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11 AdarI 5779
16 février 2019
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Terouma - La Menorah et ses lumières, par Mme Nathalie Bibas

Terouma - La Menorah et ses lumières, par Mme Nathalie Bibas

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La paracha Terouma est largement consacrée à la description du Tabernacle (Michkan, ou Temple portatif) et de ses ustensiles. Parmi ceux-ci la Menorah, ou chandelier fait l’objet d’un développement de 9 versets détaillant avec précisions ses caractéristiques techniques : 7 branches, des coupelles fleurs et boutons sur chacune d’elles, le tout fait d’une seule pièce en or.

Ce qui interpelle au sujet du chandelier c’est à la fois le luxe de détails sur ses ornements et la déconnexion avec la prescription de son service qui n’apparait que plus loin dans le texte, et à plusieurs reprises.

On retrouve ainsi dans Tetsavé et dans Emor des passages aux mots très similaires évoquant à la fois l’apport d’huile par le peuple et le rôle de Aaron dans le service. Cette répétition du service survient de nouveau dans la paracha Behaaloteha avec cette fois mention de sa mise en œuvre par Aaron.

Nous focaliserons cette étude sur ces répétitions. Etonnantes, car le texte est d’ordinaire économe de mots. Et pourquoi les mots employés et les situations évoquées diffèrent ils ? Nous verrons au fil de cette étude que ces questions portent en elles une autre interrogation : quel est le rapport intrinsèque entre la Menorah du Temple et la populaire Hanoukkia de chaque foyer, au-delà de l’histoire de cette fiole d’huile qui a permis 8 jours d’allumage ?

La répétition

Le passage de Terouma détaille ainsi les caractéristiques techniques de la Menorah : faite d’une pièce, en or pur avec 7 branches et différents ornements : fleurs, calices et boutons

31 "Tu, feras aussi un candélabre d'or pur. Ce candélabre, c'est-à-dire son pied et sa tige, sera fait tout d'une pièce ; ses calices, ses boutons et ses fleurs feront corps avec lui.

(…) ils répondront aux six branches partant du candélabre.

(…) 37 Puis tu feras ses lampes au nombre de sept ; (…)

[Terouma, chapitre 25, versets 31 à 40]

{פ} לא וְעָשִׂיתָ מְנֹרַת, זָהָב טָהוֹר; מִקְשָׁה תֵּעָשֶׂה הַמְּנוֹרָה, יְרֵכָהּ וְקָנָהּ, גְּבִיעֶיהָ כַּפְתֹּרֶיהָ וּפְרָחֶיהָ, מִמֶּנָּה יִהְיוּ.

   (…)

 תַּחַת-שְׁנֵי הַקָּנִים מִמֶּנָּה--לְשֵׁשֶׁת, הַקָּנִים,

הַיֹּצְאִים, מִן-הַמְּנֹרָה.

(…)

. לז וְעָשִׂיתָ אֶת-נֵרֹתֶיהָ, שִׁבְעָה; וְהֶעֱלָה, אֶת-נֵרֹתֶיהָ

 

Tandis que ceux de Tetsavé et Emor sont consacrés à la description de son service avec une évolution presque subliminale entre eux, le glissement de Aaron et ses fils comme responsables du service vers la seule personne d’Aaron

20 " Pour toi, tu ordonneras aux enfants d'Israël de te choisir une huile pure d'olives concassées, pour le luminaire, afin d'alimenter les lampes en permanence.

21 C'est dans la Tente d'assignation, en dehors du voile qui abrite le Statut, qu'Aaron et ses fils les disposeront, (…)

[Tetsavé chap. 27, versets 20 & 21]

(…) 8 et lorsque Aaron allumera les lampes

[Tetsavé, chapitre 30, versets 8]

{ס} כ וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ שֶׁמֶן זַיִת זָךְ כָּתִית--לַמָּאוֹר: לְהַעֲלֹת נֵר, תָּמִיד.

כא בְּאֹהֶל מוֹעֵד מִחוּץ לַפָּרֹכֶת אֲשֶׁר עַל-הָעֵדֻת, יַעֲרֹךְ אֹתוֹ אַהֲרֹן וּבָנָיו

(…)

ח וּבְהַעֲלֹת אַהֲרֹן אֶת-הַנֵּרֹת

 

"Ordonne aux enfants d'Israël de te choisir une huile pure d'olives concassées, pour le luminaire, afin d'alimenter les lampes en permanence. 3 C'est en dehors du voile qui abrite le Statut, dans la Tente d'assignation, qu'Aaron les entretiendra

 

[Emor, chapitre 24, versets 1 à 4]

וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ שֶׁמֶן זַיִת זָךְ כָּתִית--לַמָּאוֹר: לְהַעֲלֹת נֵר, תָּמִיד.

 ג מִחוּץ לְפָרֹכֶת הָעֵדֻת בְּאֹהֶל מוֹעֵד, יַעֲרֹךְ אֹתוֹ אַהֲרֹן

 

       

 

Ainsi le texte de Tetsavé évoque le service d’Aaron et de ses fils et l’apport d’huile par les Bné Israël. Puis la responsabilité générationnelle des prêtres s’efface avec la seule mention d’Aaron, comme responsable du service. Comme si ce rôle s’incarnait en sa seule personne de manière plus symbolique, au-delà de cette transmission familiale. Une incarnation qui se comprend encore mieux à la lumière des commentaires faits sur le passage de Behaaloteha

 

1 L'Éternel parla à Moïse en ces termes : 2 "Parle à Aaron et dis-lui : Quand tu disposeras les lampes, c'est vis-à-vis de la face du candélabre que les sept lampes doivent projeter la lumière."

3 Ainsi fit Aaron: c'est vis-à-vis de la face du candélabre qu'il en disposa les lampes,

 

[Behaaloteha chapitre 8, versets 1 à 4]

א וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר. ב דַּבֵּר, אֶל-אַהֲרֹן, וְאָמַרְתָּ, אֵלָיו: בְּהַעֲלֹתְךָ, אֶת-הַנֵּרֹת, אֶל-מוּל פְּנֵי הַמְּנוֹרָה, יָאִירוּ שִׁבְעַת הַנֵּרוֹת.

ג וַיַּעַשׂ כֵּן, אַהֲרֹן--אֶל-מוּל פְּנֵי הַמְּנוֹרָה, הֶעֱלָה נֵרֹתֶיהָ:

 

 

 

Les commentateurs s’interrogent en effet sur la présence de ce passage juste après le long chapitre de Nasso. Celui-ci évoque l’apport des sacrifices par les chefs de tribus pour l’inauguration du Tabernacle fraichement édifié. Rachi interprète cette juxtaposition comme une consolation réservée à Aaron parce qu’il n’avait pas participé à ces offrandes[1]. Lecture que Ramban complète en précisant que ce service évoque le rôle futur des prêtres dans l’allumage du candélabre de Hanouka.

Et nous voilà donc passés de la Menorah à la Hanoukkia par cette lecture de Ramban. Ce qui se comprend d’autant mieux que le passage de Behaaloteha est justement lu le 8ème jour de Hanouka. Les 7 premiers jours donnant quant à eux l’occasion de lire par morceaux le long chapitre de Nasso qui le précède. Analogie évidente entre la ré inauguration du Temple à Hanouka et l’inauguration du Michkan

De la Menorah à la Hanoukkia

Mais ce rapport entre Menorah et Hanouka mérite d’autres éclairages encore.

La première étape pour y parvenir consiste justement à se demander pourquoi la fonction d’éclairage est complètement éludée de ces différents passages. Au profit d’une expression plus énigmatique de «אֶת-הַנֵּרֹת וּבְהַעֲלֹת , littéralement « faire monter la flamme », faisant appel à la racine du verbe « ol - monter ».

A noter que la traduction française gomme cette nuance importante en utilisant les termes « allumer » ou « disposer » pour traduire ce verbe. Nous reprenons donc les expressions hébraïques dans le tableau ci-dessous pour mettre en évidence cette reprise systématique :

Terouma

; וְהֶעֱלָה, אֶת-נֵרֹתֶיהָ

Puis tu feras ses lampes

Tetsavé

וּבְהַעֲלֹת אַהֲרֹן אֶת-הַנֵּרֹת

Et lorsque Aaron allumera les lampes

Emor

: לְהַעֲלֹת נֵר

Afin d'alimenter

Behaaloteha

: בְּהַעֲלֹתְךָ, אֶת-הַנֵּרֹת

Quand tu disposeras les lampes

 

Pourquoi le service est il présenté sous la forme d’une élévation de la lumière et non d’un allumage ? Ceux qui ont l’habitude des expressions indirectes ou équivoques de la Thora ne sont guère surpris de ce constat… la Menorah servait elle à éclairer le Temple ? assurait-elle un rôle technique et pratique ? Dieu ne dit-Il pas « Lo Leora Tsari’h - je n’ai pas besoin de votre lumière[2] »

Nos Sages précisent que la lumière de la Menorah n’est rien d’autre que la lumière de la Thora et que l’orientation du Ner Tamid face au Saint des Saint, -la lumière centrale vers laquelle les 3 lumières de gauche et 3 lumières de droite étaient orientées- évoque le fait que la Menorah symbolise et véhicule la lumière de la Thora venant du Saint des Saint[3]. Une lumière qui doit monter, s’affirmer par un travail progressif

De manière plus allégorique, Shimshon Raphaël Hirsch voit dans le fait de faire monter la lumière le rôle des prêtres devant élever spirituellement le peuple sans créer de dépendance :

« Faire monter la flamme : nous ne rencontrons cette expression qu’en relation avec le service du chandelier dans le sanctuaire. Elle signifie que le prêtre doit juxtaposer la flamme à la mèche jusqu’à ce que la flamme monte d’elle-même. Le but que doit atteindre le rabbin qui enseigne la Loi à ses élèves est de se rendre superflu. Son but n’est pas d’entretenir un peuple de « laïcs » dans la dépendance constante de son enseignement.

Le peuple juif est d’ailleurs caractérisé par l’absence de caste sacerdotale qui vivrait en marge complète du peuple. Une situation inédite très différente notamment de la civilisation égyptienne. Ceci avait provoqué le grand étonnement de Pharaon face à la demande de Moché d’emmener tout le peuple dans le désert pour rendre hommage à Dieu et non un simple groupe de prêtres…

Rabi Yedaya Hapenini de Béziers[4] voit dans l’apport d’huile par le peuple et le rôle des prêtres la symbiose entre le matériel symbolisé par le combustible et le spirituel de la flamme. Tous deux s’unissent pour véhiculer, diffuser l’éclairage de la Thora

 « Et l’homme par ces deux éléments (son corps et son âme) est une torche qui absorbe sa lumière : son corps une mèche tordue et son âme de l’huile d’olive pure. En s’unissant et en s’enflammant (torche et flamme) ils produisent une lumière qui remplit la maison tout entière »    

A Hanouka, c’est justement cette élévation de la flamme qui est menacée. Une flamme qui n’est rien d’autre que la spiritualité de la Thora symbolisée par le service de la Menorah.

La guerre des 7

Cette menace est double. Car la brillance de la civilisation grecque fait de l’ombre aux messages spirituels de la Thora. Les Grecs ne sont ils pas les champions de la philosophie ? de la technique ? des mathématiques ? ils ont construit de brillants édifices, instauré les premiers jeux olympiques ? Par ses réalisations, le système grec aide à la gestion de la vie intellectuelle et apporte des grilles de lecture pour comprendre les lois de la nature C’est un peuple « upgradé » sur tous les plans sans commune mesure avec les précédentes confrontations civilisationnelles du peuple juif. De plus les Grecs connaissent la Bible traduite vers -250 en grec à la demande de Ptolémée (la Septante)

L’autre aspect de la menace est le côté obscur de cette force grecque : Platon ne dit il pas que l’homme est un animal pensant ? les Grecs cautionnent l’esclavage nécessaire au fonctionnement logistique des cités. Ils font preuve d’un manque de considération pour les femmes et les enfants soumis à l’arbitraire. Ils dissocient les exigences de l’esprit et du corps et tolèrent les comportements à faible morale. Ils vénèrent un groupement de dieux ayant chacun une vocation spécifique et cautionnant les travers humains.

Ce qui les gêne dans le judaïsme, c’est le principe d’un Dieu unique, universel et référent à l’inverse de dieux malléables proches des faiblesses humaines. Ils sont également dérangés par l’exigence de connexion cohérente entre le corps et l’esprit. Aussi, choisissent-ils d’interdire ce qui fait l’essence du judaïsme autrement dit toutes les pratiques consacrant cette élévation du matériel vers le spirituel : respect du chabbat, bénédiction du mois, Brit Mila, lois de pureté familiale.

Le judaïsme était ainsi menacé dans son ADN par les interdits grecs. Certains juifs maintiennent les traditions au péril de leur vie. D’autres, éblouis par la puissance de cette civilisation, choisissent de s’en affranchir tout en préservant les apparences d’un judaïsme de façade, devenant ainsi des marranes inversés : Grecs en dedans, juifs en dehors.

En restaurant l’allumage de la Menorah, les Makabim réaffirment le message de la Thora. Et ce message s’adresse aussi bien à la civilisation grecque qu’aux juifs eux-mêmes. Mais cette fois, le message « traditionnel » de la Thora, d’une connexion du matériel et du spirituel, doit être porté plus loin encore.

De 7 à 8

La Menorah symbolise par ses 7 branches l’intégration du spirituel dans le matériel. Un monde matériel caractérisé par le fonctionnement immuable des règles de la nature. Un ordre caractérisé par le chiffre 7 exprimant cette « gouvernance » : 7 jours de la semaine, 7 couleurs de l’arc en ciel, 7 planètes connues à l’époque etc. Un chiffre que l’on retrouve d’ailleurs dans les rêves de Pharaon et qui exprime bien l’ordre naturel du monde auquel les égyptiens assujettissaient toutes leurs croyances, et dans lequel les Grecs leur emboitent le pas.

A l’inverse des Grecs, le 7 a un sens spirituel pour le peuple juif. Il symbolise notamment la consécration du Chabat dans la semaine. L’orientation des 6 lumières vers le Ner Tamid central exprime d’ailleurs cette centralité selon les commentateurs. Mais cette symbolique du 7 intégré dans la marche du monde, du Shabbat intégré dans la semaine peut être perçue comme une logique « corrective », « défensive », « complémentaire » du spirituel dans le matériel, du sacré dans le règne de la nature.

Or c’était une guerre de civilisation puissante qui opposait les Grecs et les juifs. Une guerre de 7 avec leurs symboles : lois de la nature d’une part versus spirituel intégré dans le matériel d’autre part.

La lutte contre la menace grecque nécessitait d’exprimer un message plus puissant de la Thora. Un message assertif, affirmatif de la puissance du 8, celui qui fait « bouger les lignes » de la nature.

Cette puissance du 8 est l’un des thèmes clés de la pensée du Maharal[5] . Il définit ainsi le concept associé au 8 comme le dépassement de soi, le dépassement de ses propres limites spatio-temporelles caractérisées par 7 éléments structurant que sont les 6 directions : devant, derrière, gauche, droite, bas et haut et celle du centre en tant que point origine. Ces caractéristiques spatiales ont leur équivalent dans le cadre temporel. Fini, limité et constitué des 6 jours de la semaine avec au centre un 7ème jour : le Chabbat. Selon la lecture du Maharal, l'homme évolue ainsi dans un environnement borné par 7 degrés caractéristiques des limites de l’espace et du temps et posées comme paramètres de fonctionnement du monde. Et il voit dans la pratique de la Mila un acte qui permet au peuple juif de dépasser sa finitude humaine et de se connecter à l’infini spirituel. Or c’est cette pratique que les Grecs ont interdit farouchement voulant par- là s’attaquer à l’un des piliers du judaïsme, sa capacité par les pratiques à accéder à l’infini spirituel :

« Car ces 8 jours de lumière miraculeuse, sur laquelle les grecs n’avaient aucune prise, provient de la dimension du Saint des Saints au sein duquel se trouvait la fiole cachée par le Cohen Guadol, seul être humain à pouvoir accéder en ce lieu. Car les grecs pouvaient seulement dominer l’aspect dévoilé du Temple mais ils ne pouvaient accéder à sa dimension secrète c'est-à-dire le Saint des Saints. C’est pour cette raison que l’allumage dura 8 jours car le Saint des Saints doit être au-delà du chiffre 7 qui correspond à l’ordre naturel du monde (car le monde a été créé en 7 jours). C’est pour cette raison que le chiffre 8 représente toujours ce qui dépasse l’ordre naturel du monde, il en est ainsi des 8 jours que l’on compte à partir de la naissance avant d’effectuer la circoncision car selon l’ordre naturel des choses nous devrions être incirconcis et la circoncision est un acte contre-nature. La sainteté est séparée de la nature matérielle, c’est pourquoi le Saint des Saints qui est radicalement séparé doit être au-delà de la nature. (…) La Thora, en effet, a été donnée au-delà du chiffre 7 car il est écrit (Deutéronome 16.9) : "Tu compteras 7 semaines" (avant la fête du don de la Tora) et c’est seulement après le décompte de ces 7 semaines, le cinquantième jour que la Tora est donnée

 

Le 8 symbole mathématique de l’infini évoque cette possibilité, sous certaines conditions, de surpasser les lois de la nature

C’est ce bouleversement des règles de la nature qui est en œuvre avec l’ouverture de la Mer Rouge et les miracles quotidiens de 40 années de traversée du désert : une nourriture venant du ciel, une eau venant d’un rocher, zéro déchet.

C’est à l’essence du 8 que les Grecs ont voulu porter atteinte lors des évènements de Hanouka. C’est donc cette dimension particulière de la Thora qu’il fallait réaffirmer à Hanouka. C’est ce que symbolise ces lumières maintenues pendant 8 jours. Et que nous maintenons encore aujourd’hui

L’allumage de la Hanoukkia est un prolongement fort du service de l’élévation des lumières de la Menorah. Elle est désormais entre les mains de chaque foyer.

Au-delà du symbole populaire de la Menorah et de ce réconfort chaleureux qu’est la fête de Hanouka au cœur de l’hiver, l’élévation des lumières reste une exigence quotidienne.

Elle passe par l’étude de la Thora, mais aussi et surtout par l’élévation du matériel vers le spirituel via la pratique des Mitsvot. Prononcer une bénédiction avant de consommer un aliment, mettre ses biens matériels au service du spirituel (tsedakah, visite d’un malade, rendre service etc.) sont autant de gestes qui participent à cette élévation.

Ils permettent sans doute de restaurer cette lumière originelle enfouie par Dieu dans la matière lors de la création et également implantée dans chaque embryon avant sa venue au monde. C’est ce que l’on peut comprendre de ce texte énigmatique de la Guemara Nida 30b :

"Dans le sein maternel où se trouve l'embryon, à sa tête, brûle une lumière. Grâce à elle, l'embryon voit le monde d'un bout à l'autre. Rien ne lui reste caché et toutes les paroles de la Torah lui sont dévoilées. Mais en venant au monde, vient un ange qui le frappe sur la bouche et il oublie tout."

Ce texte évoque l’idée que la lumière originelle, véhiculée par la Thora et transmise à l’embryon ne résiste pas à l’entrée dans le monde fini. A quoi sert il alors de la lui enseigner si c’est pour la lui faire oublier à sa naissance ?

Nos Sages s’accordent sur l’idée que cette lumière originelle, bien que s’effaçant à la naissance, va laisser une trace dans l’être humain. Enfouie dans son être, elle ne demande qu’à se révéler par le travail humain d’élévation du matériel vers le spirituel.

C’est peut-être là l’un des sens profonds de ce message de « faire monter la lumière » qui avait cours au Temple avec le service de la Menorah et dont chaque foyer porte la responsabilité avec les lumières de Hanoukka



[1] Les 12 tribus ayant déjà été toutes représentés avec notamment celles de Menaché et Ephraïm. Ce compte de 12 étant une donnée fixe de la division du peuple en tribus

 

[2] Mena ’hot 86B

[3] Dans lequel était disposée l’arche d’alliance contenant les Tables de la Loi transmises par Dieu au Sinaï

[4] Dans son ouvrage Behinat Olam, cité dans le commentaire de Ne’hama Leibowitz sur Chemot

 

[5] 16ème siècle, Prague, exprime une pensée profonde au delà du rationalisme

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