Parachat Michpatim

Michpatim est la paracha par excellence des lois sociales, des lois concernant les relations humaines. Michpatim est la paracha par excellence des lois sociales, des lois concernant les relations humaines. Contrairement aux H'oukim (les lois incompréhensibles [[Disons que c'est le terme habituel que l'on donne au mot hébraïque h'ok, mais il est important de comprendre que si ces lois sont plus difficiles à comprendre, des traditions exégétiques plus complexes comme la kabbale en donnent des explications (par exemple : l'interdiction du mélange lin - laine est mise en rapport avec le meurtre d'Abel, qui élevait des moutons, par son frère Caïn, qui cultivait la terre).]]), ces prescriptions apparaissent comme faisant partie d'un système résultant du bon sens, assurant la paix sociale. On pourrait croire qu'elles ne sont pas d'essence divine.
Pourtant Rachi, dès son premier commentaire sur la péricope, bat en brèche cet a priori erroné.

« Et voici les jugements que tu exposeras devant eux. »

Le premier commentaire de Rabbi Chlomo Itsh'aki cherche à expliquer le sens d'une lettre, le vav de véélé / et voici, car en fait, il est habituel de retrouver dans le texte biblique l'expression élé (« voici »), mais sans la conjonction (« et ») juste devant.
Rachi explique cette formulation :

« Partout ou il est dit « voici », cela rend caducs les premiers, mais « et voici » rajoute aux premiers : de même que les premiers (commandements) sont du Sinaï, de même ceux-ci sont du Sinaï. Et pourquoi la section traitant des lois est-elle juxtaposée à la section concernant l'autel ? Pour te dire que tu mettes le Sanhédrin (tribunal rabbinique) à coté du Temple. »

Le second Rachi sur la paracha cherche à expliquer la seconde partie du verset : « ... que tu exposeras devant eux. »

« D. dit à Moïse, qu'il ne te vienne pas à l'esprit de dire : je répéterai pour eux le chapitre et la loi deux ou trois fois, jusqu'à ce qu'elle soit en ordre dans leur bouche mot à mot. Mais je ne vais pas me fatiguer pour leur faire comprendre les raisons de la chose et sa signification ! C'est pourquoi il est dit que tu placeras devant eux comme une table dressée et prête devant l'homme à manger. »

A partir de ces deux commentaires de Rachi, Rav Moché Feinstein, dans son livre Kol Ram, enseigne que nous pouvons apprendre trois choses.

1. Premièrement, même si aujourd'hui nous ne pouvons rétablir et être comptés parmi les 71 membres du Sanhédrin, nous devons nous efforcer de nous mettre dans l'attitude de celui-ci, c'est-à-dire comme nous explique Rachi nous tenir à coté du Mikdach / du Temple. Ce comportement doit être le nôtre, pas seulement dans les moments où l'on tranche la halakha mais également lorsque l'on enseigne. Et si nous ne sommes pas dans cette attitude, alors il est impossible pour nous de juger.

2. Second enseignement : les Michpatim, les lois apparemment d'ordre social, sont aussi du Sinaï. A priori ces lois auraient pu être dites par un homme, mais il nous faut accepter que D. les a données au Sinaï. Pour ce faire, il nous faut les étudier, les approfondir, et les rendre tellement claires à nos yeux que nous serons à même d'y déceler la volonté d'Hachem.

3. La troisième idée que nous devons retenir des paroles de Rachi, nous dit Rav Feinstein, c'est que nous devons nous efforcer d'étudier avec d'autres personnes et de rajouter des élèves afin de rendre clairs le bien et la raison des lois et de les expliquer comme « une table dressé », afin que les élèves soit aussi des grands de Torah.

Le Talmud dans le traité Ketoubot à la page 104a nous dit la chose suivante : « Parole de Rabbi Eliezer, lorsque les justes partent de ce monde, trois classes d'anges sortent : la première dit : « il entre dans la paix », la seconde dit : « il suit son chemin », la dernière s'écrie « il entre dans la paix, repose sur sa couche » [[Ces trois expressions sont tirés d'un verset du prophète Isaïe (57, 2)]].

Ces trois expressions dites grâce à ces trois classes d'ange sont à mettre en parallèle des trois idées que nous avons apprises plus haut de Rachi.

1.La première expression « il entre dans la paix / yavo béchalom » vient faire référence au fait que l'étude de la Torah ne doit pas être sous le signe uniquement des capacités intellectuelles, mais également dans la crainte d'Hashem, car sans les capacités qu'Hashem nous donne, il nous serait impossible de comprendre. Donc pour que notre intelligence soit parfaite (chalem / parfaite est de la même racine que chalom / paix), il faut annihiler en nous cette idée que notre intelligence vient de nous.

2. La seconde étape « il suit son chemin » est pour celui qui a le souci que d'autres Juifs puissent connaître la Torah dans les détails, et ainsi de pouvoir devenir des grands de la Torah.

3. Enfin, celui qui est capable d'être proche de la présence divine / shékhina (qu'on appelle chalom) toute sa vie, après que D. a été avec lui toute sa vie, peut alors entrer se reposer en paix dans le Gan Eden.