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22 Av 5779
23 août 2019
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Du bon usage du look

 

Le verset, au début de la Paracha, présente ainsi le jeune Yossef (Béréchit 37,2) :

יוסף בן שבע עשרה שנה היה רועה את אחיו בצאן והוא נער את בני בלהה ואת בני זלפה נשי אביו

‘Yossef avait dix-sept ans. Il gardait les troupeaux de moutons avec ses frères et il était un adolescent avec les fils de Bilha et les fils de Zilpa les femmes de son père.'
Cette expression והוא נער, ‘il était un adolescent', ne cesse de nous étonner.
Rachi explique : ‘il était un adolescent, il se conduisait comme un jeune, prenait soin de ses cheveux, papillonnait des yeux, pour paraître beau'. C'est-à-dire qu'il prenait grand soin de sa personne, et cherchait à être beau comme ces adolescents pointilleux sur la mode, le look dirions-nous.

Le verset continue : ‘avec les fils de Bilha et les fils de Zilpa les femmes de son père'.
Rachi explique :

כלומר ורגיל אצל בני בלהה, לפי שהיו אחיו מבזין אותן והוא מקרבן.

‘C'est-à-dire : et il avait l'habitude d'être auprès des fils de Bilha, car ses frères les méprisaient et lui par contre les rapprochait.'
Nous savons que le commentaire de Rachi est à la fois concis et rigoureux ; chaque mot de Rachi est significatif. Pourquoi Rachi dit-il כלומר, ‘c'est-à-dire', et pourquoi met-il la conjonction de coordination ‘et' lorsqu'il dit ‘et il avait l'habitude d'être auprès des fils de Bilha' ?

Nous avons trouvé dans le livre Apirion de Rabbi Chelomo Ganzfried la très belle explication suivante. Rachi, avec les mots ‘c'est-à-dire' et la conjonction ‘et', veut nous expliquer en quoi la fin du verset est la suite précise du début du verset. En quoi ?
Yossef, comme nous l'avons vu, prenait grand soin de sa personne, de son apparence. Si l'on voit quelqu'un se conduire ainsi, on peut se dire qu'il est bien obnubilé par sa petite personne, ou bien qu'il recherche la considération, qu'il cherche à se donner de l'importance.

C'est à cette réflexion que Rachi vient répondre en disant ‘c'est-à-dire : et il avait l'habitude d'être auprès des fils de Bilha', c'est-à-dire justement que la suite du verset vient nous éclairer sur ce que voulait Yossef. Intentionnellement il allait fréquenter ses demi-frères, les enfants des servantes de son père, que ses autres frères dénigraient, pour leur donner de l'importance, pour que, se sentant aimés et valorisés, ils améliorent leurs actes. Rachi nous explique alors par ces quelques mots que ces attitudes qui paraissent un peu infantiles n'étaient pas une recherche narcissique, orgueilleuse, comme cela peut être fréquemment le cas, mais venaient d'une volonté de glorifier D., comme nos Maîtres nous disent qu'un Talmid ‘Hakham doit faire attention à sa manière de s'habiller pour la Gloire de son Créateur.

Mais le test pour savoir si, lorsqu'il prend bien soin de sa personne, c'est pour la gloire de son Créateur ou bien plus prosaïquement pour sa propre gloire tout court, c'est la fin du verset qui nous le dit : va-t-il s'asseoir avec les gens simples, avec ceux qui ne sont pas trop considérés ?

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