&nbsp;? Le Palais où se trouvent les femmes Tsadkniot, vertueuses, s’appelle «&nbsp;le Palais de Myriam&nbsp;». Là, Myriam chante la Chira, et les femmes Tsadkaniot chantent avec elles. Lorsqu’une nouvelle nechama arrive, elle vient avec sa Chira personnelle, et les Tsadkaniot vont reprendre et chanter avec elle sa Chira, שׁירה&nbsp;חדשה, un chant nouveau.</p>
<p>Un magnifique exemple de comment on peut composer une Chira avec tous les morceaux de sa vie, ce sont les <strong><b>Tehilim</b></strong>&nbsp;que David Hamelekh a composés. Il a eu une vie en même temps extraordinaire, il était le Roi d’Israël, un très grand Tsaddik qui a tout préparé pour la construction du Beith Hamikdash, et en même temps une vie terrible avec des épreuves qu’on ne souhaite à personne&nbsp;: enfant, il était dénigré par ses frères et son père, &nbsp;haï par son beau-père qui l’a poursuivi toute sa vie, trahi et poursuivi par plusieurs autres dont son propre fils Avshalom, prisonnier chez les Philistins, et cible d’un grand Lachon harah par les grands Talmidé ‘hakhamim de sa génération. Avec tout cela, il a composé ce livre merveilleux des Tehilim dans lequel il a entrelacé toutes les louanges et les remerciements à H. avec toutes les souffrances et les épreuves qu’il a endurées, et sont contenues dans les Tehilim toutes les épreuves et les tous les miracles des Bné Israël de toutes les générations.</p>
<p>Nous ne sommes pas au niveau de David Hamelekh, mais nous pouvons nous inspirer des Tehilim, et lorsqu’on les récite de tout notre cœur, on peut se relier à cette <strong><b>Torat Imekha</b></strong>&nbsp;à laquelle chacune peut accéder.<br />
Que ce soit la Volonté d’HKBH que nous méritions de nous relier &nbsp;à notre part dans la Tora, et que nous ayons le mérite de dévoiler la Chira personnelle de chacune en nous-mêmes, que la bouche arrive véritablement au lieu de la Chira, de telles sortes que les Chirot s’assemblent et dévoilent la Chira parfaite qui est la Chira de toute la Création ensemble.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Torah des femmes, par Mme Caty Zyzek</title>
		<link>https://yechiva.com/la-torah-des-femmes-par-mme-caty-zyzek/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Caty Zyzek]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2025 00:48:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chavouot]]></category>
		<category><![CDATA[Fêtes]]></category>
		<category><![CDATA[La Torah des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[par Mme Caty Zyzek]]></category>
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					<description><![CDATA[א בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁלִישִׁי לְצֵאת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם–בַּיּוֹם הַזֶּה בָּאוּ מִדְבַּר סִינָי. Et dans le troisième mois de la Sortie des Enfants d’Israël de l’Egypte, dans ce jour-ci, ils sont venus dans le désert du Sinaï. בַּיּוֹם הַזֶּה Ce jour-ci, Rachi : « Que les paroles de la Tora soient nouvelles pour toi comme si elles [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>א בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁלִישִׁי לְצֵאת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם–בַּיּוֹם הַזֶּה בָּאוּ מִדְבַּר סִינָי.</p>
<p>Et dans le troisième mois de la Sortie des Enfants d’Israël de l’Egypte, dans ce jour-ci, ils sont venus dans le désert du Sinaï.<br />
בַּיּוֹם הַזֶּה Ce jour-ci, Rachi : « Que les paroles de la Tora soient nouvelles pour toi comme si elles avaient été données aujourd’hui. »<br />
V.2</p>
<p>ב וַיִּסְעוּ מֵרְפִידִים וַיָּבֹאוּ מִדְבַּר סִינַי וַיַּחֲנוּ, בַּמִּדְבָּר; וַיִּחַן שָׁם יִשְׂרָאֵל נֶגֶד הָהָר<br />
Et ils ont voyagé de Refidim, et ils sont arrivés dans le désert de Sinaï, et ils ont campé dans le désert. Et Israël a campé là-bas, הָהָר נֶגֶד en face de la montagne.<br />
וַיִּחַן שָׁם יִשְׂרָאֵל : Israël a campé là-bas, le verbe est au singulier, alors que tous les verbes précédents sont au pluriel. Rachi : « Comme un seul homme, avec un cœur unique », (unis qu’ils étaient par le don de la Tora à venir) « on apprend de là qu’exceptionnellement ils<br />
étaient unis dans cette étape, alors qu’aux autres, il y a eu des disputes et des histoires. » (Le ‘Houmach Rav Peninim fait un commentaire saisissant. Comme à cette étape Moshé Rabbénou n’a pas eu à traiter de conflits, il a pu méditer, et comme on le voit dès les premiers mots du prochain verset, וּמֹשֶׁה עָלָה אֶל-הָאֱלֹקים, s’élever (spirituellement) vers D., (ce qui ne lui avait pas été possible dans les étapes précédentes), et en réponse immédiate, D. l’appelle : וַיִּקְרָא אֵלָיו יְהוָה *<br />
V.3<br />
ג וּמֹשֶׁה עָלָה אֶל הָאֱלֹקים; וַיִּקְרָא אֵלָיו יְהוָה מִן הָהָר לֵאמֹר כֹּה תֹאמַר לְבֵית יַעֲקֹב וְתַגֵּיד לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל.<br />
Et Moshé est monté vers D., Et D. l’a appelé de la montagne en disant : ainsi tu diras à la maison de Yaakov, et tu parleras aux enfants d’Israël.<br />
Et donc Moshé s’est élevé et D. L’appelle et lui dit : כֹּה תֹאמַר, ainsi tu parleras. Rachi nous précise : « בלשון הזה וכסדר הזה dans ce langage et dans cet ordre. » Quel langage et quel ordre ? לְבֵית יַעֲקֹב Rachi nous dit le Midrach : « אלו הנשים, תאמר להן בלשון רכה ce sont les femmes, tu leur parleras avec un langage tendre. » (Me’hilta Chemot 19,3) [כה תאמר ainsi tu parleras de la racine אמר, parle avec douceur] וְתַגֵּיד לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל. Et ensuite tu diras aux Enfants d’Israël. Rachi précise : « עונשין ודיקדוקין, פרש לזכרים דברים הקשין כגידין les punitions et les détails, explicites aux hommes les choses qui sont dures comme des tendons. » [תגיד, tu diras est de la même racine que גידין les tendons]<br />
V.4-6</p>
<p>ד אַתֶּם רְאִיתֶם אֲשֶׁר עָשִׂיתִי לְמִצְרָיִם; וָאֶשָּׂא אֶתְכֶם עַל כַּנְפֵי נְשָׁרִים וָאָבִא אֶתְכֶם אֵלָי.<br />
Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Egypte ; et je vous ai portés sur des ailes d’aigles et je vous ai amenés vers moi.</p>
<p>ה וְעַתָּה אִם שָׁמוֹעַ תִּשְׁמְעוּ בְּקֹלִי וּשְׁמַרְתֶּם אֶת בְּרִיתִי וִהְיִיתֶם לִי סְגֻלָּה מִכָּל הָעַמִּים כִּי לִי כָּל הָאָרֶץ.<br />
Et maintenant si écouter vous écouterez dans ma voix, et vous garderez mon alliance, vous serez pour moi un trésor parmi les peuples car toute la terre est à moi.</p>
<p>ו וְאַתֶּם תִּהְיוּ לִי מַמְלֶכֶת כֹּהֲנִים וְגוֹי קָדוֹשׁ : אֵלֶּה הַדְּבָרִים אֲשֶׁר תְּדַבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל<br />
Et vous serez un royaume de prêtres et un peuple saint : voici les paroles que tu diras aux Enfants d’Israël. Avant le don de la Tora, Moshé Rabbénou explicite aux Enfants d’Israël quel est l’enjeu de la Tora : ואתם תהיו לי ממלכת כהנים וגוי קדוש, et vous serez pour Moi une royauté de prêtres et un peuple saint. Et en recevant la Tora, les Enfants d’Israël scellent une alliance avec D.<br />
Cette alliance a des conséquences millénaires, nous pouvons le constater aujourd’hui. Un Juif est une référence universelle. Hillel, notre fils de 16 ans nous a même raconté que cela lui est déjà arrivé qu’on lui demande « Etes-vous rabbin ? » Rav Shimshon Raphael Hirsch, dans son commentaire (Beréchit 46.1) (rapporté dans mon livre de recettes) nous décrit ce qu’est une royauté de prêtres et un peuple saint :<br />
« …l’introduction de la Sainteté au sein de la vie quotidienne, la possibilité de « manger et de boire et de voir D. (Shemot Rabba 24,11) », l’idée que les pièces de notre maison soient comme un sanctuaire, que nos tables soient comme des autels, que nos garçons et nos filles soient comme des prêtres, la sanctification de la vie individuelle et quotidienne est l’apport spécifique du judaïsme…. »</p>
<p>אֵלֶּה הַדְּבָרִים אֲשֶׁר תְּדַבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל<br />
Rachi nous précise « לא פחות ולא יותר, pas moins et pas plus » ne retranche rien et ne rajoute rien.<br />
V.7-8</p>
<p>וַיָּבֹא מֹשֶׁה וַיִּקְרָא לְזִקְנֵי הָעָם וַיָּשֶׂם לִפְנֵיהֶם אֵת כָּל הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה אֲשֶׁר צִוָּהוּ יְהוָה ז<br />
Et Moshé est venu et il a appelé les anciens du peuple et il a placé devant eux toutes ces paroles là que lui avait ordonnées D.</p>
<p>ח ויַּעֲנוּ כָל הָעָם יַחְדָּו וַיֹּאמְרוּ כֹּל אֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה נַעֲשֶׂה וַיָּשֶׁב מֹשֶׁה אֶת דִּבְרֵי הָעָם אֶל יְהוָה<br />
Et tout le peuple a répondu ensemble et ils ont dit tout ce que D. a parlé nous allons le faire.<br />
Et Moshé a rapporté les paroles du peuple à D.<br />
(Nous ferons et nous comprendrons נעשה ונשמע, paroles incroyables des Enfants d’Israël à D., c’est plus loin dans Parachat Michpatim, Chemot 24.7, c’est un passage complémentaire de Matan Tora)<br />
Reprenons le verset 2. Nous sommes surpris, car Rachi est réputé être un enseignant du Pchat, du sens simple, et il démarre directement avec le Midrach. Il y a d’autres commentateurs qui expliquent ces deux expressions : כֹּה תֹאמַר לְבֵית יַעֲקֹב, וְתַגֵּיד לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל autrement, plus proches du sens littéral. Nous en rapportons deux succinctement.<br />
Rav Yerou’ham Leibovitz :<br />
D. a demandé à Moshé Rabbénou d’adapter son enseignement selon la capacité de l’homme de recevoir des paroles דברים הקשין כגידין. Il a enseigné ces lois à ceux qui avaient la force de les entendre. C’est dans la mesure où un homme a la capacité d’entendre de telles paroles ainsi que les détails et les punitions qu’il peut être appelé איש.<br />
Ohr Ha’hayim Hakadosh :<br />
D. a exprimé deux approches dans une seule parole : אהבה (l’amour) et יראה (la crainte).&nbsp; לְבֵית יַעֲקֹב : ceux qui ne sont pas dans l’étude constante qui sont dans la crainte, il faut leur montrer l’amour de D. en donnant la Tora. לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל les Talmidé ‘Hakhamim (les érudits en Tora) qui sont proches de D. il faut leur montrer la gravité des Mitsvot. On ne peut pas être négligent dans l’accomplissement des commandements divins. Du fait qu’on se sent dans la<br />
proximité avec D. on risque de se relâcher, alors qu’au contraire D. est particulièrement exigeant avec ceux qui sont proches de Lui.</p>
<p>Revenons maintenant au Séfer Ohel Rahel, qui suit le commentaire de Rachi basé sur le Midrach.</p>
<p>« Nous trouvons donc que la réception de la Torah et toutes les grandeurs qui y sont liées – [c’est-à-dire] «&nbsp;Et vous serez pour Moi, un royaume de prêtres et un peuple saint : se rapportent autant aux femmes qu’aux hommes, car nous avons bien la précision : dans ce langage et dans cet ordre-là, pas moins et pas plus.<br />
Et plus encore car il les a faites précéder (Chemot Rabba 28.2). Mais sur un point, l’enseignement des femmes est différent : «&nbsp;Tu leur diras – dans un langage tendre&nbsp;».<br />
Quel est donc ce לשון רכה, ce langage doux, tendre avec lequel D. a enjoint de parler aux femmes ? »<br />
Nous allons voir plusieurs formes d’utilisation de ce verbe, de ce mode d’expression, ce qui nous permettra de mieux cerner la signification de לשון רכה (langage tendre).<br />
Nous allons commencer par réfléchir sur les verbes qui sont employés dans le verset 3. Nous avons תֹאמַר, אמירה et וְתַגֵּיד, le verbe employé le plus souvent dans le ‘Houmach et les commentaires est plutôt וידבר, דיבור, dont le sens est très proche : langage sévère, confrontation dure, qui secoue.</p>
<p>Différentes occurrences de אמירה et דיבור :</p>
<p>La différence entre מאמר et דבור: מאמר existe même sans union à celui qui entend le מאמר, mais דבור il y a union (חיבור) entre celui qui parle et celui qui entend. Et donc on dit «&nbsp;ראובן דיבר עם שמעון&nbsp;»; c’est-à-dire que le דבור, les a liés avec le pronom עם, par contre on ne dit pas ראובן אמר עם שמעון, mais לשמעון; ou אל שמעון.<br />
(«&nbsp;שם משמואל&nbsp;», חלק המועדים – ערב יום הכיפורים, תרפ&nbsp;»א בשם בעל האבני נזר</p>
<p>עשרה מאמרות- עשרה דברות<br />
עשרה מאמרות, les 10 paroles par lesquelles D. a créé le monde, et les עשרה דברות, 10 paroles inscrites sur les Tables de la loi, prononcées à Matan Tora. Le monde a été créé par 10 maamarot, 10 paroles : ce sont des « proclamations », des paroles créatrices, qui sont prononcées de la « bouche de D. » Ces paroles s’adressent à toute l’humanité. Tout est en potentiel, en intuition, en généralité, comme on voit chez les nations des dimensions de spiritualité, d’éthique, de philosophie. Tout cela existait aussi pour les Avot, les Pères, comme on dit qu’Avraham, Yts’hak et Yaakov accomplissaient les Mitsvot par leur intuition personnelle.<br />
עשרה דברות : 10 commandements : à Matan Tora, sur les tables de l’Alliance, il y a 10 commandements, le don de la Tora, c’est une dimension effective des Mitsvot, des engagements concrets soumis à l’ordre précis de D. Ces paroles s’adressent à un interlocuteur en attente d’une réponse, d’une discussion.<br />
[On peut poser la question suivante : selon notre tradition Abram accomplissait toutes les Mitsvot de la Tora par lui-même, pourquoi n’a-t-il alors pas fait la Brit Mila (la circoncision) par lui-même ? Nous pouvons répondre qu’il voulait l’accomplir sur un ordre précis de D. et non pas par intuition. Et c’est par la Brit Mila que petit à petit va se constituer le Am Israël, le Peuple Juif qui est formé par le Dibour d’H., la parole de D.]<br />
La première parole par exemple : וַיֹּאמֶר אֱ-לֹהִים יְהִי אוֹר וַיְהִי אוֹר (בראשית א, ג). Et D. a dit qu’il y ait de la lumière et la lumière fut.<br />
אמירה- רצון : La אמירה ici exprime une volonté, un désir, car c’est ainsi la volonté devant D. de créer le monde. On voit la même signification dans les versets suivants :<br />
«&nbsp;מַה תֹּאמַר נַפְשְׁךָ וְאֶעֱשֶׂה לָּךְ&nbsp;» (שמואל א כ ד), מה תרצה ותחפוץ, «&nbsp;וּתְהִי אִשָּׁה לְבֶן אֲדֹנֶיךָ כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר ה&nbsp;»;&nbsp;»<br />
(בראשית כד נא), כאשר רצה; כי כן הוא הרצון לפניו. (רמב&nbsp;»ן,שם)<br />
Entre la Création du monde et Avraham Avinou, on voit essentiellement 3 occasions au cours desquelles D. s’est adressé à l’homme, à un interlocuteur, mais il n’y a pas eu de véritable dialogue. -à Adam Harichon (le premier homme) וַיִּקְרָא יְ-ה-וָ-ה אֱ-לֹהִים אֶל הָאָדָם וַיֹּאמֶר לוֹ אַיֶּכָּה : וַיֹּאמֶר אֶת<br />
קֹלְךָ שָׁמַעְתִּי בַּגָּן וָאִירָא כִּי עֵירֹם אָנֹכִי וָאֵחָבֵא (Beréchit 3.10)<br />
Et L’Eternel D. a appelé l’homme et il lui a dit où es-tu ? Et il lui a répondu : j’ai entendu Ta voix et j’ai eu peur car je suis nu et je me suis caché. אַיֶּכָּה où es-tu ? Adam Harichon a une réaction de crainte, il se cache. -à Caïn .וַיֹּאמֶר יְ-ה-וָ-ה אֶל קַיִן אֵי הֶבֶל אָחִיךָ וַיֹּאמֶר לֹא יָדַעְתִּי הֲשֹׁמֵר אָחִי אָנֹכִי : (Beréchit 4.9)<br />
Et l’Eternel a dit à Caïn où est Hével ton frère ? Et il lui a répondu je ne sais pas, suis-je le gardien de mon frère ?<br />
Où est ton frère ? Caïn esquive la réponse : suis-je le gardien de mon frère ? -à Noa’h : וַיֹּאמֶר אֱ-לֹהִים לְנֹחַ קֵץ כָּל בָּשָׂר בָּא לְפָנַי כִּי מָלְאָה הָאָרֶץ חָמָס מִפְּנֵיהֶם וְהִנְנִי מַשְׁחִיתָם אֶת הָאָרֶץ :<br />
…<br />
וַיַּעַשׂ נֹחַ כְּכֹל אֲשֶׁר צִוָּה אֹתוֹ אֱ-לֹהִים כֵּן עָשָׂה (שם,ו,יג;כ ב<br />
Et D. dit à Noa’h : le terme de toutes les créatures est arrivé devant moi, car la terre s’est remplie, à cause d’eux, de crimes, et donc je vais les détruire avec la terre. (Beréchit 6.13).<br />
Et Noa’h a accompli tout ce que lui avait ordonné D., ainsi il fit. (Beréchit 6.22) Noa’h accomplit la volonté de D. avec אדישות indifférence (apathie).<br />
Ce n’est qu’Avraham l’hébreu qui le premier a une réponse à D. sans équivoque : me voici<br />
וַיְהִי אַחַר הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה וְהָאֱ-לֹהִים נִסָּה אֶת אַבְרָהָם וַיֹּאמֶר אֵלָיו אַבְרָהָם וַיֹּאמֶר הִנֵּנִי (בראשית כב,א)<br />
« Et ce fut après ces paroles-là, et D. éprouva Avraham et lui dit : « Avraham », et il Lui a répondu « Me voici ».<br />
[Entre la Création du monde et Avraham Avinou, on ne voit pas de dialogue entre un homme et sa femme, c’est seulement entre Avraham et Sara que l’on voit cela. On peut dire qu’Avraham a inventé le dialogue.]<br />
(ע’פ הרב יהודה ליאון אשכנזי, מתוך הספר שומרי הסודות עמ’ 31)</p>
<p>Paroles douces, paroles dures Reprenons Rachi : אלו הנשים, תאמר להן בלשון רכה, כֹּה תֹאמַר לְבֵית יַעֲקֹב : ce sont les femmes, tu leur parleras avec un langage tendre. וְתַגֵּיד לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל. Et ensuite tu diras aux Enfants d’Israël. Rachi précise : עונשין ודיקדוקין, פרש לזכרים דברים הקשין כגידין les punitions et les détails, explicites aux hommes les choses qui sont dures comme des tendons</p>
<p>Sifté ‘hakhamim vient illustrer la démarche de Rachi :</p>
<p>Il donne un exemple pour la différence entre אמירה, langage doux et דבור, langage dur au sujet de Yossef. Quand les frères retournent chez Yaakov après avoir été la première fois en Egypte et rencontré Yossef sans l’avoir reconnu, ils lui racontent : דבר איש אדוני הארץ אתנו קשות, l’homme maître de la terre a parlé avec nous durement : langage dur. Par contre, lorsque Yossef parle ensuite à ses frères après s’être dévoilé, le verbe employé à plusieurs reprises est ויאמר: / ויאמר אליהם יוסף אל תיראו ויאמר יוסף אל אחיו אני יוסף/ ויאמר יוסף אל אחיו גשו נא. Et Yossef leur a dit : n’ayez crainte, et Yossef leur a dit approchez-vous s’il-vous-plait, et Yossef a dit à ses frères : je suis Yossef ». Le verbe employé est ויאמר, il a dit, parole douce.<br />
וידבר ה’ אל משה לאמר « Et l’Eternel a parlé à Moshé pour dire »<br />
On rencontre de très nombreuses fois לאמור dans la Tora, pour dire. Selon le sens simple, cela signifie : adoucir le דבור (la parole) que D. a parlé dans le but d’éclaircir et d’expliquer, de rendre assimilable au peuple selon ce qu’ils peuvent entendre et comprendre des paroles du D. vivant, chacun selon la compréhension de son esprit. (באור שמות הנרדפים,ע&nbsp;»מ מד). Par contre, on trouve une seule fois cette même phrase, mais avec les rôles inversés : וידבר משה אל ה’ לאמר. Et Moshé a parlé à D. avec moult détails. A quelle occasion ? Lorsque D. annonce à Moshé qu’il va mourir, Moshé fait une prière détaillée pour demander (exiger de) à D. de choisir un dirigeant pour le Peuple qui saura expliciter la Tora à chacun selon son niveau de compréhension.</p>
<p>לְבֵית יַעֲקֹב, à la maison de Yaakov, qu’est-ce qui est en allusion dans cette expression ?</p>
<p>Habituellement on explique ce passage ainsi : la part des femmes c’est de parler de la Tora avec un langage doux, des paroles conciliantes et attirantes en montrant le côté bon et agréable, et la douceur de la Toraחִכּוֹ֙ מַֽמְתַקִּ֔ים וְכֻלּ֖וֹ מַחֲמַדִּ֑ים (שיר השירים ה טז). Son palais (son goût) n’est que douceur, et entièrement merveille.</p>
<p>Rabbenou Be’hayyé : D. a ordonné de parler aux femmes en premier pour leur enseigner מוסר ודרך ארץ, la manière de vivre la Tora, le vécu de la Tora, et aussi pour attirer leur cœur à la Tora et aux Mitsvot, et leur enseigner les têtes de chapitres. Et aussi parce que la femme vertueuse est « cause » de Tora car elle peut encourager son fils à se rendre au Beith Hamidrach (à la maison d’étude) car elle se trouve à la maison, et qu’elle a des sentiments profonds et bouleversants pour l’encourager à l’étude de la Tora depuis sa tendre jeunesse pour que même lorsqu’il sera vieux il ne s’en détourne pas. Et c’est pour cela qu’il convient que la femme prie au Saint Béni Soit-il au moment d’allumer les lumières de Chabat, qui est une Mitsva qui lui incombe particulièrement, que D. lui donne des fils qui éclairent par la Tora, car la Tfila (la prière) est plus écoutée au moment de l’accomplissement d’une Mitsva.<br />
Et par le mérite du Ner Chabat qui est lumière elle méritera des fils connaisseurs en Tora qui est appelée lumière, comme il est dit : כי נר מצוה ותורה אור, car la Mitsva est lampe et la Tora est lumière (très longuement développé dans le Ohel Ra’hel, d’où le prénom Néria). (On est vraiment dans אמירה le langage de l’émotion et du cœur).</p>
<p>בית יעקב</p>
<p>Yaakov Avinou est le premier des Avot (Patriarches) à avoir édifié une vraie famille.<br />
Avraham Avinou a eu Ychmaël qui n’a pas suivi sa voie, Yts’hak a eu Essav qui n’a pas suivi sa voie, Yaakov est le premier dont tous les enfants suivent sa voie, c’est la première famille juive. C’est vraiment lui qui représente la maison, le foyer, la famille. Lorsqu’Essav lui propose de faire route ensemble, il lui répond : יַעֲבָר נָא אֲדֹנִי לִפְנֵי עַבְדּוֹ וַאֲנִי אֶתְנָהֲלָה לְאִטִּי לְרֶגֶל הַמְּלָאכָה אֲשֶׁר לְפָנַי וּלְרֶגֶל הַיְלָדִים עַד אֲשֶׁר אָבֹא אֶל אֲדֹנִי שֵׂעִירָה. Que mon maître veuille bien passer devant son serviteur, et moi je cheminerai lentement, au rythme de la caravane qui est devant moi et au rythme des enfants, jusqu’à ce que j’arrive chez mon maitre à Séir. Yaakov s’occupe de sa famille, il respecte son rythme quitte à passer pour un « demeuré ».</p>
<p>C’est sa priorité. Et le résultat est en conséquence. Il édifie une vraie famille. La famille juive est le fondement du Peuple Juif, l’enjeu est de dimension éternelle. A travers les petits gestes du quotidien, le matériel est au service du spirituel, le corps est au service de la Nechama, et sans tambour ni trompette, c’est cela le projet divin, créer un réceptacle pour la royauté divine.<br />
La collectivité du Peuple Juif est formée de toutes ces individualités, de toutes ces familles. (Voir Bamidbar 24.5 la malédiction que Bilam a voulu prononcer contre Israël et qui s’est transformée dans la plus belle des bénédictions. Et tu n’as pas de langage plus tendre que la demande d’accomplir et de montrer que « Quelles sont belles tes tentes Yaakov ») **<br />
Dans l’éducation juive il y a deux domaines : enseigner à l’enfant comment un Juif se comporte, et d’autre part lui accorder de l’amour, de la confiance et du lien. La première partie, c’est essentiellement les hommes qui le transmettent, la deuxième c’est essentiellement les femmes. Elles élèvent les enfants depuis la conception, la grossesse, la naissance, la petite enfance. La maman transmet la chaleur et le souffle de la Tora. Quand l’enfant a un peu grandi, vient son papa et lui enseigne les détails de la Tora, mais sur la base de l’atmosphère que la maman a planté dans l’enfant avec enthousiasme et vitalité.<br />
Les femmes sont appelées בית יעקב car c’est le nom de Yaakov Avinou depuis le jour de sa naissance, et qu’il garde contrairement à Avram, mais « ישראל » c’est le nom qu’il a reçu seulement à une étape bien ultérieure, après qu’il se soit battu contre l’ange. «&nbsp;יעקב&nbsp;» c’est aussi du langage עקב, talon, la base sur laquelle s’appuie tout le corps. Le mari s’appelle «&nbsp;ישראל&nbsp;», ce sont les mêmes lettres que «&nbsp;לי־ראש&nbsp;», il donne des paroles pour la tête, mais sans une bonne base et une approche positive, rien ne rentrera dans la tête.<br />
On peut comparer ces notions à un chant, il y a les paroles et il y a la mélodie. Le papa donne les paroles, et la maman inculque la mélodie. Si on change ou on se trompe dans quelques paroles, il n’arrive rien, mais par contre une fausse note dans la mélodie, c’est vraiment gâché.<br />
Dans cette première partie nous avons vu la différence entre אמירה et דיבור. Nous avons vu que אמירה évoque une parole claire, explicite, qui a une existence par elle-même ; une parole qui s’adresse à l’intuition, qui exprime une volonté ; une parole douce, adaptée à son interlocuteur, qui reflète une affection profonde, de l’émotion, de la tendresse. Dans une seconde partie, nous allons voir en quoi cette notion de אמירה רכה (parole tendre) est une direction d’Avodat H. (service divin) pour toute la vie de la femme.<br />
Grande est la promesse que le Saint Béni Soit-Il a promise aux femmes<br />
Et ils ont dit dans la Guemara Bra’hot 17a :<br />
גדולה הבטחה שהבטיחן הקב&nbsp;»ה לנשים יותר מן האנשים שנא&nbsp;» (ישעיהו לב, ט) נשים שאננות קומנה שמענה<br />
קולי בנות בוטחות האזנה אמרתי א&nbsp;»ל רב לר&nbsp;» חייא נשים במאי זכיין באקרויי בנייהו לבי כנישתא ובאתנויי<br />
גברייהו בי רבנן ונטרין לגברייהו עד דאתו מבי רבנן<br />
«&nbsp;Grande est la promesse que le Saint Béni Soit-Il a promise aux femmes, plus qu’aux hommes comme il est dit : נָשִׁים, שַׁאֲנַנּוֹת קֹמְנָה שְׁמַעְנָה קוֹלִי בָּנוֹת בֹּטְחוֹת הַאְזֵנָּה אִמְרָתִי<br />
Femmes sereines, levez-vous, écoutez Ma voix, filles confiantes, tendez l’oreille à Ma parole.&nbsp;» (Yichaya 32,9)</p>
<p>Ecoutons ce verset de Yichaya à travers le commentaire du Malbim, ainsi que son commentaire sur deux autres versets dans lequel sont employés plusieurs verbes concernant différents niveaux d’écoute : שאנן c’est le contraire de שאון : tumulte, bruit qui indique une voix de grande agitation, alors que שאנן indique celui qui est assis seul et n’entend pas de voix provenant de l’extérieur qui perturbe comme Job, 3.18 : יַחַד אֲסִירִים שַׁאֲנָנוּ;לֹא שָׁמְעוּ קוֹל נֹגֵשׂ. Ensemble, les prisonniers étaient tranquilles, ils n’entendaient pas la voix de l‘oppresseur.<br />
Et celui qui a confiance (בוטח), c’est par sa propre force. Comme : Michlé 1.33 : וְשֹׁמֵעַ לִי, יִשְׁכָּן בֶּטַח וְשַׁאֲנַן מִפַּחַד רָעָה Et celui qui m’écoute résidera confiant, et tranquille de la mauvaise peur.<br />
Il a confiance grâce à sa propre force, et il est serein par la négation de ce qui perturbe de l’extérieur qui est la mauvaise crainte.<br />
Ychayaou 28.23 :<br />
הַאֲזִינוּ וְשִׁמְעוּ, קוֹלִי; הַקְשִׁיבוּ וְשִׁמְעוּ, אִמְרָתִי. Portez l’oreille et entendez. Ecoutez attentivement et entendez ma parole.<br />
Devarim 32.1 הַאֲזִינוּ הַשָּׁמַיִם, וַאֲדַבֵּרָה וְתִשְׁמַע הָאָרֶץ, אִמְרֵי-פִי<br />
Cieux, portez l’oreille et je parlerai (דיבור), et la terre entendra les paroles (אמירה) de ma bouche<br />
La אזנה indique le fait de porter l’oreille et d’écouter avec une grande écoute, une grande attention (porter l’oreille attentivement), soit du fait de la profondeur du sujet, soit du fait de la distance. (Voir la suite du Malbim au sujet du ciel et de la terre qui reçoit du ciel, et des Sages d’Israël qui enseignent la Tora aux autres. Et la notion d’écouter de par eux-mêmes, de la même façon que la terre reçoit la pluie de par elle-même.)<br />
La אמירה est opposée à la notion de קול, qui est un son simple, alors que la אמירה est une association de différents sons pour dire des choses plus précises. Un קול peut être une parabole, et la אמירה son interprétation. Et donc il comprend : écoutez ma voix, portez l’oreille à ma parole, car אזנה est inférieure à שמיעה, et il dit portez l’oreille et écoutez, car c’est ainsi l’ordre, il porte l’oreille au son qui sonne, et après il porte son cœur pour entendre et recevoir ou comprendre. Le verset ne demande de la femme que : «&nbsp;Ecoutez Ma voix&nbsp;», «&nbsp;Tendez l’oreille à Ma parole&nbsp;» et ainsi elles trouvent à l’intérieur d’elles-mêmes, l’échelle de l’élévation complète.<br />
[Quelle est cette promesse ? c’est עולם הבא, le monde futur pour lequel elles sont plus disposées naturellement que les hommes. Le Maharal développe que tranquillité et sérénité, c’est la dimension du עולם הבא. Aussi par le fait qu’il y a du עונג, du plaisir et pas de צער, de la souffrance, les Tsadikim jouissent de la Présence divine. L’attente naturelle qu’a une femme du plaisir est une intuition du monde futur. Autre exemple : l’attention naturelle qu’a une femme au fait que son environnement soit joli, à préparer de bonnes choses à manger, à avoir des vêtements propres et un appartement bien rangé, est une intuition profonde du plaisir du monde futur.] [Il y a une allusion à ces paroles-là dans les paroles de Rabbenou Be’hayé (Berechit 2,23)<br />
De cette Paracha, il ressort que la femme a été créée dans le Gan Eden, car c’est là qu’elle a été prise des côtes d’Adam, ‘os de mes os’, et l’homme qui a été placé dans le Gan Eden a été créé hors du Gan Eden. La création à l’intérieur du Gan Eden montre qu’elle en fait partie depuis l’essentiel de la création.]</p>
<p>Et c’est cela leur certitude et leur sérénité : la proximité naturelle avec tout ce qui est exigé de la maison d’Israël.<br />
La femme peut avoir la sérénité de trouver tout ce qu’il lui faut dans son univers féminin pour accomplir ce que l’on attend d’elle pour acquérir son monde futur. Elle n’a pas besoin du tumulte de l’extérieur, et elle peut avoir confiance qu’elle possède en elle-même la force pour réussir. Mais voilà ce qu’on lui demande : « Levez-vous, écoutez ma voix, portez attentivement l’oreille ». Une attitude volontaire, active d’accomplir ce que D. attend de nous.<br />
Par exemple le fondement de la Tora, le חסד (les actes de générosité) qui est la condition pour recevoir la Tora, est-ce qu’on le fait parce qu’il se présente à nous, alors OK, on veut bien en faire, on n’est pas contre, ou bien est-ce qu’on a un véritable désir fort d’en faire le fondement de notre vie ? Quand arrive le jugement de Roch Hachana, est-ce que je suis OK d’accomplir Roch Hachana, je ne suis pas contre, de mon mieux, ou bien est-ce que j’ai une véritable attente de Roch Hachana, du jugement, de la confrontation au niveau de ma vie, est-ce que je veux vraiment avoir une relation avec le Saint Béni Soit-Il ? Ou en vérité je me passerais bien de Roch Hachana, de Yom Kippour si je n’y étais pas contraint ? Est-ce que je suis préoccupé par les choses matérielles, ou est-ce que j’ai un désir puissant de me servir de ce monde pour accomplir des Mitsvot ? Est-ce que j’entends la parole divine, le souffle prophétique, est-ce que je porte l’oreille avec attention ?<br />
La Guemara nous enseigne que, les femmes ont un gros avantage sur les hommes, elles sont naturellement beaucoup plus proches de Olam Haba, du monde futur (littéralement le Monde qui vient) de la Nechama, (l’âme qui est la partie divine en nous), de l’aboutissement, de la réalisation des choses (Elles préparent le Chabat afin que tout soit prêt, utilisable sans effort , elles donnent la vie, c’est également le processus de la grossesse) (Voir la Guemara Yevamot 63a et le Midrach Berechit 9 au sujet de Rabbi Yossi qui rencontre Eliahou Hanavi et celui-ci lui explique que la femme rend utilisable ce monde-ci, et grâce à cela elle éclaire les yeux de son mari et lui donne vie.)</p>
<p>La Torah, quant à l’ensemble de ses grandeurs, fusionne dans le chemin de la vie de la femme, non pas à travers les difficultés et un labeur, pas dans une démarche de conquête et de victoire. Mais à travers le contenu de la vie qui est caché dans son cœur et ses actes naturels, la femme trouve l’ensemble des niveaux qui sont destinés au Peuple juif. [La femme atteint ces grandeurs en recherchant son être, en exprimant au maximum sa féminité, en vivant sa vraie vie de femme]<br />
Le fondement de ces paroles se trouve dans l’explication du Maharal sur le texte : «&nbsp;Plus grande est la promesse que D-ieu a faite aux femmes qu’aux hommes &nbsp;» (pour le monde futur Bra’hot 17a). Du fait du calme et de la sérénité pour lesquelles elles sont préparées, car c’est la part des femmes et elles conviennent plus à cela. Et avec seulement l’aide qu’elles aident pour la Torah, leur salaire est très grand, car elles sont déjà prêtes pour le calme. Et tout ce qui est prêt pour une quelconque chose l’atteint facilement du fait de son caractère.<br />
Mais les hommes de ce point de vue-là, doivent peiner et se fatiguer dans la Torah, sans repos, nuit et jour, et c’est le corps même de «&nbsp;Tu diras aux enfants d’Israël des paroles dures comme des tendons.&nbsp;» C’est ce grand labeur là, alors qu’aux femmes «&nbsp;dans un langage doux&nbsp;» car elles n’ont pas tellement besoin et malgré cela, elles sont aptes à recevoir un plus grand salaire. » (Commentaire sur la Tora p.28)<br />
Nous rapportons un texte sublime du Rav Shimshon Raphaël Hirsch sur Beréchit 17.5 et 15 au sujet des noms d’Avraham et Sara, et qui est une illustration poétique de notre développement : שרה vient du mot משורה, fine mesure de liquide. On trouve ce mot dans l’expression מים במשורה תשתה dans Pirké Avot 6.4. (Voir le long développement du Rav Shimshon Raphaël Hirsch au début de son commentaire sur Beréchit 17.15) « Elle est au-dessus en stature et en qualité, car elle est donc « שרה » et elle fixe en toute chose mesure et dimension. Par cette caractéristique-là elle est apte à être la femme d‘Avraham. Et toute femme juive lui ressemble en cela, si elle est apte à être fille de Sarah.<br />
Plus haut il dit : « Ton nom ne s’appellera plus Avram, et ton nom sera Avraham » ; à partir de maintenant ton nom sera Avraham. C’est un but auquel tu n’es pas encore arrivé, et il t’incombe de l’atteindre. Tandis qu’ici le verset dit : « Son nom ne sera plus appelé Saraï, car Sara est son nom ». Elle est Sara. Elle fixe la mesure et préserve cette mesure. Elle a dans son cœur ce sentiment subtil, cette mesure subtile de tout ce qui est bon et droit pour tout ce qui est beau, convenable et Kadosh. Elle contient en elle-même cette mesure du droit et de la morale, et d’une conduite divine véritable. Elle sait ce qui convient à un homme pur quel que soient les circonstances et les conditions. Avec une estimation fine, elle pèse chaque chose selon cette capacité de jugement. C’est l’attitude de Sara aujourd’hui même, et pas seulement au temps futur. »<br />
Deux textes complémentaires du Séfer Ohel Rahel<br />
*<br />
Au sujet de l’idée que pour la femme la notion d’union est dans son essence-même, et qu’elle n’a peut-être pas besoin du langage dur pour forcer cette union. Le nom donné aux femmes בית יעקב symbolise l’unité, c’est un nom au singulier, alors que le nom donné aux hommes בני ישראל est au pluriel.<br />
On voit aussi dans la construction du Michkan des expressions qui sont employées qui montrent que la femme est le symbole de l’union :<br />
Au sujet des tentures :<br />
חמש היריעות, תהיינה חוברות, אישה אל-אחותה; וחמש יריעות חוברות, אישה אל-אחותה «&nbsp;Cinq tentures seront reliées l’une à l’autre&nbsp;» (Chemot 26:2)<br />
Au sujet des poutres :<br />
שתי ידות, לקרש האחד–משולבות, אישה אל-אחותה «&nbsp;Entrelacées l’une avec l’autre&nbsp;» (Ibid 17)<br />
La femme est donc le symbole de la force qui relie dans la construction du tabernacle en une unité.<br />
Cette force-là élevée, l’ensemble d’Israël la reçoit de la femme et fonde sur elle toute kedoucha et élévation. C’est la source de l’union.<br />
Et comme le Maharal a écrit (Guevourot Ha-Chem chap. 43) pour expliquer la Guemara :<br />
אם תשכבון בין שפתים, דרש רבי עקיבא בזכות נשים צדקניות יצאו ישראל ממצרים&nbsp;» (ילקוט שמעוני, תהלים פרק ס&nbsp;»ח, סימן תשצ&nbsp;»ה) «&nbsp;En salaire des femmes méritantes, Israël a été délivré&nbsp;» (Sota 11b) et il écrit : «&nbsp;Lorsqu’il y a là union dans le couple, comme ils s’attachaient et s’unissaient du fait du désir ardent de la femme, alors il y a là זווג אלקי union divine&nbsp;»<br />
Elle relie tous les sujets de la maison à leurs buts associés : (משלי פרק יד א) חַכְמוֹת נָשִׁים, בָּנְתָה בֵיתָהּ ; וְאִוֶּלֶת, בְּיָדֶיהָ תֶהֶרְסֶנּוּ La sagesse des femmes édifie la maison ; et la sottise la renverse de ses propres mains «&nbsp;Dans la sagesse féminine, elle a construit sa maison&amp;quot; (Michlée 14:1). Et c’est sa force fondamentale : וְכָל-אִשָּׁה חַכְמַת-לֵב, בְּיָדֶיהָ טָוו וַיָּבִיאוּ מַטְוֶהּ «&nbsp;et toute femme ayant sagesse du cœur a filé de ses mains et a amené un tissu.&nbsp;» (Chemot 35:25)<br />
Toute action et geste dans la maison est filée par elle avec sagesse du cœur, en fils et cordes fins de lien et relation et sont tissés en וַיַּעֲשֵׂהוּ כְּתַבְנִית אִישׁ, כְּתִפְאֶרֶת אָדָם לָשֶׁבֶת בָּיִת Et ils ont fait un manteau de splendeur de l’homme qui réside dans la maison&nbsp;» (Isaïe 44:13) Et les Sages ont fait une allusion et ont dit : אין חכמה לאשה אלא בפלך &nbsp;» La femme n’a de sagesse que dans la quenouille&nbsp;»(Yoma 66b). Sa sagesse se trouve «&nbsp;dans la quenouille de la vie&nbsp;».<br />
La création des fils du lien entre elle et son mari, et le tissage de ce qui est fait dans la maison pour une seule שלמות (perfection) de l’homme.<br />
**<br />
Le Peuple juif dans son ensemble, est désigné dans la Torah écrite par le nom בית «&nbsp;maison&nbsp;», «&nbsp;maison de Yaacov, maison d’Israël&nbsp;». Et les Sages ont dit aussi que c’est avec le nom «&nbsp;maison&nbsp;» qu’a été choisi l’endroit du service de D-ieu pour l’éternité :<br />
ואמר ר&nbsp;» אלעזר מאי דכתיב (ישעיהו ב, ג) והלכו עמים רבים ואמרו לכו ונעלה אל הר ה&nbsp;» אל בית אלהי יעקב וגו’;<br />
אלהי יעקב ולא אלהי אברהם ויצחק אלא לא כאברהם שכתוב בו הר שנאמר (בראשית כב, יד) אשר יאמר היום<br />
בהר ה’ יראה ולא כיצחק שכתוב בו שדה שנאמר (בראשית כד, סג) ויצא יצחק לשוח בשדה אלא כיעקב שקראו<br />
בית שנאמר (בראשית כח, יט) ויקרא את שם המקום ההוא בית אל<br />
Et Rabbi Elazar a enseigné : que signifie : et de nombreux peuples iront et diront allons et montons sur la montagne de D. à la maison du D. de Yaakov, etc. Le D. de Yaakov, et pas le D. d’Avraham et de Yts’hak ? Mais pas comme Avraham au sujet duquel il est écrit montagne comme il est dit : qu’il dira aujourd’hui D. apparaitra sur la montagne (Beréchit 22.14) ; et pas comme Yts’hak au sujet duquel il est écrit champ, comme il est dit et Yts’hak était sorti pour prier dans le champ, mais comme Yaakov qui l’a appelé maison comme il est dit : et il a appelé le nom de cet endroit la maison de D. (Beréchit 28.19) «&nbsp;Abraham a appelé le Temple : ‘montagne’, Yits’hak l’a appelé : ‘le champ’, Yaacov l’a appelé : ‘maison’&nbsp;» ((Pessa’him 88a)<br />
La maison est la force qui est transmise dans la main de l’homme pour introduire les lois de l’existence éternelle et supérieure au sein de sa vie. Et c’est pour cela que c’est le nom pour la permanence du lien entre Israël et D. La force de la maison est supérieure à la montagne et au champ car Yaacov a ajouté par rapport à Abraham et Yits’hak et l’a nommé «&nbsp;maison&nbsp;».<br />
Et par ce nom, le lien pour l’éternité a été fixé. Et sur cela, il est dit (Isaïe 54:10) : כִּי הֶהָרִים<br />
יָמוּשׁוּ, וְהַגְּבָעוֹת תְּמוּטֶינָה–וְחַסְדִּי מֵאִתֵּךְ לֹא-יָמוּשׁ, וּבְרִית שְׁלוֹמִי לֹא תָמוּט, אָמַר מְרַחֲמֵך יְהוָה, יְהוָה «&nbsp;Que les montagnes chancellent (Abraham l’a appelé montagne) que les collines s’ébranlent, (Yits’hak l’a appelé champ) ma tendresse pour toi ne chancellera pas, ni mon alliance de paix ne sera ébranlée (l’alliance qui est dans la maison de Yaacov.) dit celui qui t’aime, l’Eternel&nbsp;»<br />
Etant donné que la maison est l’endroit où se fixe en réalité, la vie intérieure de l’homme, pour cela toute fixation de lien de la Kedoucha avec le monde, s’appelle avec le nom «&nbsp;maison&nbsp;». Le בית המקדש ‘Temple‘ est l’endroit du rapport entre Israël et D. qui est fixé concrètement ; Le בית המדרש ‘lieu d’étude’ est l’endroit où se fixe le dévoilement de la Torah ; le בית הכנסת la ‘synagogue’ est l’endroit de la prière. Et sur tous ceux-là, la maison du couple, le Temple, le lieu d’étude, la synagogue, il est dit מַה טֹּבוּ אֹהָלֶיךָ יַעֲקֹב מִשְׁכְּנֹתֶיךָ יִשְׂרָאֵל.<br />
«&nbsp;Qu’elles sont belles tes tentes Israël, comme des plantes odoriférantes D-ieu a planté, comme des cèdres qui sont dressés sur l’eau.&nbsp;»(Bamidbar 24:5) Et de là, dans le fait que l’homme et la femme fixent par leur confiance, une «&nbsp;maison de Emouna&nbsp;» (de confiance), ils forment la base pour l’éternité de la réception de la Torah, sa réalisation dans la vie del’homme et sa transmission à la génération à venir.</p>
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		<title>Haine gratuite, mensonge et Confiance en D.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Caty Zyzek]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Jun 2025 17:33:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Tisha be av]]></category>
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					<description><![CDATA[Haine gratuite, mensonge et Confiance en D.שנאת חינם, שקר, אמונה Le Bayit Rishon, le premier Temple de Jérusalem, a été détruit à cause des&#160;trois fautes graves&#160;: meurtre, idolâtrie, relations interdites. Le Bayit Chéni, le second Temple, a été détruit en raison de la haine gratuite, sin’at ‘hinam et n’a pas été reconstruit. Quels juifs étaient [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="Style2" align="right">
<p class="Style2">
<p class="Style2">Haine gratuite, mensonge et Confiance en D.שנאת חינם, שקר, אמונה</p>
<p class="Style2">
<p class="Style2">Le <em>Bayit Rishon</em>, le premier Temple de Jérusalem, a été détruit à cause des&nbsp;trois fautes graves&nbsp;: meurtre, idolâtrie, relations interdites. Le <em>Bayit Chéni</em>, le second Temple, a été détruit en raison de la haine gratuite, <em>sin’at ‘hinam</em> et n’a pas été reconstruit. Quels juifs étaient les plus importants&nbsp;? Les premiers. (Yoma 9b)</p>
<p class="Style2">&nbsp;RAMBAM&nbsp;: 4 jeûnes ont été fixés pour qu’on recherche et réfléchisse et que l’on fasse <em>Techouva</em> sur quelles fautes ont commises nos <em>Avot</em> (Pères) et que nous continuons à commettre puisque le Temple n’a pas été reconstruit.</p>
<p>Quelle est donc cette faute et pourquoi est-elle si grave&nbsp;?</p>
<p>Histoire de Kamtsa et Bar Kamtsa&nbsp;:<strong> (Guitin 55b) Kamtsa signifie «&nbsp;une poignée&nbsp;».</strong></p>
<p><strong>La guemara dit&nbsp;: <em>«&nbsp;C’est à cause de Kamtsa et Bar Kamsta que Jerusalem a été détruite.&nbsp;»</em></strong></p>
<p>Dans la ville de Jérusalem<strong>&nbsp;</strong>vivaient deux Juifs :&nbsp;<strong>Kamtsa</strong>&nbsp;et <strong>Bar Kamtsa</strong>. Tous deux étaient riches et honnêtes, craignant D.ieu et accomplissant ses commandements. C’était au temps de l’occupation romaine, il y a près de deux mille ans. La ville de Jérusalem, malgré l’occupant, avait gardé son faste. Les gens de Jérusalem appréciaient le luxe et la beauté de la ville éternelle. Mais l’étude de la Tora s’était relâchée. Certains, parmi les zélotes, ne pensaient qu’à mettre l’occupant dehors et à libérer définitivement la capitale du royaume juif. C’est dans cette atmosphère d’euphorie que se situe l’histoire d’un homme, dont la chronique n’a même pas retenu le nom, mais qui fut à l’origine de la destruction du Saint Temple de Jérusalem. <strong><em>Un homme avait un ami et un ennemi.</em></strong> <strong><em>Son ami s’appelait Kamtsa et son ennemi s’appelait Bar Kamtsa. </em></strong>La Guemara haït tellement cet homme qu’elle ne cite pas son nom. Elle l’appelle «&nbsp;cet homme-là&nbsp;».</p>
<p>Un jour,<strong><em>cet homme&nbsp;donna un grand festin</em></strong> auquel il invita tous les notables de la ville. <strong><em>Il envoya un serviteur inviter également « Kamtsa »</em></strong>, son meilleur ami. <strong><em>Le chamach a fait une erreur et a invité Bar Kamtsa. </em></strong>On ne sait pas dans quelle ambiance Bar Kamtsa est venu. Malgré son grand étonnement, il suivit le serviteur, en pensant: « C’est une bonne occasion de mettre fin à un malheureux malentendu » Arrivé dans la demeure d’où montaient des voix entrecoupées de sons d’instruments à cordes et d’instruments à vent, ponctuées par les rythmes des tambourins, Bar Kamtsa prit place parmi les convives et se mêla à la conversation.</p>
<p>Cela ressemble à l’histoire d’un homme qui voulait monter «&nbsp;<em>Chichi&nbsp;</em>» (6<sup>ème</sup> montée) à la Tora, et Bar Kamtsa avait déjà parlé avec celui qui distribue les <em>Aliyot</em> (montées). Ça l’a tellement énervé qu’en rentrant il a dit à sa femme&nbsp;: «&nbsp; ne dit plus <em>Chabat Chalom&nbsp;</em>» à untel, et plus tard c’est à ses enfants qu’il va le dire, à ses petits-enfants…</p>
<p>Cet homme-là devait être quelqu’un de très important qui faisait beaucoup pour la Tora et le judaïsme puisque beaucoup de <em>Talmidé Ha’hamim</em> étaient invités.<br />
<strong><em>«&nbsp;Cet homme-là&nbsp;» entra </em></strong><strong><em>et le trouva assis.</em></strong></p>
<p>Mais lorsque l’hôte,<strong>&nbsp;</strong>allant d’une table à l’autre pour saluer ses convives, aperçut Bar Kamtsa, il ne put contenir sa colère:</p>
<p>Il court et lui parle comme à un mur en détournant son visage, et pas directement, en disant <strong><em>«&nbsp;Etant donné que cet homme-là&nbsp;» est l’ennemi de «&nbsp;cet homme-là.</em></strong> <strong><em>Que fait donc cet homme-là ici.</em></strong>&nbsp;Le chamach m’a invité. <strong><em>Etant donné que je suis venu, laisse tomber</em></strong>. Ne me fais pas honte devant tout le monde. <strong><em>Je te paierai la valeur de tout ce que j’ai mangé</em></strong>&nbsp; <strong><em>et bu</em></strong>». «<strong><em>Lève-toi, sors&nbsp;!</em></strong>&nbsp;»&nbsp;«&nbsp;Ne me fais pas honte en public, tu en perdrais ton Olam Ha ba (monde futur). <strong><em>Etant donné que je suis venu, laisse tomber</em></strong>. <strong><em>Je suis prêt à te payer la valeur de la moitié de ton festin.</em></strong>&nbsp;»&nbsp; <strong><em>Il lui a dit «&nbsp;non&nbsp;!&nbsp;» </em></strong>&nbsp;«&nbsp;<strong><em>Je te paie la valeur de tout ton festin&nbsp;</em></strong>!&nbsp;» <strong><em>Il l’a empoigné, il l’a levé et jeté hors de la salle.</em></strong></p>
<p>ברוך אלקנו שבראנו לכבודו והבדילנו מן הטועים ונתן לנו את תורתו, תורת אמת</p>
<p>Béni soit notre D. qui nous a créés en Son honneur, et nous a séparés de ceux qui se trompent et nous a donné une Tora de Vérité.</p>
<p>Dans toutes les civilisations, on raconte seulement les belles histoires, l’héroïsme des saints. C’est du mensonge. Nos Sages cherchent et racontent les moindres erreurs et failles des <em>Tsadikim, </em>les Justes&nbsp;car D. est Vérité&nbsp;et sa Tora est Vérité. Dans la Guemara, on est prêt à raconter cette histoire même si on doit avoir honte, car nous savons que notre Tora est «&nbsp;<em>EMET&nbsp;</em>» (Vérité) et par là nous apprenons ce que nous ne devons pas faire. Hachem exige de nous la perfection, nous devons constamment rechercher le <em>EMET</em>.</p>
<p>La haine engendre la haine. Comme on l’imagine, Bar Kamtsa suffoquait de rage contre l’hôte cruel et les convives qui n’avaient pas eu ne serait-ce qu’un mot pour lui épargner un tel affront. Il ne fit pas moins que d’aller trouver l’Empereur romain Néron et dénonça les Juifs, les accusant de rébellion contre Rome.</p>
<p><strong><em>Bar Kamtsa a dit&nbsp;: «&nbsp;étant donné que les Rabbanim, Maîtres du Talmud étaient là et ne sont pas intervenus, je peux déduire qu’ils étaient consentants. Je vais les dénoncer au roi. Il alla trouver le gouverneur en chef et lui a dit&nbsp;: «&nbsp;les Juifs se révoltent contre toi.&nbsp;» Il lui a dit&nbsp;: «&nbsp;Quelle est ta preuve&gt;&nbsp;?&nbsp;»</em></strong></p>
<p><strong><em>«&nbsp;Offre un sacrifice pour leur Temple, et regarde s’ils l’offrent.&nbsp;» Il a envoyé par son intermédiaire un beau veau.</em></strong></p>
<p><strong><em>En chemin, il a fait un «&nbsp;moum&nbsp;» (défaut) à l’animal, moum qui rend Passoul (inapte) chez les Bné israël et n’est pas considéré comme un défaut chez les idolâtres.</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="Style2"><strong><em>Les Maîtres de la Tora ont voulu apporter le Korban pour conserver la paix avec le pouvoir romain</em></strong>. En effet, les rabbins avaient un pressentiment. Ils flairaient un piège dans cette histoire. Ils étaient donc prêts à sacrifier l’animal, pour ne pas mettre tout le peuple en danger.&nbsp; <strong><em>Une discussion eut lieu parmi les Sages du Sanhédrine</em></strong>. Fallait-il offrir ce sacrifice malgré tout pour se garder les bonnes grâces de l’Empereur, ou fallait-il appliquer la loi divine et le disqualifier&nbsp;?</p>
<p>Rabbi Zekhariah ben Avkoulas dit alors&nbsp;: <strong><em>«&nbsp; Les gens verront qu’il est permis d’offrir des animaux présentant des défauts physiques&nbsp; </em></strong>(si des enfants qui ne comprennent pas bien ), il vont en tirer un enseignement faux.&nbsp;» Les Sages se résignèrent à ne pas faire le sacrifice, advienne ce qu’il advienne.</p>
<p>Ils ont pensé le tuer. (Certains dirent alors&nbsp;: «&nbsp;Ce Bar Kamtsa complote pour nous faire tous massacrer. Condamnons-le à mort et faisons-le exécuter) avant qu’il ne puisse aller dire à l’Empereur que son sacrifice a été refusé.&nbsp;»</p>
<p>Mais Rabbi Zekhariah ben Avkoulas qui était très <em>anav</em> (humble)objecta à nouveau&nbsp;: «&nbsp;Si nous faisons cela, les gens vont dire que la loi est que celui qui crée un défaut physique à un animal consacré est passible de mort.&nbsp;»</p>
<p class="Style2"><strong>En effet,&nbsp;Rabbi Yo’hanane dira plus tard : «L’extrème humilité de Rabbi Zacharia ben Abkoulas a détruit le Temple,a brûlé notre sanctuaire et nous a exilés de notre terre.<br />
</strong>L’empereur, ayant appris que le sacrifice n’avait pas été offert, signe d’une rébellion prochaine selon son informateur Bar Kamtsa, envoya ses légions sur Jérusalem.</p>
<p class="Style2">&nbsp;Hachem a fait en sorte qu’on apprenne que le <em>Horban Beith Hamikdash</em> (destruction du Temple) est arrivé par cette histoire de <em>Sin’at ‘Hinam</em> (haine gratuite).</p>
<p class="Style2">‘Habakouk a fait tenir toute la Tora sur&nbsp;une seule Mitsva&nbsp;:&nbsp;« le Juste vivra grâce à sa <em>Emouna</em> (confiance)&nbsp;».</p>
<p class="Style2">Celui qui vit dans une <em>Emouna</em> parfaite, qui dans toutes les situations, dans tous les problèmes, se tourne d’abord vers Hachem celui-là pourra respecter toute la Tora.</p>
<p class="Style2">Le Rav a raconté qu’un jour alors qu’il était enfant, il a oublié que c’était Chabat et a voulu écrire avec le beau stylo que son père lui avait offert. Quand son père lui a dit que c’était «&nbsp;<em>Mouktsé&nbsp;</em>» (interdit de Chabbat), c’est Chabbat, l’enfant troublé, a réagi en disant «&nbsp;ce n’est pas Chabbat&nbsp;», et a voulu continuer à écrire. Et c’est seulement après avoir eu une grosse fessée de son père, chose exceptionnelle, qu’il a accepté de dire «&nbsp;c’est Chabbat&nbsp;». Et&nbsp;l’importance de dire le <em>EMET</em> est rentrée profondément en lui.</p>
<p class="Style2">Lorsqu’on fait une faute grave, on n’aime pas le reconnaître. On ne réalise pas que le manque de <em>Emouna</em> et <em>Bita’hon&nbsp;</em> est une faute très grave. Lorsque Sarah a entendu qu’elle allait avoir un enfant, elle a ri. Aussitôt Hachem a demandé à Avraham «&nbsp;pourquoi Sarah a-t-elle ri&nbsp;?&nbsp;». Avraham demande à Sarah «&nbsp;pourquoi as-tu-ri&nbsp;? Et elle répond en niant&nbsp;: «&nbsp;je n’ai point ri&nbsp;» Comment cela se fait-il qu’elle a ri, et comment est-ce possible qu’elle ait menti&nbsp;?</p>
<p class="Style2">Les <em>Avot Hakdoshim</em> (Saints Patriarches) ont vécu toute leur vie avec la <em>Emouna</em> que rien ne dépend de la nature pour Hachem Il n’y a pas de différence entre une femme de 18 ou de 90 ans. Elle aurait dû répondre «&nbsp;<em>Amen&nbsp;</em>». Elle manquait de <em>Emouna</em>. Le «&nbsp;<em>Pgam&nbsp;</em>» (défaut)&nbsp; dans la Emouna aurait causé un <em>Pgam</em> dans la descendance. Elle avait honte devant Avraham <em>Avinou</em> d’avoir fait une faute aussi grave&nbsp;! C’est la faute la plus grave dans le monde, c’est la base de toutes les <em>Mitsvot</em>. Elle a voulu la cacher. Sarah a nié en étant prise sur le fait d’une faute très grave, la faute de manque de <em>Emouna</em>. Mais elle a fait <em>Techouva</em> (s’est repenti) aussitôt. On voit qu’elle a réparé sa faute car après la naissance de Its’hak, elle a fait une <em>Chira</em> (cantique) pour exprimer que Hachem peut tout (Ramban).</p>
<p class="Style2">De là on va comprendre la gravité de <em>Sin’at ‘Hinam, </em>la haine gratuite. Rabbi ‘Haïm Vital et le Gaon de Vilna disent que&nbsp; <em>Sin’at ‘Hinam</em> vient de la jalousie. N’importe quelle sorte de jalousie. Et la base de toutes les jalousies, c’est un manque de <em>Emouna</em>. Celui qui croit que Hachem donne à chacun ce qu’il lui faut et ce qu’il mérite, n’a pas de raison d’être jaloux. Celui qui dit du<em> Lashon Hara</em> (médisance), renie (est <em>kofer</em>) le fondement que tout dépend de Hachem On oublie que Hachem est le <em>Baal Habayit</em> (Maître de maison) du monde (quand on se met en colère, on oublie Hachem).<br />
La haine gratuite est construite sur du manque de <em>Emouna</em>, de <em>Bita’hon</em> (confiance)&nbsp;en Hachem.</p>
<p class="Style2">Les Nations s’opposent férocement et ouvertement à la <em>Emouna</em>. Hachem nous a placés parmi les Non-Juifs pour que nous prouvions avec force que nous sommes «&nbsp;<em>Maaminim Bachem</em>&nbsp;» (Croyants en D.).</p>
<p class="Style2">La haine gratuite est cachée dans le cœur, cela ne se voit pas comme les relations sexuelles interdites, le meurtre, l’idolâtrie qui sont des fautes extérieures, visibles. Pour une «&nbsp;maladie&nbsp;» extérieure la «&nbsp;guérison&nbsp;» arrive après 70 ans. Pour une «&nbsp;maladie cachée, on ne sait pas quand arrivera la «&nbsp;guérison&nbsp;».</p>
<p class="Style2">&nbsp;Un cordonnier qui se trompe et fait une chaussure un peu trop grande ou un peu trop large, ça arrive. Mais un cordonnier qui fait&nbsp;deux chaussures droites, ce n’est plus un cordonnier. De même, un <em>Chamach</em> qui connait parfaitement les relations diplomatiques et qui se trompe, quel <em>Chamach</em> est-il&nbsp;? C’est Hachem qui a invité Bar Kamtsa&nbsp;!!</p>
<p class="Style2">Voilà des Juifs qui font très bien les Mitsvot, le <em>‘Hessed</em> (générosité) et cachent dans leurs cœurs qu’ils se font du mal l’un à l’autre. H. dit «&nbsp; je vais faire en sorte que ces&nbsp;deux juifs très bien, très <em>froums</em> se rencontrent dans un même festin. Vous allez voir ce qui va sortir du cœur de ces 2 Juifs très bien. Ils vont se comporter comme des animaux&nbsp;!&nbsp;»</p>
<p class="Style2">En voyant «&nbsp;celui-là&nbsp;» invité par erreur, il aurait pu se dire «&nbsp;c’est la volonté d’Hachem, que puis-je faire contre cela&nbsp;? Qu’il reste. Il est devenu un «&nbsp;<em>Harédi apikoros&nbsp;</em>» (religieux renégat).<br />
Et l’autre voyant que cet homme-là veut le faire sortir, aurait pu se dire «&nbsp;c’est la volonté d’Hachem&nbsp;» Je sors. Qui est le véritable <em>Baal Habayit</em> (maître de maison)&nbsp;? Les&nbsp;deux ont oublié que c’est Hachem. Chacun voulait montrer son <em>Kavod</em> (honneur) et prouver qu’il aurait raison jusqu’au bout. Les<em> tsarot </em>(souffrances) lavent l’homme de ses fautes pour qu’il arrive pur et saint au <em>Olam Haba</em> (monde futur). La plus grande <em>tsara</em>, c’est d’avoir honte en public. Bar Kamtsa a reçu la plus grande punition qu’un homme peut recevoir. S’il avait eu de la <em>Emouna</em>, il aurait dû remercier H. pour cela. Il a fait un premier mensonge&nbsp;: les Juifs vont se révolter. Un deuxième mensonge&nbsp;: un <em>moum</em> (défaut) qui n’est pas un <em>moum</em>.</p>
<p class="Style2">Lorsque les Sages ont discuté pour savoir ce qu’il fallait faire du Korban (sacrifice), H. était tellement en colère qu’il ne leur a pas donné «&nbsp;<em>Siyata Dichmaya</em>&nbsp;» (aide du Ciel).&nbsp; Hachem s’est éloigné en réaction aux Bné Israël qui se sont éloignés.</p>
<p class="Style2">ה’ צלך על יד ימניך , H. est notre ombre, Il est la projection de nos actes.<br />
A l’approche de Jérusalem,&nbsp;Néron (sans rapport avec l’empereur du, même nom), commandant des légions romaines, décocha une flèche vers l’est. Elle tomba sur Jérusalem. Il en décocha une autre vers l’ouest, et elle tomba sur Jérusalem. Toutes les flèches lancées attaquaient Jérusalem. Néron, impressionné par ces signes, voulut savoir si c’était l’effet du hasard ou un présage.<br />
Néron, homme cultivé qui connaissait déjà certains us et coutumes des Juifs, interrogea un enfant en lui demandant de réciter le verset qu’il venait d’apprendre.<br />
L’enfant récita un verset d’Ézéchiel, 25/14: « J’exercerai ma vengeance sur Édom par la main de mon peuple, Israël… ».<br />
Néron pensa: « Le Saint Béni Soit-il veut détruire Son Temple et m’en faire porter la responsabilité ». Et il s’en fut aussitôt se convertir au judaïsme.<br />
Rabbi Meïr sera un des descendants de Néron.</p>
<p class="Style2">L’Empereur envoya Vespasien qui,<strong>&nbsp;</strong>à son tour, assiégea Jérusalem, un siège qui dura près de trois ans. Les conséquences de l’action désespérée de Bar Kamtsa se sont fait sentir.<br />
En l’an 68 de l’ère chrétienne, 3828 de la création du monde, le 2e Temple fut détruit comme le premier Temple le 9 Av !</p>
<p>Environ 50 ans plus tard,<strong>&nbsp;</strong>ce fut la destruction de Béthar, elle aussi le 9 Av, après la révolte de Bar Ko’hba, sous le règne de l’empereur Adrien.</p>
<p class="Style2">&nbsp;Les Juifs ne s’étaient pas révoltés contre l’Empereur. C’était du <em>Chéker</em> (mensonge) et l’Empereur romain a détruit le Temple. La haine gratuite est construite sur du mensonge, «&nbsp;l’autre a pris mon <em>kavod</em> !&nbsp;» (<em>Mida kenégued Mida,</em> mesure contre mesure).</p>
<p class="Style2">Pendant les 3 semaines, pour commencer un «&nbsp;<em>Tikoun&nbsp;</em>» une réparation sur le plan de la haine gratuite et du manque de <em>Emouna</em> et de <em>Bita’hon</em>, le Rav a recommandé de faire la <em>Tefila</em> chaque matin. Au minimum «&nbsp;<em>Bra’hot</em> du matin, <em>Chema</em>, <em>Emeth</em> et <em>Amida&nbsp;</em>». Et si on peut aussi faire <em>Min’ha</em> , c’est encore mieux. Par cela, nous proclamons que nous croyons en Hachem qui est le seul qui peut nous faire réussir toutes nos actions de la journée. Si les enfants voient leur maman faire la <em>Tefila</em>, c’est un «&nbsp;<em>Kiddoush Hachem.</em>&nbsp;».<br />
D’autre part, tout au long de la journée, si on a quelque chose à faire, s’habituer à dire un chapitre de Tehilim (Psaumes), en particulier le chapitre 13 qui est en rapport avec la prolongation de l’exil. Si c’est difficile, le résultat et la récompense seront d’autant plus grands. Lire ces psaumes rapproche la <em>Gueoula</em> (délivrance finale).</p>
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		<title>LA TEFILA, UNE ENTREPRISE VIVANTE ! par Mme Caty Zyzek</title>
		<link>https://yechiva.com/la-tefila-une-entreprise-vivante-par-caty-zyzek/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Caty Zyzek]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 May 2025 13:46:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La prière]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée juive]]></category>
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					<description><![CDATA[Deux hommes ont ouvert, chacun séparément, un magasin pour vendre du tissu. Chacun des deux a acheté la même quantité de marchandises pour son magasin. L’un d’eux vient chaque jour dans son magasin, passe en revue d’un simple regard toute sa marchandise qui y est entreposée, mentionne verbalement chaque sorte de tissu, du début à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux hommes ont ouvert, chacun séparément, un magasin pour vendre du tissu. Chacun des deux a acheté la même quantité de marchandises pour son magasin. L’un d’eux vient chaque jour dans son magasin, passe en revue d’un simple regard toute sa marchandise qui y est entreposée, mentionne verbalement chaque sorte de tissu, du début à la fin, après cela il verrouille son magasin et rentre chez lui. C’est ainsi qu’il se comporte jour après jour.</p>
<p>L’autre vient lui aussi chaque jour dans sa boutique, mais s’efforce de vendre les tissus. Et réellement, le magasin bourdonne des nombreux clients. Un client qui entre, l’autre qui sort. Les marchandises sont vendues et il en rachète de nouvelles et vend à nouveau et son commerce grandit de jour en jour.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Si nous voulons définir la situation de ces deux magasins, comment allons-nous les définir ? L’un est une entreprise vivante, l’autre est une entreprise morte ! La même marchandise, en qualité et en quantité, était entreposée dans les deux magasins, et malgré cela, dans l’un est menée une affaire vivante et dans l’autre une affaire morte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cette description est donnée par le Saba de Kelm, que sa mémoire soit bénie, (Hochma Oumoussar, Partie 2, article 25) au sujet de la Tefila.</p>
<p>Deux personnes se tiennent debout et prient chaque jour trois Tefilot, trois prières. Les deux portent même leur intention pour le sens des mots. Malgré cela, auprès de l’un d’eux est menée une entreprise vivante, et auprès du deuxième, une entreprise morte ! L’un d’eux traduit dans sa pensée les mots de la Tefila dans la langue qu’il parle, une traduction mot-à-mot. Il est comme un homme qui passe en revue du regard jour après jour, les marchandises qui sont déposées dans son magasin, et énumère avec sa bouche ce qu’il a dans son magasin. Cela est une entreprise morte, car en fait il ne pourra pas grandir et s’enrichir de la marchandise déposée dans son magasin sans échange. De même un homme qui ne fait que transcrire et traduire dans sa pensée la Tefila dans sa langue, en fait, la Tefila revient sur elle-même tous les jours. Lorsqu’il traduit un mot précis du texte de la Tefila dans sa langue, il n’y a pas là de remplacement, mais seulement une traduction (une copie) du mot et ne se rajoute aucun sentiment, aucune méditation nouvelle ; c’est cela une entreprise morte.</p>
<p>En vérité, Le Saint-béni-soit-Il ne prive aucune créature de son juste salaire. Mais se développer à partir de cette entreprise, il n’y a aucune chance. De la manière dont il a prié dans son enfance, ainsi il priera toute sa vie, comme il est venu, ainsi il s’en ira !</p>
<p>Mais par contre un homme qui essaye de saisir le contenu de chaque mot, qui essaye de se représenter devant ses yeux d’une façon sensible ce qui est caché dans ce mot là, ses pensées se renouvelleront chaque jour. Vont naître en lui jour après jour des sentiments nouveaux et de nouvelles pensées : voilà une entreprise vivante grâce à laquelle l’homme croît de jour en jour.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Et à première vue, il se trouve que l’homme dit à chaque Tefila le même texte ; comment est-ce possible que ce même texte fasse surgir toujours des sentiments nouveaux ?</p>
<p>Rabbi ‘Haïm MiVolozin, que sa mémoire soit bénie, écrit (Néfesh Ha’haïm 2, ch. 13) que toute personne qui réfléchit comprendra, qu’il n’y a pas d’homme dans le monde, qui aurait la capacité de fixer un texte de Tefila, dans lequel seront incluses toutes les réparations, Tikounim, de tous les mondes, et que pendant des milliers d’années ce même texte de Tefila pourra réparer toujours de nouvelles réparations jusqu’à la venue du Libérateur. C’est uniquement les membres de la Grande Assemblée, qui étaient 120 Anciens et parmi eux quelques prophètes, au moment où ils ont fixé le texte de la Tefila ; le Souffle Sacré est apparu sur eux et a placé dans leur bouche les mots de la Tefila, comptés, mesurés et pesés. En fait,&nbsp; nous ne cherchons pas à nous investir dans les secrets de la Tora, mais nous voyons de ses paroles quel univers est enfoui dans chacun des mots de la Tefila, et ce n’est déjà plus étonnant, que ce même mot soit capable de faire émerger toujours des sentiments nouveaux. Ce même passage est dit par tout le peuple juif, Sages de la Tora et simples du peuple ; femmes et enfants, dans tout ce que la vie leur réserve comme situations, malgré cela, chacun pourra ressentir, s’il prie en portant son attention, que le passage correspond précisément à la situation dans laquelle il se trouve à ce moment-là.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous disons dans le Kriat Chema : וְהָיוּ הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם עַל לְבָבֶךָ, «&nbsp;Et elles seront ces paroles-là que je t’ordonne aujourd’hui sur ton cœur » (Deut. 6,6) et nos Sages, que leur mémoire soit bénie, expliquent qu’elles soient sur vous nouvelles comme si elles avaient été données aujourd’hui (voir Rashi sur Deut. 11,13). Apparemment, leur intention serait : du fait de l’affection envers les paroles de la Tora ; c’est-à-dire que nous devons nous rattacher aux paroles de la Tora avec une affection tellement puissante comme si elles étaient nouvelles parce que nous les avons reçues aujourd’hui.</p>
<p>Mais le Saba de Kelm, que son mérite nous protège (‘Hochma oumoussar chap. 1 p. 232) explique que les paroles de la Tora sont vraiment nouvelles toujours, car toujours on y trouve des choses nouvelles qui ne s’étaient pas dévoilées à nous les fois précédentes, comme le dit la Guemara dans Erouvin 54 : נמשלו דברי תורה כדד מה דד זה כל זמן שהתינוק ממשמש בו מוצא בו חלב אף דברי תורה כל זמן שאדם הוגה בהן מוצא בהן טעם, « Pourquoi les paroles de Tora ont été comparées au sein ? De même que ce sein, tout le temps que le nourrisson le sollicite, il y trouve du lait, de même les paroles de Tora, tout le temps que l’homme les médite, il y trouve du goût ». Et en fait le nourrisson tête à chaque fois un autre lait ; automatiquement ces paroles de Tora sont à chaque fois effectivement nouvelles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La Tefila en cela est égale aux paroles de Tora. Celui qui prie avec attention trouve dans ces mêmes mots, chaque jour, des sentiments nouveaux et des pensées nouvelles, qu’il n’a jamais ressentis ni pensés ! Comme ce qu’a écrit Rabbi Moshé ‘Haïm Luzzato, que sa mémoire soit une bénédiction, dans Derekh Ets ‘Haïm, que « la Tora est comme une braise qui lorsque l’homme souffle dessus, elle se transforme en flamme, dans laquelle il y a de nombreuses nuances (teintes), et toutes étaient latentes et enfermées dans la braise, et plus il s’y investit (dans le fait de souffler) plus vont se dévoiler à lui des lumières encore et encore. Chaque lumière éclaire de 600 000 façons, en correspondance avec les âmes juives. Il en est de même pour la Tefila&nbsp;». ודבריו חיים,&nbsp;«&nbsp;Et Ses paroles sont vivantes », disons-nous dans la Tefila de « Emeth Veyatsiv ». Le rituel de la Tefila, ce ne sont pas des mots imprimés sur du papier, mais un conduit à travers lequel coulent sans cesse des eaux vivantes, dans lesquelles on trouve toujours du goût.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le roi David dit au Créateur du monde : בכל יום אברכך, « Tous les jours, je te bénirai », et il est expliqué dans le Nefesh Ha’haïm (Chaar 1) que « Bra’ha » (bénédiction), c’est du langage multitude et supplément. Pourtant le texte de la Bra’ha revient sur lui-même un nombre incalculable de fois, mais le contenu de la Bra’ha, c’est tous les jours un univers nouveau, une abondance et un supplément de קדושה (sainteté). ודבריו חיים וקיימים ונאמנים ונחמדים לעד ולעולמי עולמים&nbsp; « Et Ses paroles sont vivantes et durables, de confiance et agréables pour toujours et pour les mondes des mondes ».</p>
<p>Et explique Rav Yts’hak Meltsen, que la mémoire du juste soit une bénédiction, dans son commentaire Sia’h Yits’hak sur le siddour du Gaon de Vilna, que c’est l’habitude des gens, lorsqu’ils se procurent une chose précieuse et très agréable, alors le premier jour, elle leur est agréable et leur joie est infinie. Lorsque quelques jours sont passés, le plaisir diminue. Et après de nombreux jours va complètement disparaître le sentiment de grâce. Mais les paroles du Créateur du monde, « sont agréables pour toujours ». Et pas seulement cela, « pour toujours et pour les mondes des mondes », ce qui signifie que la nature humaine, c’est qu’une chose qui est agréable pour un enfant d’un an ne le sera pas pour un enfant de six ans, et ce qu’un enfant de six ans désire, cette même chose sera en horreur dans le cœur d’un adulte, et ce qui sera agréable pour un adulte sera en horreur pour un vieillard ; et ce qui sera agréable pour un homme mortel sera dégoûtant pour un homme après sa mort. Mais les paroles du Créateur du monde sont agréables pour « toujours » dans toutes les périodes de l’homme sur la terre, et « pour les mondes des mondes » dans tous les mondes. « Sur nos ancêtres et sur nous, sur nos enfants et sur nos générations ». Le même texte de Tefila pour tout le peuple d’Israël, pour toutes les générations et dans toutes les situations dans le monde, et malgré cela, si quelqu’un a le mérite de prier avec méditation, il n’y a pas une Tefila qui ressemble à une autre. Chaque Tefila dévoile devant lui des points&nbsp; qu’il ne concevait même pas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Si on demande à quelqu’un : « est-ce que la journée d’aujourd’hui s’est passée comme celle d’hier ? » Evidemment qu’il va répondre par la négative. « Comme avant-hier ? » Il va encore répondre négativement. Il n’y a pas un jour de toutes les années de notre vie qui soit identique à un autre jour. Les situations sont différentes, aussi bien extérieures qu’intérieures, et la Tefila correspond avec une précision extraordinaire à la situation dans laquelle l’homme se trouve maintenant. Comment alors les Tefilot peuvent-elles être identiques ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nos Sages expliquent sur la Tefila (Bra’hot 6b) : דברים העומדים ברומו של עולם, ובני אדם מזלזלים בהם, « Des choses qui se trouvent au sommet du monde et que les gens méprisent ». Cette expression-là que nous employons au sujet du Créateur du monde ברום עולם מושביך « Au sommet du monde se trouve ta résidence », celle-là même nos Sages l’emploient pour la Tefila ! Si nos Sages disent que la Tefila se trouve au sommet du monde, l’explication de cette chose, c’est qu’elle est apte à élever l’homme jusqu’au sommet du monde ! Et l’homme, au lieu de s’élever grâce à la Tefila jusqu’au sommet du monde, tire la Tefila לבירא עמיקתא dans un puits profond et reste là-bas. Si nous savions ce que nous pouvons provoquer par notre Tefila, nous aurions une toute autre attitude envers elle.</p>
<p>Sur le verset dans Parachat Toldot (Genèse 25, 21) ויעתר יצחק לה׳, « et Yts’hak a imploré H. », la Guemara dans Yevamot 64 explique que la Tefila des Tsadikim (des Justes) est comparée à une fourche (עתר) qui est l’ustensile avec lequel on retourne la récolte. Et pourquoi cela ? La Guemara dit : מה עתר זה מהפך את התבואה בגורן ממקום למקום, אף תפלתן של צדיקים מהפכת דעתו של הקדוש ברוך הוא ממידת אכזריות למדת רחמנות.&nbsp; De même que cette fourche renverse la récolte d’un endroit à l’autre, de même la Tefila des Tsadikim renverse les attributs du Saint Béni soit-Il, de l’attribut d’irascibilité à l’attribut de compassion. Le Maharcha explique : la fourche renverse la récolte pour séparer la balle du grain ; de même, la Tefila des Tsadikim éloigne l’attribut de justice et laisse l’attribut de pitié.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand on médite à cela, en fait, c’est terrible. En étude, on progresse d’année en année. Lorsque l’homme peine dans l’étude et répète après quelques années le même sujet de débat, il est contraint de reconnaître qu‘il se rend compte que l’étude d’alors était superficielle. A chaque fois qu’il retourne à ce même sujet d’étude, se dévoilent à lui des choses nouvelles. Ce qui était un jour du « lomdess » (étude approfondie), aujourd’hui c’est du pchat (lecture simple). Imaginons-nous qu’un homme lise un passage de Guemara, trois fois par jour, et qu’il traduise les mots d’araméen dans sa langue, sans réflexion, alors c’est une activité, une entreprise morte ! Dans la Tefila, la même Tefila que nous avons priée dans notre enfance, nous la prions dans notre adolescence ; et jusqu’à la maturité et la vieillesse. Et en fait les Sages avec leur vision perçante, comparent la Tefila à une « fourche » qui renverse la récolte ; l’explication de cela : c’est qu’au moment où nous nous apprêtons à prier, les membres de la Grande assemblée ont placé dans nos mains une fourche, pour que nous renversions ! Renversions les malades en bien-portants, les fauteurs en repentis, que nous renversions ceux qui sont éloignés de la tradition en respectueux de la loi de la Tora, que nous amenions de la paix dans le monde ! Chacun d’entre nous, lorsqu’il se tient debout dans la Tefila, est un Chalia’h Tsibour, un ministre-officiant (littéralement un délégué de la communauté), même lorsque l’on prie tout seul ! Car le Gaon de Vilna écrit dans ses interprétations originales de la Tora (au début du cinquième chapitre de Bra’hot) que c’est pour cela qu’a été instituée la prière du Shmoné Esré au pluriel, car son essence c’est une Tefila sur la communauté, pour que le Saint Béni-soit-il ramène dans la Techouva tous ceux qui se trompent, et qu’il guérisse tous ceux qui gémissent dans leurs souffrances etc. Et nous nous tenons avec la « fourche » dans nos mains, et laissons toute la récolte dans le champ comme elle était, sans rien mettre en œuvre du tout !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quelle est la raison pour laquelle nous dédaignons tellement la Tefila? Parce que nous y ressentons de la sécheresse. Comme une herbe sèche. Imaginons-nous : si&nbsp; D. avait&nbsp; créé la nourriture sans aucun goût, et que l’homme aurait dû manger seulement pour conserver le corps, il n’y a aucun doute qu’une grande partie de l’humanité se laisserait aller à mourir de faim ; le plaisir de la nourriture, c’est cela qui incite à manger. Nous ressentons de la sécheresse dans la Tefila, sans vitalité et sans goût ; nous la percevons à un niveau inférieur. Si nous réussissons à trouver du goût dans la Tefila, nous réussirons à nous élever avec elle ! Et quelle est la démarche ?</p>
<p>Sur l’essentiel du sujet de la Tefila, le Saba de Kelm, que le mérite du Tsadik nous protège, objecte (Ho’hma oumoussar 2ème partie, article 1) : en fait Le Saint Béni-Soit-Il a pitié sur l’homme, beaucoup, beaucoup plus que ce que l’homme a pitié sur lui-même, et ressent sa grande souffrance, mais alors si c’est ainsi pourquoi avons-nous donc besoin de faire la Tefila ? Il objecte encore : nos Sages, que leur mémoire soit une bénédiction, appellent la Tefila עבודה, service, travail, en disant : איזו היא עבודה שבלב-זו תפילה, quel est le service qui s’accomplit dans le cœur ? C’est la Tefila (Taanit 2a). Et a priori quelle « עבודה », quel service est-ce lorsque l’homme demande ses besoins personnels ? Et il dit : que tous les sujets dans le monde sont fondés sur une relation de cause à effet. Le médecin prescrit des médicaments, on les prend et on guérit ! On fait du commerce et on s’enrichit ; on sème des grains et cela pousse, on vend et on gagne. Cette notion est imprimée dans l’homme d’une façon effrayante. La Tefila doit faire exploser cette pensée-là. Comment ? Tout le sujet de la Tefila c’est de se représenter à soi-même, que la véritable cause de tout c’est le Créateur Béni-Soit-Il. Et cela c’est vraiment une grande עבודה, un grand travail, de faire vivre devant ses yeux, avec des représentations sensibles ou avec des représentations intellectuelles, que c’est le Créateur qui est la cause de tout. Et lorsqu’il demande la guérison, la subsistance et ses autres besoins, ce n’est en fait que pour se rappeler à lui-même qu’il est entre ses mains. Que le Créateur du monde accomplisse sa demande ou non, ce n’est&nbsp; pas le sujet, car la vérité est que ce qui est vraiment bien pour lui, cela il ne le sait pas et il doit avoir la conviction que le Saint Béni-soit-Il fera ce qui est bien pour lui. Mais étant donné que pour un être de chair, le sauvetage du malheur, c’est la meilleure chose pour lui, donc il doit prier que le Créateur du monde le sauve du malheur, et que c’est Lui l’unique force dans le monde qui peut le sauver de ce malheur, mais ce qui est vraiment bien pour lui cela il ne le sait pas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Rav Eliahou Lopian, que le souvenir du Tsadik soit une bénédiction, fait remarquer à propos de la demande que fait Moshé Rabbenou au Saint Béni-Soit-Il avant sa mort (Nombres 27, 16-17) « יִפְקֹד ה׳ אֱלֹהֵי הָרוּחֹת לְכָל בָּשָׂר אִישׁ עַל הָעֵדָה אֲשֶׁר יֵצֵא לִפְנֵיהֶם וַאֲשֶׁר יָבֹא לִפְנֵיהֶם וַאֲשֶׁר יוֹצִיאֵם וַאֲשֶׁר יְבִיאֵם וְלֹא תִהְיֶה עֲדַת ה׳ כַּצֹּאן אֲשֶׁר אֵין לָהֶם רֹעֶה&nbsp; Que le D. des souffles de toute chair nomme un homme sur la communauté qui sorte devant eux et qui vienne devant eux et qui les fasse sortir et les ramène, et que ne soit pas l’assemblée de D. comme un troupeau qui n’a pas de berger. » A priori, lorsqu’un homme parle à son ami et qu’il craint que son ami n’estime pas l’importance du sujet et sa gravité, il lui donne une parabole, pour qu’à l’aide de cette parabole il réussisse à comprendre et atteindre le fond de sa pensée. Mais là c’est Moshé Rabbenou qui parle au Saint Béni-Soit-Il ; est-ce que D. a besoin ‘Halila d’une parabole, pour comprendre l’importance du sujet du chef ! Rav Eliahou Lopian que sa mémoire soit une bénédiction, a répondu que Moshé Rabbenou a donné la description pour lui-même : Créateur du monde ! Le peuple juif a besoin d’un chef ! Moshé Rabbenou voulait se représenter à lui-même combien terrible serait la situation si le chef adéquat n’était pas trouvé, et il a dit : le peuple juif sans chef c’est comme un troupeau sans berger ; afin que sa demande pour la nomination d’un chef sorte des profondeurs de son cœur !</p>
<p>Lorsqu’on médite à la Tefila d’Avraham Avinou sur Sodome (Genèse 18, 23-33) : on voit une chose extraordinaire, il est écrit là-bas : «&nbsp; וַיִּגַּשׁ אַבְרָהָם וַיֹּאמַר הַאַף תִּסְפֶּה צַדִּיק עִם רָשָׁע אוּלַי יֵשׁ חֲמִשִּׁים צַדִּיקִם בְּתוֹךְ הָעִיר הַאַף תִּסְפֶּה וְלֹא תִשָּׂא לַמָּקוֹם לְמַעַן חֲמִשִּׁים הַצַּדִּיקִם אֲשֶׁר בְּקִרְבָהּּ חָלִלָה לְּךָ מֵעֲשֹׂת כַּדָּבָר הַזֶּה לְהָמִית צַדִּיק עִם רָשָׁע וְהָיָה כַצַּדִּיק כָּרָשָׁע חָלִלָה לָּךְ הֲשֹׁפֵט כָּל הָאָרֶץ לֹא יַעֲשֶׂה מִשְׁפָּט וַיֹּאמֶר ה׳ אִם אֶמְצָא בִסְדֹם חֲמִשִּׁים צַדִּיקִם בְּתוֹךְ הָעִיר וְנָשָׂאתִי לְכָל הַמָּקוֹם בַּעֲבוּרָם.&nbsp; Et Avraham s’est avancé et a dit : et même feras-tu périr le juste avec le mécréant ? Peut-être y-a-t-il 50 justes dans la ville, feras-tu quand même périr et ne pardonneras-tu pas à ce lieu pour les 50 justes qui sont en elle ! ‘Halila sur toi de faire une chose pareille, de faire mourir le juste avec le mécréant, et que le Tsadik sera comme le Racha, ‘Halila sur toi, le juge de toute la terre ne ferait-t-il pas de jugement ?! Et D. a répondu, si je trouve à Sodome 50 justes dans la ville, je pardonnerai à tout ce lieu grâce à eux. » A priori qu’est-ce donc toute cette longueur ? A l’instant où Avraham a dit : Peut-être y-a-t-il 50 justes dans la ville, D. aurait dû l’interrompre et lui dire : « Il n’y a pas 50 justes », et pourquoi lui a-t-Il donné la permission de continuer et de dire « ‘Halila sur toi » etc. et plus encore que cela : pourquoi l’a-t-Il laissé demander : peut-être y en a-t-il 45 ? peut-être 40, peut-être 30 ? peut-être 20, peut-être 10? Dès qu’il a dit « Peut-être y a-t-il 50 justes dans la ville » D. aurait dû l’interrompre, au milieu de ses paroles et lui dire « il n’y en a même pas 10 » !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Comme dit, on voit là un sujet magnifique. Dans la Tefila, le point essentiel, ce n’est pas que la demande se réalise, mais la Tefila elle-même, c’est elle le but, car elle nous dévoile que la cause de tout c’est : le Créateur du monde, et cette Tefila nous élève au sommet du monde.</p>
<p>Le Créateur du monde a donné la possibilité à Avraham Avinou de demander dans sa Tefila, malgré le fait qu’elle n’était pas de mise, et lui a laissé terminer toutes ses paroles, parce que la Tefila est une grandeur extraordinaire pour le créé, que la demande soit réalisée ou qu’elle ne soit pas réalisée, et c’est pour cela que le Créateur du monde n’a pas voulu l’empêcher de prier ! Et sa Tefila en effet a été gravée à tout jamais ! « אשרי שא-ל יעקב בעזרו&nbsp; Heureux celui dont le D. de Yaakov est son aide » ; heureux est l’homme car le D. de Yaakov l’aide, mais même s’il n’a pas le mérite de cette aide, et n’a pas le mérite que sa demande soit accomplie, de toute façon heureux est-il car son espoir est en Hashem son D.&nbsp; « שִׂבְרוֹ עַל ה׳ אֱלֹהָיו Heureux est-il celui dont l’espérance est dans D. » (תהלים קמ׳׳ו ה׳). L’essentiel de l’espérance qui est en D. c’est cela le bonheur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous ne connaissons pas suffisamment la grandeur de la Tefila, mais nous manque aussi la connaissance de la grandeur de l’âme. Il nous manque la confiance dans la grandeur de l’âme, que l’un d’entre nous soit capable de s’entretenir directement avec le Créateur du monde, que chacun d’entre nous puisse être le délégué de l’ensemble du peuple juif. Nos Sages, que leur mémoire soit une bénédiction, se sont préoccupés là-dessus et on dit (Bra’hot 28) : וכשאתה מתפלל-דע לפני מי אתה מתפלל et lorsque tu pries, sache devant qui tu pries. Et la signification, selon ce qu’écrit Rabbi Moshé ‘Haïm Luzzato, que sa mémoire soit une bénédiction, lorsqu’il explique les composants de la ‘hassidout (Chap. 19) « qu’il se tient debout vraiment devant le Créateur que Son Nom soit béni ». La Tefila, ce ne sont pas des « idées ». La Tefila c’est une réalité concrète, qu’il se tient debout vraiment devant le Créateur du monde. « Et il fait du commerce avec Lui ». Comme un vendeur et un client qui font du commerce ensemble, ainsi l’homme fait du commerce, si l’on peut dire avec Lui béni-soit-il. Il demande au Créateur du monde une requête particulière, et le Créateur du monde veut une compensation… Comme si D. disait : tu veux de moi le discernement, la guérison, la subsistance etc. Qu’es-tu prêt à investir comme prix en retour ?! Exactement comme la représentation du Saba de Kelm avec le marchand de tissus. « Bien que l’œil humain ne puisse pas le voir. Et tu verras que c’est cela le plus difficile, qu’il se représente dans le cœur de l’homme une image véritable, parce que les sens ne l’aident pas du tout pour cela. En vérité, celui qui possède une intelligence juste, avec un peu de méditation et d’attention, pourra fixer dans son cœur la vérité de la chose ; que cette chose soit fixée et plantée dans son cœur et pas une quelconque pensée changeante ;&nbsp; comment peut-il venir faire du commerce vraiment avec le Créateur, et devant Lui il implore et de Lui il demande et Lui Béni-soi-Il l’écoute, prête son attention à ses paroles, comme un homme parlerait avec son prochain, et son ami écoute attentivement et&nbsp; entend ce qu’il dit. » Cela c’est un monde nouveau ! Pas des « idées » et pas de « l’idéologie » et pas la traduction des mots, mais une discussion véritable avec le Créateur !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le ‘Hazon Ish que la mémoire du Tsadik soit une bénédiction, dans une lettre adressée à un correspondant, pour qu’il continue à étudier dans la Yéchiva et à peiner dans la Tora, écrit (partie 1, 23) : « Le labeur fait une acquisition éternelle dans l’âme, comme on sait et l’essentiel : c’est de faire précéder la Tefila (pour la réussite de ce labeur). Le service de l’homme est sublimé par la Tefila. » Pas une Tefila vague, mais une Tefila noble (אצילות,&nbsp;«&nbsp;l’émanation » est le monde le plus élevé des quatre mondes spirituels) ; une Tefila qui&nbsp; le fait monter au sommet du monde. « Se représenter comme vivant, comment Le Saint Béni Soit-Il écoute la conversation de nos lèvres et prête l’oreille aux pensées du cœur. » Le ‘Hazon Ish, que la mémoire du Tsadik soit une bénédiction, a dévoilé avec deux mots où est cachée la clef pour ressentir de la vitalité dans la Tefila : représentation ! matérialisation (concrétisation) : se représenter comme vivant ! Et grandeur de l’âme !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« Qu’est-ce qu’une grande maison ? » Nos Sages de mémoire bénie disent (Meguila 27a), « בית שמגדלים בו תורה ותפילה Une maison dans laquelle on élève Tora et Tefila », où l’on donne à la Tora et à la Tefila des dimensions de grandeur.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LE CHANT DE LA FEMME JUIVE, PREPARATION A SHAVOUOT, par Mme Caty Zyzek</title>
		<link>https://yechiva.com/le-chant-de-la-femme-juive-preparation-a-shavouot-par-mme-caty-zyzek/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Caty Zyzek]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 May 2025 09:22:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chavouot]]></category>
		<category><![CDATA[Fêtes]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://yechiva.com/le-chant-de-la-femme-juive-preparation-a-shavouot-par-mme-caty-zyzek/</guid>

					<description><![CDATA[LE CHANT DE LA FEMME JUIVE, PREPARATION A SHAVOUOT. par Mme Caty Zyzek Ce cours est dédié à la mémoire de Mikhal David Bat Sarah &#160; Shavouot&#160;: – Matan Tora : Don de la Tora. D. nous donne la Tora – Kabalat Hatora : réception de la Tora. Nous recevons la Tora. Les hommes ont [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="center">LE CHANT DE LA FEMME JUIVE, PREPARATION A SHAVOUOT. par Mme Caty Zyzek</p>
<p align="center">Ce cours est dédié à la mémoire de Mikhal David Bat Sarah</p>
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<p><strong>Shavouot&nbsp;</strong>:</p>
<p>– Matan Tora : Don de la Tora. D. nous donne la Tora</p>
<p>– Kabalat Hatora : réception de la Tora. Nous recevons la Tora.</p>
<p>Les hommes ont une Mitsva formelle d’étudier la Tora, les femmes n’ont pas cette Mitsva. Pourtant le verset משלי א, ח (Proverbes, 1.8) dit&nbsp;:&nbsp; «&nbsp;שמע בני מוסר אביך ואל תטוש תורת אמך&nbsp;»&nbsp;»&nbsp;: <em>«&nbsp;Ecoute mon fils la remontrance de ton père, et n’abandonne pas la «&nbsp;Tora&nbsp;» de ta mère</em>&nbsp;».</p>
<p>Ce verset est paradoxal. On s’attendrait à la Tora de son père qui a l’obligation de l’enseigner à son fils. Et aux remontrances de sa mère, qui est plus dans le domaine quotidien de l’éducation. Quelle est donc cette «&nbsp;Tora maternelle&nbsp;», féminine plus particulièrement&nbsp;?</p>
<p>La Tora nous a été transmise par Moshé Rabbénou, secondé par son frère Aharon. Au moment de la traversée de la Mer Rouge, un personnage féminin apparaît, c’est Myriam, la prophétesse, qui va entraîner les autres femmes à reprendre la שירה de Moshé Rabbénou. Or, la Tora, comme nous le verrons au cours de cette étude, est souvent nommée שירה, cantique. Peut-être avons-nous la une piste à suivre pour découvrir cette Tora féminine, qui est si fondamentale que la Tora en est qualifiée&nbsp;?</p>
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<p>Le <strong>Rav Ittamar Schwartz</strong>, auteur des livres Bilvavi Mishkan Ebané, propose une étude, une réflexion et un enseignement, en préparation à Shavouot, sur la notion de «&nbsp;שירה, le chant, ou le cantique&nbsp;». Son exposé, essentiellement basé sur la שירה de la prophétesse Myriam à la traversée de la Mer Rouge, est un enseignement sur ce que peut être la Avoda spécifique des femmes juives, et plus particulièrement par rapport au don de la Tora et à Shavouot.</p>
<p>Il pose plusieurs questions et relève plusieurs idées centrales&nbsp;:</p>
<p>– Quelle est la Avoda de la femme en regard de celle de l’homme qui est l’étude de la Tora ? Il ne remet en aucune façon en question l’étude des femmes, mais s’interroge sur ce qui les fait mériter le monde futur, et les relie au don de la Tora, qui n’est pas identique à ce qui fait mériter les hommes et ce qui relie les hommes au don de la Tora (Traditionnellement, les hommes méritent le monde futur par leur étude de la Tora, les femmes peuvent et doivent étudier, mais ce n’est pas ce qu’on considère qui leur fait mériter le monde futur).</p>
<p>– Dans toute la période qui précède le don de la Tora jusqu’au don lui-même à Shavouot, on ne voit qu’un seul personnage féminin influent, c’est Myriam la sœur de Moshé Rabbénou. C’est elle qui va entraîner les femmes après la traversée de la Mer Rouge. On peut affirmer qu’elle a eu un rôle d’enseignante pour les femmes, reste à exprimer de quel enseignement il s’agit. Et qu’a-t-elle fait d’exceptionnel qui lui a fait mériter d’être la femme qui a enseigné aux autres à la sortie d’Egypte ?</p>
<p><strong>Verset Exode 15.20&nbsp;:</strong></p>
<p>וַתִּקַּח מִרְיָם הַנְּבִיאָה אֲחוֹת אַהֲרֹן אֶת-הַתֹּף בְּיָדָהּ, וַתֵּצֶאןָ כָל-הַנָּשִׁים אַחֲרֶיהָ בְּתֻפִּים וּבִמְחֹלֹת</p>
<p><em>Et Myriam la prophétesse a pris le tambourin dans sa main&nbsp;; et toutes les femmes sont sorties après elle avec des tambourins et des danses</em>.</p>
<p><strong>Rav Shimshon Raphaël</strong> <strong>Hirsch</strong> enseigne : Nous voyons dans ce verset l’expression «&nbsp;<em>la sœur d’Aharon&nbsp;</em>»&nbsp;; sa position dans le peuple parmi les femmes était identique à la position d’Aharon parmi les hommes. De même qu’Aharon a répandu les paroles de Moshé Rabbénou parmi les hommes, ainsi Myriam l’a fait parmi les femmes.</p>
<p>– Quelle est donc cette notion de שירה, mot féminin, en opposition à שיר, mot masculin ? Et qu’est-ce donc qu’une שירה, nous avons l’enseignement qui dit que le roi ‘Hizkyahou aurait pu être le Machia’h, et la Guemara dit que c’est le fait qu’il n’ait pas chanté de שירה qui l’a disqualifié.</p>
<h2><strong>Quel rapport ont eu les femmes à l’événement du Mont Sinaï ?</strong></h2>
<p>Comme on le sait, à l’événement du Mont Sinaï se sont tenus aussi bien les hommes que les femmes. Tous ont entendu les 10 Paroles, la parole de D. Tous ont accepté la Tora au Mont Sinaï.</p>
<p>Et donc, la tradition essentielle qui est restée pour les hommes après l’événement du Mont Sinaï, c’est l’étude de la Tora. Quelles sont les choses que les femmes peuvent mettre en œuvre pour se relier à cet événement exceptionnel qui n’a pas eu d’équivalent dans toute l’Histoire ?</p>
<p>Et aussi, lorsqu’arrive la fête de Shavouot chaque année, quel est le point d’insertion des femmes dans cette fête de la Tora&nbsp;?</p>
<h2><strong>L’activité des femmes dans le Gan Eden</strong></h2>
<p>Avant de répondre à ces questions fondamentales, arrêtons-nous pour réfléchir à une question différente mais dont la base est identique. Nous avons tous la croyance ferme et savons qu’un homme qui accomplit les Mitsvot dans ce monde-ci, lorsqu’il quitte ce monde, arrive au Gan Eden. Et que fait l’homme lorsqu’il est arrivé au Gan Eden&nbsp;? Evidemment, les hommes qui ont étudié la Tora dans ce monde-ci et qui ont le mérite de résider au Gan Eden, de la même façon qu’ils ont étudié la Tora dans ce monde-ci, ainsi ils mériteront de l’étudier au Gan Eden. Cependant nous devons nous interroger, que font les femmes qui sont méritantes et qui arrivent au Gan Eden, pendant tellement d’années&nbsp;?</p>
<p>Lorsque nous comprendrons et apprendrons des paroles de nos maîtres ce que font les femmes au Gan Eden, nous comprendrons également comment les femmes se relient au Mont Sinaï, et quelle est la préparation de chaque femme pour la fête du don de la Tora.</p>
<h2><strong>L’unicité de la prophétesse Myriam</strong></h2>
<p>Dans toute la période de la Sortie d’Egypte, la Traversée de la Mer Rouge et le Don de la Tora, le principal personnage féminin que l’on rencontre dans le ‘Houmash, c’est Myriam la prophétesse.</p>
<p>Après avoir traversé la Mer Rouge, les Enfants d’Israël voient leurs ennemis morts au bord de la mer. Ils se rendent compte de la puissance de D. Leur crainte de D. est renforcée ainsi que leur confiance dans «&nbsp;Son serviteur Moshé&nbsp;». Et transportés d’une émotion intense, ils entonnent la שירה.</p>
<p>Et c’est alors que la Tora dit au sujet&nbsp;de Myriam :</p>
<p>וַתִּקַּח מִרְיָם הַנְּבִיאָה אֲחוֹת אַהֲרֹן אֶת-הַתֹּף בְּיָדָהּ, וַתֵּצֶאןָ כָל-הַנָּשִׁים אַחֲרֶיהָ בְּתֻפִּים וּבִמְחֹלֹת. וַתַּעַן לָהֶם מִרְיָם: שִׁירוּ לַ-ה׳ כִּי-גָאֹה גָּאָה, סוּס וְרֹכְבוֹ רָמָה בַיָּם</p>
<p>C’est la première occurrence de la Tora où une femme est appelée prophétesse (on voit au sujet d’Avraham Avinou «&nbsp;<em>car il est prophète</em> » Genèse 20.7).</p>
<p><strong>Rachi</strong> nous explique : où voit-on qu’elle a prophétisé ? (Voir מסכת מגילה י״ד עמוד א׳) Alors qu’elle n’était que « sœur d’Aharon comme l’expression que nous voyons dans le verset ci-dessus, et qu’elle a dit ma mère va enfanter un garçon » lorsqu’elle s’adresse à son père Amram et l’entraîne à se remarier avec leur mère Yocheved, ce qui aura comme conséquence la naissance de Moshé Rabbénou.</p>
<p>On a donc déjà vu son esprit d’entreprise alors qu’elle n’était qu’une enfant, et après avoir traversé la Mer Rouge son caractère entreprenant s’exprime à nouveau, elle enflamme les autres femmes et les entraîne à chanter une שירה.&nbsp; C’est elle qui prend le tambourin, et le Midrach a coutume de dire : כל המתחיל בדבר הוא העיקר, « <em>celui qui commence une chose, c’est lui le principal</em>&nbsp;»&nbsp;(לקח טוב). Et les femmes se laissent entraîner par son enthousiasme et vont après elle avec des tambourins et des danses. Comment se fait-il qu’elles avaient des tambourins&nbsp;?</p>
<p><strong>Rachi&nbsp;</strong>: Les femmes vertueuses de cette génération avaient confiance qu’Hakadosh Baroukh Hou, Le Saint, Béni-soit-Il, leur ferait des miracles, et c’est donc pour cela qu’elles ont sorti des tambourins d’Egypte.</p>
<p>Le texte de la Tora met en relief la grande influence de Myriam en faisant remarquer que «&nbsp;toutes&nbsp;» les femmes l’ont suivie (bien que וַתֵּצֶאןָ, elles sont sorties, est incomplet et laisse sous-entendre qu’en réalité elles n’ont pas toutes effectivement chanté et dansé.) L’expression de reconnaissance à D. par Myriam et les autres femmes trouve une innovation créatrice, et cela crée dans le camp des femmes une expérience de foi profonde et multidirectionnelle.</p>
<p>Le texte choisi par Myriam est également différent de celui de Moshé Rabbénou. On pourrait penser a priori que Myriam reprend l’expression de son frère, mais en y regardant de près, ce n’est pas le cas&nbsp;; il y a une différence significative entre les paroles de Moshé et celles de Myriam. Moshé commence la שירה à la première personne du singulier&nbsp;: <em>אשירה לה׳ כי גאה גאה</em>, alors que Myriam se tourne vers l’assemblée des femmes qui l’entoure et l’associe à cette expérience de foi en prononçant&nbsp;: <em>שירו לה׳ כי גאה גאה</em>. Myriam est la première personnalité féminine qui s’adresse à la collectivité, et d’ailleurs sa vie de famille est passée sous silence dans le texte de la Tora. Et en cela elle est bien «&nbsp;la sœur d’Aharon&nbsp;» qui lui aussi se dévoue entièrement pour la collectivité, qui est proche des gens et se soucie de leur vie, alors que sa vie familiale est cachée. (Yeshiva.org.il)</p>
<p>Nous allons être amenés à réfléchir sur cette notion de שירה. Quel est cet enseignement, cette direction que la prophétesse Myriam va transmettre aux femmes&nbsp;?</p>
<h2><strong>La Tora est qualifiée de שירה</strong></h2>
<p>Dans le ‘Houmash, nous trouvons souvent le mot « שירה », et en général, ce terme est utilisé pour qualifier la Tora elle-même. Il y a donc un abord de la Tora qui correspond à cette notion.</p>
<p>Par exemple&nbsp;:</p>
<p>– Avant שׁירת האזינו : Deutéronome 31.18 : <em>Et maintenant écrivez ce cantique</em></p>
<p><strong>La Voix de La Tora</strong>&nbsp;: Rachi explique qu’il s’agit du Cantique de האזינו. Cependant la tradition juive s’est conformée aux paroles de Maïmonide qui a adopté la formulation suivante&nbsp;: Il est un devoir pour chaque Juif d’écrire un Séfer Tora pour soi-même. Car il est dit&nbsp;: «&nbsp;<em>Ecrivez-vous ce Cantique&nbsp;</em>»&nbsp;: cela veut dire «&nbsp;écrivez-vous la Tora dans laquelle se trouve ce Cantique&nbsp;», vu qu’on n’écrit pas la Tora en chapitres découpés.</p>
<p>– Deutéronome 31. 21 : &nbsp;וְעָנְתָה הַשִּׁירָה הַזֹּאת לְפָנָיו לְעֵד</p>
<p>«&nbsp;<em>Cette </em><em>שירה</em><em> là portera témoignage en face de Lui éternellement car elle ne sera pas oubliée de la bouche sa descendance</em>&nbsp;» (et la Guemara explique que ce verset est dit au sujet de la Tora Kedosha.)</p>
<p>– Deutéronome 31.19 : וְעַתָּה, כִּתְבוּ לָכֶם אֶת-הַשִּׁירָה הַזֹּאת « <em>et maintenant écrivez pour vous cette </em><em>שירה</em> là&nbsp;»</p>
<p>A propos de ce verset, Rachbam commente&nbsp;: «la mise en ordre des paroles s’appelle שירה.&nbsp;»</p>
<p><strong>La Voix de la Tora</strong>&nbsp;: Deutéronome 31.24.&nbsp;: il est à remarquer que la Tora elle-même est parfois comprise comme un cantique, שירה. Nous avons expliqué Exode 15.1 combien l’homme a besoin de s’élever à un concept supérieur de l’Histoire, pour voir en elle non pas le résultat de simples facteurs matériels, mais l’action concertée de la Providence divine. «&nbsp;Il doit s’inspirer à la source qui anime l’esprit des prophètes pour avoir la vision de D.&nbsp; passant au-dessus des Nations et présidant à leur destinée. Cette vision quasi prophétique est empreinte d’un caractère exaltant, qui s’exprime non pas dans la prose ordinaire, mais dans la poésie et les symphonies musicales&nbsp;» (Rav J. L. Bloch, שׁעורי דעת, ב׳ : ט׳׳ו)</p>
<p>– Dans la Parachat ‘Houkat, avant la שׁירת הבּאר, le Cantique du puits, בּמדבּר כּ״א י״ז, Nombres 21.17, nous trouvons le verset : אָז יָשִׁיר יִשְׂרָאֵל, אֶת-הַשִּׁירָה הַזֹּאת&nbsp; עֲלִי בְאֵר, עֱנוּ-לָהּ « c’est alors qu’Israël chantera ce cantique : « Jaillis, ô puits ! Acclamez-le ! »</p>
<p><strong>Daat Zekenim</strong>&nbsp;: lorsque Les Enfants d’Israël ont eu le Puits, ils ont chanté de joie, car ils s’attendaient à mourir de soif là-bas, eux et leurs troupeaux.</p>
<p><strong>Ohr Ha’hayim</strong>&nbsp;: de quoi s’agit-il dans cette שירה&nbsp;? Et pourquoi n’ont-ils pas chanté une שירה pour la manne comme ils en ont chanté sur l’eau&nbsp;? Il est possible que cette שירה porte sur la Tora, qui est appelée בּאר מים, puits d’eau parce que la Tora est comparée à l’eau.</p>
<p>Il est possible que Moshé Rabbénou ne soit pas mentionné dans ce verset, parce qu’ils ont chanté au sujet de Moshé car le puits est revenu par son mérite, alors qu’il avait cessé depuis la mort de Myriam. Et c’est pour cette raison que Myriam n’est pas mentionnée dans cette שירה. (Voir aussi le Kli Yakar sur ce verset).</p>
<p><strong>La Voix de la Tora, Rabbin Munk</strong> : d’après le Zohar, ce cantique comme d’ailleurs les autres qui se trouvent dans le Pentateuque, est consacré à l’union des sphères d’en bas et des sphères d’en haut ; aussi ce cantique est l’expression la plus fervente du vœu à réaliser cette harmonie suprême. Aussi ce cantique s’annonce-t-il au futur אָז יָשִׁיר, alors chantera, tout comme celui de la Mer Rouge, qui commence par les mêmes mots. Le temps prévu pour ces cantiques est le futur permanent : ils retentissent, à toutes les époques, de l’harmonie de D. et d’Israël.</p>
<p>Acclamez-le&nbsp;: signifie littéralement&nbsp;: répondez-lui en chœur, c’est de là que s’est répandu le bruit que le puits avait chanté, et que les paroles des Princes et du peuple n’ont été que la réponse au chant du puits.</p>
<p>En fait, la שירה de Moshé Rabbénou à la Traversée de la Mer Rouge portait sur le fait que les Enfants d’Israël qui avaient été asservis de longues années en Egypte ont eu le mérite après cela d’être délivrés grâce aux 10 plaies, de sortir d’Egypte, de traverser la Mer Rouge et d’être délivrés de leurs ennemis.</p>
<p>Et il est clair que les miracles qui sont arrivés à l’assemblée d’Israël ne se sont pas conclus avec la Traversée de la Mer Rouge, mais que cela a été le début de l’origine des miracles au cours des générations.</p>
<h2><strong>La notion de שירה</strong></h2>
<p>Commençons par méditer. En général quand des hommes veulent composer des chants, certains prennent des versets et leurs composent une mélodie, et d’autres composent les paroles du chant sur la base de toutes sortes de pensées et réflexions.</p>
<p>Dans le verset de Deutéronome 31.19 (Haazinou), <strong>Ramban</strong> commente «&nbsp;pour qu’Israël la répète toujours en la chantant et psalmodiant&nbsp;».</p>
<p>Mais si on approfondit la réflexion, en fait le véritable chant juif, sa racine est du langage שרשרת, chaîne. Et c’est pour cela que le sujet du chant juif fondamental est une composition de maillons, c’est-à-dire la réunion d’événements et de situations qui au départ ont l’air de n’avoir aucun rapport entre eux, mais lorsque l’on voit leur but final merveilleux, se crée par là une שירה et un remerciement qui jaillit des profondeurs du cœur.</p>
<p>Le pouvoir de la שירה véritable et fondamentale a pour fonction de relier les choses étapes après étapes pour arriver à un jaillissement de reconnaissance au Créateur des mondes sur Sa conduite extraordinaire de Son univers.</p>
<p>Prenons comme exemple le sujet de Yossef qui a été emmené en Egypte. Evidemment, lorsqu’au départ on entend le déroulement des événements, et tout ce qui lui arrive alors qu’il est à l’étranger, qui inclut qu’il a été jeté dans la fosse, sa vente d’un maître à l’autre, l’abus de la femme de son maître qui l’a finalement conduit en prison, etc., tout cela entraîne pleurs et souffrance.</p>
<p>Mais lorsque l’on découvre la fin positive, et que l’on voit comment 600&nbsp;000 enfants d’Israël sont sortis d’Egypte avec de grandes richesses, la שירה et la reconnaissance du fond du cœur jaillissent spontanément.</p>
<p>Quelqu’un qui ne médite pas, voit chaque détail de sa vie comme des éléments disparates et isolés ; par contre lorsque l’on réfléchit plus profondément sur la vie, et que l’on relie en une seule chaîne tous les événements qui nous arrivent, on distingue comment chaque maillon de cette chaîne-là a un but et une fonction claire et ainsi se dévoile une merveilleuse שירה.</p>
<h2><strong>La Tora de ta mère</strong></h2>
<p>Il est écrit dans le verset שמע בני מוסר אביך ואל תטוש תורת אמך » : משלי א, ח &nbsp;» (Proverbes 10.8)</p>
<p>«&nbsp;<em>Ecoute mon fils la remontrance de ton père, et n’abandonne pas la «&nbsp;Tora&nbsp;» de ta mère&nbsp;».</em></p>
<p>Ce verset exprimé d’une façon inattendue nous éveille l’intuition qu’il y a une Tora qui est plus particulièrement transmise par l’intermédiaire des femmes.<br />
Par exemple, on voit que Léa a été la première à exprimer sa reconnaissance à D.</p>
<p>Hanna a été la première à faire la prière à voix basse. Et nous suivons quotidiennement son exemple.</p>
<p>Myriam, comme nous l’avons vu, a repris la שירה de Moshé Rabbénou, mais sur un mode et même des paroles renouvelées.</p>
<p>C’est cela la véritable force qui est transmise aux femmes, que toute mère juive doit transmettre à ses enfants, ce regard particulier sur les événements personnels de la vie, et plus que cela, le regard global qui entrelace l’enchaînement de l’histoire génération après génération.</p>
<p>A première vue, il faut comprendre quelle Tora enseigne la mère, on n’a jamais entendu que la mère enseigne la Michna ou la Guemara à ses fils&nbsp;; pourquoi le verset attribue-t-il l’étude et l’enseignement de la Tora à la mère&nbsp;?</p>
<p>En fait, à la lumière de ce qui a été dit précédemment, les mots du verset sont parfaitement compréhensibles, car étant donné que la part que les femmes ont dans la Tora, c’est un regard de שירה, alors c’est cela la Tora que la mère enseigne à ses enfants, un regard juste sur les événements de la vie, et une compréhension précise que chaque situation a sa logique dans la longue chaîne de la vie.</p>
<p>Chaque mère élève ses enfants depuis le moment de leur naissance, puis elle continue et les accompagne dans toutes les étapes de leur croissance jusqu’au jour où le garçon devient Bar-Mitsva, et la fille Bat-Mitsva, et avec l’aide d’Hakadosh Baroukh Hou méritent de se marier.</p>
<p>C’est pour cela que nos Sages ont expliqué (Sanhédrin 22a) au sujet du verset «&nbsp;il fait sortir les prisonniers de leurs entraves (בכושרות) (Psaumes 68. 7) que le mot בכושרות est un Notarikon (contraction de mots) de בכי ושירות, avec pleurs et chants, c’est-à-dire que lorsque l’enfant naît, il sort du ventre de sa mère en pleurant, mais lorsque l’on mérite de l’introduire dans l’étape du mariage, là c’est le moment de la שירה, et l’on reconnait et loue Hakadosh Baroukh Hou qui nous a fait vivre et nous a maintenus et nous a fait atteindre ce moment-là.</p>
<p>Quel est donc le sujet de cette שירה, pourquoi jaillit-elle justement à cette étape-là&nbsp;?</p>
<p>Lorsqu’on arrive à une étape significative dans la vie, d’une façon naturelle on s’arrête un instant, on repense à tout ce qui s’est passé depuis l’instant où l’enfant est né, combien d’investissement a nécessité son éducation, on scrute tous les événements qu’il a traversés jusqu’à son mariage, et, à partir de là, la שירה jaillit d’elle-même.</p>
<p>C’est cela la véritable Tora que toute mère juive doit transmettre à ses enfants&nbsp;: «&nbsp;<em>תורת אמך</em>&nbsp;», la Tora du regard global sur la vie, étape après étape, ces maillons-là qui composent la chaîne qui crée la שירה.</p>
<p>La partie de la Tora qui s’appelle שירה, c’est la partie qui appartient aux femmes, c’est à partir de là qu’elles se connectent à l’événement du Mont Sinaï, au don de la Tora, et à la fête de Shavouot, année après année.</p>
<p>Maintenant que nous avons défini que la part qui revient aux femmes dans l’événement du Mont Sinaï c’est la שירה, nous allons nous efforcer d’éclaircir ces propos, et de comprendre cette שירה de Tora qui appartient aux femmes.</p>
<h2><strong>La place centrale de Myriam dans la Sortie d’Egypte</strong></h2>
<p>Nous devons comprendre que la force de la שירה qui a été transmise aux femmes est un point central et très important chez le Peuple juif, et comme nous pourrons l’apprendre de la prophétesse Myriam elle-même.</p>
<p>Premièrement, les Sages nous ont enseigné (Sota 12b) que le grand mérite de la naissance de Moshé Rabbénou est attribué à la prophétesse Myriam.</p>
<p>Comme on sait, lorsque Pharaon a imposé son décret mécréant sur le Peuple juif «&nbsp;tout garçon qui naîtra vous le jetterez au fleuve&nbsp;» (Exode 1.22), Amram, père de Myriam avait pris la décision de divorcer. Et c’est alors que Myriam est allée vers lui et l’a fait changer d’avis et renoncer à ce comportement, en disant&nbsp;: «&nbsp;ton décret est plus sévère que celui de Pharaon, car Pharaon n’a décrété que sur les garçons, ton décret concerne aussi bien les filles que les garçons.&nbsp;» Et son père a accepté sa revendication justifiée, il a repris sa vie de couple avec son épouse et c’est ce qui a entraîné la naissance de Moshé Rabbénou.</p>
<p>Après cela, lorsqu’ils ont été contraints de déposer Moshé dans un berceau et de le jeter dans le fleuve, c’est Myriam qui l’a accompagné et s’est souciée d’une nourrice pour lui, qui n’était autre que sa propre mère.</p>
<p>Et ainsi, il se trouve que toute la sortie d’Egypte, qui s’est produite par l’intermédiaire de Moshé Rabbénou, peut être attribuée à Myriam.</p>
<p>Plus que cela encore, après la Sortie d’Egypte, lorsque les Enfants d’Israël ont vécu dans le désert, ils avaient trois «&nbsp;פרנסים » Parnassim (nourriciers) Myriam, Aharon et Moshé, et selon les paroles connues des Sages (Taanit 9a) le puits qui les a accompagnés dans le désert était par le mérite de Myriam, les nuées de gloire qui les entouraient étaient par le mérite d’Aharon et la manne qui tombait pour eux était par le mérite de Moshé. (Nombres 20.2&nbsp;: <em>or, la communauté manqua d’eau, et ils s’ameutèrent contre Moshé et Aharon.</em> <strong>Rachi&nbsp;</strong>: «&nbsp;Par-là, nous apprenons que, durant les 40 années passées dans le désert, ils avaient eu l’usage du puits grâce aux mérites de Myriam.&nbsp;»</p>
<p>Les Sages ont enseigné aussi (Sota 11b) que c’est <em>«&nbsp;par le mérite des femmes vertueuses que les Enfants d’Israël ont été délivrés d’Egypte</em>&nbsp;». Et à la lumière de ce qui a été dit, il se trouve donc que la première femme par le mérite de laquelle ils ont été délivrés, c’est Myriam la prophétesse.</p>
<p>La signification de son nom, disent les Sages (Chemot Rabba 26) vient du mot מרירות amertume. C’est-à-dire que lorsque Myriam chantait la שירה, c’était au sujet de ce qui avait l’air au départ comme des pleurs et de l’amertume, et qui s’est transformé en fin de compte en שירה.</p>
<p>De même, nous trouvons le soir du Séder, qu’en même temps que nous mangeons les herbes amères, nous chantons le Hallel dans lequel nous louons et reconnaissons et chantons le miracle de la Sortie d’Egypte, et en cela il y a un dévoilement de l’essence de Myriam qui transforme l’amertume en שירה.</p>
<p>Et ainsi, la שירה de Myriam se prolonge tout le temps au cours des générations. Cela ne signifie pas que l’on chante le même chant tout le temps, mais tous les miracles qui se produisent au cours de toutes les générations, deviennent un enchaînement unique d’une longue שירה .</p>
<h2><strong>La mise en application de la שירה des femmes dans la vie concrète</strong></h2>
<p>Maintenant que nous avons expliqué que la part des femmes dans la Tora c’est la שירה, essayons d’éclaircir comment il est possible de mettre en œuvre les choses concrètement.</p>
<p>Toute femme doit consacrer de son temps chaque jour et essayer de réfléchir un peu à ce qui lui est arrivé depuis le jour de sa naissance jusqu’à présent, quels événements et étapes essentiels elle a traversé dans sa vie, et réfléchir et distinguer comment Hakadosh Baroukh Hou occasionne le déroulement de tous les détails.</p>
<p>Celle qui réfléchit à ses événements personnels va découvrir de nombreuses « coïncidences » qui lui sont arrivées dans sa vie qui peuvent s’assembler en une merveilleuse chaîne et qui peuvent provoquer de chanter une louange qui va jaillir du cœur et une action de grâce à son Créateur.</p>
<p>On raconte au sujet du Hafetz Hayim qu’il se réservait un temps chaque jour pour se remémorer les points essentiels qui lui étaient arrivés depuis sa naissance jusqu’à ce jour-là. Et ensuite il disait&nbsp;: «&nbsp;Maître du monde, je te suis reconnaissant sur tout ce que j’ai pu étudier dans la Tora, sur le fait que j’ai pu écrire le ‘Michna Broura’, que j’ai pu écrire le livre ‘Chmirat Halachone’, que tu m’as donné une épouse si bonne, que j’ai eu le mérite d’avoir un gendre si exceptionnel, etc.</p>
<p>Chaque personne qui va consacrer du temps pour cela et va méditer sur sa vie personnelle sera surprise de découvrir qu’elle aussi peut assembler une chaîne merveilleuse composée de tous ces miracles qui l’accompagnent par protection personnelle tous les jours de sa vie.</p>
<p>Au début cela vaut la peine d’essayer de créer ‘de petites chaînes’, d’associer et d’assembler peu d’événements, et petit à petit élargir l’amplitude de la chaîne, et en conséquence de cela les pierres précieuses qui la composent commenceront à briller plus, et aussi la mélodie deviendra plus harmonieuse.</p>
<p>Au sujet du Machia’h il est dit (Isaïe 51.4)&nbsp;: «&nbsp;<em>La Tora, d’où sortira-t-elle&nbsp;?</em> », et les Sages ont expliqué (Lévitique Raba 13) une innovation de Tora sortira de moi. Et nos maîtres expliquent que de même que sont racontés dans la Tora les événements de la vie d’Avraham et Sarah, Yits’hak et Rivka et ceux qui viennent après eux, ainsi est-ce raconté dans cette « Tora nouvelle » toute l’histoire que tout le Peuple Juif a traversé pendant 6000 ans, et alors on pourra comprendre comment tous les événements avec toutes leurs ramifications s’additionnent pour une longue chaîne unique.</p>
<p>Et ainsi, pour arriver à une chaîne éternelle qui englobe toutes les générations, est nécessaire la « Tora ‘Hadasha » du Machia’h, cependant il y a la possibilité pour chacun d’atteindre une chaîne avec une portée restreinte qui inclut les événements de sa vie personnelle.</p>
<p>Pour atteindre la situation dans laquelle la שירה de la vie éclate du cœur, cela nécessite une réflexion profonde.</p>
<p>Lorsque l’on consacre du temps pour réfléchir aux combinaisons privées qu’Hakadosh Baroukh Hou a rajoutées pour chacun dans sa vie, et qu’on a une réflexion sincère et profonde, on perçoit la profondeur des bienfaits dont D. nous a gratifié, et de là on éveille les profondeurs du cœur qui ressent le besoin de remercier Hakadosh Baroukh Hou, et l’homme en arrive à une situation dans laquelle il commence à chanter des chants, selon le texte du Kouzari qui dit que le niveau qui s’appelle שירה, c’est lorsque le cœur est tellement rempli et débordant qu’il explose en chant..</p>
<p>C’est cela « la Tora de ta mère » qui incombe à toute mère juive d’enseigner à ses enfants. C’est elle qui les élève pendant toutes ces années, et c’est elle qui doit leur faire acquérir le regard qui relie tous les événements.</p>
<p>Lorsque la mère associe les événements dans sa vie personnelle, et qu’elle est reconnaissante à Hakadosh Baroukh Hou du plus profond de son cœur à tel point qu’elle entame un chant à Hakadosh Baroukh Hou, c’est cela la Tora qu’elle enseigne et transmet en héritage, et au lieu de chanter à côté du lit des enfants des berceuses qui n’ont pas toujours une origine pure, les enfants grandissent avec une שירה de louange et de reconnaissance qui éclate des profondeurs du cœur de leur maman.</p>
<h2><strong>La שירה des femmes&nbsp;: unique et différente d’une femme à l’autre</strong></h2>
<p>Cela doit être clair pour nous tous, que la Tora qui doit se dévoiler auprès des femmes, peut se dévoiler de l’âme de chacune d’entre elles.</p>
<p>A la différence de la Tora que les hommes étudient, tout au moins en partie, qui s’apprend d’un enseignant, que ce soit un Rav qui enseigne aux élèves, que ce soit ce qu’on étudie dans un beith hamidrach en ‘Havrouta, que ce soit ce qu’on a lu dans un livre, au contraire la Tora que les femmes doivent apprendre, n’est pas apprise d’une personne particulière, mais la Tora éclate du cœur de chacune sous la forme d’une שירה.</p>
<p>Une différence supplémentaire entre la Tora des hommes et celles des femmes, c’est que la Tora des hommes est une Tora collective, alors que la Tora des femmes est une Tora personnelle de chacune qui vient des profondeurs de son cœur, et qui a pour source les événements de la vie qui composent les maillons de la שירה, la chaîne de chacune.</p>
<p>C’est la raison pour laquelle il n’y a pas de livre dans lequel on peut apprendre la notion «&nbsp;<em>la Tora de ta mère</em>&nbsp;», mais c’est sur quelque chose de similaire que porte le verset (Proverbes 3.3)&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;<em>écris-les sur la tablette de ton cœur</em>&nbsp;», étant donné que la Tora des femmes est taillée de la perception personnelle du cœur de chacune.</p>
<p>Comme on l’a dit, pour pouvoir dévoiler cette Tora, chacune doit effectivement réserver du temps dans son quotidien pour méditer aux événements de sa vie, et pour que cette méditation se fasse de la bonne manière, il est recommandé d’étudier le « שער הבחינה », la Porte de l’introspection dans le livre ‘Hovot Halevavot (avec le commentaire clair Lev Tov), qui éveille et ouvre la réflexion de l’homme et permet de voir et dévoiler le bienfait dans les détails personnels de la vie de chacune.</p>
<p>Lorsqu’un homme veut acheter un collier à son épouse, il va dans une bijouterie, et choisit le meilleur collier qu’il peut y trouver. Sauf que d’une manière générale, le fabricant ne crée pas un seul collier de ce modèle, mais a priori il y en a d’autres identiques.</p>
<p>Par contre, un homme plus riche se rend chez l’orfèvre et lui commande de créer un collier unique pour être assuré qu’il ne s’en trouvera pas un autre identique dans le monde, et il exigera même une garantie sur l’exclusivité du collier, en spécifiant qu’au cas où sa femme découvrirait qu’il y a un autre collier identique, il rapporterait le collier à la bijouterie.</p>
<p>Etant donné qu’il n’existe pas une telle réalité de deux personnes qui ont une vie identique, et que les événements de la vie que traversent chacune ne se ressemblent pas, il ressort que la שירה, la chaîne dont nous avons parlé, est une chaîne unique qui appartient à chacune en privé, et on n’en trouvera nulle part une autre identique.</p>
<h2><strong>La שירה de la femme juive&nbsp;: préparation appropriée pour le Gan Eden</strong></h2>
<p>Nous connaissons le verset (Tehilim, 90, 10) : « ימי שנותינו בהם שבעים שנה ואם בגבורת שמונים שנה ורהבם עמל ואון כי גז חיש ונעפה ». <em>Les jours de nos années dans les 70 ans, et si c’est dans les merveilles 80 ans et leur arrogance de l’effort et du faux. Loin vite et on s’envole</em> (Traduction d’Henri Meschonnic)</p>
<p>Et comme chacun sait, aucun n’a d’assurance qu’il vivra éternellement.</p>
<p>Il y a un traité qui a pour objet le Gan Eden, qui mentionne la «&nbsp;section des femmes vertueuses&nbsp;», et cette section «&nbsp;appartient&nbsp;» à Myriam la prophétesse. Et que font là-bas les femmes vertueuses&nbsp;? Elles continuent la שירה de Myriam la prophétesse qu’elles ont commencée à la Traversée de la Mer Rouge&nbsp;!</p>
<p>Et si nous nous posons la question : combien de temps peut-on chanter ce même chant ? La réponse est la suivante : c’est que le fondement de ce chant est la שירה de Myriam à la Traversée de la Mer Rouge, cependant en tout temps et à toute époque s’ajoutent de nouvelles strophes à ce chant, en conséquence des miracles et des prodiges qui se renouvellent tout le temps.</p>
<p>Et voilà, lorsqu’arrivera le moment de quitter ce monde, la majorité des mortels sortent de ce monde en pleurs et non pas avec eux de cantiques, de שירה. Et la raison de cela c’est qu’ils ne se sont pas habitués à assembler cette chaîne- שירה pendant leur vie, et c’est pour cela qu’ils viennent toujours en pleurs, et se séparent du monde en pleurs.</p>
<p>Réfléchissons maintenant à celle qui ne se sera pas habituée ici dans ce monde-ci à relier toutes les parties de sa vie pour atteindre cette שירה, et qui sort de ce monde en pleurs, comment pourra-t-elle entrer dans le palais de Myriam qui n’est que שירה&nbsp;?</p>
<p>Au contraire, celle qui réfléchit à sa vie chaque jour relie ensemble les événements qui lui arrivent, perçoit la main de D. qui surveille pour prodiguer le bien. Elle connaît depuis les tréfonds de son cœur la grandeur des bienfaits qu’Hakadosh Baroukh Hou lui prodigue, et c’est de cette profondeur de son cœur qu’éclate de sa bouche שירה et louange en Son honneur. Alors lorsque sa vie atteint son terme, elle se sépare de ce monde avec שירה, et elle est préparée pour mériter d’entrer dans le palais de la שירה de Myriam la prophétesse.</p>
<p>Lorsque meurt un Tsadik ou une Tsadeket, on écrit un livre d’histoire sur le déroulement de toute sa vie, on assemble une chaîne de toute sa Tora et ses bonnes actions qu’il a traversées depuis le jour de la naissance jusqu’au jour de la mort, et de cette vie-là se dévoile une magnifique שירה.</p>
<p>Ainsi, celui pour qui on peut assembler toute sa vie, et admirer le cours de sa vie et sa grandeur, la conclusion de sa vie c’est une שירה. Par contre, celui qui n’exploite pas sa vie, que D. nous en préserve, il se peut que ses proches soient tristes qu’il quitte ce monde, mais cela ne sera pas possible d’exprimer une שירה de là.</p>
<p>Lorsque la nechama d’une femme tsadeket quitte ce monde, elle entre dans le palais de Myriam, et là-bas, on ne continue pas le chant qu’on chantait avant, mais toutes chantent avec elle la nouvelle שירה qu’elle a apportée avec elle.</p>
<p>C’est cela le but véritable de chaque femme dans le monde, de composer un chant nouveau et unique pour elle. Et si elle mérite que sa vie soit de l’ordre de la שירה, lorsqu’elle monte dans le palais de Myriam, son chant à elle s’associe au chant de toutes les Tsadkaniot, et toutes ensemble chantent sa שירה.</p>
<p>Nos maîtres enseignent que lorsqu’un Talmid Hakham monte dans le monde supérieur, on lui donne 40 jours pour réviser les ‘Hidoushé Tora (innovations dans l’étude) qu’il a innovés au courant de sa vie ici-bas.</p>
<p>De façon similaire, lorsqu’une femme Tsadeket accède au monde supérieur, on va lui donner la possibilité de dévoiler son chant unique qu’elle a innové au courant de sa vie.</p>
<p>C’est cela l’explication du texte que nous récitons le soir du Séder&nbsp;: «&nbsp;<em>et nous chanterons un chant nouveau devant Lui</em>&nbsp;», c’est-à-dire la שירה que chacun innove de lui-même.</p>
<p>Plus la femme est élevée, ainsi la שירה qui l’accompagne tout au long de sa vie est plus grande et plus vaste, étant donné que chaque jour elle mérite d’assembler un maillon supplémentaire de la chaîne unique qui lui est propre, et toute sa vie est une vie de שירה, une vie de délice une vie de joie.</p>
<p>Comme on a dit, chacune peut concrétiser cela vraiment, à condition de réserver un moment défini chaque jour, de préférence avec stylo et papier, qu’elle commence à décrire par écrit le cours de sa vie à elle, pour voir la liaison entre les différents événements, pour méditer à la profondeur des bienfaits d’Hakadosh Baroukh Hou qui se trouvent en chaque chose, et à partir de là s’éveillera le sentiment jusqu’au plus profond du cœur, et la שירה dont on a parlé explosera d’elle-même.</p>
<h2><strong>Un puzzle de 1000 pièces</strong></h2>
<p>Il y a encore un énorme avantage à tirer de cette שירה de vie là.</p>
<p>Comme chacun sait, il y a des périodes d’épreuves dans la vie ; on ne comprend pas toujours pourquoi on doit les traverser et pourquoi Hakadosh Baroukh Hou nous fait vivre des épreuves aussi dures.</p>
<p>Une parabole à laquelle cela ressemble&nbsp;: un homme qui veut assembler un puzzle de 1000 pièces doit commencer par trier les pièces du cadre qu’il peut identifier. Une fois le cadre assemblé, on laisse de côté les pièces les plus difficiles à identifier, et on continue à remplir les pièces dont on peut trouver l’emplacement le plus facilement, et ainsi petit à petit on réussit à compléter toute une partie du puzzle, et même si par ci par là, il reste encore un trou et que cela ne forme pas encore une image complète, mais lentement, lentement on distingue une grande partie de l’image, et plus on avance, plus on arrive à compléter de morceaux supplémentaires jusqu’à obtenir l’image entière.</p>
<p>Et l’explication de la parabole, chacun et chacune ont des parties difficiles dans son être, qu’on ne sait pas à quoi les relier. Comme dans ce puzzle, nous devons savoir et intégrer dès le départ que ces pièces-là font partie intégrante de notre être. De même qu’il faut provisoirement laisser de côté les pièces difficiles du puzzle et commencer par assembler les parties faciles dont nous comprenons comment elles forment l’image, de même celui qui ne va pas se décourager va progresser lentement, lentement dans la construction de la mosaïque des morceaux compréhensibles. Et lentement, lentement l’image deviendra plus claire pour lui, et en conséquence la reconnaissance qui jaillira de son cœur sera plus profonde.</p>
<p>Plus que cela, de même que dans la parabole du puzzle plus on avance dans les étapes et que le travail d’assemblage devient dur, plus la satisfaction obtenue en retour devient plus importante ; de même dans la שירה de vie, plus la personne avance dans l’assemblage de la chaîne et réussit à comprendre comment s’entrelacent même les pièces les plus difficiles et a priori incompréhensibles de sa vie, plus elle éclatera dans une שירה profonde et fondamentale.</p>
<p>Plus la personne est parfaite dans sa Tsidkout, plus les pièces du puzzle qu’elle forme sont parfaites, et alors la שירה qui se construit est une שירה vraie et pure.</p>
<p>Un Juif qui n’a jamais entonné une שירה naturelle à Hakadosh Baroukh Hou, c’est une preuve que la forme de sa vie n’est pas conforme à la sainteté du judaïsme.</p>
<h2><strong>La שירה de vie du roi David</strong></h2>
<p>On dit au sujet du roi David qui a composé les 150 cantiques du livre des Psaumes, qu’ils sont tous pleins de chant et de louanges à Hakadosh Baroukh Hou&nbsp;:</p>
<p>«&nbsp;<em>Il a placé un trône pour la mère de la Royauté</em>&nbsp;» (Rois I 2.19), c’est-à-dire que toute sa royauté lui est venue de sa mère, et cela vient à son expression dans la שירה des cantiques des Psaumes qu’il a composée, et c’est cela la «&nbsp;<em>Tora de ta mère</em>&nbsp;» à lui.</p>
<p>Celui qui veut voir comment se dévoile la Tora des femmes doit scruter le livre des Psaumes. On peut y remarquer que le Roi David n’y décrit pas uniquement les miracles et les délivrances qui lui sont arrivés, mais également les malheurs qui les ont précédés.</p>
<p>Dans le livre des Psaumes se dévoilent comment le Roi David a réussi à réunir même les parties de sa vie qui au départ n’avaient pas l’air d’être aptes à la réunification, et en fait elles font partie intégrante des louanges du Roi David.</p>
<p>Lorsque le Roi David a composé une שירה, il l’a composée aussi bien des parties dures de sa vie que des parties faciles et agréables, et il n’a laissé même pas un seul morceau hors du puzzle, et c’est justement pour cela qu’il a eu le mérite de composer le livre des Psaumes.</p>
<p>Bien évidemment, le livre des Psaumes est une partie indissociable de la Tora, et ce n’est pas une שירה isolée, et c’est un exemple très clair de la Tora des femmes.</p>
<p>Celle qui dira les Tehilim, non pas d’une façon superficielle mais du fond de son cœur, va se relier dans les tréfonds de son âme aux louanges du Roi David, et va ressentir comment sa vie à elle lentement, lentement se transforme en une שירה.</p>
<h2><strong>L’aspiration et la finalité : la שירה de toute la Création</strong></h2>
<p>L’étape première et fondamentale pour transformer la שירה en une partie indissociable de notre personnalité, ce n’est pas quelque chose qui se construit en un seul jour, pour cela il faut à tout le moins quelques mois, et en général même quelques années.</p>
<p>Après avoir réussi cette première étape, on peut se projeter dans une étape plus élevée.</p>
<p>Comme on l’a dit, bien que la majorité des femmes ne se trouvent pas encore à ce niveau, mais au moins sont dans l’espoir d’y accéder, nous devons savoir d’où nous devons espérer, dans une démarche de « <em>la fin de l’action dépend de l’intention première</em> », afin que nous sachions quel est le but supérieur de notre שירה et ce qu’elle doit atteindre.<br />
Nos maitres nous enseignent que lorsque le Roi David a composé les Tehilim, il a scruté tous les malheurs d’un côté et toutes les délivrances de l’autre de tous les Juifs de toutes les générations à venir.</p>
<p>En fait, la שירה et les louanges du Roi David n’ont pas été dites uniquement sur lui-même, mais il a intégré dans ses cantiques les miracles et les délivrances de toute l’assemblée d’Israël.</p>
<p>Nous apprenons ainsi qu’une personne qui a un niveau très élevé, sa שירה n’est pas composée uniquement de sa vie personnelle, car lorsqu’elle voit les combinaisons de la Providence supérieure de l’assemblée d’Israël (et en approfondissant même de toutes les créatures), elle compose avec cela une שירה qui englobe l’univers à grande échelle.</p>
<p>Ainsi, ce niveau de perfection est un niveau qui n’appartient qu’au Roi David, cependant chacune peut approcher dans une certaine mesure ce niveau élevé-là.</p>
<p>Les femmes qui veulent se préparer comme il convient à la fête de Shavouot, fête du don de la Tora, il faut que ce soit clair pour elles où est leur part dans l’étude de la Tora, dont la source est profondément ancrée dans la part qu’elles ont reçues au moment de l’événement du Mont Sinaï, et à cela elles doivent s’y relier ici dans ce monde-ci, pour qu’elles puissent s’y relier également lorsqu’elles monteront dans le monde supérieur au Gan Eden.</p>
<p>Evidemment chacune désire une vie spirituelle éternelle&nbsp;; mais celle qui ne dévoile pas le lieu de la שירה dans l’être dont on a parlé, comment va-t-elle s’unir à l’éternité quand elle va monter au monde supérieur et atteindra le Gan Eden&nbsp;?</p>
<p>Une parabole à quoi cela ressemble&nbsp;: un homme arrive à un mariage, il veut danser et chanter avec tout le monde, mais malheureusement tous chantent dans une langue qu’il ne connaît pas du tout, et par conséquent il ressent une grande difficulté à se joindre à eux.</p>
<p>Si une femme n’a pas dévoilé le palais de la שירה en elle dans les profondeurs de son cœur, bien évidemment qu’au Gan Eden elle ne pourra pas s’associer à cette שירה.</p>
<h2><strong>Observer la Tora avec le miroir de la שירה</strong></h2>
<p>Pour qu’il y ait une véritable union au niveau de Tora dans le sens de שירה, indépendamment de la nécessité de réflexion sur la vie personnelle de chacune d’entre nous, il faut commencer à s’habituer à étudier les 5 livres de la Tora en méditant sur les paroles de Tora avec un regard vaste.</p>
<p>Par exemple&nbsp;: on connaît les paroles de Pirké Avot (5.2) «&nbsp;<em>10 générations depuis Adam jusqu’à Noa’h</em>. » Avons-nous essayé ne serait-ce qu’une fois de penser et réfléchir à ce qui s’est passé depuis le premier jour de la Création jusqu’aux jours de Noa’h ? Si la Tora comporte des passages de « récits », comme dans la Genèse, la première partie de l’Exode, un peu dans les Nombres, et encore un peu dans le Deutéronome, il y a là une intention fondamentale qui doit nous interpeller. Nous savons qu’il y a un enseignement de « moussar », d’éthique, à tirer pour que nous-mêmes améliorions nos comportements. Mais il y a un enseignement bien plus profond encore qui peut influer sur toute notre perception de l’existence.</p>
<p>Réfléchissons. Hakadosh Baroukh Hou a créé le monde, et après 10 générations il l’a presque entièrement détruit. Si l’un d’entre nous construisait une maison, et qu’après 10 ans il soit contraint de la détruire de ses propres mains, c’est évident que ce serait une grande souffrance pour lui. Et le verset dit à ce sujet : « <em>Il a été triste dans son cœur et D. a dit je vais effacer etc.</em>&nbsp;» (Genèse 6.6-7).<br />
Mais pourquoi alors, lorsqu’on lit le ‘Houmash Beréshit (La Genèse), et que l’on voit dans la section Noa’h la grande destruction causée à la génération du déluge, on n’est pas tellement triste pour la Création qui a été détruite ?</p>
<p>La réponse à cela est que nous nous sommes habitués à lire ces sections-là sans y réfléchir correctement ; depuis la Création jusqu’à l’époque de Noa’h, on a l’habitude de comprendre qu’à la génération du déluge tous étaient corrompus et fauteurs et que c’est pour cela qu’Hakadosh Baroukh Hou les a punis. Mais on ne réfléchit pas aux 10 générations entre Adam et Noa’h, et combien D. a été patient durant toutes ces nombreuses années pendant lesquelles il a attendu pour leur laisser la possibilité de faire Techouva.</p>
<p>La même chose s’est produite pour les 10 générations entre Noa’h et Avraham Avinou. Peu de gens seulement réfléchissent au déroulement de ces 10 générations entre Noa’h et Avraham, quel était l’ordre des générations, qu’a fait l’univers pendant ce temps, à quel endroit et à quelle époque Avraham Avinou est né, jusqu’à ce qu’arrive Avraham Avinou et prenne le salaire de tous.</p>
<p>Si on médite à tout le processus, on voit la vie d’Avraham Avinou comme une שירה et là on comprend pourquoi la Tora nous a raconté le déroulement de toutes ces générations-là, pour que nous réfléchissions et reconnaissions la שירה qui émerge de la vie d’Avraham Avinou.</p>
<p>Ce sont des exemples concrets pour celle qui veut étudier la Tora sous l’angle de la שירה, et à travers cela dévoiler la שירה dans sa propre vie personnelle, et après cela dévoiler la שירה générale de toute la Création.</p>
<p>Celle qui se comporte ainsi concrètement est apte à atteindre un niveau profond de remerciement et de reconnaissance à Hakadosh Baroukh Hou, et d’une façon naturelle ce remerciement-là viendra à son expression par le fait que sa bouche éclatera en chant.</p>
<p>C’est cela la Tora que toute femme peut dévoiler en elle-même, et après la transmettre en héritage à ses enfants, d’un point de vue de «&nbsp;<em>n’abandonne pas la Tora de ta mère</em>&nbsp;».</p>
<p>Nous devons savoir et intégrer que les paroles qui viennent d’être enseignées ne sont pas sous la forme d’un «&nbsp;bon conseil, d’une bonne idée&nbsp;». Mais on parle là de la forme de vie de toute celle qui exige de vivre une vie plus intime.</p>
<p>Il est possible qu’au départ ces propos semblent étrangers et lointains, et cela du fait que nous nous sommes habituées à vivre dans un monde matériel dans lequel on saisit la שירה d’un lieu très extérieur, et même si on a l’impression des fois de chanter du fond de son cœur, ce n’est pas encore la profondeur qui provient de la vie personnelle de chacune. Une telle שירה est très rare dans la Création.</p>
<p>Que ce soit la Volonté que nous méritions toutes de nous relier à notre part dans la Tora, et que nous ayons le mérite de dévoiler la שירה personnelle de chacune en nous-même, pas juste comme une idée, mais que la bouche arrive véritablement au lieu de la שירה, de telle sorte que toutes les שׁירות s’assemblent, et dévoilent la שׁירה parfaite qui est la שירה de toute la Création ensemble.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Parashat Shemot. Grandeur dans le drame, les sages-femmes et Pharaon, par Madame Catherine Zyzek</title>
		<link>https://yechiva.com/parashat-shemot-grandeur-dans-le-drame-les-sages-femmes-et-pharaon-par-madame-catherine-zyzek/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Caty Zyzek]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 May 2025 02:04:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chémot]]></category>
		<category><![CDATA[Paracha]]></category>
		<category><![CDATA[Sefer Chémot]]></category>
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					<description><![CDATA[Grandeur dans le drame, les sages-femmes et Pharaon, par Mme Catherine Zyzek Etude de texte&#160;: Exode, 1. 15-22 Parashat Shemot Pharaon a essayé de briser les Enfants d’Israël par l’asservissement. Voyant qu’au lieu d’avoir eu comme conséquence de diminuer leur développement incroyable ils se sont multipliés prodigieusement, il entreprend une nouvelle étape d’oppression. Il convoque [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h1 dir="RTL" align="center"><strong>Grandeur dans le drame, les sages-femmes et Pharaon, par Mme Catherine Zyzek</strong></h1>
<h1 dir="RTL" align="center">Etude de texte&nbsp;: Exode, 1. 15-22</h1>
<h1 dir="RTL" align="center">Parashat Shemot</h1>
<h1 dir="RTL" align="center"></h1>
<p>Pharaon a essayé de briser les Enfants d’Israël par l’asservissement. Voyant qu’au lieu d’avoir eu comme conséquence de diminuer leur développement incroyable ils se sont multipliés prodigieusement, il entreprend une nouvelle étape d’oppression. Il convoque secrètement les sages-femmes, et leur ordonne de tuer les bébés garçons hébreux. Mais ces femmes vertueuses vont avoir le courage de lui désobéir et alors il passera à une étape encore plus cruelle, il ordonnera ouvertement à son peuple de tuer les bébés.</p>
<p dir="RTL">טו. וַיֹּאמֶר מֶלֶךְ מִצְרַיִם לַמְיַלְּדֹת הָעִבְרִיֹּת אֲשֶׁר שֵׁם הָאַחַת שִׁפְרָה וְשֵׁם הַשֵּׁנִית פּוּעָה.</p>
<p dir="RTL" align="right"><em>.Et le roi d’Egypte dit aux sages-femmes des Hébreux dont le nom de l’une était Shifra, et le nom de la deuxième Poua</em></p>
<p dir="RTL">טז. וַיֹּאמֶר בְּיַלֶּדְכֶן אֶת הָעִבְרִיּוֹת וּרְאִיתֶן עַל הָאָבְנָיִם אִם בֵּן הוּא וַהֲמִתֶּן אֹתוֹ וְאִם בַּת הִוא וָחָיָה.</p>
<p dir="RTL" align="right"><em>Et il leur dit : lorsque vous accoucherez les femmes des Hébreux et vous regarderez sur le siège d’enfantement, si c’est un garçon vous le tuerez, et si c’est une fille qu’elle vive</em></p>
<p dir="RTL">יז. וַתִּירֶאןָ הַמְיַלְּדֹת אֶת הָאֱלֹהִים וְלֹא עָשׂוּ כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר אֲלֵיהֶן מֶלֶךְ מִצְרָיִם וַתְּחַיֶּיןָ אֶת הַיְלָדִים.</p>
<p dir="RTL" align="right"><em>.Les sages-femmes ont craint D. et n’ont pas agi comme le roi d’Egypte leur avait parlé, et elles ont fait vivre les enfants</em></p>
<p dir="RTL">יח. וַיִּקְרָא מֶלֶךְ מִצְרַיִם לַמְיַלְּדֹת וַיֹּאמֶר לָהֶן מַדּוּעַ עֲשִׂיתֶן הַדָּבָר הַזֶּה וַתְּחַיֶּיןָ אֶת הַיְלָדִים</p>
<p dir="ltr" align="right"><em>Le</em><em>&nbsp;</em><em>roi d’Egypte a appelé les sages-femmes et il leur a dit : pourquoi avez-vous fait cette chose et avez-vous fait vivre les enfants ?</em></p>
<p dir="RTL">יט. וַתֹּאמַרְןָ הַמְיַלְּדֹת אֶל פַּרְעֹה כִּי לֹא כַנָּשִׁים הַמִּצְרִיֹּת הָעִבְרִיֹּת כִּי חָיוֹת הֵנָּה בְּטֶרֶם תָּבוֹא אֲלֵהֶן הַמְיַלֶּדֶת וְיָלָדוּ.</p>
<p dir="RTL" align="right"><em>Et les sages-femmes ont dit à Pharaon : car ne sont pas comme les femmes égyptiennes les femmes des Hébreux&nbsp;; car elle sont vives, avant que ne vienne auprès d’elles la sage-femme et elles ont enfanté</em></p>
<p dir="RTL">&nbsp;כ. וַיֵּיטֶב אֱלֹהִים לַמְיַלְּדֹת וַיִּרֶב הָעָם וַיַּעַצְמוּ מְאֹד.</p>
<p dir="RTL" align="right"><em>.Et D. a fait du bien aux sages-femmes et le peuple s’est accru et ils sont devenus très puissants</em></p>
<p dir="RTL">כא .וַיְהִי כִּי יָרְאוּ הַמְיַלְּדֹת אֶת הָאֱלֹהִים וַיַּעַשׂ לָהֶם בָּתִּים.</p>
<p dir="RTL"><em>.Et ce fut comme les sages-femmes ont craint D. et Il leur a fait des maisons</em></p>
<p dir="RTL">כב.וַיְצַו פַּרְעֹה לְכָל עַמּוֹ לֵאמֹר כָּל הַבֵּן הַיִּלּוֹד הַיְאֹרָה תַּשְׁלִיכֻהוּ וְכָל הַבַּת תְּחַיּוּן.</p>
<p dir="RTL" align="right"><em>Pharaon a ordonné à tout son peuple de dire tout garçon qui naîtra vous le jetterez dans le fleuve et toute fille vous la laisserez vivre</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Verset 15</p>
<p><strong>וַיֹּאמֶר</strong>&nbsp;: <em>Et il a dit</em>.</p>
<p>Que leur a-t-il dit&nbsp;puisque nous avons une deuxième fois <strong>וַיֹּאמֶר&nbsp;</strong>dans le verset suivant, alors qu’il n’y a pas de parole exprimée dans ce verset.</p>
<p>Le premier&nbsp;<strong>ויאמר</strong>&nbsp;c’est pour dire qu’il les a désignées. Et nous pouvons remarquer que le verbe employé est <strong>אמר </strong>qui est une manière de parler douce, aimable (voir le commentaire de Rachi sur Exode 19.3). Dans le verset 17 nous avons <strong>כאשר דבר </strong>(comme il leur avait ordonné), et dans le verset 22, nous avons <strong>ויצו</strong>, il a ordonné.</p>
<p><strong>לַמְיַלְּדֹת</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>aux sages-femmes</em></p>
<p>Qui sont donc ces femmes&nbsp;?</p>
<p><strong>Ibn Ezra</strong> nous enseigne qu’elles étaient responsables de toutes les sages-femmes, car il n’y a pas de doute qu’il y avait plus de 500 sages-femmes, mais ces deux-là étaient les préposées pour donner au roi l’impôt sur le&nbsp; salaire.</p>
<p><strong>שֵׁם הָאַחַת </strong><strong>/</strong><strong> וְשֵׁם הַשֵּׁנִית</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>: </strong><em>et le nom de l’une… et le nom de la deuxième</em></p>
<p>L’une est secondaire par rapport à la première, la Tradition comprend de là qu’il s’agit d’une mère et de sa fille, Shifra, c’est Yokheved, Poua, c’est Myriam. (Sifri, Behalotekha 78)</p>
<p>[<em>Dans un pays où la natalité était dense et dans une société où la femme hautement considérée occupait une place prépondérante, les sages-femmes, à l’instar des médecins, détenaient probablement une position privilégiée et respectée.</em></p>
<p><em>L’obstétrique, partie intégrante de la médecine, conserva longtemps un caractère sacré. Dès les temps prédynastiques, elle est pratiquée par des sages-femmes prêtresses et ce sont des divinités féminines qui sont évoquées par les femmes en cas de danger.</em></p>
<p><em>Profondément religieux, traditionalistes, les Égyptiens conservèrent toujours à la médecine et à l’obstétrique le caractère magique des origines, mais, avec le temps, elles perdirent peu à peu leur caractère sacerdotal; il semble qu’alors une médecine laïque se soit instaurée, car des corporations de sages-femmes et de médecins existaient déjà antérieurement à l’Exode. Source&nbsp;: Association Nationale des Etudiants Sages-Femmes]</em></p>
<p><strong>לַמְיַלְּדֹת הָעִבְרִיֹּת</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>aux sages-femmes des Hébreux</em></p>
<p>Les sages-femmes &nbsp;hébreues ou les sages-femmes des femmes des Hébreux&nbsp;?</p>
<p><strong>Rachbam</strong> enseigne que c’était des sages-femmes hébreues</p>
<p><strong>Abravanel</strong> enseigne que c’était les sages-femmes égyptiennes des femmes des Hébreux. Car comment aurait-il pu penser que les femmes des Hébreux allaient tuer leurs enfants. Mais c’était les femmes égyptiennes qui accouchaient les femmes des Hébreux, c’est-à-dire qui les aidaient au moment de l’accouchement, comme c’est écrit&nbsp;: <strong>בְּיַלֶּדְכֶן אֶת הָעִבְרִיּוֹת</strong><strong>, </strong><em>lorsque vous accoucherez les femmes des Hébreux.</em></p>
<p>Notre développement va suivre le premier avis.</p>
<p><strong>אֲשֶׁר שֵׁם הָאַחַת שִׁפְרָה וְשֵׁם הַשֵּׁנִית פּוּעָה</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>dont le nom de l’une était Shifra, et le nom de la deuxième était Poua</em></p>
<p>שפר&nbsp;: Shefer, être beau, plaire/améliorer</p>
<p>פוע/&nbsp;הופיע&nbsp;: Poua, faire respirer, ranimer</p>
<p>פעה : Pea, crier</p>
<p>Shifra, car elle embellissait le bébé (elle redressait ses membres au moment de l’accouchement et le nettoyait comme il sortait plein de sang&nbsp;» (Chemot Rabba 1.13). Tout enfant qui passait entre ses mains sortait parfait dans son corps, ses membres redressés, et fort.<br />
Poua parlait et émettait des sons pour l’enfant à la manière des femmes qui apaisent le bébé qui pleure. (Rachi, 16)</p>
<p>Pendant que Yokheved s’occupait du <strong>corps</strong> du bébé, Myriam avait un talent particulier pour divertir le bébé avec des sons qu’elle lui faisait entendre pour le calmer. Elle se souciait de son état <strong>spirituel</strong>. La mère et la fille se complétaient l’une l’autre et les bébés étaient parfaits dans leurs corps et dans leurs âmes.</p>
<p>Ces noms reflètent leurs qualités et précisément leur compétence en tant que sages-femmes. Et c’est justement pour cela que Pharaon les convoque.</p>
<p>Il y a des longueurs dans ce verset. On aurait pu avoir&nbsp;: il a appelé Shifra et Poua.</p>
<p>Comme on a vu plus haut, Pharaon leur a parlé d’une manière douce et séductrice. Dans la première phase ce n’est pas écrit ce qu’il leur a dit, mais le contenu de ses paroles est en allusion dans les mots <strong>אֲשֶׁר שֵׁם הָאַחַת שִׁפְרָה וְשֵׁם הַשֵּׁנִית פּוּעָה</strong>. Le Alchikh Hakadosh dit qu’il les a complimentées sur leurs talents et leurs compétences dans l’enfantement des bébés. Il a introduit cela dans ses paroles doucereuses pour extirper de leurs cœurs la crainte que suite à son exigence de tuer les bébés, elles prendraient le risque d’être soupçonnées d’être des assassins. «&nbsp;Vous êtes les dernières sur qui on fera peser la culpabilité de la mort des bébés&nbsp;», il leur a fait une allusion au fait qu’elles sont connues dans leur profession pour leur compétence et leur dévouement.</p>
<p>Quelle importance pour nous de connaître leurs noms&nbsp;?</p>
<p>Vous avez la réputation avec ces noms-là de renforcer les bébés. Et donc, écoutez-moi ainsi que mon ordre, qui est&nbsp;: «&nbsp;<em>Lorsque vous mettrez au monde</em>…&nbsp;», car on ne vous soupçonnera pas d’avoir changé. Dans ses paroles «&nbsp;douces&nbsp;» il leur a promis pour les amadouer qu’en contrepartie du meurtre des bébés elles deviendraient des femmes importantes du royaume, des femmes du roi et pourraient profiter de tous les avantages du pouvoir. (Chemot Rabba 1.15). On voit là que Pharaon a mal estimé le Peuple Juif. Il s’est tourné vers les sages-femmes selon l’échelle de valeurs de ses propres normes de jouissance&nbsp;: honneur, qualité de vie, bonheur matériel. Il n’a pas compris que ce ne sont pas les valeurs qui se situent en haut de l’échelle du Peuple Juif.</p>
<p>Et là, on peut poser la question&nbsp;: pourquoi Pharaon n’a-t-il pas voulu tuer les enfants hébreux lui-même par les préposés royaux qui auraient traqué les femmes enceintes&nbsp;; mais il a justement voulu passer par les sages-femmes&nbsp;? Pourquoi n’a-t-il pas dès le départ ordonné : <strong>כָּל הַבֵּן הַיִּלּוֹד הַיְאֹרָה תַּשְׁלִיכֻהוּ</strong><strong>&nbsp;</strong>? (<em>Tout garçon qui naîtra, vous le jetterez au fleuve</em>). Le Midrach répond&nbsp;: «&nbsp;Pour que D. ne lui demande pas des comptes et se venge sur elles&nbsp;». Pharaon était intéressé à ce que ce soient justement les sages-femmes qui tuent les bébés des Hébreux pour que D. se venge sur elles, il était intéressé à les faire trébucher. Il avait déjà compris que la solidité du Peuple Juif ce sont ses vertus, la délicatesse de leur âme et leur noblesse morale. C’est justement cela qu’il voulait atteindre. Il aspirait à effriter le Peuple Juif dans son intériorité. Il voulait les voir assassins d’eux-mêmes, qu’ils se transforment et deviennent cruels, qu’ils perdent leur élévation morale.</p>
<p><strong>Kli Yakar</strong> nous enseigne que Pharaon qui veut détruire les Enfants d’Israël est en train de préparer de ses propres mains la Gueoula, la délivrance. Les femmes qu’il désigne, ce sont justement elles qui vont amener la délivrance.</p>
<p>Myriam Hanevia, la prophétesse, par <strong>sa parole</strong> a complètement transformé la situation (elle <strong>a</strong> <strong>parlé</strong> à son père et prophétisé la naissance du sauveur d’Israël).</p>
<p>Yokheved, c’est la <strong>beauté</strong>, elle a retrouvé la <strong>beauté de sa jeunesse</strong>&nbsp;: alors qu’elle avait 130 ans. (le verset 2.1 nous dit&nbsp;: bat Lévi, la fille de Lévi, bat, c’est le qualificatif d’une jeune fille)</p>
<p>C’est cela que nos maitres veulent nous enseigner avec les noms. Ils nous disent que leurs noms ont été changés. Pourquoi nous disent-ils cela&nbsp;? Ils emploient des anecdotes, c’est un moyen de nous faire comprendre l’essentiel (mais les anecdotes, ne sont pas l’essentiel). Nos maîtres nous disent que dans le décret cruel de tuer les enfants, il est en train lui-même de préparer la Gueoula.</p>
<p>Myriam et Yokheved ont parfaitement compris le venin caché dans le complot de Pharaon, <strong>וְלֹא עָשׂוּ כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר אֲלֵיהֶן מֶלֶךְ מִצְרָיִם</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>et n’ont pas agi comme le roi d’Egypte leur avait parlé</em>. Elles ont compris son intention scélérate et la parole dure qui se cachait dans ses paroles doucereuses et séduisantes.</p>
<h2>Verset 16</h2>
<p><strong>הָאָבְנָיִם</strong><strong>&nbsp;Haovnaïm : </strong><em>le siège d’enfantement</em></p>
<p>Ce terme n’est pas du tout courant. Habituellement, le mot employé pour le siège d’enfantement c’est <strong>משבר</strong>, Mashbèr.</p>
<p>משבר &nbsp;=&nbsp; crise, effondrement</p>
<p>Et là le mot <strong>אבנים</strong>, <strong>Rachi</strong> nous dit qu’il s’agit du tour du potier (qui sert à façonner la glaise pour en faire un objet). Dans le moment le plus dramatique, la Gueoula est en préparation. Dans cette destruction, on façonne quelque chose. On construit quelque chose. Ce que Pharaon pensait être un instrument de destruction, sera en fait un instrument de construction pour le Am Israël.</p>
<p><strong>וּרְאִיתֶן</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>: </strong><em>et vous regarderez</em></p>
<p>Que devaient-elles regarder&nbsp;?</p>
<p><strong>וַהֲמִתֶּן</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>et vous tuerez</em></p>
<p>Pourquoi le&nbsp;<strong>ו&nbsp; </strong>?&nbsp;Sans que le verset ne nous indique une action auparavant&nbsp;?</p>
<p>Vous regarderez d’abord si c’est un garçon ou une fille, <strong>et </strong>après vous le tuerez.</p>
<p><strong>אִם בֵּן הוּא וַהֲמִתֶּן אֹתו</strong>ֹ&nbsp;:&nbsp;<em>Si c’est un garçon vous le tuerez&nbsp;</em></p>
<p>Lorsqu’il a vu que les souffrances de l’oppression ne servaient pas son dessein, comme il est écrit&nbsp;: (verset 12) <em>plus il l’opprimait, plus il se multipliait, etc.</em> alors il a pris le parti de tuer les garçons qui habituellement font la guerre, car les Egyptiens avaient peur d’une guerre comme il est écrit&nbsp;au verset 10 : <em>et ils nous combattraient</em>.</p>
<p><strong>אִם בֵּן הוּא וַהֲמִתֶּן אֹתו</strong>ֹ&nbsp;: <em>Si c’est un garçon vous le tuerez&nbsp;</em></p>
<p><strong>Rachi</strong>&nbsp;: ce qui lui importait c’était de tuer les garçons car ses astrologues avaient vu qu’allait naître un fils qui allait les délivrer. Qu’est-ce que ça peut bien leur faire qu’il sauve les Enfants d’Israël? On voit pourtant au verset 12&nbsp;:</p>
<p><strong>ויקוצו מפני בני ישראל&nbsp;</strong>: <em>Ils ont été dégoûtés des Bné Israël</em>.&nbsp;Ils auraient pu être soulagés qu’ils partent, enfin débarrassés de cette vermine&nbsp;! Mais &nbsp;c’est à la ‘hachivout (grandeur) des Enfants d’Israël, qu’ils veulent s’attaquer. Qu’ils soient susceptibles de quitter l’Egypte, qu’il y ait la Gueoula, la délivrance, montre leur grandeur. Le fait que la grandeur des Enfants d’Israël leur fasse prendre conscience de leur propre bassesse, que l’Egypte ce n’est rien du tout, que Pharaon est un empereur de rien du tout, cela leur est insupportable. Israël et la Gueoula signifient la destruction de l’Egypte. Toute la ‘hachivout (grandeur) de l’Egypte va être détruite.</p>
<p>Le Pchat&nbsp;(sens simple) : c’est détruire les garçons, pour qu’il n’y ait pas de Gueoula.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>וְאִם בַּת הִוא וָחָיָה</strong>&nbsp;: <em>Si c’est une fille, qu’elle vive</em>, car ce n’est pas l‘habitude des femmes de combattre.</p>
<p>Pourquoi précise-t-il cela&nbsp;? Si le décret est sur les garçons, c’est clair que les filles on les laisse vivre. Et pourquoi n’a-t-il pas décrété sur les filles, c’est sûr que ce n’est pas par miséricorde, car fondamentalement il est cruel. Et bien évidemment que les sages-femmes ne voudront pas tuer tous les bébés.</p>
<p>Réponse du <strong>Ohr Ha’hayim</strong>&nbsp;:</p>
<p>En fait ce mécréant-là s’est ingénié pour que son complot réussisse, car quelle femme va appeler une sage-femme qui va tuer son enfant&nbsp;? Pour cela il a rusé et leur a dit de se comporter d’après le protocole qu’il leur a indiqué et de le faire en dissimulant leurs actes pour que les femmes ne remarquent rien. Car avant même qu’on ne sache si l’enfant à naître est un garçon ou une fille, les sages-femmes regarderont sur le siège d’enfantement, si c’est un garçon, elles le tueront en disant qu’il est mort-né, en n’ayant pas attendu qu’il vienne au monde. Pour ne pas donner l’impression que les bébés ont été tués, les filles ne meurent pas, et les garçons sont tués avant même de naître, pour ne pas inquiéter les femmes et qu’elles ne s’empêchent pas d’appeler les sages-femmes pour accoucher. Et comment sauront-elles&nbsp;? C’est pour cela que les Sages ont dit qu’il leur a transmis les signes. <strong>Baal Hatourim</strong>&nbsp;: il leur a transmis que la femme qui est sur le point d’accoucher,&nbsp; ses cuisses se refroidissent comme des pierres (ce qui est même en allusion dans le mot le siège d’enfantement <strong>הָאָבְנָיִם</strong>, dans lequel il y a la racine אבן, pierre)</p>
<p><strong>Hizkouni</strong>&nbsp;: le garçon, son visage est vers le bas, la fille son visage est vers le haut, comme pour l’intimité (Sota 11b).</p>
<p>Et c’est pour cela que c’est écrit <strong>והמיתן</strong> &nbsp;avec le&nbsp;<strong>ו</strong> supplémentaire, car le premier ordre qu’il leur a donné c’est de distinguer pour savoir si c’est un garçon avant qu’il ne vienne au monde, et pousse un cri. Et le deuxième ordre&nbsp;: <strong><em>et</em></strong><em> (alors) vous le tuerez</em> lorsqu’il sortira du ventre de sa mère. Et quand il dit&nbsp;: si c’est une fille, qu’elle vive, il avait une intention par cela que les femmes qui accouchent ne se rendent pas compte, en voyant que des fois leurs bébés survivent, et donc ne soupçonnent pas les sages-femmes, et ne pourront pas discerner qu’elles tuent les garçons et pas les filles. Et peut-être leur a-t-il ordonné de ne pas faire savoir que c’est un garçon, mais seulement que l’enfant est mort-né et que par ce biais le soupçon soit écarté.</p>
<p><strong>אִם בַּת הִוא וָחָיָה</strong></p>
<p>Ohr Ha’hayim&nbsp;: C’est un dessein rusé que Pharaon a conseillé en cela, pour que les Enfants d’Israël ne puissent pas monter de la terre d’Egypte. Cela fait partie justement du complot de faire vivre les filles. Tuer les garçons, pour que les femmes se retrouvent contraintes à se marier avec des Egyptiens, et alors il n’y aura plus une possibilité&nbsp; de monter d’Egypte parce qu’ils seront devenus un seul peuple. Et aussi les âmes pures se retrouveront souillées en se mêlant aux âmes impures (le Midrach rapporte que les Egyptiens vivaient dans la débauche), et resteront là-bas éternellement, que D. nous en préserve et donc les mœurs des Enfants d’Israël se dégraderont. C’était réellement un plan pour empêcher la Gueoula. Car les Sages disent (Vayikra Rabba 32.5) qu’ils ont été délivrés grâce à quatre mérites, un de ces quatre mérites est le fait qu’ils se soient gardés des arayot (relations interdites), (et ce fait est explicite dans la tradition, Chir Hachirim 4.12, <em>un jardin verrouillé (les jeunes filles) est ma sœur, ma fiancée, un puits fermé (les femmes mariées), une fontaine scellée&nbsp;(les hommes</em>) aucun de ces groupes ne s’est profané avec les Egyptiens) et s’ils en venaient à se marier avec les Egyptiens, il n’y aurait pas de relève. Ainsi les contraindre à une situation telle qu’ils se retrouvent obligés de transgresser, aurait eu comme conséquence d’empêcher la Gueoula.</p>
<h2>Verset 17</h2>
<p><strong>וַתִּירֶאןָ הַמְיַלְּדֹת אֶת הָאֱלֹהִים&nbsp;</strong>: <em>Et les sages-femmes ont craint D</em>. Le verset aborde la notion de «&nbsp;יראת שמים&nbsp;», la crainte du Ciel, et nous pouvons en tirer un enseignement fondamental dans notre existence. Il arrive que des gens dans certaines circonstances subissent d’énormes pressions et qu’ils fassent des choses que leur conscience réprouve. Et ils pensent qu’ils n’ont pas d’autre choix que de faire ces choses-là. Résister et ne pas le faire, et même faire le contraire, c’est ce qu’on appelle la crainte de D. Car effectivement, il n’y a que la crainte de D. qui peut nous sortir de ces pressions. Et le verset dans la suite va nous dire, que non seulement cela n’a pas été au détriment de ces sages-femmes, mais encore cela les a construites pour toutes les générations, comme dit le verset 21 : ו<strong>יַּעַשׂ לָהֶם בָּתִּים</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>: </strong><em>et Il leur a fait des maisons.</em></p>
<p>Il ressort donc que leur crainte de D. était une très grande crainte, par rapport à l’injonction divine de donner la vie pour établir une descendance sainte, pour mettre au monde le Peuple Juif pour que la Présence Divine y réside et que D. puisse unir Son Nom au monde. Leur crainte de D. était comme la crainte de leur ancêtre Avraham Avinou, dont la crainte était au-dessus du niveau d’amour (Voir Netivot Olam Netiv Yirat H. 81.23). Les Sages disent&nbsp;: <strong>וַתִּירֶאןָ הַמְיַלְּדֹת</strong>, elles se sont parées de l’action de leur ancêtre, c’est-à-dire Avraham. Comme Le Saint-Béni-Soit-il témoigne sur lui&nbsp;: «&nbsp;Maintenant je sais que tu es craignant D.&nbsp;» (Genèse 22.12/Chemot Rabba). De même qu’Avraham Avinou du fait de la profondeur de son amour pour D. craignait pour l’accomplissement de la parole divine dans le monde de la manière la plus parfaite, ainsi en était-il pour Yokheved et Myriam.<br />
Ils ont dit encore&nbsp;: «&nbsp;Rabbi ’Hanina fils de Rav Yts’hak&nbsp; a dit&nbsp;:</p>
<p><strong>Shifra</strong>&nbsp;: qui a établi Israël pour D., pour lesquels le ciel a été créé comme il est écrit à son sujet&nbsp;au moment de leur création : ‘<em>Par son souffle,&nbsp; le ciel s’est dégagé (<strong>embelli</strong>, affermi)</em>&nbsp; <em>שפרה</em><em>’ (Job 26.13)</em>. Shifra est nommée par rapport à l’action par laquelle D. a créé le ciel car elle a établi le peuple qui est le but de la création du ciel.</p>
<p>Et <strong>Poua</strong> aussi est appelée par le fait qu’elle a établi le Peuple Juif, qui est préparé pour la Présence Divine. «&nbsp;Poua qui a fait <strong>apparaître</strong> Israël pour D. <strong>שהופיע</strong>&nbsp;» (Chemot Rabba 1.13)</p>
<p><strong>כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר</strong>&nbsp; : <em>comme (lorsque) il leur avait parlé</em>. Elles ont annulé le décret aussitôt qu’il leur a ordonné. Normalement, au début, la crainte d’un dictateur fait qu’on applique ses décrets, même si après quelques temps l’application s’affaiblit.</p>
<p><strong>דִּבֶּר אֲלֵיהֶן</strong><strong>&nbsp;</strong>: <em>leur avait parlé</em>. On se serait attendu à <strong>דבר להם</strong>. Plus haut il a déjà dit ce qu’il attend d’eux. On n’est pas en train de répéter la parole de Pharaon aux sages-femmes. Ce terme exprime une «&nbsp;proximité&nbsp;» particulière, «&nbsp;Il abuse de son ascendant&nbsp;» sur quelqu’un d’autre. C’est ce que les ‘Hakhamim veulent mettre en exergue, c’est pour cela qu’il fallait une crainte de D. exceptionnelle.</p>
<p><strong>וַתְּחַיֶּיןָ אֶת הַיְלָדִים</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>et elles ont fait vivre les enfants</em></p>
<p>Avons-nous besoin de cette précision&nbsp;? Nous savons qu’elles n’ont pas tué les bébés. Mais ותחיין c’est actif, non seulement elles ne les ont pas tués, mais elles leur donnaient de quoi vivre. Elles voulaient éviter d’être accusées de tuer les bébés, en cas de bébés mort-né, elles ont donc prié et fait le maximum pour que même les bébés en danger, fragiles, vivent.</p>
<p>Il y avait des accouchées pauvres, et les sages-femmes allaient collecter de l’eau et de la nourriture dans les maisons des riches et elles venaient apporter chez les pauvres pour qu’elles puissent allaiter leurs bébés. Et ainsi elles donnaient vie aux bébés. (Chemot Rabba 1.15)</p>
<h2>Verset 18</h2>
<p><strong>וַיִּקְרָא</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>et il a appelé</em></p>
<p>Que nous rajoute cette expression&nbsp;? Le verbe&nbsp;<strong>ויאמר&nbsp;</strong>(il a dit) n’aurait-il pas suffi ?</p>
<p>C’est un verbe qui peut être employé pour une expression d’affection (Voir Rachi Lévitique 1.1). Le comportement des sages-femmes aurait dû causer la colère de Pharaon envers elles. On dirait au contraire qu’il a inspiré en lui une attitude de respect envers elles. Il a été saisi d’admiration et d’étonnement en voyant la bravoure et la vaillance de ces femmes. Par elles, il a croisé la compréhension qu’il existe une valeur élevée de la vie qui passe avant sa propre vie&nbsp;; car elles sont prêtes à renoncer à toute proposition séductrice de gloire et de «&nbsp;bonne vie&nbsp;». Et à passer outre la parole du roi bien qu’elles sachent qu’elles risquent de payer de leur vie. Il y a des valeurs qui sont chères aux sages-femmes plus que leur vie et leur bonheur personnel.</p>
<p><strong>מַדּוּעַ עֲשִׂיתֶן הַדָּבָר הַזֶּה וַתְּחַיֶּיןָ אֶת הַיְלָדִים</strong><strong>&nbsp;</strong>: pourquoi avez-vous fait cette chose et avez-vous fait vivre les enfants&nbsp;?</p>
<p>On se serait attendu à ce que Pharaon dise&nbsp;: Pourquoi n’avez-vous pas fait ce que je vous ai ordonné&nbsp;? Il leur dit&nbsp;: pourquoi avez-vous fait cela&nbsp;? Il les accuse d’avoir fait vivre les enfants et apparemment elles ne répondent pas à ce reproche. Elles parlent de la «&nbsp;sauvagerie des femmes des Hébreux qui accouchent rapidement et sans sage-femme.&nbsp;» Il faut savoir en quoi est-ce une réponse dans leur bouche au reproche de leur avoir fourni de la nourriture&nbsp;? On voit que Pharaon a accepté leur réponse.</p>
<p><strong>Sforno</strong> répond à la question&nbsp;: pourquoi parle-t-il sur le mode positif, et non pas au négatif. <em>Pourquoi avait vous fait</em>&nbsp;? Vous m’avez trahi, car lorsque je vous ai ordonné, vous n’avez pas refusé d’accomplir mon ordre, et j’ai eu confiance ainsi que vous tuerez les enfants, et mon espoir a été déçu.</p>
<p><strong>Kli Yakar</strong> dit qu’elles n’ont pas réagi lorsqu’il leur a donné cet ordre cruel, car elles voulaient éviter que suite à un refus de leur part, il ne nomme d’autres sages-femmes, qui elles, n’auraient pas eu la même détermination et auraient accompli son décret.</p>
<p>Et la suite dans le verset 19&nbsp;: <strong>כִּי חָיוֹת הֵנָּה<em>. </em></strong>Elles s’y connaissent dans le métier de sage-femme, et si nous voulions faire quelque chose ou parler d’une façon inconvenante, elles s’en rendraient compte, et ne nous appelleraient plus pour accoucher, et pour le roi cela ne vaudrait rien d’en tuer un ou deux seulement.</p>
<p>Et alors, selon cette hypothèse, elles faisaient comme d’habitude d’apporter de l’eau et de la nourriture et se comportaient comme il faut, pour rapprocher le cœur des femmes enceintes, et qu’elles ne soient pas soupçonnées d’être des assassins, et que cela leur donne la possibilité d’accomplir l’ordre du roi de tuer les garçons, et pensaient arriver avant qu’elles n’aient accouché, et en fait lorsqu’elles arrivaient, elles avaient déjà accouché. Et donc même si elles apportaient de l’eau et de la nourriture, se conclut la plainte et le soupçon de Pharaon, bien que pourrait se justifier les propos des colporteurs qui disaient que les sages-femmes leur procuraient de la nourriture.</p>
<p>On pourrait percevoir chez Pharaon un instant furtif au cours duquel il s’affranchit de ses intérêts mauvais. Confronté au comportement noble des sages-femmes, émerge en lui une volonté véridique de comprendre la source de ce comportement. Et donc Pharaon ne demande pas&nbsp;: «&nbsp;pourquoi n’avez-vous pas fait comme je l’ai ordonné&nbsp;?&nbsp;». Ce n’est pas le fait qu’elles ont transgressé ses paroles qui l’a perturbé à cet instant-là. Mais «&nbsp;Pourquoi avez-vous fait cette chose-là&nbsp;?&nbsp;», «&nbsp;pourquoi non seulement vous ne vous êtes pas contentées d’une attitude passive&nbsp;» dit Pharaon, (selon l’expression&nbsp;: ‘שב ואל תעשה’, reste assis et n’agis pas), mais encore «&nbsp;Vous avez donné vie aux enfants, vous avez eu une attitude active en faisant des efforts pour les faire vivre. Qu’est-ce qui vous pousse à agir ainsi&nbsp;?&nbsp;»</p>
<h2>Verset 19</h2>
<p><strong>וַתֹּאמַרְןָ הַמְיַלְּדֹת אֶל פַּרְעֹה</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>et les sages-femmes ont dit à Pharaon</em></p>
<p>Du point de vue de Yokheved et Myriam, l’ordre de Pharaon n’a aucune validité et ne vaut pas plus que la poussière du sol. Jusque-là, lorsqu’il s’adresse à elles, il est appelé «&nbsp;Roi d’Egypte&nbsp;», par contre lorsqu’elles s’adressent à lui, le texte dit que c’est à «&nbsp;Pharaon&nbsp;». Elles lui parlent comme à n’importe qui d’autre sans crainte de la royauté. Un roi qui ne se soucie pas de ses citoyens mais qui désire leur anéantissement vide sa royauté de tout contenu, et donc ses paroles n’ont pas de sens pour elles.</p>
<p><strong>כִּי לֹא כַנָּשִׁים הַמִּצְרִיֹּת הָעִבְרִיֹּת</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>car ne sont pas comme les femmes égyptiennes les femmes des Hébreux</em></p>
<p>Pourquoi cette précision, à quoi cela sert-il de comparer les femmes des Hébreux aux égyptiennes&nbsp;?</p>
<p><strong>Ohr Ha’hayim</strong>&nbsp;:</p>
<p>Il faut savoir pourquoi il y a des longueurs dans le verset. On aurait pu avoir «&nbsp;ne sont pas comme les Egyptiennes, les Hébreues&nbsp;», ou bien «&nbsp;car les Hébreues ne sont pas comme les Egyptiennes&nbsp;». Et donc, l’intention du texte est qu’elles lui ont répondu qu’il ne prenne pas la mesure pour les femmes des Hébreux parmi les plus remarquables des Egyptiennes, car elles sont toutes plus expérimentées que toutes les Egyptiennes, et c’est ce qui est écrit <strong>כי חיות הנה</strong>, car elles sont des sages-femmes, et s’accouchent l’une l’autre, ou n’ont même pas besoin de sage-femme. Et peut-être ont-elles fait une allusion au fait que les femmes des Hébreux avaient en elles deux instructions dans leur connaissances, une du fait qu’elles sont nées Hébreues, et une parce qu’elles sont maintenant Egyptiennes, et par ce biais, elles ont acquis deux modes d’instruction, et c’est cela la mesure du verset <strong>כי לא כנשים</strong> (car pas comme les femmes) habituelles qui se trouvent là, sont celles-là, car elles sont égyptiennes-hébreux.</p>
<p><strong>כִּי חָיוֹת הֵנָּה</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>car elles sont vives</em></p>
<p>On voit dans la Guemara <strong>חיות</strong> c’est une sage-femme. <strong>Onkelos</strong> traduit par <strong>חכימין</strong> , sage-femme.</p>
<p>חייתא&nbsp;: c’est celle qui met au monde</p>
<p><strong><em>&nbsp;</em></strong></p>
<p><strong>Rachi</strong> donne 2 explications&nbsp;:</p>
<p>Première explication&nbsp;: ce sont des sages-femmes, elles n’ont pas besoin d’appeler une sage-femme, et elles demandent de l’aide à leurs sœur, cousine, voisine.</p>
<p>Deuxième explication&nbsp;: ce sont des bêtes sauvages, elles ont en elles la berakha (la bénédiction)&nbsp;de Yaakov Avinou des bêtes sauvages, qu’il a donnée à ses fils avant de mourir&nbsp;; et même les tribus pour lesquelles ce n’est pas explicite, Rachi dit que cela a été englobé finalement dans les berakhot de Yaakov, et cela ressortira clairement dans la prophétie de Ye’hézkiel&nbsp;: 19.2. «&nbsp;<em>Qu’est donc ta mère&nbsp;? Une lionne.</em>&nbsp;» Qu’est-ce que cela signifie que les Enfants d’Israël sont comparés aux bêtes sauvages&nbsp;? C’est-à-dire qu’ils ont reçu la berakha d’avoir une certaine sauvagerie qui leur permet de surmonter et de se développer en période de crise, de ne pas se laisser limiter par l’organisation, les institutions que représentent les sages-femmes officielles.</p>
<p><strong>Ibn Ezra</strong>&nbsp;: <strong>חָיוֹת</strong> &nbsp;elles ont une grande force de vie</p>
<p>La capacité de prendre ses drames et d’en faire des choses énormes. Le Peuple Juif a des ressources incroyables, anormales, qui n’ont rien à voir avec les ressources, la normalité des Nations.<br />
Toi, Pharaon tu organises, mais les femmes des Hébreux fonctionnent autrement, pas selon ton organisation.</p>
<p><strong>&nbsp;כִּי לֹא כַנָּשִׁים הַמִּצְרִיֹּת הָעִבְרִיֹּת</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>:</strong><em> car ne sont pas comme les femmes égyptiennes les femmes des Hébreux</em></p>
<p>Avec le souffle saint, Yokheved et Myriam réussissent à peser leurs mots avec précision pour répondre à la question de Pharaon sur leurs motivations spirituelles, et en même temps&nbsp; à les innocenter pour sauver leurs vies. Comment cela&nbsp;?</p>
<p>Elles mettent en relief la différence entre les femmes égyptiennes et les femmes des Hébreux.</p>
<p><strong>כִּי חָיוֹת הֵנָּה</strong><strong>&nbsp;</strong>: elles sont pleines de vie, elles descendent de ‘Hava&nbsp;: mère de tout <strong>vivant</strong>. Elles sont les mères de la vie&nbsp;; par elles, se dévoile le désir de vie comme il est à partir de la source de vie, du «&nbsp;Roi qui désire la vie&nbsp;», elles ne désirent pas une vie égoïste, mais une vie de vérité, une vie qui exprime la bonté de D. C’est pour cela que les femmes des Hébreux (et leurs descendantes les femmes juives) sont remplies de dévouement pour l’édification de leur famille, un dévouement qui dépasse tous les calculs de tranquillité, de confort, etc. Pour de telles femmes il n’y a pas quelque chose de plus naturel que d’enfanter, «&nbsp;c’est dans leur nature d’accoucher facilement&nbsp;» (<strong>Abravanel</strong> Genèse 18. 9-16)</p>
<p><strong>כי חָיוֹת הֵנָּה</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>car elles sont vives</em></p>
<p>Le <strong>Rachbam</strong> enseigne&nbsp;: saines et intelligentes et s’empressent d’accoucher&nbsp;». La facilité de l’accouchement indique le niveau spirituel des femmes juives vertueuses. «&nbsp;Les femmes vertueuses n’étaient pas dans le châtiment de ‘Hava&nbsp;» (Sota 12a). Chez elles, il n’y a pas la pesanteur de la matière, le corps n’empêche pas et n’alourdit pas, et donc le mouvement de l’enfantement leur est naturel. Le fait que les femmes juives sont «&nbsp;pleines de vitalité&nbsp;» exprime leur grandeur en général, le fait que leur nature n’est pas soumise à des volontés et des désirs individuels. C’est ainsi que les sages-femmes ont discrètement expliqué à Pharaon leur motivation à mettre leur vie en danger.</p>
<p>Et ensuite, étant donné que les femmes des Hébreux accouchent avant que nous n’ayons le temps d’arriver, que nous reste-t-il à faire quand nous arrivons&nbsp;? Ta recommandation de regarder sur le siège d’enfantement avant même que l’enfant ne vienne au monde n’a plus lieu d’être, il ne nous reste plus qu’à calmer les bébés et les pouponner. Nous n’avons pas transgressé l’ordre du roi&nbsp;! Les bébés étaient en vie sans notre intervention&nbsp;! Nous n’avons fait qu’améliorer ce qui existait déjà.</p>
<p>Le niveau des femmes des Hébreux autant que la force spirituelle et la perfection morale de Yokheved et Myriam a déraciné fondamentalement du cœur de Pharaon toute velléité de leur faire du mal, et nous n’avons jamais entendu qu’il les aurait punies.</p>
<p dir="RTL" align="right"><em>.avant que ne vienne auprès d’elles la sage-femme et elles ont enfant ,</em><strong>בְּטֶרֶם תָּבוֹא אֲלֵהֶן הַמְיַלֶּדֶת</strong><strong>וְיָלָדו</strong></p>
<p>Mais alors, si elles accouchent tellement vite, pourquoi y a-t-il besoin d’une sage-femme ?</p>
<p>Pharaon pouvait leur reprocher de ne pas s’imposer aux femmes qui devaient accoucher, alors qu’elles étaient nommées par le roi. A cela elles ont répondu : <strong>בְּטֶרֶם&nbsp;</strong>car nous nous ingénions à arriver auprès d’elles avant que n’arrive le terme de l’accouchement selon notre propre compte pour les accoucher, et malgré cela nous trouvons qu’elles ont déjà accouché, <strong>וְיָלָדוּ</strong> car les femmes enceintes faisaient en sorte d’annoncer un terme plus tardif de leur grossesse, car elles avaient une intuition de la situation.</p>
<h2>Verset 20</h2>
<p><strong>וַיֵּיטֶב אֱלֹהִים לַמְיַלְּדֹת וַיִּרֶב הָעָם וַיַּעַצְמוּ מְאֹד</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>Et D. a fait du bien aux sages-femmes et le peuple s’est accru et ils sont devenus très puissants</em></p>
<p>Quelle a été la récompense des sages-femmes&nbsp;?</p>
<p>Quel est le bienfait que D. a prodigué aux sages-femmes&nbsp;? Si c’est ce que dit le verset suivant&nbsp;: <strong>וַיַּעַשׂ לָהֶם בָּתִּים&nbsp;</strong>(<em>Il leur a fait des maisons) </em>pourquoi est-ce interrompu par&nbsp;<strong>וַיִּרֶב הָעָם וַיַּעַצְמוּ מְאֹד ?</strong></p>
<p>Au lieu de se détruire, elles se sont construites. Et elles ont construit le Peuple Juif.</p>
<p>Première réponse&nbsp;: le peuple s’est multiplié et renforcé. Le fait d’avoir pu sauver de nombreuses vies en Israël, en soi a été pour elles un grand bienfait. (‘Hatam Sofer, Ohr Ha’hayim, Kli Yakar)</p>
<p>Autre explication&nbsp;: D., voyant leur crainte du ciel, leur a donné la possibilité de faire encore plus de Mitsvot sans limite pour augmenter leur salaire.</p>
<p><strong>וַיִּרֶב הָעָם</strong>&nbsp;: <em>le peuple s’est accru</em></p>
<p>Cette expression est au singulier.</p>
<p><strong>וַיַּעַצְמוּ מְאֹד</strong>&nbsp;: <em>et ils sont devenus très puissants</em></p>
<p>Cette expression est au pluriel. Suite au fait qu’elles ont risqué leur vie pour apporter de la nourriture et de l’eau aux femmes qui accouchaient, D. les a enrichies, et par cela elles ont pu faire encore plus de bien. (Rabbi Eliézer Ashkénazi) (Ce qui pourrait nous expliquer que le mot <strong>וַיַּעַצְמוּ&nbsp;</strong>soit au pluriel, car dans ce cas-là il se rapporte aux sages-femmes. Ce verbe peut s’appliquer à la richesse matérielle, voir Genèse 26.16)</p>
<h2>Verset 21</h2>
<p><strong>וַיַּעַשׂ לָהֶם בָּתִּים</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>et Il leur a fait des maisons</em></p>
<p>De quoi s’agit-il&nbsp;?</p>
<p>Nous trouvons dans le texte un autre endroit où cette expression est employée lorsque le prophète Nathan dit au Roi David&nbsp;(Shmouel II 7. 11-12) : «&nbsp;<em>D. t’a fait savoir qu’il te fera une <strong>maison</strong>… et je préparerais sa <strong>royauté</strong>. Il construira une maison à mon nom</em>&nbsp;». Nous apprenons par-là que la maison que D. va construire sera une ‘<strong>maison de royauté’. </strong>Et par cela est mentionnée une autre maison&nbsp;: le Beith Hamikdach (le Saint Temple), «&nbsp;une maison à mon nom&nbsp;». C’est pour cela que Rachi explique&nbsp;: <strong>וַיַּעַשׂ לָהֶם בָּתִּים</strong><strong>&nbsp;</strong>: maison de prêtres, de lévites et de royauté qui sont appelées ‘maisons’. Comme il est écrit&nbsp;: «&nbsp;<em>Il a construit la maison de D. et la maison du roi</em>&nbsp;» (Rois I 9.1)</p>
<p>Pourquoi&nbsp;<strong>להֶם&nbsp;</strong>au masculin, et non pas&nbsp;<strong>להן&nbsp;</strong>au féminin&nbsp;? A priori il semble qu’on parle des sages-femmes&nbsp;?</p>
<p>Prêtres et lévites de Yokheved, Rois de Myriam (Sota 11b). On comprend de là qu’en fait il n’est pas question de maisons personnelles pour Yokheved et Myriam, mais cette récompense concerne le peuple tout entier.</p>
<p>«&nbsp;<em>Et ce fut parce que les sages-femmes ont <strong>craint D. </strong>et Il leur a fait des<strong> maisons.</strong></em><strong>&nbsp;</strong>» L’apparition de la prêtrise et de la royauté dans le Peuple Juif est la conséquence directe de la <strong>crainte de D. </strong>qui s’est dévoilée chez les sages-femmes. Leur crainte n’enseigne pas uniquement sur elles, mais sur le Peuple tout entier. Par leur comportement est née une réalité de vie nouvelle au sein des Enfants d’Israël, un niveau de <strong>crainte du ciel</strong> pure. ‘<em>La crainte du ciel pure se maintiendra pour l’éternité</em>’ (Psaumes 19.10). C’est le niveau de vie du Peuple Juif tout au long des générations. La mission des prêtres et des rois est d’insuffler ce contenu de vie noble au sein de toute la communauté.</p>
<p>Citation du OHEL RAHEL, ouvrage de Rav Mena’hem Schlanger&nbsp;: La Force de la Emouna. Fin du chapitre 4</p>
<p>«&nbsp;Le Peuple juif dans son ensemble, est désigné dans la Torah Ecrite par le nom «&nbsp;maison&nbsp;», «&nbsp;בית יעקב&nbsp;: maison de Yaakov, maison d’Israël&nbsp;». Et les Sages ont dit aussi que c’est avec le nom «&nbsp;maison&nbsp;» qu’a été choisi l’endroit du service de D-ieu pour l’éternité (בית המקדש): «&nbsp;Abraham a appelé le Temple : ‘montagne’, Yits’hak l’a appelé : ‘le champ’, Yaakov l’a appelé : ‘maison’&nbsp;» (Pessa’him 88a)</p>
<p>La maison est la force qui est transmise dans la main de l’homme pour introduire les lois de l’existence éternelle et supérieure au sein de sa vie. Et c’est donc le nom qui exprime la permanence du lien entre Israël et D-ieu. La force de la maison est supérieure à la montagne et au champ car Yaakov a ajouté par rapport à Abraham et Yits’hak et a nommé ce lien «&nbsp;maison&nbsp;». Et par ce nom, le lien pour l’éternité a été fixé. Et sur cela, il est dit (Isaïe 54:10) : «&nbsp;Que les montagnes chancellent (Abraham l’a appelé montagne) que les collines s’ébranlent, (Yits’hak l’a appelé champ) ma tendresse pour toi ne chancellera pas, ni mon alliance de paix ne sera ébranlée (l’alliance qui est dans la maison de Yaakov.)&nbsp;»</p>
<p>Etant donné que la maison est l’endroit où se fixe dans la réalité la vie intérieure de l’homme, pour cela toute fixation de lien de la Kedoucha (sainteté) avec le monde, s’exprime avec le terme «&nbsp;maison&nbsp;» בית . Le ‘Temple’ בית המקדש est l’endroit du rapport entre Israël et D-ieu qui est fixé concrètement ; Le ‘lieu d’étude’ בית המדרש est l’endroit où se fixe le dévoilement de la Torah ; la ‘synagogue’ בית הכנסת est l’endroit de la prière. Et sur tous ceux-là, la maison du couple, le Temple, le lieu d’étude, la synagogue, il est dit : «&nbsp;Qu’elles sont belles tes tentes Israël, comme des plantes odoriférantes D-ieu a planté, comme des cèdres qui sont dressés sur l’eau.&nbsp;» (Bamidbar 24:5) Et de là, dans le fait que l’homme et la femme fixent par leur confiance, une «&nbsp;maison de Emouna&nbsp;», (de confiance), ils forment la base pour l’éternité de la réception de la Torah, sa réalisation dans la vie de l’homme et sa transmission à la génération à venir.&nbsp;»</p>
<p>[Il leur a fait des maisons&nbsp;: il existe plusieurs avis&nbsp;car le sujet de <strong>וַיַּעַשׂ</strong>, <em>il leur a fait</em> peut porter à controverse. S’agit-il de D. ou de Pharaon?</p>
<p>– H. leur a fait des «&nbsp;maisons&nbsp;» de Kehouna, Levia et Malkhout (prêtrise, lévites, royauté)</p>
<p>– Pharaon a fait des maisons pour surveiller les sages-femmes</p>
<p>– Pharaon a enfermé les femmes enceintes pour savoir quand elles vont accoucher</p>
<p>– D. donné des maisons aux sages-femmes où elles ont pu se cacher et échapper à Pharaon]</p>
<h2>Verset 22</h2>
<p><strong>וַיְצַו</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>et il a ordonné</em></p>
<p>C’est la première fois depuis le début de Séfer Chemot qu’apparaît ce verbe. Pourquoi&nbsp;?</p>
<p>La rencontre entre Pharaon et la pureté morale des sages-femmes ne l’a pas transformé en un homme de morale. Au contraire, comme expliqué au verset 16 il en a été très perturbé. Il a bien perçu le grand fossé entre lui et la vérité supérieure de la vie, et à quel point elle met en péril sa position, ses idées et sa société. Mais cela a causé une explosion encore plus grande de haine et de méchanceté. Comme Pharaon a vu que son plan n’a pas marché avec les sages-femmes, il a ordonné à tout son peuple de s’en charger.</p>
<p>On peut comprendre&nbsp;: tout enfant qui naîtra jetez le dans le Nil (indifféremment Hébreu ou Egyptien). (Chemot Rabba 1.15)</p>
<p>Ou bien il a ordonné à son peuple d’aider à jeter les bébés hébreux dans le fleuve.</p>
<p>Rachi dit qu’il a ordonné sur tout son peuple le jour où Moshé Rabbénou est né, car ce jour-là ses astrologues lui ont dit&nbsp;: «&nbsp;le sauveur d’Israël est né et nous ne savons pas s’il est Hébreu ou Egyptien, et nous voyons qu’il finira par être frappé par l’eau&nbsp;». C’est pour cela qu’il a ordonné de tuer tous les bébés même égyptiens comme il est écrit&nbsp;: <strong>כָּל הַבֵּן הַיִּלּוֹד</strong> <em>tout garçon qui naîtra</em>, et ce n’est pas écrit qui naîtra aux Hébreux. Et ils ne savaient pas qu’il finirait par être frappé à cause des eaux de Meriba (bien plus tard Moshé chutera par les eaux de Meriba).</p>
<p>Il y a une ambiguïté chez Moshé Rabbénou. Il a été élevé dans la maison de Pharaon. Les filles de Yitro reviennent chez leur père en disant&nbsp;: «&nbsp;<em>un homme égyptien</em>&nbsp;»&nbsp;nous a sauvées. Et il avait beaucoup de disciples égyptiens, c’est le «&nbsp;ערב רב&nbsp;». Il est de la tribu de Lévi, mais d’un autre côté il a des aspects universels. La Torah, c’est la Torah d’Israël, mais les Nations s’y réfèrent. Le président des Etats-Unis jure sur la Bible.</p>
<p>Moshé Rabbénou a été le maître de tout Israël, celui qui est complètement dans la vie juive, dans l’étude, et celui qui vit parmi les Nations. Il a des aspects complètement juifs, et aussi universels. Les enfants d’Israël n’ont pas toujours eu confiance en Moshé Rabbénou. Il n’a jamais été esclave. Eux l’ont été. A Matan Tora, ils ont eu confiance.</p>
<p><strong>לֵאמֹר</strong><strong>&nbsp;: </strong><em>pour dire</em></p>
<p>Que nous rajoute ce mot&nbsp;? Pharaon a ordonné à tout son peuple de jeter les bébés hébreux dans le fleuve, alors à qui doivent-ils dire «&nbsp;<em>tout garçon qui naîtra vous le jetterez au fleuve&nbsp;</em>»&nbsp;?</p>
<p><strong>Ohr Ha’hayim</strong> dit : pour que les Egyptiens disent aux Enfants d’Israël de jeter eux-mêmes les bébés dans l’eau. Les astrologues ont vu que Pharaon serait frappé par l’eau, par la faute des Enfants d’Israël. C’est pour cela qu’il leur a ordonné qu’ils jettent, eux, les bébés à l’eau.</p>
<p><strong>Pchat</strong>&nbsp;: il a ordonné à tout son peuple de dire aux Enfants d’Israël de jeter les bébés hébreux.</p>
<p><strong>Drach</strong>&nbsp;: il a ordonné à tout son peuple de jeter leurs enfants ce jour-là.</p>
<p><strong>כָּל הַבֵּן הַיִּלּוֹד הַיְאֹרָה תַּשְׁלִיכֻהוּ</strong>&nbsp;: tout garçon qui naîtra vous le jetterez dans le fleuve.</p>
<p>Chaque Egyptien devait se soucier personnellement d’imposer le décret de Pharaon sur les enfants hébreux à naître. On exigeait d’eux de traquer toute femme enceinte dans leur voisinage et de s’assurer qu’ils jetteraient leurs enfants dans le fleuve. Et ainsi aucun n’échapperait sous leurs mains. (Ohr Ha’hayim).</p>
<p>Comme nous avons vu au sujet des sages-femmes, le fil conducteur du comportement des Egyptiens était que les Enfants d’Israël eux-mêmes deviennent cruels vis-à-vis de leurs propres enfants.</p>
<p>Et plus que cela explique le Natsiv&nbsp;«&nbsp;c’est écrit: <strong>וַיְצַו&nbsp;</strong>et Pharaon a ordonné, qui est un langage de pression&nbsp;»</p>
<p>Le langage de l’ordre montre le stress qui allait en grandissant dans lequel se trouvait Pharaon en conséquence de l’accroissement de la tension spirituelle, et la résultante de cela c’est que toutes ses démarches pour affaiblir et déprimer le Peuple Juif jusque-là étaient vaines.</p>
<p>Deux grands enseignements ressortent de ce passage. Et ce sont des femmes qui sont les grandes actrices de ce qui se passe, et de ce qui va être les prémices de la délivrance. Et la Tora témoigne explicitement sur leur grandeur, le Midrach ne fait que détailler et mettre en valeur ce qui est exprimé en clair.</p>
<p><strong>וַתִּירֶאןָ הַמְיַלְּדֹת אֶת הָאֱלֹהִים</strong></p>
<p>Le «&nbsp;Ktav Vehakabala&nbsp;» sur Genèse 22.2 écrit&nbsp;: «&nbsp;L’amour est la cause de la crainte, et la crainte est la perfection de l’amour, elle le dépasse en niveau, comme le père avec son jeune fils qui craint sans cesse qu’il ne lui arrive souffrance et accident, et qui l’empêche de tomber. Et quel est le sujet de cette crainte-là et quelle en est la cause&nbsp;? Tu peux dire que c’est l’amour qu’il lui porte, c’est pour cela qu’il a l’habitude de craindre toujours de peur qu’il ne lui arrive un malheur, et c’est en soi le sujet de l’amour de la grandeur et la crainte de la puissance de D., lorsqu’il aime D. vraiment, alors il craint toujours de porter atteinte à sa gloire&nbsp;.»</p>
<p>Les Sages-femmes ont réussi à résister aux propositions de faveur de Pharaon, ainsi qu’au danger et à la peur de lui désobéir car elles avaient cette crainte exceptionnelle qui se tenait fermement sur l’amour de la parole divine.</p>
<p><strong>כי חיות הנה</strong></p>
<p><strong>Ibn Ezra</strong>&nbsp;: <strong>חָיוֹת</strong>&nbsp; elles ont une grande force de vie</p>
<p>Aussi bien les sages-femmes que les femmes en général ont montré un amour de la vie, une détermination à donner la vie, d’un niveau tout-à-fait exceptionnel. Malgré la servitude, malgré les décrets infâmes, elles ont tenu bon, elles ont encouragé et entrainé leurs maris pour que le Peuple Juif continue à vivre. Et voilà la récompense&nbsp;: toutes les tentatives pour éliminer le Peuple Juif, pour le déprimer, le décourager, non seulement ont échoué, mais encore l’ont construit pour être préparé à la délivrance.</p>
<p><strong>כי חיות הנה</strong></p>
<p>ותחיינה&nbsp;: le désir de vie n’est pas une notion naturelle, c’est un niveau élevé.</p>
<p>Quelques mois après la libération des camps, en 1945, il y a eu Yom Kippour. Un yid a dit au Rabbi de Klausenburg : Rabbi, qu’est-ce que ça signifie pour nous un jour de pardon, qu’avons-nous pu fauter dans ces conditions si terribles&nbsp;? Qu’avons-nous à nous faire pardonner&nbsp;? N’avons-nous pas assez enduré&nbsp;? Le Rabbi a répondu&nbsp;:&nbsp;«Si. Il y a une chose à nous faire pardonner. N’est-ce pas qu’il y a eu des moments où tu ne voulais plus vivre&nbsp;? Eh bien tu dois demander expiation pour ces moments-là.&nbsp;»</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LA DIMENSION DE ‘HESSED (LA GENEROSITE) SE  TROUVE EN TOUT</title>
		<link>https://yechiva.com/la-dimension-de-hessed-la-generosite-se-trouve-en-tout/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Caty Zyzek]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Oct 2024 17:21:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pensée juive]]></category>
		<category><![CDATA[Sujets divers]]></category>
		<category><![CDATA[Caty Zyzek]]></category>
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					<description><![CDATA[De même, verset 2, 11 : וַיַּעַן בֹּעַז וַיֹּאמֶר לָהּ הֻגֵּד הֻגַּד לִי כֹּל אֲשֶׁר־עָשִׂית אֶת־חֲמוֹתֵךְ אַחֲרֵי מוֹת אִישֵׁךְ « Et Boaz a répondu et lui a dit : on m’a raconté tout ce que tu as fait envers ta belle-mère après la mort de ton mari. » A première vue, quel ‘Hessed a-t-elle donc [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">De même, verset 2, 11 : וַיַּעַן בֹּעַז וַיֹּאמֶר לָהּ הֻגֵּד הֻגַּד לִי כֹּל אֲשֶׁר־עָשִׂית אֶת־חֲמוֹתֵךְ אַחֲרֵי מוֹת אִישֵׁךְ « Et Boaz a répondu et lui a dit : on m’a raconté tout ce que tu as fait envers ta belle-mère après la mort de ton mari. »<br />
A première vue, quel ‘Hessed a-t-elle donc fait avec Naomi ? Naomi elle-même n’a-t-elle pas insisté pour qu’elle s’en retourne, et Routh a agi pour son propre bien. Comment alors pouvons-nous considérer une action que l’homme fait pour lui-même comme une action de ‘Hessed ?</p>
<p style="text-align: left;">Et encore, verset 3, 10 :<br />
וַיֹּאמֶר בְּרוּכָה אַתְּ לַיהוָה בִּתִּי הֵיטַבְתְּ חַסְדֵּךְ הָאַחֲרוֹן מִן־הָרִאשׁוֹן לְבִלְתִּי־לֶכֶת אַחֲרֵי הַבַּחוּרִים אִם־דַּל וְאִם־עָשִׁיר « Et il lui a dit : Bénie sois-tu par D. ma fille, ton dernier acte de ‘Hessed est encore meilleur que le premier… » Quel acte de ‘Hessed Routh a-t-elle accompli là ?</p>
<p style="text-align: left;">N’a-t-elle pas agi pour elle-même uniquement comme en témoigne le verset 3, 1 : וַתֹּאמֶר לָהּ נָעֳמִי חֲמוֹתָהּ בִּתִּי הֲלֹא אֲבַקֶּשׁ־לָךְ מָנוֹחַ אֲשֶׁר יִיטַב־לָךְ « Naomi sa belle-mère lui dit : ma fille, n’est-ce pas que j’espère pour toi un repos qui te sera bon ? »<br />
Et comment pourrions penser qu’une action que l’homme accomplit pour son propre bien (pour se trouver un bon chiddoukh par exemple) serait un acte de ‘Hessed ? Celui qui médite à notre hypothèse comme quoi il est impossible d’appeler acte de ‘Hessed une action que l’homme accomplit pour son bien propre, pourra réaliser que c’est une erreur. Et le ‘Hovot Halavavot Chaar avodat Haelokim nous enseigne :<br />
וכאשר נתבונן בטובות בני אדם קצתם אל קצתם אינן יוצאות מאחד מחמשה פנים : lorsque nous méditons aux bienfaits des êtres humains d’une extrémité à l’autre, ils ne sortent pas de l’un des cinq aspects,<br />
האחד טובת האב על הבן<br />
והשני טובת האדון על עבד<br />
והשלישי טובת העשיר על הרש כדי לקבל שכר שמים<br />
והרביעי טובת בני אדם קצתם לקצתם לקנות השם והכבוד ולגמול העולם<br />
והחמישי טובת החזק על החלש בעבור חמלתו עליו ושהוא כואב על ענינו</p>
<p>L’un d’entre eux est le bienfait du père envers son fils, etc.<br />
Et nous devons maintenant approfondir l’intention de tous… n’est-elle pas dépendante d’un intérêt… le bienfait du père envers son fils. C’est bien connu qu’il y recherche son intérêt propre, car le fils est un morceau du père, etc. Et tu verras qu’il est encore plus sensible à son égard qu’à son propre corps, etc. et on voit déjà de ce que nous avons dit en introduction que l’intention de tout bienfaiteur envers son prochain recherche son intérêt etc. Malgré tout, cela n’empêche pas de les louer, de leur être reconnaissant dans la crainte et l’amour qu’on ressent pour eux (les parents). Et si c’est ainsi, alors combien s’impose à l’homme le Service de louer et d’être reconnaissant envers Celui qui crée le bienfait, et qui nous gratifie sans limite de ses bienfaits, mais au contraire ils sont permanents et se prolongent sans intention d’intérêt, etc.<br />
Nous comprenons habituellement son enseignement ainsi : quoiqu’il arrive, l’homme reçoit des bienfaits.<br />
En vérité, si nous réfléchissons, nous allons voir que nous n’avons pas besoin de cela. Car toute notre hypothèse qu’une action que l’homme accomplit pour son bien propre n’est pas un acte de ‘Hessed, c’est une erreur. Par exemple : la Mitsva de Tsedaka. Evidemment que c’est un acte de ‘Hessed. Les Sages ont enseigné dans la Guemara Pessa’him 8a que celui qui dit « je vais donner de la Tsedaka pour que mon fils vive », c’est un juste parfait, et son acte est bel et bien un acte de ‘Hessed, bien qu’il le fasse pour un intérêt personnel, car l’intention n’amoindrit pas l’acte. Cependant, on pourra discuter avec lui sur la dimension de « Lichma » (acte désintéressé) mais en ce qui concerne le sujet de ‘Hessed, il n’y a là aucun déficit. Et encore, d’où cela nous vient-il qu’il serait interdit d’accomplir un acte de ‘Hessed pour son intérêt personnel, pourtant nous voyons bien que le juge dont tous les actes ne sont que des actes de ‘Hessed comme ils ont dit dans la Guemara Chabbat 10a :<br />
כל דיין שדן דין אמת לאמיתו אפילו שעה אחת מעלה עליו הכתוב כאילו נעשה שותף להקדוש ברוך הוא במעשה בראשית<br />
« Celui qui rend un jugement de vérité envers son prochain, ne serait-ce qu’un seul instant, devient l’associé de D. dans l’acte de la Création. » Et malgré cela, il a le droit de prendre un salaire pour le temps qu’il a pris pour juger. Donc bien qu’il prenne un salaire pour son action, cela ne diminue pas l’acte de ‘Hessed. Et donc, s’il en est ainsi, nous faisons vraiment erreur lorsque nous pensons que le commerçant qui est occupé du matin au soir à son commerce et en tire sa subsistance, cela n’est pas du ‘Hessed. Car étant donné que l’action en elle-même, c’est une évidence que c’est un acte de ‘Hessed : un homme qui marcherait nu, pieds nus et affamé, et celui-là vient le nourrit, le fait boire et le vêtit, n’as-tu pas de plus grand ‘Hessed que celui-là ? Que nous importe si en même temps il en tire des gains ? Et où trouvons-nous qu’il est interdit de profiter nous-même de notre acte de ‘Hessed ? On peut tout de même avoir l’intention de faire avec cela un acte de ‘Hessed.<br />
Si un homme regarde le monde avec cette optique, il verra que la Création toute entière, tous ses actes et réalisations, toutes ses activités, ne sont que des entreprises de « ‘Hessed ». Et selon cela, il est évident que le fondement de toutes les Mitsvot entre l’homme et son prochain, c’est bien le ‘Hessed. Et même le fondement des Mitsvot entre l’homme et D., c’est le ‘Hessed. Sauf qu’il faudra rajouter un petit supplément, c’est que là le ‘Hessed sera avec le Créateur si l’on peut s’exprimer ainsi « לעשות נחת רוח ליוצרו », causer une satisfaction à son Créateur, et n’est-ce pas là en vérité le fondement de toute la Création ?</p>
<p>Sur le fondement des sacrifices, les Sages ont enseigné (rapporté par Rachi à propos du verset Lévitique 1, 9) : ריח נחוח נחת רוח למי שאמר ונעשה רצונו « Un arôme agréable pour Celui qui a dit faisons, et Sa volonté a été faite ». Et cela est le fondement de l’homme. Cela signifie effectivement que tout le fondement de la Création est de faire du « ‘Hessed » avec le Créateur, si l’on peut s’exprimer ainsi. Nous avons expliqué dans un autre cours l’enseignement du Ram’hal selon lequel D. a voulu faire du bien à ses créatures car le fondement de toute la Création c’est que l’homme doit se rendre apte à ce que le Créateur puisse lui faire du bien.<br />
Dans les lois des Cohanim nous trouvons le verset Lévitique 26, 3-4 :<br />
אִם-בְּחֻקֹּתַי, תֵּלֵכוּ ; וְאֶת-מִצְוֺתַי תִּשְׁמְרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם. וְנָתַתִּי גִשְׁמֵיכֶם, בְּעִתָּם; וְנָתְנָה הָאָרֶץ יְבוּלָהּ, וְעֵץ הַשָּׂדֶה יִתֵּן פִּרְיו<br />
« Si vous allez dans mes décrets et vous gardez mes commandements et les accomplissez. Je donnerai vos pluies en leur temps ; et la terre donnera sa récolte et l’arbre du champ, son fruit. » אִם (si), dans le sens de demande, le Créateur béni-soit-il nous demande de suivre ses lois afin de pouvoir nous prodiguer du bien. Et c’est ce que nous avons expliqué dans les cours précédents, que le fondement de la Tora, ce sont des règles générales et des détails, et nous avons expliqué que le ‘Hessed, c’est un « כלל », une règle générale, car effectivement ce qui engendre et crée toute la Tora, c’est « ‘Hessed ».<br />
Les Sages ont enseigné dans la Guemara Sota 14a : תורה תחילתה גמילות חסדים וסופה גמילות חסדים « La Tora commence par de la bienfaisance, et se termine par de la bienfaisance ». Explication : lorsque l’on voit un sujet de débat et de recherche qui se termine par le même sujet par lequel il a commencé, c’est la preuve que toute la discussion porte sur ce même sujet. La Tora commence par de la bienfaisance (D. crée le monde, et s’occupe d’Adam et Eve, les nourrit, les vêtit, etc.) et se termine par de la bienfaisance (D. enterre Moshe Rabbénou), car la racine de toute la dialectique et de toute la discussion contenue dans la Tora, c’est « ‘Hessed ». Si l’on approfondit bien la Sainte Tora, on verra que son fondement est « ‘Hessed ». Comme exemple les משפטים, les lois juridiques : un des principes de base des lois juridiques, ce sont les acquisitions, qui a priori n’ont rien à voir avec le ‘Hessed. Mais celui qui réfléchit verra qu’en vérité le fondement des acquisitions, c’est le ‘Hessed. Car, en réalité, le sujet de « propriété », et de « à lui », dont D. a gratifié l’homme, provient de la dimension de ‘Hessed, du principe fondamental : « רצה הקב״ה להטיב עם בריותיו ». « D. a voulu être bon avec ses créatures ». Ceci d’après la démarche du Ram’hal qui explique que tout le sujet du Service humain a pour but de lui éviter de manger le pain de la honte (שלא יאכל נהמא דכיסופא). Car celui qui mange le pain que son copain lui a donné, il a peur de le regarder en face. Et il a écrit : a été donné à l’homme le sujet des acquisitions et de « à lui », afin qu’il ressente qu’il mange le fruit de son travail. Et dans ce domaine, il y a une grosse erreur qui s’est répandue dans notre génération, c’est le système d’annulation de la propriété (communisme) qui a toute l’allure d’un système élevé et sublime, et nombreux sont ceux qui s’enflamment pour ce système. Mais à dire vrai, il est extrêmement erroné, sans même parler des avantages et des inconvénients particuliers de ce système. Car des avantages et des inconvénients apparaissent avec le temps dans tous les modes de vie, et si nous sommes attentifs à leurs dégâts, le système le plus « pur » a ses défauts. Mais en scrutant l’essence même de ce système sans regarder l’apparence qu’il prend dans sa réalisation concrète, il est clair qu’après une longue journée de travail et de labeur, l’homme qui doit se tenir debout et attendre qu’on lui fixe la somme de ses gains, tout le plaisir que ressent celui qui mange du fruit de son travail a disparu. Après tout son labeur, il ressent qu’il mange נהמא דכיסופא (le pain de la honte). Et bien sûr que dans une telle vie, les dégâts seront plus importants que dans une vie d’« acquisitions », car véritablement les « acquisitions » sont parmi les bienfaits les plus grands.<br />
Le fondement et la base qui entourent tout est « ‘Hessed ». Le fondement de la Tora est « ‘Hessed ». Le fondement de la Création est « ‘Hessed ». L’homme réside toute la journée dans le ‘Hessed. Tous ses gestes et toutes ses réalisations sont des actes de ‘Hessed. Tout commerce, toute activité humaine commune, tous sont construits sur le ‘Hessed. Car c’est bien ainsi qu’a été imprimée toute la Création. Et avec une seule pensée stupide, l’homme gomme tout, avec la réflexion superficielle qu’il fait tout cela pour son bien propre, cette réflexion-là a gommé tout le fondement de la Création, tout est englouti et a disparu avec cette pensée-là. A ce sujet, il convient de rapporter ici l’expression des Sages dans la Guemara Baba Batra 16a : « הופך קערה על פיה », « il renverse la marmite à&nbsp; l’envers », c’est-à-dire qu’en renversant la marmite, il renverse de nombreux édifices, et cela est terrifiant ! Car véritablement l’homme est imprégné entièrement de « ‘Hessed ». הֵיטַבְתְּ חַסְדֵּךְ הָאַחֲרוֹן מִן־הָרִאשׁוֹן , ton dernier bienfait est encore meilleur que le premier : ce grand ‘Hessed-là est tout simplement son Chiddoukh avec Boaz, cet acte simple-là, est vraiment un acte de ‘hessed. Et à quel point c’est effrayant, qu’après tout cela, lorsqu’on demandera à quelqu’un où le ‘Hessed nous a été ordonné dans la Tora, il va hausser les épaules comme s’il n’en savait rien. La lecture de la Meguilat Routh à Chavouot nous montre que le fondement de la Tora et son essence, c’est « ‘Hessed ».</p>
<p>« La Tora commence par du ‘Hessed, et la Tora termine par du ‘Hessed. »</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De la bouche du ‘Hatan n’est sorti qu’un seul mot M’Geyt, allons-y !</title>
		<link>https://yechiva.com/de-la-bouche-du-hatan-nest-sorti-quun-seul-mot-mgeyt-allons-y/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Caty Zyzek]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Apr 2022 04:05:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[L’étude de la Torah]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée juive]]></category>
		<category><![CDATA[allons-y !]]></category>
		<category><![CDATA[Caty Zyzek]]></category>
		<category><![CDATA[De la bouche du ‘Hatan n’est sorti qu’un seul mot M’Geyt]]></category>
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					<description><![CDATA[Une force de caractère incomparable Et voici devant nous un bon conseil pour celui qui veut amener son conjoint à un véritable encouragement. Pour le penseur le Rav ‘Hakham Rabbi Moshé Yaakov Kanner (dans un texte qu’il a publié dans Hamodia), il y a un conseil merveilleux qu’on apprend d’un seul mot écrit dans le [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4>
<strong>Une force de caractère incomparable</strong></h4>
<p>Et voici devant nous un bon conseil pour celui qui veut amener son conjoint à un véritable encouragement. Pour le penseur le Rav ‘Hakham Rabbi Moshé Yaakov Kanner (dans un texte qu’il a publié dans Hamodia), il y a un conseil merveilleux qu’on apprend d’un seul mot écrit dans le rouleau de Routh.<br />
Il y avait une force de caractère exceptionnelle en Naomi, écrit le Rav Moshé Yaakov Kanner, une force juive véritable, «&nbsp;ni par la force, ni par la puissance, mais par mon Esprit » … Approfondissons le mot de la Meguila qui a été dit au sujet de Naomi lorsqu’elle quitte la terre de Moav, après qu’elle soit restée seule sans son mari et ses deux fils. «&nbsp;Et elle s’est levée&nbsp;»&nbsp;! et elle s’est levée, quelle charge puissante est concentrée dans cette levée&nbsp;!<br />
Naomi est restée seule sans sa famille. Sur le verset Ruth 1.3, 3 «&nbsp;Et Elimelekh est mort, le mari de Naomi, et elle est restée avec ses deux fils&nbsp;», les Sages enseignent&nbsp;:&nbsp;elle est «&nbsp;restée&nbsp;», explication&nbsp;: «&nbsp;des restes de miettes » … pauvre, abandonnée, solitaire et seule. Elle se trouvait après de terribles malheurs et devant des humiliations puissantes. Son univers était complètement obscurci. La vieillesse a bondi sur elle. Le passé était enterré quelque part dans le cimetière de Moav, et le futur se trouvait dans un brouillard épais.<br />
Qu’est-ce qui l’attend maintenant si elle retourne dans son pays natal&nbsp;? Un accueil de&nbsp;: «&nbsp;toute la ville était stupéfaite ». L’expression de grand étonnement s’exprimait sur la bouche de milliers de gens «&nbsp;est-ce donc là Naomi&nbsp;?&nbsp;», question accablante de blâme de la famille aisée qui a quitté la terre en période de famine. Et malgré tout, la décision est déterminée. «&nbsp;Elle s’est levée&nbsp;»&nbsp;!<br />
Et dans quelles conditions&nbsp;? Notre maître le Ba’h dans son Séfer «&nbsp;Méchiv Nefech&nbsp;» sur le rouleau de Ruth ajoute&nbsp;: faible, malade du fait de trop de souffrances, sans nourriture, ni provision de route. Naomi n’a pas attendu que ses voisines lui préparent de la nourriture pour cette migration. « Elle s’est levée » ! C’est cela la volonté d’H. alors je retourne, advienne que pourra…<br />
C’est la solution et c’est le conseil. Elle s’est levée. Se lever et agir.<br />
Pour comprendre ce sujet d’une façon plus tangible, le Rav Kanner nous donne un exemple bouleversant de la génération précédente, de l’un de ces personnages qui ont couronné notre monde, ces fortes personnalités qui ont établi la construction de notre génération avec leur sang et leur sueur, avec leur souffle et leur âme, mais qui ont vécu et respiré le verset&nbsp;: «<br />
כָּל־זֹאת בָּאַתְנוּ וְלֹא שְׁכַחֲנוּךָ וְלֹא־שִׁקַּרְנוּ בִּבְרִיתֶךָ: (תהלים פרק מד פסוק יח)<br />
«&nbsp;Tout cela nous est advenu, sans que nous T’ayons oublié, sans que nous ayons trahi Ton alliance.&nbsp;»</p>
<p><strong>Personne n’osait frapper à la porte</strong></p>
<p>Un homme de haute stature (un Mensch) était Rabbi Ye’hiel Maness Zytnicki Z’’L, Talmid ‘Hakham et ‘Hassid, activiste diligent. Il a fondé la Yechiva «&nbsp;Imré Emeth&nbsp;» des Hassidim de Gour avec un très grand dévouement.<br />
Le saint Admour auteur du «&nbsp;Pné Mena’hem&nbsp;» Z’’L a écrit dans une de ses lettres&nbsp;à son sujet : «&nbsp;le Rav ‘Hassid, Rabbi Ye’hiel Maness Zytnicki Z’’L, était comme un Séfer Tora cacher de qualité supérieure, il avait une très grande crainte du Ciel, et était très pointilleux dans l’accomplissement des Mitsvot, c’était un Ben Tora, et un ‘Hassid, et il est décédé en ne laissant pas d’endeuillés à consoler, et sa Nechama qui a accompli des Mitsvot hurle pour la continuité…&nbsp;»<br />
Il y a de nombreuses années, le Rav Maness se rendait à la ‘Houpa pour son deuxième mariage, en Autriche, et c’était peu de temps après la «&nbsp;destruction&nbsp;» dans laquelle il a perdu sa femme et six enfants. Toute sa famille a été massacrée devant ses propres yeux RM’’L.<br />
Avant la ‘Houppa, Rav Maness était assis dans sa chambre fermée à double tour, et il ne sortait pas, bien que l’assistance soit déjà arrivée.<br />
Personne ne se permettait de frapper à la porte et de l’appeler. Les quelques rescapés qui étaient venus de sa ville ont attendu jusqu’à plus d’heure, jusqu’à ce qu’un juif s’arme de courage, et ouvre la porte. Rabbi Maness était assis, sa tête posée entre ses mains. L’homme a murmuré en disant&nbsp;: «&nbsp;les gens attendent&nbsp;».<br />
Et alors, Rabbi Maness a éclaté en sanglots à déchirer le cœur&nbsp;: «&nbsp;Tu viens pour m’appeler pour la ‘Houppa&nbsp;?&nbsp;N’avais-je pas un fils de ton âge, un fils qui aurait déjà pu être amené à la ‘Houppa&nbsp;? Il s’appelait Yossef-Moshé&nbsp;!&nbsp;» … Et dans ces moments terrifiants, il a commencé à mentionner tous ses enfants par leurs prénoms, et leurs qualités. Yossef-Moshé, l’aîné, Eliézer-Eli, Leybele, Gondele, ‘Hayele, Shimon-Berish…<br />
Le pleur intense de Rav Maness a fait trembler le ciel et la terre…<br />
Et d’un coup, il a frappé avec force de son poing sur la table. Et encore un coup. Et de la bouche de Rav Maness n’est sorti qu’un seul mot M’Geyt&nbsp;!!! Allons-y !!!</p>
<p><strong>Il n’a pas laissé de proche</strong></p>
<p>Ce coup de poing-là n’a pas d’équivalent dans toutes les forces de la terre et son contenu. Des dizaines de fissure d’atomes ne peuvent pas s’y comparer en puissance. Et pas seulement parce qu’elles sont destinées à détruire, alors que ce coup-là, c’est un coup de construction du monde.<br />
C’est une puissance véritable. Voilà tes héros Israël&nbsp;! Un coup de poing énergique. M’Geyt !!! Allons-y !!! On surmonte et on se renforce, parce que c’est cela la volonté de D..<br />
Rav Maness a hurlé fort des profondeurs de son cœur&nbsp;: nous sommes les serviteurs d’H. Béni Soit-Il, et on ne pose pas de questions. Par cette frappe sur la table, le Tsadik a fermé les portes du passé «&nbsp;le passé, c’est le passé&nbsp;», et s’est avancé tout droit vers le service de construction du futur d’Israël&nbsp;!<br />
Et lorsqu’il a fondé la Yéchiva «&nbsp;Imré Emeth&nbsp;» en haut de la rue Tarfon à Bné Brak, il a construit là-bas six étages, chaque étage pour l’élévation de chacun de ses enfants. Il a laissé les larmes et la souffrance, très, très profondément à l’intérieur des matériaux de construction, à l’intérieur du ciment. Mais l’immeuble lui-même s’est édifié et se dresse sur ses fondations malgré tout ce qu’il a passé pendant la Shoa, et c’est peut-être plus exact de dire&nbsp;: en raison de tout ce qui est passé sur lui.<br />
Rabbi Maness n’a malheureusement pas laissé de proche. Le «&nbsp;Pné Mena’hem&nbsp;»&nbsp;a écrit que sa Nechama hurle pour la continuité…C’est pour cela qu’il faut extraire l’étincelle qui a jaillit de son coup puissant, pour que de sa force on apprenne un Pchat terrible de splendeur d’un seul mot dans la Meguilat Routh. «&nbsp;Et elle s’est levée&nbsp;!&nbsp;»<br />
« Et elle s’est levée » de Naomi, des «&nbsp;miettes de restes&nbsp;», elle a décidé de continuer quoi qu’il arrive, malgré toutes les atrocités qui allaient se trouver sur son passage… Cette levée-là a établi pour le futur la royauté d’Israël. Et aussi le «&nbsp;M. Geyt&nbsp;» de Rabbi Maness a édifié la royauté de la Tora…Près de 70 ans ont passé depuis ce coup de poing, et quelque part dans les trésors d’en haut, s’entend encore la voix forte et M. Geyt&nbsp;! Un Juif ne s’arrête pas&nbsp;! La Nechama hurle pour la continuité&nbsp;! Allons-y&nbsp;!!!!<br />
Naomi aussi a proclamé avec vigueur&nbsp;: On y va&nbsp;! Routh la moavite s’est renforcée derrière elle&nbsp;: où tu iras, j’irai.<br />
Et encore. Par cette levée, la Meguilat Routh nous a appris un enseignement supplémentaire concernant la réception de la Tora, c’est-à-dire que ce n’est jamais trop tard de retourner à une vie de Tora, même dans sa vieillesse un Juif peut retourner (faire Techouva), et planter un pieu neuf à l’intérieur du peuple d’H.<br />
Un enseignement qui a un effet puissant<br />
La Meguilat Routh est pleine à craquer de la force de la volonté inépuisable. Une force puissante de renouvellement se perçoit tout au long de ses versets. Nous sommes stupéfaits à la vue de Naomi qui se lève pour réparer, en face de la détermination de Routh de se rapprocher, en face de l’aspiration de Boaz à édifier et faire du bien, alors que ces trois étaient en pleine souffrance et remplis d’angoisses.<br />
Il y a là un enseignement qui a un effet puissant&nbsp;! Trois personnes brisées et sans espoir (deux d’entre elles sont des vieillards) se sont armés de courage et ont posé la pierre angulaire de la royauté de la maison de David et la construction de la délivrance future. Chacun d’entre eux, s’il était resté dans son coin, s’il s’était enfermé dans sa bulle, et avait coupé ses liens avec le monde parce qu’il baissait les bras, et par dépression RM’’L, personne n’aurait pu avoir de plainte à leur sujet.<br />
Cependant, ces trois héros-là ont allumé dans leurs obscurités, précisément au plus profond-même de l’obscurité, la lumière du Machia’h.<br />
Toi aussi, homme (ou femme) de notre génération, si des fois tu ressens ‘Halila, une déprime ou un découragement, si tu te trouves dans des abimes d’obscurité terribles, si la mesure de justice t’a atteint, si tu souffres de ton étroitesse de moyens spirituels ou matériels, d’isolement et de peine permanente, si tu te perçois seul dans l’obscurité fondamentale, ne connaissant personne, et personne à qui s’adresser, ton âme est emprisonnée, tu es enfermé à double tour dans ta douleur et dans ta souffrance, sans sortie ni échappatoire, si tu te trouves dans toutes ces choses-là, ou dans une partie de cela, et que tu penses que tu n’as plus d’espoir ni de solution, ne dis pas ainsi! En aucun cas, non&nbsp;!!!<br />
Prends la Meguilat Routh dans tes mains, médite là-bas, et tu verras combien de force, et quel futur sont cachés dans un Juif brisé, même s’il est très vieux. Même un tel Juif a la capacité de construire encore des mondes ! Il a encore le pouvoir d’activer la venue de la Gueoula pour l’Univers tout entier.<br />
Et elle s’est levée.<br />
Ce que tu dois faire&nbsp;: te lever&nbsp;! Avancer. Savoir que c’est cela la Volonté d’H., et nous sommes ses serviteurs, et si on avance ainsi, on avance pour faire la volonté de notre Créateur</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De la bouche du ‘Hatan n’est sorti qu’un seul mot M’Geyt, allons-y !</title>
		<link>https://yechiva.com/de-la-bouche-du-hatan-nest-sorti-quun-seul-mot-mgeyt-allons-y-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Caty Zyzek]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Apr 2022 04:05:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pensée juive]]></category>
		<category><![CDATA[Sujets divers]]></category>
		<category><![CDATA[allons-y !]]></category>
		<category><![CDATA[Caty Zyzek]]></category>
		<category><![CDATA[De la bouche du ‘Hatan n’est sorti qu’un seul mot M’Geyt]]></category>
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					<description><![CDATA[Une force de caractère incomparable Et voici devant nous un bon conseil pour celui qui veut amener son conjoint à un véritable encouragement. Pour le penseur le Rav ‘Hakham Rabbi Moshé Yaakov Kanner (dans un texte qu’il a publié dans Hamodia), il y a un conseil merveilleux qu’on apprend d’un seul mot écrit dans le [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4>
<strong>Une force de caractère incomparable</strong></h4>
<p>Et voici devant nous un bon conseil pour celui qui veut amener son conjoint à un véritable encouragement. Pour le penseur le Rav ‘Hakham Rabbi Moshé Yaakov Kanner (dans un texte qu’il a publié dans Hamodia), il y a un conseil merveilleux qu’on apprend d’un seul mot écrit dans le rouleau de Routh.<br />
Il y avait une force de caractère exceptionnelle en Naomi, écrit le Rav Moshé Yaakov Kanner, une force juive véritable, «&nbsp;ni par la force, ni par la puissance, mais par mon Esprit » … Approfondissons le mot de la Meguila qui a été dit au sujet de Naomi lorsqu’elle quitte la terre de Moav, après qu’elle soit restée seule sans son mari et ses deux fils. «&nbsp;Et elle s’est levée&nbsp;»&nbsp;! et elle s’est levée, quelle charge puissante est concentrée dans cette levée&nbsp;!<br />
Naomi est restée seule sans sa famille. Sur le verset Ruth 1.3, 3 «&nbsp;Et Elimelekh est mort, le mari de Naomi, et elle est restée avec ses deux fils&nbsp;», les Sages enseignent&nbsp;:&nbsp;elle est «&nbsp;restée&nbsp;», explication&nbsp;: «&nbsp;des restes de miettes » … pauvre, abandonnée, solitaire et seule. Elle se trouvait après de terribles malheurs et devant des humiliations puissantes. Son univers était complètement obscurci. La vieillesse a bondi sur elle. Le passé était enterré quelque part dans le cimetière de Moav, et le futur se trouvait dans un brouillard épais.<br />
Qu’est-ce qui l’attend maintenant si elle retourne dans son pays natal&nbsp;? Un accueil de&nbsp;: «&nbsp;toute la ville était stupéfaite ». L’expression de grand étonnement s’exprimait sur la bouche de milliers de gens «&nbsp;est-ce donc là Naomi&nbsp;?&nbsp;», question accablante de blâme de la famille aisée qui a quitté la terre en période de famine. Et malgré tout, la décision est déterminée. «&nbsp;Elle s’est levée&nbsp;»&nbsp;!<br />
Et dans quelles conditions&nbsp;? Notre maître le Ba’h dans son Séfer «&nbsp;Méchiv Nefech&nbsp;» sur le rouleau de Ruth ajoute&nbsp;: faible, malade du fait de trop de souffrances, sans nourriture, ni provision de route. Naomi n’a pas attendu que ses voisines lui préparent de la nourriture pour cette migration. « Elle s’est levée » ! C’est cela la volonté d’H. alors je retourne, advienne que pourra…<br />
C’est la solution et c’est le conseil. Elle s’est levée. Se lever et agir.<br />
Pour comprendre ce sujet d’une façon plus tangible, le Rav Kanner nous donne un exemple bouleversant de la génération précédente, de l’un de ces personnages qui ont couronné notre monde, ces fortes personnalités qui ont établi la construction de notre génération avec leur sang et leur sueur, avec leur souffle et leur âme, mais qui ont vécu et respiré le verset&nbsp;: «<br />
כָּל־זֹאת בָּאַתְנוּ וְלֹא שְׁכַחֲנוּךָ וְלֹא־שִׁקַּרְנוּ בִּבְרִיתֶךָ: (תהלים פרק מד פסוק יח)<br />
«&nbsp;Tout cela nous est advenu, sans que nous T’ayons oublié, sans que nous ayons trahi Ton alliance.&nbsp;»</p>
<p><strong>Personne n’osait frapper à la porte</strong></p>
<p>Un homme de haute stature (un Mensch) était Rabbi Ye’hiel Maness Zytnicki Z’’L, Talmid ‘Hakham et ‘Hassid, activiste diligent. Il a fondé la Yechiva «&nbsp;Imré Emeth&nbsp;» des Hassidim de Gour avec un très grand dévouement.<br />
Le saint Admour auteur du «&nbsp;Pné Mena’hem&nbsp;» Z’’L a écrit dans une de ses lettres&nbsp;à son sujet : «&nbsp;le Rav ‘Hassid, Rabbi Ye’hiel Maness Zytnicki Z’’L, était comme un Séfer Tora cacher de qualité supérieure, il avait une très grande crainte du Ciel, et était très pointilleux dans l’accomplissement des Mitsvot, c’était un Ben Tora, et un ‘Hassid, et il est décédé en ne laissant pas d’endeuillés à consoler, et sa Nechama qui a accompli des Mitsvot hurle pour la continuité…&nbsp;»<br />
Il y a de nombreuses années, le Rav Maness se rendait à la ‘Houpa pour son deuxième mariage, en Autriche, et c’était peu de temps après la «&nbsp;destruction&nbsp;» dans laquelle il a perdu sa femme et six enfants. Toute sa famille a été massacrée devant ses propres yeux RM’’L.<br />
Avant la ‘Houppa, Rav Maness était assis dans sa chambre fermée à double tour, et il ne sortait pas, bien que l’assistance soit déjà arrivée.<br />
Personne ne se permettait de frapper à la porte et de l’appeler. Les quelques rescapés qui étaient venus de sa ville ont attendu jusqu’à plus d’heure, jusqu’à ce qu’un juif s’arme de courage, et ouvre la porte. Rabbi Maness était assis, sa tête posée entre ses mains. L’homme a murmuré en disant&nbsp;: «&nbsp;les gens attendent&nbsp;».<br />
Et alors, Rabbi Maness a éclaté en sanglots à déchirer le cœur&nbsp;: «&nbsp;Tu viens pour m’appeler pour la ‘Houppa&nbsp;?&nbsp;N’avais-je pas un fils de ton âge, un fils qui aurait déjà pu être amené à la ‘Houppa&nbsp;? Il s’appelait Yossef-Moshé&nbsp;!&nbsp;» … Et dans ces moments terrifiants, il a commencé à mentionner tous ses enfants par leurs prénoms, et leurs qualités. Yossef-Moshé, l’aîné, Eliézer-Eli, Leybele, Gondele, ‘Hayele, Shimon-Berish…<br />
Le pleur intense de Rav Maness a fait trembler le ciel et la terre…<br />
Et d’un coup, il a frappé avec force de son poing sur la table. Et encore un coup. Et de la bouche de Rav Maness n’est sorti qu’un seul mot M’Geyt&nbsp;!!! Allons-y !!!</p>
<p><strong>Il n’a pas laissé de proche</strong></p>
<p>Ce coup de poing-là n’a pas d’équivalent dans toutes les forces de la terre et son contenu. Des dizaines de fissure d’atomes ne peuvent pas s’y comparer en puissance. Et pas seulement parce qu’elles sont destinées à détruire, alors que ce coup-là, c’est un coup de construction du monde.<br />
C’est une puissance véritable. Voilà tes héros Israël&nbsp;! Un coup de poing énergique. M’Geyt !!! Allons-y !!! On surmonte et on se renforce, parce que c’est cela la volonté de D..<br />
Rav Maness a hurlé fort des profondeurs de son cœur&nbsp;: nous sommes les serviteurs d’H. Béni Soit-Il, et on ne pose pas de questions. Par cette frappe sur la table, le Tsadik a fermé les portes du passé «&nbsp;le passé, c’est le passé&nbsp;», et s’est avancé tout droit vers le service de construction du futur d’Israël&nbsp;!<br />
Et lorsqu’il a fondé la Yéchiva «&nbsp;Imré Emeth&nbsp;» en haut de la rue Tarfon à Bné Brak, il a construit là-bas six étages, chaque étage pour l’élévation de chacun de ses enfants. Il a laissé les larmes et la souffrance, très, très profondément à l’intérieur des matériaux de construction, à l’intérieur du ciment. Mais l’immeuble lui-même s’est édifié et se dresse sur ses fondations malgré tout ce qu’il a passé pendant la Shoa, et c’est peut-être plus exact de dire&nbsp;: en raison de tout ce qui est passé sur lui.<br />
Rabbi Maness n’a malheureusement pas laissé de proche. Le «&nbsp;Pné Mena’hem&nbsp;»&nbsp;a écrit que sa Nechama hurle pour la continuité…C’est pour cela qu’il faut extraire l’étincelle qui a jaillit de son coup puissant, pour que de sa force on apprenne un Pchat terrible de splendeur d’un seul mot dans la Meguilat Routh. «&nbsp;Et elle s’est levée&nbsp;!&nbsp;»<br />
« Et elle s’est levée » de Naomi, des «&nbsp;miettes de restes&nbsp;», elle a décidé de continuer quoi qu’il arrive, malgré toutes les atrocités qui allaient se trouver sur son passage… Cette levée-là a établi pour le futur la royauté d’Israël. Et aussi le «&nbsp;M. Geyt&nbsp;» de Rabbi Maness a édifié la royauté de la Tora…Près de 70 ans ont passé depuis ce coup de poing, et quelque part dans les trésors d’en haut, s’entend encore la voix forte et M. Geyt&nbsp;! Un Juif ne s’arrête pas&nbsp;! La Nechama hurle pour la continuité&nbsp;! Allons-y&nbsp;!!!!<br />
Naomi aussi a proclamé avec vigueur&nbsp;: On y va&nbsp;! Routh la moavite s’est renforcée derrière elle&nbsp;: où tu iras, j’irai.<br />
Et encore. Par cette levée, la Meguilat Routh nous a appris un enseignement supplémentaire concernant la réception de la Tora, c’est-à-dire que ce n’est jamais trop tard de retourner à une vie de Tora, même dans sa vieillesse un Juif peut retourner (faire Techouva), et planter un pieu neuf à l’intérieur du peuple d’H.<br />
Un enseignement qui a un effet puissant<br />
La Meguilat Routh est pleine à craquer de la force de la volonté inépuisable. Une force puissante de renouvellement se perçoit tout au long de ses versets. Nous sommes stupéfaits à la vue de Naomi qui se lève pour réparer, en face de la détermination de Routh de se rapprocher, en face de l’aspiration de Boaz à édifier et faire du bien, alors que ces trois étaient en pleine souffrance et remplis d’angoisses.<br />
Il y a là un enseignement qui a un effet puissant&nbsp;! Trois personnes brisées et sans espoir (deux d’entre elles sont des vieillards) se sont armés de courage et ont posé la pierre angulaire de la royauté de la maison de David et la construction de la délivrance future. Chacun d’entre eux, s’il était resté dans son coin, s’il s’était enfermé dans sa bulle, et avait coupé ses liens avec le monde parce qu’il baissait les bras, et par dépression RM’’L, personne n’aurait pu avoir de plainte à leur sujet.<br />
Cependant, ces trois héros-là ont allumé dans leurs obscurités, précisément au plus profond-même de l’obscurité, la lumière du Machia’h.<br />
Toi aussi, homme (ou femme) de notre génération, si des fois tu ressens ‘Halila, une déprime ou un découragement, si tu te trouves dans des abimes d’obscurité terribles, si la mesure de justice t’a atteint, si tu souffres de ton étroitesse de moyens spirituels ou matériels, d’isolement et de peine permanente, si tu te perçois seul dans l’obscurité fondamentale, ne connaissant personne, et personne à qui s’adresser, ton âme est emprisonnée, tu es enfermé à double tour dans ta douleur et dans ta souffrance, sans sortie ni échappatoire, si tu te trouves dans toutes ces choses-là, ou dans une partie de cela, et que tu penses que tu n’as plus d’espoir ni de solution, ne dis pas ainsi! En aucun cas, non&nbsp;!!!<br />
Prends la Meguilat Routh dans tes mains, médite là-bas, et tu verras combien de force, et quel futur sont cachés dans un Juif brisé, même s’il est très vieux. Même un tel Juif a la capacité de construire encore des mondes ! Il a encore le pouvoir d’activer la venue de la Gueoula pour l’Univers tout entier.<br />
Et elle s’est levée.<br />
Ce que tu dois faire&nbsp;: te lever&nbsp;! Avancer. Savoir que c’est cela la Volonté d’H., et nous sommes ses serviteurs, et si on avance ainsi, on avance pour faire la volonté de notre Créateur</p>
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