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6 Tammuz 5778
19 juin 2018

Retour sommaire Pensée juive / Talmud

Identité sexuelle et service de D.

1. Traité Nida 28a[1] :  אמר רב נחמן אמר רב טומטום ואנדרוגינוס שראו לובן או אודם אין חייבין על ביאת מקדש ואין שורפין עליהם את התרומה.

 « Rav Na’hman dit au nom de Rav : un toumtoum [une personne de sexe non défini] ou un androgyne qui ont eu soit un écoulement blanc [comme de la matière séminale masculine] ou un écoulement rouge [comme du sang menstruel féminin] ne sont pas condamnables s’ils entrent au Temple [à titre de l’interdit de rentrer au Temple en état d’impureté] et on ne brûle pas à leur contact la terouma. »

 Il est interdit d’entrer au Temple dans un état d’impureté, et la personne qui serait entrée au Temple par inadvertance dans un état d’impureté doit apporter un sacrifice expiatoire, קרבן חטאת. D’autre part, une femme devient impure lorsqu’elle a un écoulement de sang menstruel. Par contre un homme qui aurait un écoulement de sang ne devient pas impur. Un homme devient impur s’il a un écoulement de semence. Quel est le statut de quelqu’un dont nous sommes incapables de définir le sexe ? Soit que ses organes génitaux sont comme rentrés à l’intérieur, c’est le cas du toumtoum, soit que cette personne est androgyne. Rav Na’hman et Rav considèrent qu’il y a juridiquement à propos d’une telle personne un doute quant à son identité sexuelle, ספק זכר ספק נקבה. Imaginons qu’une telle personne ait un écoulement rouge, comme du sang, ou un écoulement translucide, comme de la semence. Rav Na’hman nous enseigne au nom de Rav que si cette personne entre dans l’enceinte du Temple, elle n’est pas condamnable car nous ne savons pas si elle est impure ou non (si elle a un écoulement rouge, peut-être est-elle un homme ? si elle a un écoulement blanc, peut-être est-elle une femme ?) De même, si cette personne a touché de la terouma[2], on ne brûlera pas cette terouma.

 

Suite de la Guemara :

ראו לובן ואודם כאחד אין חייבין על ביאת מקדש אבל שורפין עליהם את התרומה שנאמר מזכר ועד נקבה תשלחו, זכר ודאי נקבה ודאית, ולא טומטום ואנדרוגינוס.

« Une de ces personnes a eu un écoulement rouge et un écoulement blanc conjointement ; si elle entre dans l’enceinte du Temple, elle n’est pas condamnable, comme dit le verset "que ce soit un homme, que ce soit une femme, vous renverrez cette personne [impure du Temple]" (Bamidbar 5, 3), Il s’agit donc d’un homme indubitablement homme, et d’une femme indubitablement femme, et non des cas d’identité sexuelle douteuse. Par contre on brûle la terouma touchée par cette personne. »

 

Analysons cette seconde partie de l’enseignement de Rav Na’hman au nom de Rav. La Tora, au début de la Parachat Nasso (Bamidbar 5) enjoint de ne pas laisser entrer au Temple une personne impure.  De plus, la personne impure a elle-même un interdit d’entrer au Temple dans son état, comme dit le verset :

ולא יטמאו את מחניהם אשר אני שוכן בתוכם.

« Ils ne rendront pas impur leur camp dans lequel Je réside. »

 

Un androgyne ou un toumtoum (personne de sexe non défini) a eu conjointement un écoulement rouge et un écoulement blanc. Cette personne est indubitablement impure. Si c’est un homme, il est impur car il a eu un écoulement blanc ; si c’est une femme, elle est impure car elle a eu un écoulement rouge. Rav Na’hman nous enseigne que, malgré cela, si elle entre au Temple elle n’est pas condamnable. Comment est-ce possible ? Cette personne est indubitablement impure ! Nous apprenons des versets que n’est enjoint par l’interdit d’entrer impur au Temple que quelqu’un qui est ou bien homme de manière certaine ou bien femme de manière certaine זכר ודאי נקבה ודאית. Quel est le sens de ce décret du verset ? Nous pourrions dire qu’une telle personne de sexe indéfini n’est pas impure, parce que ne sachant pas se positionner dans son identité sexuelle, le fait d’avoir un écoulement spécifiquement masculin ou un écoulement spécifiquement féminin est insignifiant pour elle. Rav Na’hman repousse cette hypothèse en disant qu’ « on brûle la terouma touchée par cette personne », or on ne brûle la terouma que dans un cas d’impureté certaine. Nous sommes donc ici en face d’une anomalie hala’hique, si nous pouvons nous exprimer ainsi. D’un côté la personne est impure de manière certaine, et d’un autre côté elle n’enfreint pas l’interdit si elle entre ainsi dans l’enceinte du Temple.

 

Force est de dire que ce qui est visé par le verset est la relation de la personne au Temple. L’idée sous-jacente est qu’une personne de sexe non défini ne peut pas se positionner dans sa relation au Temple. Il faut cependant nuancer cette idée car tous les commentateurs[3] prouvent de la Tossafta du traité Zavim (chapitre 2) que cette personne est susceptible en général d’être condamnable à titre de l’interdit d’entrer impur au Temple, et que seul notre cas fait exception[4].

 

Reprenons pour mieux sentir le sujet. Cette personne est indubitablement impure. Tous les commentateurs s’accordent pour dire que toutes les lois relatives à l’impureté s’appliquent à elle. Il est interdit de pénétrer en étant impur au Temple. Si par exemple cette personne touche un mort et qu’elle entre au Temple, elle sera condamnable. Malgré cela, si, dans le cas qui nous occupe, elle entre au Temple, elle n’aura pas enfreint d’interdit, ou tout au moins elle ne sera pas condamnable, pourquoi ? Il nous faut répondre que la source d’impureté en question touche sa masculinité ou sa féminité et que face au Temple cette personne ne peut pas se définir comme un homme de manière certaine ou comme une femme de manière certaine. Nous apprenons ici des versets que lorsqu’on entre au Temple, notre dimension masculine ou notre dimension féminine est mise en relief. Le moment de l’entrée au Temple est révélateur. Or pour une telle personne, son impureté s’avère insignifiante du fait de l’incapacité de cette personne à être définie par ce qui sous-tend cette impureté, le fait d’être un homme ou le fait d’être une femme. Nous pourrions dire que c’est notre relation au Temple, au Beit hamikdash, la « maison de la sainteté » qui met en relief le fait d’être homme ou le fait d’être femme. Est-ce notre relation à la Kedousha, à la sainteté, qui nous sexualise ?

 

 

2. En quoi entrer au Beit hamikdash, au Temple, implique un positionnement comme homme ou comme femme ?

 

Le Beit hamikdash est le lieu où se tisse un lien particulier avec Hakadosh barou’h hou. C’est-à-dire avec D. en tant que Kadosh, source de bera’ha, en tant que Saint, source de bénédiction. Affirmer cela est pour nous extrêmement théorique, ce sont des mots. En quoi est-ce que je perçois, lorsque j’entre au Temple, qu’à ce moment se tisse une relation particulière avec l’ineffable ?

 

La perception de cette relation intervient au moment précis où je me perçois moi-même comme homme ou comme femme. Ou bien, pour employer les termes plus crus du verset, comme mâle ou comme femelle, מזכר ועד נקבה. Ces assertions ressortent des paroles de nos Maîtres. Mais elles n’ont de cesse de nous interroger : en quoi notre rapport à D. commence par la perception de notre personne comme être sexué ? N’est-ce pas surprenant ? Ne résonne-t-il pas en nous comme un bruit de fond cette célèbre phrase de Paul qui affirme (Epître aux Galates 3, 28) : « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme [dans le rapport à D.] » ?

 

Ce passage du traité Nida est une énigme. Pour aller plus avant, il nous faut méditer ce sujet et chercher à quoi, dans l’expérience de notre vie, les paroles de nos Maîtres font écho. Nous proposons la démarche suivante[5]. Nous pouvons constater dans le milieu des jeunes actifs une difficulté largement répandue, celle de se marier. Les mariages se font souvent autour de l’âge de trente-cinq ans, voire quarante pour les hommes, ou même plus. Il y a plusieurs causes à ce phénomène et nous ne sommes pas sociologue ; nous cherchons simplement à entrer dans l’univers mental des ‘Ha’hamim. Une cause simple de cette difficulté à se marier semble être le fait que ces jeunes personnes actives, hommes ou femmes, ont été lors de leurs études et de leur vie dans l’entreprise éduquées à l’excellence. La peur les étreint : cette personne est-elle assez parfaite ? Comment ne pas se tromper ? Bien souvent, la jeune femme est demandeuse et c’est le garçon qui rechigne. Et l’excuse qui revient souvent, si ce n’est toujours, est : j’ai peur de m’engager.

 

Il semble que nous discernons dans cette illustration un point précieux : la difficulté fondamentale d’être homme. Et là réside l’insertion dans le monde de la kedousha, de la sainteté. Le sujet qui nous occupe n’est pas tant la relation abstraite à D. que la notion d’entrer au Beit hamikdash, au lieu de la kedousha, lieu par lequel on tisse une relation à D. L’entrée dans ce lieu devient significative et porteuse de sens par ma capacité à me percevoir comme homme ou comme femme. Comment ?

 

Nous proposons l’affirmation des axiomes suivants : le mâle donne, la femelle reçoit. La Tora fait incomber à l’homme de multiples responsabilités, et en premier lieu le commandement de fructifier et de multiplier, tandis que la femme est exempte de cette obligation (Yevamot 65b). D’autre part, lorsqu’un homme épouse une femme, il lui incombe trois obligations toraïques : celles de nourrir sa femme, de la vêtir et d’avoir une vie intime régulière avec elle. Devant ces obligations, l’homme peut se demander : comment puis-je faire face à de tels engagements ? Comment puis-je assumer de donner la vie ? Comment puis-je subvenir aux besoins de mes enfants ? De ma femme ? Suis-je à même de la combler ? De la réjouir, pour prendre l’expression des ‘Ha’hamim (Pessa’him 72b) ? Je ne peux pas, cela m’est impossible ! Je n’assume pas !

 

Face à la difficulté d’assumer ce qui m’incombe, je peux percevoir que donner, m’engager, implique des dimensions qui me dépassent. C’est ce qu’écrit Rabi Moshe Cordovero dans son livre Tomer Devora (chapitre 9) :

האדם עומד בין שני נקיבות, נקבה תחתונה גשמית שהיא נוטלת ממנו שאר כסות ועונה והשכינה עומדת עליו לברכו בכולם, שיתן ויחזור ויתן לאשת בריתו.

« L’homme se tient entre deux dimensions féminines, la dimension féminine d’en bas, matérielle, qui prend de lui nourriture, vêtements et intimité, et la Présence Divine, la She’hina, qui se tient au dessus de lui pour le bénir en tout, pour qu’il donne et donne encore à la femme qui fait alliance avec lui. »

C’est en me percevant comme un homme à qui il incombe de donner que je peux percevoir qu’il y a une dimension au dessus de moi de laquelle je reçois.

 

Si le Temple, le Beit hamikdash, lieu de kedousha, n’est pas un lieu vide, mais un lieu où je tisse une relation avec Celui qui y fait résider Sa Présence, la She’hina, c’est par le fait que je m’y perçois dans toute ma masculinité, c’est-à-dire dans toute la perception de ma responsabilité à donner. Le Beit hamikdash est le lieu de césure avec l’universalisme grec ou romain. Nous comprenons ainsi la lutte que les cultures qui relèvent de cet universalisme opposèrent à l’existence de ce Beit hamikdash, car il est le lieu d’émergence d’un particularisme radical de l’individu, singulier face à sa liberté et à sa capacité à se tromper. Si nous pouvons nous exprimer ainsi, il n’y a pas de particularisme juif proprement dit, mais un mode spécifique de l’humain qui s’engage dans sa particularité. Peut-être peut-on donner une définition nouvelle de la notion de kedousha. La kedousha est la capacité à s’engager. S’engager, c’est assumer ses propres limites, assumer de ne pas être soi-même l’absolu.

 

 

3. La notion de kedousha, de sainteté.

 

Un enseignement du même Bar Kapara nous permettra de synthétiser la spécificité de la notion de kedousha. Traité Ketoubot 5a :

דרש בר קפרא גדולים מעשה צדיקים ממעשה שמים וארץ.דאלו במעשה שמים וארץ כתיב אף ידי יסדה ארץ וימיני טפחה שמים ואלו במעשה ידיהם של צדיקים כתיב מכון לשבתך פעלת ה' מקדש אדני כוננו ידיך.

« Bar Kapara fait l’explication suivante : plus grande est l'œuvre des justes que l’œuvre du ciel et de la terre. Au sujet de l’œuvre du ciel et de la terre le verset dit (Yeshaya 48, 13) "C’est ma main  gauche qui a fondé la terre et ma droite qui a mesuré le ciel", tandis qu’au sujet de l’œuvre des mains des justes le verset dit (Shemot 15, 17) "un centre pour ta résidence tu as fait Eternel, un sanctuaire tes mains ont façonné Eternel !". »

 

L’explication de Bar Kapara est fondée sur le fait qu’au sujet de la création du ciel le verset parle de main droite, et qu’au sujet de la création la terre le verset parle de gauche. En revanche, au sujet de la résidence de D. sur terre, du Sanctuaire, le Mikdash, le verset parle « des mains » de D. La droite représentant une dimension de la grandeur de D. et la gauche en représentant une autre, le lieu de résidence de la présence divine est donc celui d’un plus grand dévoilement de la puissance de D. C’est le lieu de l’union des dimensions antagoniques.

 

Il y a un certain glissement dans les termes employés dans cet enseignement. Au début Bar Kapara dit « plus grande est l’œuvre » puis à propos des versets, « au sujet de l’œuvre des mains des justes ». Qu’est-ce que l’œuvre et qu’est-ce que l’œuvre des mains ? D’autre part, pourquoi dire que le Mikdash, le lieu de résidence sur terre de la présence divine, est l’œuvre des mains des justes, le verset a l’air de dire le contraire : « un sanctuaire tes mains ont façonné Eternel » ?

 

Nous proposons de répondre de la manière suivante. On aurait tendance à dire que la nature relève d’une certaine pureté, d’une perfection, d’une beauté. C’est l’homme qui dégraderait cet équilibre cosmique parfait. Le juste devrait ainsi se retirer du tumulte de la déchéance, et contempler la perfection. En effet, que vaut l’action de l’homme ? A la suite d’Hegel et de Marx, d’aucuns ont pensé, de manière dialectique, que le summum de la pensée était au contraire la pensée en acte, c’est-à-dire la pensée engagée. Mais combien d’idéaux se sont soldés par des drames humains ! On entend souvent que l’idéal était juste, mais que le problème venait des faiblesses humaines : l’idéal aurait été dévoyé par des personnes peu recommandables, ce sont eux les responsables, non l’idéal. Cet enseignement de Bar Kapara, dans sa formulation paradoxale, saisit la tension de notre problématique : le Mikdash, c’est la proclamation que ce monde, celui où l’on agit, pas seulement celui que l’on contemple, est le lieu du dévoilement de la présence divine, de la She’hina. Il est à la fois l’œuvre de D. et l’œuvre de l’homme, c’est-à-dire des justes.

 

C’est, si nous pouvons nous exprimer ainsi, ce que notre texte du traité Nida nous enseigne en termes légaux : le Mikdash prend sa juste dimension de lieu de la présence divine lorsque l’homme qui y pénètre se perçoit lui-même comme mâle, c’est-à-dire comme porteur d’un projet à concrétiser, et lorsqu’il perçoit que la pertinence de la concrétisation de ce projet n’est possible que s’il reçoit intégralement cette capacité de son Créateur. L’acte du juste est bien à la fois son acte et l’acte de D., union intime et indivise de dimensions paradoxales qui relève de la kedousha. C’est ce que Nos Maîtres nous enseignent : « plus grande est l’œuvre des justes que l’œuvre du ciel et de la terre. »

 

Nous avons ainsi défini la nécessité pour l’homme de se percevoir comme homme, comme mâle, en entrant au Temple, comment maintenant définir la dimension féminine qui se révèle dans la venue au Temple ?

 

 

4. La dimension féminine.

 

Reprenons les derniers mots de la phrase de Rabi Moshe Cordovero citée plus haut :

שיתן ויחזור ויתן לאשת בריתו

« Qu’il donne et donne encore à la femme qui fait alliance avec lui. »

 

À première lecture ces mots ont un ton poétique, mais n’apportent rien de précis et encore moins de fondamental. En méditant, il nous semble toutefois que Rabi Moshe Cordovero fait ici une référence précise à un passage du traité Sanhedrin (22b) :

אמר רב שמואל בר אוניא משמיה דרב אשה גולם היא ואינה כורתת ברית אלא למי שעשאה כלי שנאמר כי בועליך עושיך ה' צבאות שמו.

« Rav Shemouel bar Ounia dit au nom de Rav : la femme est informe et elle ne tranche d’alliance qu’avec celui qui fait d’elle un objet, un keli, comme dit le verset "car celui qui s’unit à toi te façonne, D. des armées est son Nom (Yeshaya 54, 5)". »

 

Nous avons traduit « la femme est informe », en vérité le terme de la Guemara est golem : « la femme est golem ». Le concept de golem, outre sa connotation légendaire, désigne un objet, un keli, qui n’est pas complètement terminé. Que nous apporte Rabi Moshe Cordovero en ajoutant ces mots : « à la femme qui fait alliance avec lui » ? Nous proposons la démarche suivante : l’homme ne peut être en face de cette nécessité de donner que s’il a comme vis-à-vis une femme qui attend  et exige de recevoir de lui. C’est à partir de cette exigence créatrice que l’homme peut se découvrir comme ayant la capacité de donner. C’est ce que Rabi Moshe Cordovero dit : il ne peut donner que s’il y a une femme qui a fait alliance avec lui, c’est-à-dire qui attend de recevoir de lui.

 

Rav Mena’hem Schlanger נ''י de Jérusalem développe cette notion dans son livre Ohel Ra’hel page 70 :

« L’attente de la femme pour les œuvres des mains de son mari et la réceptivité à l’émanation des actes de sa main à lui, et à lui seul, donnent la possibilité à l’homme de porter la bénédiction et l’émanation d’abondance qui vient de la sainteté, de la kedousha, et de les amener dans sa maison. Bien que dans la perception physique du monde tel que nous le connaissons, l’action de l’homme paraisse première du fait de sa capacité à amener l’abondance, fondamentalement, la part de la femme est supérieure, car elle est la cause matricielle de l’émanation d’abondance. C’est ce que dit le verset (Yirmiyahou 31, 22) « car D. crée des choses nouvelles dans la terre, la femme est la cause de l’homme ». Aux temps futurs se dévoilera que la cause première de la perfection est la capacité de recevoir de la femme. Du point de vue du Monde Futur elle est considérée comme la principale actrice. C’est pourquoi la part de la femme est égale à l’homme dans la Tora et les mitsvot. »

 

En quoi l’interdit d’entrer au Temple en état d’impureté prend-il toute sa teneur si la femme se vit comme femme et non si elle est indéfinie quant à sa féminité ? C’est en se percevant femme qu’elle apporte au Temple sa pertinence de lieu où se tisse une relation à la source de Sainteté, par sa capacité à elle d’exiger d’être le réceptacle de cette Sainteté, par sa capacité d’exiger de recevoir, נקבה תסובב גבר, « la femme est la cause de l’homme ».

 

 

 



[1] Les sujets qui vont être évoqués ont des aspects choquants ou déroutants, le but n’est cependant ni de choquer ni de mettre mal à l’aise.

[2] La terouma est la nourriture spécifique des cohanim, des prêtres, elle doit être pure et être mangée en état de pureté. Une terouma impure doit être brûlée.

[3] Cf. Rambam et Reved sur le premier chapitre des Hil’hot mishkav oumoshav, Hala’ha 7.

[4] Pour approfondir les nuances de ce sujet, voir la magnifique analyse de Rabbi Shalom David Ungar ז''ל dans son livre Yad Shalom, chapitre 22.

[5] Les exemples que nous allons prendre ne sont que des exemples. Il faut les prendre comme des paraboles.

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