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17 juillet 2018

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Un passage sublime dans le Guide des Egarés de Maïmonide. Douzième chapitre de la troisième partie.

Un passage sublime dans le Guide des Egarés de Maïmonide. Douzième chapitre de la troisième partie. Nous en donnons notre traduction à partir de la version hébraïque de Ibn Tibbon (Gérard Zyzek).

 

 

 

‘Souvent l’opinion populaire est de penser qu’il y a plus de mal que de bien dans le monde. A telle enseigne que la plupart des œuvres d’art et de poèmes vont dans ce sens et n’ont de cesse de clamer d’une seule voix que le bonheur est impossible à trouver sur terre. Et que bien au contraire les maux et les catastrophes sont le lot le mieux partagé et le plus constant. Cette erreur ne touche pas seulement l’opinion populaire mais on la trouve aussi chez de nombreux auteurs qui se trouvent intelligents à leurs propres yeux[1].
Al-Razi a écrit un livre célèbre qu’il a appelé Livre de la Divinité. Ce livre contient toutes ses insanités et délires, et les théories fruits de ses élucubrations. Il prétend que le mal est plus présent que le bien. En effet, dit-il, si tu compares la tranquillité de l’homme et ses plaisirs en face de ce qui lui arrive comme souffrances, blessures, handicaps, paralysie, perturbations, soucis, malheurs, tu pourras en conclure que l’existence humaine est un affront, une injustice et un grand malheur. Il commence à prouver sa thèse en énumérant tous les maux l’un après l’autre. Cette approche est absolument contraire à ce que les Maîtres de vérité énoncent de la générosité de D. et de Ses bienfaits évidents, que D. est le bien absolu et que tout ce qui vient de Lui est bien indubitablement.
La cause de cette erreur est que cet imbécile et ses amis de la populace n’analysent le réel qu’à partir d’un cas isolé, et ces imbéciles pensent que tout le réel ne repose que sur eux. Et si la vie leur réserve tout autre chose que ce qu’ils imaginaient ils en déduisent que la vie est mauvaise.
Si l’homme analysait la réalité globale et réalisait le peu de place que prend l’humain dans cet ensemble, il se rendrait compte que véritablement et de manière évidente ce que les gens s’imaginent dans leur délire qu’il y a plus de mal dans le monde ne s’applique pas au sort des êtres spirituels, les Malakhim, des constellations et des étoiles, ni au sort des quatre éléments fondamentaux[2] et de leurs associations tant dans le minéral que dans le végétal et le règne animal. Leur pensée porte son regard uniquement au sort d’une minorité d’individus et s’étonnent de ce qui arrive à cet homme qui est habitué à manger des aliments mauvais pour la santé à telle enseigne qu’il en est tombé malade. Et ils demandent : mais pourquoi s’est abattue sur lui une telle calamitée ?   Ils s’étonnent aussi de cet homme qui a une vie sexuelle exagérée, ce qui, à terme, l’a rendu déficient visuel et presqu’aveugle. Et ils s’offusquent : mais quelle injustice que cette cécité ! Et d’autres attitudes du même genre.
Si nous voulons considérer les choses sous un regard vrai, il faut considérer que tous les individus de l’espèce humaine et à plus forte raison tous les autres représentants des espèces vivantes ne sont que des réalités infimes au regard de l’ensemble du monde existant qui se perpétue. Comme dit le verset (Téhilim 144,4) « L’homme à un souffle il ressemble, ces jours une ombre qui passe », et aussi (Yiov 25,6) « Et de plus l’humain est vermine, et l’homme ver de terre ». (Yiov 4,19) « A plus forte raison les résidents des maisons de terre dont la base est la poussière qu’ils s’inclineront devant la mite ». (Yishayaou 40,15) « Les Nations comme une goutte qui suint d’un seau d’eau ». Tous ces passages des livres des Prophètes sur ce sujet majeur : l’importance de la connaissance que l’homme pourrait avoir de sa valeur. Et qui lui enseignent qu’il ne faut surtout pas qu’il se trompe et pense que toute la réalité n’existe que pour sa petite personne.
Le fond du sujet, à notre avis, est que la réalité dans sa globalité est le fruit de la volonté de D., dans laquelle l’être humain prend une place infinitésimale, c’est-à-dire par rapport aux constellations et aux étoiles. Bien plus, il n’y a strictement aucune proportionnalité entre les forces spirituelles, les Malakhim, et l’être humain[3]. Néanmoins l’existence de l’homme est pour lui d’un très grand bienfait et une gratification de D. en cela qu’Il l’a distingué et donné la possibilité de perfection[4]. En fait la majorité des maux que l’homme rencontre lui viennent des manquements de ses propres actes. Ce n’est que de nos manquements que l’homme hurle et recherche de l’aide. C’est des maux que nous avons fabriqués de nos propres mains sans que rien ne nous y oblige que nous souffrons, et nous les attribuons à l’Eternel, à D. ne plaise ! Comme Moshé nous l’a dit dans son livre (Devarim 32,5) « Est-ce D. qui leur fait du mal ? Non ! C’est leur propre bassesse qui est leur cause ! », et Shelomo ajoute (Mishlé 19,3) « L’imbécilité de l’homme corrompt son chemin et contre l’Eternel il crache sa fureur ! ».  Pour synthétiser, le mal peut arriver à l’homme pour l’une de ces trois causes.

La première sorte de maux vient du fait de la nature périssable de la matérialité. En effet l’homme étant fait de corporalité, lui arrive le lot de toute corporalité, des défauts congénitaux, paralysies, ou bien du fait d’accidents qui viennent de déficience des éléments de son corps, ou bien de la pollution de l’air, ou bien de la foudre ou d’un affaissement de terrain. Nous avons déjà expliqué que la science divine impose que l’existence ne soit que momentanée et que s’il n’y avait cette disparition individuelle la préservation de l’espèce ne pourrait être pérenne[5]. Il est ainsi démontré la bonté et la grâce divine et l’abondance de bienfait. Et maintenant imaginons que quelqu’un voudrait à la fois être fait de chair et d’os et ne pas être contingent et atteint pas les incidents inhérents à toute matérialité, c’est-à-dire qu’il voudrait englober en lui-même deux antagonismes, ceci est inconcevable. La matière est contingente par définition. Il voudrait donc être contingent et à la fois ne pas l’être. S’il n’était pas réceptif aux événements accidentels, il n’existerait pas en tant qu’élément d’une espèce mais serait une globalité par lui-même (comme une étoile, ou une constellation). Nous pouvons dès lors apprécier la véracité des paroles de Galien lorsqu’il dit dans son ouvrage ‘nécessité des membres humains’ « que ton âme ne mette pas son espérance dans le mensonge de pouvoir imaginer qu’un être conçu de sang menstruel et de semence d’être vivant ne mourrait pas ou ne souffrirait pas ou serait d’une mobilité constante ou lumineux comme le soleil ». Cette citation de Galien nous fait prendre conscience du théorème suivant : tout ce qui peut exister à partir d’un matériau donné existera au maximum des capacités de ce matériau précis de cette espèce. Et les éléments individuels de cette espèce ne pourront recevoir de défauts que selon les capacités qu’a ce matériau d’en recevoir.
Le niveau supérieur de ce qui peut se former à partir du sang et de la semence mâle est indubitablement l’être humain en ce qu’il est à la fois un être vivant, un être parlant et aussi un être mortel. Et il est impossible qu’on ne puisse pas trouver des maux dans cette espèce. Mais, malgré tout, si l’on regarde de manière globale tu ne trouveras des maux que de manière limitée et que dans des circonstances extraordinaires. En effet tu trouveras des pays entiers où il n’arrive ni tremblement de terre ni incendie remarquable. De même naissent des milliers de personnes en pleine santé et les défauts congénitaux sont vraiment extrêmement minoritaires. Et si quelqu’un venait à contester cette estimation il conviendrait indubitablement que les personnes qui naissent handicapées sont bien moins qu’une sur cent ou une sur mille par rapport à ceux qui naissent sans aucun problème.

La seconde sorte de maux vient de ce que les hommes se font les uns aux autres. Ces maux sont plus fréquents que ceux de la première catégorie. Leurs causes sont nombreuses et connues. Ces maux viennent de l’homme, de sa liberté, et non de D.. Il faut toutefois remarquer que la personne qui subit les exactions et les violences est complètement démunie face à elles. Et malgré le fait que cette catégorie de maux soit plus fréquente que la première, avec tout cela tu ne trouveras pas un pays dont les habitants soient tous violents et prédateurs. Bien au contraire ceux qui se lèvent sur autrui pour le tuer, ou bien qui viennent la nuit pour faire des vols par effraction sont indubitablement minoritaires. Par contre lorsque des guerres éclatent d’un peuple contre un autre peuple, les victimes de cette catégorie de maux sont très nombreuses, mais on ne trouve pas la guerre de manière constante ni en même temps dans tous les pays.

La troisième sorte de maux, ce sont les maux que l’homme se fait à lui-même sans qu’il ne puisse les imputer ni à la faiblesse humaine matérielle ni à la société des hommes. Cette catégorie est la plus importante. Et c’est surtout sur cette sorte de maux que l’homme invective son Créateur[6]. Et d’ailleurs tu ne trouves que très peu de personnes qui ne se sont pas fait de mal à eux-mêmes. Et au lieu que l’homme ne se lamente sur son sort, il serait plus légitime qu’on lui fasse remarquer qu’en vérité c’est lui qui s’est fait du mal à lui-même ! A la manière des prophètes (Malakhi 1,9) « C’est de vos propres mains que vient cette calamité », et aussi (Mishlé 6,32) « Il abîme sa propre personne celui qui poursuit ses désirs ». Et c’est sur cette sorte de maux que dit le roi Shelomo (Mishlé 19,3) « La bêtise de l’homme fourvoie son chemin et contre l’Eternel il déverse la fureur de son cœur ! ».  Et il est lui-même rentré dans le détail de cette sorte de maux en disant (Kohélèt 7,29) « Regarde la découverte que j’ai faite : l’Eternel fit l’homme droit, et ils rentrèrent dans des considérations trop compliquées ». Ce sont ces considérations artificielles qui amenèrent tous ces maux à l’homme, comme dit le verset de Yiov (5,6 et 7) « Les coups ne sortent pas de la poussière et l’épuisement ne vient pas de la terre ; c’est l’homme qui fait naître le labeur[7] ». Ces maux sont le prolongement de toutes les mauvaises tendances humaines : le trop de désir du manger, de la boisson, de la sexualité. L’assouvissement de ces plaisirs en trop grande quantité, ou bien de manière inconsidérée, ou bien sans faire attention à la qualité des aliments est la cause principale des maladies et des malheurs tant du corps que du Néfèsh[8]. Les maladies du corps sont évidentes, les maladies du Néfèsh engendrées par l’homme lui-même sont de deux ordres. Le premier est l’impact sur le Néfèsh des détériorations du corps en cela que les composantes du Néfèsh subissent une influence indubitable du corps, le Néfèsh étant lui-même une de ses composantes.
Le second vient du fait que le Néfèsh s’habitue à des choses qui ne sont pas nécessaires et se crée par cela une seconde nature addicte à ces choses non nécessaires ni pour sa conservation personnelle, ni pour celle de l’espèce. La pulsion de rechercher des choses qui ne sont pas nécessaires est sans limite, tandis que les besoins véritables eux-mêmes sont limités. Mais le surplus est infini. Prenons des exemples : si tu désires des objets en argent, en fait ceux en or sont encore plus beaux ! Et d’autres les ont faits en saphir ! Et il est possible de les faire en émeraude ou en rubis ! L’individu idiot persistera dans la douleur et la tristesse de ne pas avoir pu atteindre ce qu’un autre aura pu avoir de choses non nécessaires, Motarot, surplus. Et pour ce faire, l’homme s’expose à des dangers terribles, comme traverser les océans ou le service des rois, dans un seul but : se procurer ces luxes inutiles. Et s’il lui arrive des accidents dans ces chemins dangereux, il invectivera le jugement divin et commencera à maudire son destin. Il s’étonnera de son peu de justice qui ne l’a pas aidé à atteindre des fortunes considérables, par lesquelles il pourrait s’acheter du vin en abondance pour s’enivrer sans fin et entretenir des concubines nombreuses parées de toutes sortes de bijoux en or, en broderie, et en pierres précieuses pour l’exciter à jouir plus qu’il n’en est capable. Il s’imagine que le but de l’existence est l’assouvissement des désirs de son petit être ridicule. Voilà à quel point est arrivée l’erreur des gens vulgaires ; ils sont allés jusqu’à accuser d’impuissance le Créateur  pour avoir créé un monde avec cette nature qui, comme ils se l’imaginent, produit nécessairement ces maux, parce qu’elle n’aide pas cet homme dévoyé à atteindre son vice, ni à faire arriver son âme perverse au terme de ses désirs, qui, comme nous l’avons exposé, sont sans fin. Par contre les personnes d’élite, les sages, ont compris la sagesse qui est au sous bassement de la réalité, comme nous l’a expliqué le roi David (Téhilim 25,10) « Toutes les voies de D. sont bonté et vérité, pour ceux qui gardent son alliance et ses témoignages ». En d’autres termes, les personnes qui respectent l’équilibre de la nature des choses, respectent les commandements de la Torah et connaissent leur but, se rendent compte de la bonté et de la vérité qu’il y a dans chaque chose[9]. Ces personnes ont perçu que le but dans tout cela est ce qui les distinguent en ce qu’ils sont humains[10], à savoir la connaissance. De ce fait, en ce qui concerne les besoins du corps, ils n’en rechercheront que le strict nécessaire, comme dit le verset (Béréshit 28,20) « du pain pour manger et un habit pour s’en vêtir », sans surplus, sans luxe (Motarot). En fait se procurer le nécessaire est quelque chose d’aisé à atteindre et tout homme peut y arriver sans investissement particulier. Et les travaux difficiles et éreintants dans lesquels se trouvent la plupart des gens viennent le plus souvent de la recherche de Motarot, de choses non nécessaires. Si tu recherches ce qui n’est pas strictement nécessaire, alors même le nécessaire devient insurmontable. Plus l’homme désire ce qui n’est pas de l’ordre du nécessaire, plus son investissement devient important, il perd alors ses forces et ses biens dans des choses inutiles et même ce qui est nécessaire et vital il ne l’atteint pas.
Ce que nous venons d’affirmer, à savoir que le nécessaire est à notre portée, peut être testé dans la réalité la plus prosaïque. En effet, plus une chose est vitale pour un être vivant, plus cette chose est disponible gratuitement. Et moins une chose est nécessaire ou vitale, moins on n’en trouve et plus son prix est cher. Prenons un exemple de ce qui est nécessaire pour l’homme : l’air, l’eau et le manger. Le besoin de l’air est le plus impérieux. En effet si l’homme en est en manque un instant bref il meurt, tandis que l’eau, l’homme peut s’en passer un jour ou deux, et bien l’air est plus disponible que l’eau et d’un prix bien moindre que l’eau sans aucun doute. Et tu peux te rendre compte que l’eau est disponible dans chaque pays de manière plus abondante que les aliments. Et les aliments eux-mêmes, plus un aliment est nécessaire plus tu le trouves en abondance. Par contre le musc, l’ambre, le rubis et l’émeraude, je ne pense pas qu’un homme de bon-sens puisse penser qu’ils nous soient d’une grande utilité, à moins que ce ne soit pour un traitement médical. Et encore peut-on les remplacer avantageusement par des plantes ou des minéraux que l’on peut se procurer aisément. L’immense générosité de D. est manifeste, et même en ce qui concerne cet être vivant tellement fragile (qui est l’homme).
La droiture et l’équité de l’œuvre de D. sont particulièrement éloquentes qu’aucun être vivant n’a des capacités naturelles hors normes ou un membre supplémentaire ou en moins qu’un autre être de la même espèce vivante. Bien au contraire les capacités tant physiques, psychologiques ou vitales sont quasi identiques de même que les membres physiques sont les mêmes par nature chez tel membre de telle espèce ou chez un autre de la même espèce. Et s’il manque par naissance un membre du corps chez telle personne, c’est indubitablement exceptionnel et de manière minoritaire. Entre les individus qui suivent le cours équilibré de la nature on ne trouve aucune différence significative, si ce n’est des prédispositions particulières relatives à telle espèce. De manière générale par rapport à ce qui est nécessaire pour telle espèce, aucun membre de cette espèce n’est privilégié de manière significative.
Maintenant que telle personne possède des vessies de musc ou des vêtements brodés d’or et qu’une autre manque de ce luxe n’est pas le signe d’une quelconque injustice ni d’un affront, et la personne qui pourrait posséder ce superflu n’a rien ajouté de significatif à sa personnalité si ce n’est qu’il a atteint son fantasme inepte ou son jouet infantile. Et celui qui manque des superfluités de la vie n’en est pas forcément amoindri, comme dit le verset (Shemot 16,18) « Celui qui en avait pris beaucoup n’en avait pas de reste, et celui qui en avait pris peu n’en manquait pas, chacun recueillit selon qu’il en pouvait manger ». C’est là ce qui arrive le plus fréquemment en tout temps et en tout lieu, ne porte pas ton attention aux cas exceptionnels.
Selon les deux points de vue que nous venons d’exposer, il est démontré la grandeur de la générosité de D. qui a prodigué le nécessaire de manière graduelle[11] et qui a mis au même pied d’égalité tous les membres d’une même espèce. C’est avec ce regard de vérité qu’a affirmé le Prince de tous les savants[12] (Devarim 32,4) « Car tous Ses chemins sont justices ». Et le roi David de dire (Tehilim 25,10) « Toutes les voies de D. sont bonté et vérité etc… », comme nous l’avons expliqué. Et David explique (Téhilim 145,9) « D. est bon pour tous et Sa miséricorde est sur toutes Ses œuvres », en effet le fait que nous existions est l’expression de Sa bonté infinie, et la force de se mouvoir de chaque être vivant est l’expression de la miséricorde divine sur tous ces êtres, comme nous l’avons expliqué.’



[1] L’opinion populaire est forgée de tout temps sur le sensationnel. Il est plus intéressant de rapporter les catastrophes que ce qui se passe bien. De même les intellectuels, ou bien ceux qui font profession de réfléchir, se démarquent à peu de frais de la masse des ignorants en critiquant et en montrant ainsi leur capacité de réfléchir.

[2] L’eau, le feu, la terre et l’air.

[3] En cela que les Malakhim sont des êtres entièrement spirituels et que l’humain possède un corps.

[4] En cela l’homme doit se considérer l’apothéose des créatures, c’est-à-dire des créatures du monde inférieur.

[5] Le cycle de la vie impose la nécessité d’un renouveau permanent, et le renouveau impose la disparition de ce qui l’a amené au monde, qui à son tour disparaîtra pour faire place à du neuf. Ce cycle est le signe d’une bonté suprême.

[6] Car il ne peut supporter qu’il n’ait personne à incriminer puisqu’il est à l’origine de son propre problème, alors il invective l’Eternel.

[7] C’est l’homme qui est à l’origine de son propre épuisement. Cette lecture de Rambam du verset de Yiov est osée, car en général on traduit : l’homme est né pour le labeur (אדם לעמל יולד). Mais la nuance du texte est qu’il n’est pas écrit Nolad mais Youlad au futur.

[8] Il n’est pas aisé de traduire justement le mot Néfèsh. Traduire par ‘âme’ n’est pas juste car le Néfèsh inclue aussi la dimension de pulsion vitale qui est en nous. Il pourrait être adéquat de traduire par Psyché mais pourquoi passer par le grec, gardons donc le mot hébreu ‘Néfèsh’.

 

[9] Ici Rambam nous délivre une lecture sublime du verset de Téhilim. On ne parle pas que tout est parfait dans le meilleur des mondes de manière expectative. Ce sont les personnes qui ont une discipline de vie et une réflexion profonde sur les choses qui peuvent se rendre compte de la bonté et de la vérité inhérentes aux chemins de D. . Evidemment ce chapitre du Guide des Egarés est d’une actualité bouleversante à notre époque où nous sommes témoins combien l’homme a détruit son environnement par sa recherche effrénée de plaisir et de profit. Il faut toutefois mettre en relief que prendre en compte l’équilibre des lois du réel n’est pas suffisant, le respect des commandements de la Torah est nécessaire pour se rendre compte de la bonté et de la vérité inhérentes aux chemins de D. .  

[10] Et non animaux.

[11] Le plus nécessaire de manière abondante, le moyen de manière moins abondante, et le superflu de manière rare.

[12] Ainsi Rambam qualifie Moshé notre Maître lorsqu’il enseigne une haute vérité philosophique et non une vérité révélée (Salomon Munk).

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